Afrique & Monde

La reconnaissance unilatérale du Somaliland par Israël marque bien plus qu’un simple geste diplomatique.

Somaliland : le coup géopolitique d’Israël qui rebat les cartes en Afrique et au Moyen-Orient

La reconnaissance unilatérale du Somaliland par Israël marque bien plus qu’un simple geste diplomatique. Elle constitue un acte géostratégique majeur, aux répercussions profondes sur la sécurité régionale, les équilibres africains, la gouvernance internationale et les rivalités de puissance autour des routes maritimes mondiales. En devenant le premier État à reconnaître officiellement le Somaliland comme entité souveraine, Israël a volontairement franchi une ligne rouge diplomatique, déclenchant une onde de choc au Conseil de sécurité de l’ONU et une condamnation quasi unanime de l’Union africaine, de la Ligue arabe et de plusieurs puissances régionales. Un précédent explosif pour l’Afrique Pour l’Afrique, l’enjeu est fondamental. La décision israélienne ravive le spectre de la fragmentation étatique, dans un continent déjà marqué par des tensions sécessionnistes latentes, du Sahel à la Corne de l’Afrique. L’Union africaine, historiquement attachée au principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, redoute un dangereux précédent susceptible d’encourager d’autres revendications autonomistes. La Somalie, État fragile en reconstruction depuis plus de trente ans, voit sa souveraineté directement contestée. À Mogadiscio, cette reconnaissance est perçue comme une atteinte stratégique majeure, susceptible de fragiliser davantage l’autorité fédérale et de nourrir le narratif des groupes terroristes, notamment Al-Chabab, qui prospèrent sur les fractures politiques et identitaires. Le golfe d’Aden au cœur du calcul stratégique Le Somaliland n’est pas un territoire comme un autre. Situé sur le golfe d’Aden, à proximité immédiate du détroit de Bab el-Mandeb, il surplombe l’un des corridors maritimes les plus stratégiques au monde, par lequel transite près de 12 % du commerce mondial et une part significative des flux énergétiques reliant l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient. Dans ce contexte, la reconnaissance israélienne apparaît comme un mouvement d’anticipation stratégique, visant à sécuriser des points d’appui dans une zone devenue centrale depuis les crises en mer Rouge, les attaques contre le trafic maritime et la montée des rivalités navales impliquant l’Iran, les États-Unis et leurs alliés. Intelligence économique et diplomatie transactionnelle Sur le plan géoéconomique, le Somaliland offre un terrain encore peu exploité, mais à fort potentiel : ports, logistique, sécurité maritime, infrastructures, données stratégiques. En s’ouvrant à Israël, les autorités de Hargeisa misent sur un partenariat technologique et sécuritaire, notamment dans les domaines de la cybersécurité, du renseignement et des infrastructures critiques. Cette reconnaissance s’inscrit également dans une logique de diplomatie transactionnelle, où la légitimité politique s’échange contre des alliances stratégiques. En retour, Israël consolide son réseau de partenaires non arabes dans la région, à l’image de sa stratégie menée depuis les accords d’Abraham. Une fracture Nord-Sud et un défi au multilatéralisme Au Conseil de sécurité, la réunion d’urgence n’a fait que confirmer une tendance lourde : l’érosion du consensus multilatéral. Tandis que l’ONU réaffirme son attachement à l’unité somalienne, sa capacité à contraindre ou dissuader les décisions unilatérales apparaît limitée. Pour de nombreux pays africains et du Sud global, cette affaire illustre une application à géométrie variable du droit international, alimentant un sentiment de défiance vis-à-vis des grandes puissances et de l’ordre international libéral. Enjeux géoculturels et bataille des récits Au-delà des États, la bataille se joue aussi sur le terrain symbolique. Le Somaliland met en avant son modèle de stabilité relative, ses élections, ses institutions et son identité politique distincte, cherchant à construire un récit de légitimité étatique face à une Somalie perçue comme chroniquement instable. Cette dynamique pose une question centrale pour l’Afrique : la reconnaissance internationale doit-elle primer sur l’efficacité institutionnelle ou sur la légalité territoriale ? Un tournant aux conséquences durables À court terme, la reconnaissance du Somaliland par Israël accentue les tensions diplomatiques. À moyen et long terme, elle pourrait redessiner les alliances en Afrique de l’Est, renforcer la militarisation du golfe d’Aden et accroître la compétition entre puissances pour le contrôle des points névralgiques du commerce mondial. Plus qu’un simple geste politique, cette décision s’impose comme un signal stratégique fort, révélateur d’un monde où les rapports de force, les intérêts économiques et la sécurité priment de plus en plus sur les principes, et où l’Afrique se retrouve, une fois encore, au cœur des recompositions géopolitiques globales.

