16 février 2026

Le Gabon, hôte de la conférence NewSpace Africa 2026 à Libreville, cherche à se positionner comme plateforme régionale de réflexion stratégique sur l’économie spatiale, même si ses capacités opérationnelles demeurent modestes.

Afrique centrale : ambitions émergentes et capacités encore limitées

En Afrique centrale, la dynamique spatiale reste inégale. Le Gabon, hôte de la conférence NewSpace Africa 2026 à Libreville, cherche à se positionner comme plateforme régionale de réflexion stratégique sur l’économie spatiale, même si ses capacités opérationnelles demeurent modestes. La République démocratique du Congo et la République du Congo affichent un intérêt croissant pour l’observation de la Terre, notamment pour la surveillance forestière et minière, mais restent dépendantes de partenariats extérieurs. Le Tchad et la République centrafricaine ne disposent pas encore de programmes spatiaux structurés. Globalement, la sous-région accuse un retard par rapport à l’Afrique de l’Ouest ou de l’Est, où des pays comme le Nigeria ou le Kenya ont déjà développé des satellites et des agences dédiées. Les enjeux sont pourtant majeurs : cartographie des ressources naturelles, gestion des catastrophes climatiques, sécurité frontalière et connectivité numérique dans des territoires vastes et parfois enclavés. L’espace constitue un levier stratégique pour la souveraineté technologique et la planification du développement. Le Cameroun : ambitions prudentes et défis structurels Au Cameroun, la réflexion sur le spatial progresse, mais reste à un stade embryonnaire. Le pays ne dispose pas encore d’agence spatiale pleinement opérationnelle ni de satellite national en orbite. Toutefois, les autorités ont exprimé à plusieurs reprises leur intérêt pour l’exploitation des technologies spatiales, notamment dans les domaines de la météorologie, de l’agriculture de précision, de la lutte contre la déforestation et de la sécurisation des frontières. Le Cameroun pourrait tirer profit des nouvelles initiatives américaines portées par le United States Department of Commerce et la Federal Communications Commission, notamment en matière de régulation des fréquences, de cadre juridique et de formation technique. La question centrale reste celle du financement et de la gouvernance : mettre en place un programme spatial exige des investissements lourds, une expertise scientifique solide et un environnement institutionnel stable. Dans un contexte régional marqué par la concurrence entre les États-Unis, la Chine et la Russie, le Cameroun devra arbitrer entre partenariats stratégiques et préservation de sa souveraineté technologique. Si l’Afrique centrale accuse encore un retard structurel, l’essor de la diplomatie spatiale mondiale offre une fenêtre d’opportunité. Pour Yaoundé comme pour ses voisins, l’enjeu ne se limite plus à accéder à l’espace, mais à définir un modèle de coopération durable, transparent et orienté vers le développement.

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En Afrique centrale, les écarts restent marqués, avec des scores globalement faibles traduisant des défis persistants en matière de gouvernance, de transparence et d’État de droit.

Corruption : l’Afrique subsaharienne, région la moins bien classée

Selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 publié par Transparency International, l’Afrique subsaharienne demeure la région la moins bien classée au monde. En Afrique centrale, les écarts restent marqués, avec des scores globalement faibles traduisant des défis persistants en matière de gouvernance, de transparence et d’État de droit. Classement des pays d’Afrique centrale – IPC 2025 Tendances régionales Le Rwanda demeure l’exception régionale, avec des mécanismes de contrôle plus stricts et une répression active des pratiques illicites. À l’inverse, la majorité des États d’Afrique centrale cumulent faiblesse institutionnelle, dépendance aux ressources extractives et instabilité sécuritaire. Les pays confrontés à des conflits prolongés — notamment la République centrafricaine et la République démocratique du Congo — enregistrent des scores particulièrement bas, la corruption y étant souvent liée aux secteurs de la défense, des ressources minières et de l’aide internationale. Un défi structurel Dans l’ensemble, l’Afrique centrale reste l’une des sous-régions les plus fragiles en matière de gouvernance. Les écarts entre textes juridiques et application effective, la faiblesse des institutions de contrôle et l’opacité budgétaire expliquent ces performances limitées. À l’horizon 2030, l’amélioration du classement passera par le renforcement de l’indépendance judiciaire, la protection des médias, la digitalisation des finances publiques et une volonté politique affirmée. Sans ces leviers, la sous-région risque de voir perdurer un cercle vicieux où corruption et sous-développement s’alimentent mutuellement.

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Au Cameroun, le report des élections législatives et municipales suscite interrogations et débats.

