18 février 2026

Sur 1 417 Africains recrutés, 355 seraient camerounais, plaçant le Cameroun en tête des contingents subsahariens recensés, devant le Ghana (234).

Cameroun–Russie : l’ombre de la guerre d’Ukraine sur la jeunesse africaine

Recrutements, pertes humaines et vulnérabilités socio-économiques : un enjeu géopolitique aux répercussions continentales Un rapport publié par All Eyes on Wagner met en lumière une réalité préoccupante : l’engagement croissant de ressortissants africains dans les rangs des forces russes depuis 2023. Sur 1 417 Africains recrutés, 355 seraient camerounais, plaçant le Cameroun en tête des contingents subsahariens recensés, devant le Ghana (234). Plus alarmant encore, 94 Camerounais auraient trouvé la mort, pour un taux de mortalité supérieur à 22 %. L’appât du gain et la vulnérabilité sociale Les motivations semblent d’abord économiques. Dans un contexte de chômage persistant des jeunes – estimé à plus de 30 % en milieu urbain – les promesses salariales russes apparaissent attractives. Les recrues se verraient proposer des rémunérations mensuelles oscillant entre 1 500 et 2 000 dollars, soit l’équivalent de plusieurs années de revenu moyen au Cameroun, assorties de primes et, parfois, de promesses de naturalisation. À ces incitations financières s’ajoutent des facteurs psychologiques : quête d’ascension sociale rapide, sentiment d’impasse économique, influence des réseaux sociaux. Certains cas évoquent également des recrutements indirects via des contrats de travail requalifiés en engagements militaires. Un choc humain et climatique La réalité du front est toutefois radicalement différente. Les combattants africains sont confrontés à la rigueur extrême du climat russe et ukrainien, avec des températures pouvant descendre sous –20 °C. Isolement culturel, barrière linguistique, solitude et conditions de combat intensives accentuent la vulnérabilité. Pour beaucoup, l’expérience se transforme en désillusion brutale. Le coût humain pèse lourdement sur les familles et sur l’image internationale du Cameroun. Ces décès alimentent un débat national sur la responsabilité des intermédiaires, la régulation des départs et la protection des citoyens à l’étranger. Conséquences géopolitiques et régionales À l’échelle africaine, cette dynamique soulève plusieurs enjeux. Elle illustre l’influence croissante de Moscou sur certaines franges de la jeunesse du continent, mais révèle aussi les fragilités structurelles des économies africaines. L’exportation de combattants vers un conflit extra-africain constitue un précédent aux implications diplomatiques sensibles. Comment y mettre fin ? La réponse passe par trois leviers : Au-delà du drame humain, ces 94 décès rappellent que les fractures socio-économiques africaines peuvent devenir des vecteurs d’instrumentalisation géopolitique. Pour le Cameroun comme pour le continent, l’enjeu est désormais de transformer cette tragédie en électrochoc stratégique.

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Chaque année, des centaines de milliers de jeunes Camerounais rejoignent le marché du travail, dans un contexte où les emplois salariés formels restent rares et où le secteur informel domine.