Somaliland : le coup géopolitique d’Israël qui rebat les cartes en Afrique et au Moyen-Orient Read More »

Le retour de la Formule 1 en Afrique, longtemps cantonné au rang de vœu pieux, prend une tournure concrète. Le Rwanda s’affirme désormais comme un candidat sérieux pour accueillir un Grand Prix à l’horizon 2029, avec une ambition qui dépasse largement la seule organisation d’une course automobile.

Formule 1 : le Rwanda accélère et vise un Grand Prix africain dès 2029

Le retour de la Formule 1 en Afrique, longtemps cantonné au rang de vœu pieux, prend une tournure concrète. Le Rwanda s’affirme désormais comme un candidat sérieux pour accueillir un Grand Prix à l’horizon 2029, avec une ambition qui dépasse largement la seule organisation d’une course automobile. Dans un entretien accordé à The Athletic, Jean-Guy Afrika, directeur général du Rwanda Development Board, a confirmé que les discussions avec la Formule 1 progressent rapidement. « Nous sommes en lice pour éventuellement organiser un événement de Formule 1 ici en 2029 », a-t-il déclaré, évoquant un projet structurant pensé comme un levier de transformation urbaine et économique. Un projet urbain et économique global La stratégie rwandaise repose sur une vision intégrée. Le futur Grand Prix serait adossé au développement d’un nouvel écosystème urbain autour de l’aéroport, combinant infrastructures de transport, hôtellerie, loisirs et espaces d’affaires.« Nous voulons utiliser l’aéroport comme une opportunité pour développer pratiquement une toute nouvelle ville », explique Jean-Guy Afrika. Dans cette optique, la construction du circuit ferait partie d’un ensemble plus large incluant zones de divertissement, centres de congrès et équipements touristiques. Le dirigeant insiste sur la nature particulière de la Formule 1 : « En F1, les gens viennent avant tout pour le divertissement. C’est un événement d’une semaine. » Un format qui, selon Kigali, s’intègre parfaitement à la stratégie nationale de montée en gamme du tourisme et d’attractivité des investissements. Bien plus qu’un simple week-end de course Au-delà du Grand Prix lui-même, le Rwanda voit dans la Formule 1 un outil d’influence économique et diplomatique. « C’est un sport fréquenté par des PDG internationaux, des entrepreneurs de la tech, des personnes à très hauts revenus », souligne Jean-Guy Afrika. « Il est beaucoup plus ciblé. » Le pays ne ferme pas la porte à l’accueil de championnats supports comme la Formule 2 ou la Formule 3, mais l’enjeu est plus large : positionner le Rwanda comme une plateforme africaine du sport-business, de l’innovation et des grands événements mondiaux. « Restez attentifs, car il pourrait y avoir de belles surprises dans un avenir proche », glisse-t-il. Une Afrique toujours absente de la grille La Formule 1 n’a plus couru en Afrique depuis 1993, lors du dernier Grand Prix d’Afrique du Sud à Kyalami. Depuis, le championnat s’est mondialisé, multipliant les courses au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique, tout en laissant de côté un continent de plus de 1,4 milliard d’habitants. Cette absence est de plus en plus critiquée, y compris au sein du paddock. Des figures comme Lewis Hamilton plaident ouvertement pour un retour en Afrique, estimant qu’un championnat « mondial » ne peut durablement ignorer un continent entier. Rwanda–Afrique du Sud : duel à venir ? Si Kigali avance ses pions avec méthode et discrétion, l’Afrique du Sud reste en embuscade. Le circuit de Kyalami, rénové et homologué, nourrit toujours l’espoir d’un retour historique. La bataille pour le premier Grand Prix africain de l’ère moderne de la F1 semble donc ouverte. Avec une vision à long terme, un calendrier assumé et un projet adossé au développement économique, le Rwanda entend toutefois changer la donne. Si le pari aboutit, 2029 pourrait marquer non seulement le retour de la Formule 1 en Afrique, mais aussi l’entrée du continent dans une nouvelle géographie du sport automobile mondial.

Formule 1 : le Rwanda accélère et vise un Grand Prix africain dès 2029 Read More »

Au Cameroun, cette décision concerne directement Christopher J. Lamora, ambassadeur des États-Unis à Yaoundé depuis 2022.