Cameroun : le report des législatives entre contraintes invoquées et soupçons politiques

Entre légalité constitutionnelle et malaise démocratique, un calendrier électoral sous tension Au Cameroun, le report des élections législatives et municipales suscite interrogations et débats. Le président Paul Biya a évoqué des « contraintes impérieuses » pour justifier ce décalage, sans en préciser clairement la nature. Financières, sécuritaires, institutionnelles ou politiques ? Le flou alimente les interprétations et nourrit la controverse. Officiellement, il s’agirait d’un « léger réajustement » du calendrier. Une source proche du gouvernement appelle à la « patience », assurant que les précisions seront apportées lors de la session parlementaire de mars, avec le dépôt d’un projet de loi prorogeant le mandat des élus. Le Conseil constitutionnel du Cameroun serait consulté. Juridiquement, la prorogation reste possible : les textes autorisent une extension du mandat, dans certaines limites, notamment un plafond de 18 mois pour les conseillers municipaux. Quelles contraintes réelles ? Sur le plan financier, l’organisation simultanée de scrutins peut représenter une charge lourde pour l’État, dans un contexte budgétaire contraint. Sur le plan sécuritaire, les tensions persistantes dans les régions anglophones et les menaces liées à l’extrémisme violent dans l’Extrême-Nord pourraient constituer des arguments recevables. Mais l’hypothèse politique est largement évoquée. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, serait traversé par des dissensions internes et une défiance d’une partie de sa base envers le comité central. Selon l’analyste Hilaire Kamga, ce report traduirait un embarras stratégique : le parti présidentiel ne serait pas encore prêt à afficher un front uni pour conserver sa majorité parlementaire et municipale. À qui profite le report ? À court terme, le pouvoir en place semble bénéficier d’un délai supplémentaire pour consolider ses positions, arbitrer les investitures et gérer les équilibres internes. L’opposition, en revanche, se retrouve sans échéance précise pour mobiliser et structurer ses campagnes. Pour Patricia Tomaïno Ndam Njoya, maire UDC de Foumban et candidate classée sixième à la présidentielle d’octobre 2025, cette décision illustre la « mauvaise santé de la démocratie » camerounaise. Elle dénonce une « manipulation » du calendrier électoral et appelle, comme d’autres acteurs politiques et de la société civile, à une réforme du code électoral. Avantages et inconvénients Parmi les avantages avancés : un temps supplémentaire pour sécuriser le processus, clarifier les listes électorales et stabiliser le climat politique. Mais les inconvénients sont notables : érosion de la confiance citoyenne, incertitude pour les partis concurrents et risque d’image à l’international. Si la prorogation demeure légale, la question centrale reste celle de la crédibilité démocratique. Entre nécessité technique et calcul politique, le report place le Cameroun face à un défi majeur : préserver la stabilité sans fragiliser davantage la confiance dans ses institutions.

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Congo-Brazzaville : une présidentielle sous tension entre continuité et désir d’alternance

Enjeux nationaux, équilibres régionaux et rapport de forces d’un scrutin décisif. À l’approche de l’élection présidentielle du 15 mars au Congo-Brazzaville, le scrutin dépasse le simple cadre d’une compétition électorale. Il cristallise des enjeux nationaux profonds et s’inscrit dans une dynamique régionale marquée par les recompositions politiques en Afrique centrale. Un pouvoir solidement ancré Le président sortant, Denis Sassou-Nguesso, 82 ans, brigue un nouveau mandat sous la bannière du Parti congolais du travail (PCT). Sa principale force réside dans sa longévité politique, son contrôle de l’appareil d’État et un réseau institutionnel solidement structuré. Il met en avant la stabilité dans un environnement régional fragilisé par les transitions militaires et les crises sécuritaires. Cependant, cette longévité constitue aussi sa principale faiblesse. Après plus de quatre décennies au pouvoir (avec une interruption entre 1992 et 1997), une partie de l’opinion aspire à l’alternance. Le bilan socio-économique reste contrasté : malgré les ressources pétrolières, le pays demeure confronté à une dette élevée, à un chômage persistant, notamment chez les jeunes, et à des inégalités sociales marquées. Une opposition plurielle mais fragmentée Face à lui, six candidats d’opposition tentent d’exister politiquement, dont Destin Gavet, Zinga Mabio Mavoungou, Dave Mafoula, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, Vivien Manangou et Anguios Nganguia Engambé. Leur principal argument repose sur la nécessité de renouveler la gouvernance, de renforcer la transparence et de diversifier l’économie. Leur faiblesse majeure réside dans leur dispersion. L’absence de candidatures issues de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) et de l’Union des démocrates humanistes-Yuki (UDH-Yuki) limite la capacité de l’opposition à fédérer un front commun. Sans coalition structurée ni implantation territoriale comparable à celle du PCT, leurs chances apparaissent réduites. Des enjeux nationaux cruciaux Sur le plan interne, les électeurs attendent des réponses concrètes : diversification hors pétrole, amélioration des services publics, réduction du coût de la vie et création d’emplois. La crédibilité du processus électoral et la transparence du scrutin constituent également des préoccupations majeures, dans un contexte où la confiance institutionnelle reste fragile. Une portée régionale Au niveau régional, le Congo-Brazzaville occupe une position stratégique en Afrique centrale. Dans une sous-région marquée par des transitions politiques sensibles et des défis sécuritaires persistants, la stabilité congolaise est perçue comme un facteur d’équilibre. Toutefois, une contestation post-électorale ou une faible participation pourrait raviver les tensions. Entre continuité institutionnelle et désir de changement, ce scrutin met à l’épreuve la capacité du système politique congolais à concilier stabilité, ouverture démocratique et redressement socio-économique.

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