Afrique centrale : le Cameroun face à l’urgence démographique et productive

Entre pression sur l’emploi, promesses d’industrialisation et discours présidentiel sur la jeunesse. En Afrique centrale, la dynamique démographique redessine les équilibres économiques. La pression exercée par l’arrivée massive de jeunes sur le marché du travail est aujourd’hui un défi central pour le Cameroun, qui doit transformer ce capital humain en moteur de croissance inclusive. Chaque année, des centaines de milliers de jeunes Camerounais rejoignent le marché du travail, dans un contexte où les emplois salariés formels restent rares et où le secteur informel domine. Cette situation reflète un écart structurel entre la demande d’emplois et la capacité productive actuelle du pays, similaire à la tendance démographique observée à l’échelle continentale. Face à cela, le gouvernement multiplie les initiatives. À l’occasion de la 60ᵉ Fête de la Jeunesse, célébrée le 11 février, le président de la République, Paul Biya a délivré un message tourné vers l’action et l’espoir. Reconnaissant les « difficultés auxquelles les jeunes sont confrontés », il a placé l’emploi des jeunes au cœur de ses priorités politiques récentes, tout en appelant à la persévérance et à la confiance en soi pour surmonter ces obstacles. Le président a annoncé un plan spécial de 50 milliards de FCFA destiné à promouvoir l’emploi des jeunes et à renforcer leur place dans la gestion publique, marquant son engagement à faire de cette question une priorité de son nouveau mandat. Par ailleurs, des mesures fiscales et incitations à l’embauche de jeunes diplômés sont en préparation, visant à encourager les entreprises à recruter davantage dans un climat économique encore fragile. Au-delà des incitations, l’État a lancé des programmes concrets favorisant l’auto-emploi et l’entrepreneuriat. Le Programme de Promotion de l’Entrepreneuriat Jeunes (PEA-Jeune) a déjà permis la création de plus de 12 000 entreprises, générant près de 22 000 emplois directs, selon le président lui-même. Historiquement, le Plan Triennal Spécial Jeunes financé à hauteur d’environ 20 milliards FCFA a soutenu plus de 11 000 projets, créant près de 35 000 emplois en sept ans. Cette stratégie tient compte des contraintes budgétaires du pays tout en misant sur la diversification productive : agriculture, numérique, transformation locale et économie verte sont identifiés comme secteurs à fort potentiel d’absorption des jeunes actifs. Dans ce cadre, le répertoire national des métiers et des centres de formation professionnelle sont en expansion pour mieux adapter les compétences aux besoins du marché. Pour le Cameroun, la pression démographique peut constituer un atout si elle est associée à une transformation structurelle de l’économie. Il s’agit non seulement de créer des emplois, mais surtout de générer des emplois productifs et stables. Dans ce jeu complexe de politiques publiques, d’investissement privé et de reformes éducatives, le discours du chef de l’État vise à conforter l’idée que la jeunesse n’est pas une charge mais un actif stratégique, à condition que les politiques mises en œuvre traduisent les ambitions en résultats mesurables.

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Le transfert annoncé vers les États-Unis traduit une coordination diplomatique qui dépasse le strict cadre bilatéral gambien-camerounais.

Gambie–Cameroun : le dossier Issa Tchiroma révèle les lignes de fracture diplomatiques

Entre souveraineté, droit international et coopération stratégique avec Washington, Banjul clarifie sa position. Dans un communiqué officiel publié lundi, le gouvernement de la Gambie a annoncé l’expiration du séjour temporaire de trois mois accordé à Issa Tchiroma Bakary. Selon le ministère gambien de l’Information, aucune demande formelle de renouvellement n’a été déposée. En conséquence, les autorités affirment engager les démarches nécessaires pour organiser son transfert vers les États-Unis, en coordination avec les parties concernées. Au-delà du cas individuel, cette décision s’inscrit dans un cadre géopolitique plus large. La Gambie, petit État d’Afrique de l’Ouest, s’efforce depuis plusieurs années de consolider son image de partenaire respectueux du droit international et des normes multilatérales. En rappelant son attachement aux principes de souveraineté et de coopération internationale, Banjul envoie un double signal : interne, en affirmant le contrôle de son territoire ; externe, en rassurant ses partenaires occidentaux et régionaux. Un équilibre diplomatique délicat La gestion du séjour d’Issa Tchiroma intervient dans un contexte sensible pour l’Afrique centrale et occidentale, marqué par la circulation de personnalités politiques entre États et par une vigilance accrue des gouvernements face aux risques d’instrumentalisation politique des exils temporaires. Pour la Gambie, l’enjeu est stratégique. D’une part, éviter que son territoire ne devienne un espace perçu comme refuge politique permanent susceptible d’irriter des partenaires africains. D’autre part, préserver ses relations avec Washington, acteur majeur de l’aide au développement et de la coopération sécuritaire dans la région. Le transfert annoncé vers les États-Unis traduit une coordination diplomatique qui dépasse le strict cadre bilatéral gambien-camerounais. Il témoigne d’une gestion concertée des mobilités politiques sensibles, dans un contexte international où les questions d’asile, de sécurité et d’influence sont étroitement liées. Implications régionales Cette affaire met en lumière la fragilité des équilibres diplomatiques africains. Les États, notamment de taille moyenne ou modeste comme la Gambie, doivent arbitrer entre solidarité régionale, respect des engagements internationaux et préservation de leurs intérêts stratégiques. Pour le Cameroun, le dossier comporte une dimension symbolique et politique interne, compte tenu du profil d’Issa Tchiroma Bakary. Toutefois, le communiqué gambien adopte un ton strictement administratif et juridique, évitant toute escalade rhétorique. En définitive, cette séquence illustre la montée en puissance des enjeux de mobilité politique dans les relations internationales africaines. Derrière une décision technique de non-renouvellement de séjour se dessine une dynamique plus large : celle d’États africains soucieux d’affirmer leur souveraineté tout en s’inscrivant dans des réseaux de coopération globale structurés par les grandes puissances.

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