Diplomatie : le Cameroun pris dans le grand recentrage « America First » de Donald Trump

Le Cameroun figure parmi les treize pays africains touchés par le rappel prochain de diplomates américains décidé par l’administration Trump II, dans un vaste mouvement de recomposition de la politique étrangère des États-Unis. Selon des informations concordantes révélées par Politico et précisées par The Guardian, les chefs de mission d’au moins 29 pays ont été informés que leurs fonctions prendront fin en janvier 2026, marquant une nouvelle étape du recentrage diplomatique voulu par Donald Trump autour de la doctrine « America First ». D’après deux responsables du département d’État cités anonymement par The Guardian, les notifications ont commencé à être envoyées la semaine dernière. Les diplomates concernés sont majoritairement des diplomates de carrière, nommés sous l’administration de Joe Biden et ayant survécu à une première vague d’évictions au début du second mandat de Donald Trump, laquelle ciblait surtout des profils politiques. La chaîne Africanews précise que le département d’État a confirmé le principe de ce remaniement, tout en le qualifiant de « processus standard », rappelant qu’« un ambassadeur est un représentant personnel du président ». Au Cameroun, cette décision concerne directement Christopher J. Lamora, ambassadeur des États-Unis à Yaoundé depuis 2022. Diplomate chevronné, spécialiste reconnu des affaires africaines, il cumule près de trente ans d’expérience sur le continent. Nommé par Joe Biden en avril 2021, confirmé par le Sénat en décembre de la même année, il incarnait une diplomatie américaine fondée sur la continuité : coopération sécuritaire dans le bassin du lac Tchad, appui sanitaire, gouvernance démocratique et partenariats économiques. Lors de sa prise de fonctions, Christopher J. Lamora soulignait le caractère symbolique de son retour au Cameroun, pays où sa carrière diplomatique avait débuté à Douala au début des années 1990. Son rappel marque ainsi la fin d’un cycle, celui d’une politique africaine américaine cherchant à conjuguer stabilité, multilatéralisme et influence douce, dans un contexte de concurrence accrue avec la Chine et la Russie. Le département d’État précise que les diplomates rappelés conserveront leur statut et pourront être réaffectés à Washington ou à d’autres postes. Mais l’enjeu dépasse les simples trajectoires individuelles. Les futurs ambassadeurs devraient être choisis parmi des profils jugés pleinement alignés avec la vision de Donald Trump, traduisant une volonté assumée de reprise en main politique de la diplomatie américaine. Pour Yaoundé, ce changement ouvre une phase d’incertitude maîtrisée. Le Cameroun reste un partenaire stratégique des États-Unis en Afrique centrale, mais devra composer avec une diplomatie américaine plus transactionnelle, davantage centrée sur les intérêts sécuritaires, économiques et migratoires de Washington. Dans un contexte post-électoral sensible et de recomposition géopolitique régionale, ce remaniement illustre une tendance lourde : l’Afrique demeure un théâtre stratégique majeur, mais de plus en plus abordé à travers le prisme des priorités nationales américaines, plutôt que celui du partenariat de long terme.

Diplomatie : le Cameroun pris dans le grand recentrage « America First » de Donald Trump Read More »

Selon une étude récente de l’Institut français des relations internationales (Ifri), intitulée La politique russe de recrutement de combattants et d’ouvrières en Afrique subsaharienne, Moscou mène depuis plusieurs mois une campagne structurée de recrutement de combattants non professionnels et de main-d’œuvre féminine en Afrique subsaharienne.

De Yaoundé à Kiev : comment la guerre russe aspire les jeunes africains

De Nairobi à Yaoundé, en passant par Pretoria, les États africains commencent à mesurer l’ampleur d’un phénomène longtemps sous-estimé : le recrutement de leurs ressortissants par la Russie pour soutenir son effort de guerre en Ukraine. Selon une étude récente de l’Institut français des relations internationales (Ifri), intitulée La politique russe de recrutement de combattants et d’ouvrières en Afrique subsaharienne, Moscou mène depuis plusieurs mois une campagne structurée de recrutement de combattants non professionnels et de main-d’œuvre féminine en Afrique subsaharienne. Cette stratégie s’appuie sur des réseaux russo-africains renouvelés, capables de toucher une jeunesse urbaine précarisée, confrontée à un chômage massif et à la fermeture progressive des routes migratoires vers l’Europe. Les auteurs de l’étude, Thierry Vircoulon et Horacio Givonem, soulignent que ces recrutements sont avant tout motivés par des raisons économiques. Les candidats sont souvent attirés par des offres d’emploi ou de formation trompeuses, avant d’être intégrés, parfois de force, dans des unités combattantes. « Ces recrutements abusifs s’apparentent à une forme de trafic d’êtres humains », notent les chercheurs, évoquant l’envoi de mercenaires amateurs sur le front comme de simples « chairs à canon ». Le Cameroun face à une alerte sécuritaire Le cas du Cameroun illustre la gravité du phénomène. D’après l’Ifri, environ 150 soldats camerounais auraient déserté pour rejoindre le front ukrainien, un chiffre suffisamment préoccupant pour forcer une réaction officielle. En mars 2025, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense a reconnu l’existence de « départs clandestins de certains éléments des Forces de défense et de sécurité dans le conflit russo-ukrainien ». Des mesures fermes ont alors été ordonnées : contrôle renforcé des effectifs, interdiction de sortie du territoire sans autorisation hiérarchique et sanctions contre les déserteurs. La gendarmerie, notamment dans la région du Littoral, est allée jusqu’à suspendre des stages et missions à l’étranger pour les personnels non-officiers. Malgré cela, les chercheurs estiment que ces réponses restent insuffisantes, notamment en l’absence de revalorisation salariale pour les grades subalternes, principaux concernés par les départs. Des États africains progressivement contraints d’agir Longtemps marqués par une posture d’indifférence ou d’évitement, plusieurs gouvernements africains commencent à durcir le ton. Le Kenya a reconnu publiquement la présence d’environ 200 de ses ressortissants dans les rangs russes et négocie leur rapatriement. En Afrique du Sud, un scandale éclaté en novembre 2025 implique 17 militants du parti MK de l’ancien président Jacob Zuma, recrutés sous couvert d’une formation de garde du corps. L’enquête, politiquement sensible, est toujours en cours. Ces réactions africaines rejoignent celles de pays asiatiques pauvres, comme le Sri Lanka ou le Népal, qui ont publiquement mis en garde leurs citoyens contre les pratiques de recrutement russes. Pour l’Ifri, cette dynamique pourrait progressivement exposer et fragiliser la stratégie russe, jusque-là menée dans une relative discrétion. Mercenaires piégés et vide diplomatique Sur le terrain, la situation des mercenaires africains est souvent dramatique. Capturés par les forces ukrainiennes, ils ne bénéficient d’aucun échange de prisonniers, la Russie refusant de les reconnaître officiellement. « Ils restent détenus tant que leurs gouvernements ne les réclament pas », expliquent les auteurs. De nombreux Camerounais interrogés affirment vouloir rentrer chez eux, même sans rémunération, mais leur sort dépend d’accords diplomatiques complexes entre Moscou et leurs États d’origine. Cette réalité pose un problème politique plus large : la neutralité affichée par de nombreux États africains dans le conflit russo-ukrainien est de plus en plus difficile à soutenir, alors même que des réseaux de recrutement opèrent sur leur sol, parfois en toute impunité. Un enjeu stratégique pour l’Afrique Au-delà du drame humain, le recrutement de mercenaires africains par la Russie révèle des fragilités structurelles : chômage massif des jeunes, faiblesse des salaires militaires, déficit de perspectives économiques et manque de coordination régionale. Comme le résument les chercheurs de l’Ifri, « le régime russe mise sur une jeunesse africaine mécontente, entreprenante et avide de réussite individuelle, au point de risquer sa vie dans une aventure sans retour ». Endiguer ce phénomène suppose donc plus qu’une réponse sécuritaire. Il implique une reconnaissance politique du problème, un renforcement de la coopération régionale, mais aussi des politiques économiques et sociales capables de réduire l’attractivité de ces recrutements. Faute de quoi, l’Afrique risque de continuer à payer, loin de ses frontières, le prix de conflits qui ne sont pas les siens.

De Yaoundé à Kiev : comment la guerre russe aspire les jeunes africains Read More »

Le Cameroun : une vulnérabilité sous contrôle… mais sous tension

Cameroun et dette africaine : sous pression financière, un tournant stratégique décisif

Entre contraintes budgétaires, souveraineté économique et recomposition géopolitique, l’Afrique centrale à l’épreuve de la dette. La crise de la dette africaine n’est plus un sujet technocratique : elle est devenue un déterminant central de la stabilité politique et économique. En Afrique centrale, et tout particulièrement au Cameroun, cette pression financière s’inscrit dans un contexte post-électoral où les attentes sociales sont élevées et les marges budgétaires de plus en plus étroites. À l’échelle du continent, la dette extérieure africaine a atteint environ 1 860 milliards de dollars en 2024, contre près de 1 000 milliards dix ans plus tôt, selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA). Plus de 20 pays africains sont aujourd’hui classés en situation de surendettement ou à haut risque de défaut. Pour Clever Gatete, secrétaire exécutif de la CEA, « l’Afrique ne traverse pas seulement une crise de la dette, mais une crise du développement », les paiements d’intérêts absorbant des ressources essentielles au détriment de la santé, de l’éducation et des infrastructures. Le Cameroun : une vulnérabilité sous contrôle… mais sous tension Le Cameroun est souvent présenté comme moins exposé que certains de ses voisins. Pourtant, les indicateurs se dégradent. Selon des estimations convergentes du FMI et de la Banque mondiale, la dette publique camerounaise dépasse désormais 45 % du PIB, contre environ 30 % au milieu des années 2010. Le service de la dette représente plus de 20 % des recettes budgétaires, un niveau jugé préoccupant pour un pays confronté à une forte croissance démographique – près de 2,7 % par an – et à des besoins massifs en infrastructures. Dans un contexte post-électoral marqué par des revendications sociales accrues, cette contrainte financière limite la capacité de l’État à investir sans recourir à de nouveaux emprunts. Comme le résume un haut responsable des finances publiques : « La dette n’est pas le problème en soi ; c’est l’absence d’espace budgétaire pour investir dans l’avenir qui devient explosive politiquement. » Dette et souveraineté : une lecture géoéconomique Sur le plan géopolitique, la dette est devenue un instrument d’influence stratégique. Les créanciers du Cameroun – institutions multilatérales, partenaires bilatéraux, marchés financiers – poursuivent des logiques distinctes. Les emprunts obligataires sur les marchés internationaux se font souvent à des taux supérieurs à 8 ou 9 %, exposant le pays à la volatilité financière mondiale. Cette situation interroge la souveraineté économique. « Un État très endetté négocie rarement d’égal à égal », rappelle un économiste. D’où l’importance croissante de l’intelligence économique : anticipation des risques, hiérarchisation des investissements, protection des actifs stratégiques (ports, énergie, télécoms). Afrique centrale : fragilités partagées, réponses collectives Dans la sous-région, les fragilités sont largement partagées. La République du Congo affiche un ratio dette/PIB proche de 90 %, tandis que d’autres pays de la CEMAC évoluent dans une zone de vulnérabilité élevée. Cette situation pèse sur la stabilité macroéconomique régionale et sur la crédibilité monétaire. Face à cela, l’intégration régionale apparaît comme un levier stratégique. Mutualiser les infrastructures, développer des corridors logistiques et énergétiques, renforcer les chaînes de valeur régionales : autant de pistes pour réduire la dépendance à l’endettement externe. Comme l’a souligné un expert du G20 : « Aucun pays africain ne sortira seul de la crise de la dette ; la réponse doit être systémique et régionale. » Diaspora, partenariats et nouveaux financements La diaspora camerounaise, qui transfère chaque année plus de 400 millions de dollars -officiellement- vers le pays selon les estimations internationales, constitue un levier encore insuffisamment structuré. À l’échelle africaine, les transferts de fonds dépassent désormais 95 milliards de dollars par an, soit davantage que l’aide publique au développement. Structurer ces flux, développer des obligations diaspora et sécuriser les partenariats public-privé (PPP) pourraient réduire la pression sur la dette souveraine. À condition, toutefois, d’une gouvernance renforcée. « Les PPP ne sont pas une solution miracle ; sans transparence, ils déplacent simplement la dette hors bilan », avertit un analyste de la Banque africaine de développement. Enjeux et perspectives Pour le Cameroun, la dette est désormais un enjeu stratégique global : économique, politique et sécuritaire. Sans réforme du système international de financement, sans meilleure coordination régionale et sans mobilisation des ressources internes et diasporiques, elle risque de devenir un frein structurel à la stabilité post-électorale et à la transformation économique. À l’inverse, intégrée dans une vision de long terme – fondée sur la coopération régionale, l’intelligence économique et des investissements productifs ciblés – la contrainte de la dette peut devenir un levier de repositionnement stratégique. Comme le résume Clever Gatete : « La question n’est pas de savoir si l’Afrique peut rembourser, mais si elle peut se développer tout en remboursant. » Pour le Cameroun, c’est désormais le cœur du débat.

Cameroun et dette africaine : sous pression financière, un tournant stratégique décisif Read More »

L’Afrique centrale anticipe une dégradation des réserves et du taux de couverture extérieure, mais évite de freiner la croissance.

BEAC : hausse des taux pour protéger le franc CFA

L’Afrique centrale anticipe une dégradation des réserves et du taux de couverture extérieure, mais évite de freiner la croissance. L’Afrique centrale bouge, mais avec prudence. La BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) a relevé ses taux directeurs de 25 points de base le 15 décembre 2025, dans un contexte où le franc CFA voit sa couverture extérieure se réduire. Le taux des appels d’offres passe ainsi de 4,50 % à 4,75 %, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal atteint désormais 6,25 %. Les ratios de réserves obligatoires, eux, restent inchangés. Le message du gouverneur Yvon Sana Bangui est clair : la priorité est de protéger la monnaie et de limiter les sorties de capitaux, sans asphyxier l’économie. La BEAC anticipe une dégradation du solde du compte courant, avec un déficit attendu de 2,9 % du PIB, et des réserves de change en baisse de 2,6 % à 6 377 milliards de F.CFA, soit 4,2 mois d’importations contre 4,9 mois en 2024. Résultat : le taux de couverture extérieure tombe à 67 %, un signal pour agir avant qu’il ne s’effrite davantage. Cette décision intervient alors que la zone Cemac affiche une croissance modérée : 2,4 % prévue pour 2025, contre 2,7 % en 2024, avec une inflation basse (2,2 %) et un déficit budgétaire ramené à 1,4 % du PIB. La BEAC joue donc la carte de la stabilité et de la résilience face à des chocs économiques potentiels, notamment via les cours des matières premières et les flux financiers. Mais tous les signaux ne sont pas au vert. Les créances douteuses des banques de la région ont explosé au Gabon (+31,4 %), tandis que le Cameroun voit une hausse de 14,5 %. À l’inverse, le Tchad et la République centrafricaine affichent un recul de ces créances. Ces tensions locales ajoutent un facteur de vigilance pour la banque centrale. Pour le gouverneur, l’objectif est double : freiner l’érosion des réserves et rassurer les marchés tout en maintenant la liquidité bancaire. En clair, la BEAC mise sur un ajustement mesuré pour éviter un resserrement brutal qui pèserait sur l’économie. Dans un environnement incertain, l’Afrique centrale choisit donc l’anticipation plutôt que la précipitation, afin de protéger son franc et la stabilité de la région.

BEAC : hausse des taux pour protéger le franc CFA Read More »

Récompensée à Paris, l’avocate historique alerte sur la situation politique et les libertés publiques au Cameroun

Cameroun : Alice Nkom, figure des droits humains face au pouvoir de Yaoundé

Récompensée à Paris, l’avocate historique alerte sur la situation politique et les libertés publiques au Cameroun. Avocate de renom et militante des droits humains, Alice Nkom demeure l’une des figures les plus connues de la société civile camerounaise. Première femme avocate du pays, elle a consacré près de six décennies à la défense des libertés fondamentales, notamment celles des personnes marginalisées, dont les minorités sexuelles. Son engagement lui vaut aujourd’hui une reconnaissance internationale, mais aussi des relations tendues avec les autorités de Yaoundé. De passage à Paris, Alice Nkom a reçu le prix Engel-du Tertre, décerné par l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) au Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), organisation régionale qu’elle préside. Cette distinction salue le travail mené par le réseau en faveur de la protection des défenseurs des droits humains dans un contexte régional marqué par des restrictions croissantes des libertés publiques. Cette récompense intervient dans un climat politique sensible au Cameroun, marqué par la réélection contestée du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Le REDHAC a d’ailleurs été suspendu pendant plusieurs mois par les autorités camerounaises, une décision justifiée officiellement par des motifs administratifs, mais dénoncée par l’organisation comme une entrave à ses activités. Une voix critique mais institutionnelle Alice Nkom assume une position critique vis-à-vis du régime en place, qu’elle accuse d’affaiblir progressivement l’État de droit. Active politiquement, elle est aujourd’hui porte-parole de l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui revendique la victoire à la dernière élection présidentielle. Une implication qui situe clairement l’avocate dans le débat politique national, tout en nourrissant les critiques de ses détracteurs, qui l’accusent de brouiller la frontière entre militantisme des droits humains et engagement partisan. De son côté, le pouvoir camerounais met en avant la stabilité institutionnelle du pays et rejette les accusations de dérive autoritaire, soulignant les efforts engagés en matière de maintien de l’ordre, de cohésion nationale et de développement. Un débat au cœur de l’avenir du pays Pour Alice Nkom, la reconnaissance internationale reçue à Paris est avant tout l’occasion de porter un message d’alerte sur la situation des libertés, de la justice et de la gouvernance au Cameroun. Elle appelle à un dialogue politique inclusif et à une plus grande attention de la communauté internationale aux dynamiques internes du pays. Entre défense des droits humains, engagement politique assumé et tensions avec les autorités, le parcours d’Alice Nkom illustre les lignes de fracture qui traversent le Cameroun contemporain. Un débat complexe, où s’opposent exigences de stabilité, aspirations démocratiques et pressions sociales, et qui continue de façonner l’avenir politique du pays.

Cameroun : Alice Nkom, figure des droits humains face au pouvoir de Yaoundé Read More »

Après la victoire du Cameroun face au Gabon (1-0) à la CAN 2025, Eto’o Fils veut recentrer le débat sur le terrain.

Samuel Eto’o face au piège du pouvoir : football, popularité et soupçons politiques au Cameroun

Entre terrain sportif et arène politique, la star des Lions indomptables tente de contenir une popularité devenue explosive. Samuel Eto’o n’a peut-être jamais été aussi loin des terrains, mais jamais aussi proche du centre du jeu camerounais. Réélu en novembre à la tête de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), l’ancien attaquant vedette se retrouve aujourd’hui prisonnier d’un paradoxe : sa popularité nationale, loin d’être un atout, est devenue son principal fardeau. Dans un entretien accordé à Le Monde Afrique, Eto’o Fils met des mots sur un malaise profond : « 99 % de mes problèmes viennent du fait que les gens pensent que je veux devenir chef d’État. » Une phrase lourde de sens dans un pays où le football n’est jamais loin de la politique, et où toute figure charismatique est immédiatement perçue comme un acteur potentiel du pouvoir. L’ombre de George Weah La comparaison n’est jamais explicitement revendiquée, mais elle plane. L’exemple de George Weah, passé du statut d’icône sportive à président du Liberia, nourrit fantasmes et suspicions. Eto’o Fils, lui, botte en touche. Il nie toute ambition présidentielle tout en reconnaissant que cette rumeur parasite son action quotidienne à la Fecafoot, créant blocages, résistances et lectures politiciennes de décisions pourtant sportives. « Même quand nos idées sont bonnes, certains les traduisent immédiatement sur le plan politique », déplore-t-il. Dans un Cameroun où l’État reste hypercentralisé et la suspicion institutionnelle élevée, diriger le football revient à marcher sur une ligne de crête. Une gouvernance sportive sous haute tension Son mandat à la tête de la Fecafoot est loin d’être un long fleuve tranquille. Changements de sélectionneur à la veille de la CAN 2025, accusations d’ingérence, absences remarquées de cadres comme André Onana ou Vincent Aboubakar : chaque décision est scrutée, commentée, parfois instrumentalisée. À cela s’ajoute un positionnement politique assumé : son soutien public au président Paul Biya, réélu pour un huitième mandat, a suscité de vifs débats. Eto’o Fils assume, tout en rappelant que le choix politique relève de l’intime et que nul ne peut parler au nom de tous les Camerounais. Quand le football devient un miroir du pouvoir Après la victoire du Cameroun face au Gabon (1-0) à la CAN 2025, Eto’o Fils veut recentrer le débat sur le terrain. Mais le contexte national rend l’exercice difficile. Au Cameroun, le football est un langage politique, un espace de projection des frustrations, des espoirs et des luttes de pouvoir. Samuel Eto’o incarne cette frontière trouble entre sport et politique. Qu’il le veuille ou non, son aura dépasse désormais le rectangle vert. Et tant que cette ambiguïté persistera, le président de la Fecafoot restera sous surveillance permanente – adulé par les foules, redouté par les cercles du pouvoir, et enfermé dans un rôle qu’il affirme ne pas vouloir endosser.

Samuel Eto’o face au piège du pouvoir : football, popularité et soupçons politiques au Cameroun Read More »

Les frappes américaines menées le jour de Noël contre des positions de l’État islamique dans le nord-ouest du Nigeria marquent un tournant stratégique autant qu’un signal politique.

Frappes américaines au Nigeria : quand Trump projette la guerre globale sur le Sahel côtier

Sécurité, religion et puissance : Washington revient militairement en Afrique par Abuja. Les frappes américaines menées le jour de Noël contre des positions de l’État islamique dans le nord-ouest du Nigeria marquent un tournant stratégique autant qu’un signal politique. En revendiquant une opération « meurtrière » destinée à protéger les chrétiens, Donald Trump n’a pas seulement ordonné une action militaire ciblée : il a réinscrit l’Afrique dans sa grammaire sécuritaire mondiale, mêlant lutte antiterroriste, rhétorique civilisationnelle et démonstration de force. Une frappe militaire, un message politique Sur Truth Social, le président américain a choisi ses mots avec soin. Noël. Chrétiens. Terroristes. Punition. La narration est claire : l’Amérique protège, frappe et dissuade. Peu importe que la réalité nigériane soit infiniment plus complexe – violences multifactorielles, criminalité armée, conflits fonciers, jihadisme diffus – Trump II impose un récit binaire, taillé pour son électorat et pour affirmer son retour sur la scène internationale. Mais derrière l’emphase présidentielle, l’opération révèle une réalité plus subtile : les frappes ont été demandées, renseignées et validées par Abuja. Abuja acteur, non spectateur En confirmant avoir fourni les renseignements et donné son feu vert, le Nigeria assume pleinement cette coopération militaire. Le président Bola Tinubu et son gouvernement montrent qu’ils ne sont pas de simples bénéficiaires d’une intervention étrangère, mais des partenaires stratégiques actifs. Dans un contexte où les armées africaines cherchent à reprendre la main après les désengagements occidentaux et les coups d’État régionaux, Abuja fait un choix clair : coopérer avec Washington plutôt que subir l’insécurité chronique. Cette posture contraste fortement avec celle des régimes sahéliens qui ont rompu avec les partenaires occidentaux. Le Nigeria se positionne ainsi comme pôle de stabilité relative, interlocuteur crédible et pivot sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Le retour discret de la guerre américaine en Afrique Ces frappes sont les premières sous la nouvelle présidence Trump, mais elles rappellent une constante : l’Afrique demeure un théâtre secondaire mais permanent de la guerre globale contre le terrorisme. AFRICOM agit, frappe, puis se retire du discours officiel, laissant la communication politique à la Maison-Blanche. Ce retour intervient dans un contexte de durcissement général de la politique américaine : restrictions de visas, classement du Nigeria parmi les pays « particulièrement préoccupants » en matière de liberté religieuse, recentrage sécuritaire de l’aide internationale. L’intervention militaire devient ainsi un levier parmi d’autres d’une stratégie plus large de pression et de sélection des partenaires. Religion : un angle explosif L’insistance de Trump sur la protection des chrétiens suscite malaise et inquiétudes. À Abuja comme chez de nombreux analystes, cette lecture confessionnelle est jugée dangereuse, car elle simplifie un conflit complexe et risque d’alimenter les fractures internes. Le gouvernement nigérian s’est empressé de rappeler que les victimes du terrorisme sont musulmanes comme chrétiennes, et que la lutte engagée n’a rien de religieux. Mais le mal est fait : la narration trumpienne exporte en Afrique les guerres culturelles américaines. Une coopération sous conditions Militairement efficace à court terme, politiquement risquée à long terme, cette coopération pose une question centrale : jusqu’où Abuja acceptera-t-il que sa lutte sécuritaire soit instrumentalisée par des agendas politiques extérieurs ? Et à l’inverse, jusqu’où Washington est-il prêt à s’engager au-delà de frappes ponctuelles sans stratégie régionale globale ? Une chose est sûre : avec ces frappes de Noël, le Nigeria redevient un maillon clé de la sécurité africaine vue de Washington. Et Donald Trump, en chef de guerre médiatique, a trouvé en Afrique un terrain où puissance, symbole et narration se rejoignent.

Frappes américaines au Nigeria : quand Trump projette la guerre globale sur le Sahel côtier Read More »

À quelques heures de scrutins décisifs en Côte d’Ivoire et en Guinée, la Francophonie sort de sa réserve protocolaire.

Élections sous surveillance francophone : Abidjan et Conakry au banc d’essai diplomatique

Quand l’observation électorale devient un instrument de puissance. À quelques heures de scrutins décisifs en Côte d’Ivoire et en Guinée, la Francophonie sort de sa réserve protocolaire. En dépêchant des Missions électorales à Abidjan et Conakry, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne se contente pas d’observer des urnes : elle réaffirme une présence politique dans une Afrique de l’Ouest traversée par les coups d’État, les transitions sous tension et la concurrence ouverte des puissances étrangères. Derrière la neutralité affichée, le message est clair : les élections restent un champ de bataille géopolitique. Abidjan, vitrine de stabilité ; Conakry, test de crédibilité En Côte d’Ivoire, les législatives du 27 décembre 2025 sont moins un enjeu de pouvoir qu’un examen de maturité institutionnelle. Le pays, moteur économique régional, sait que la crédibilité de ses processus électoraux conditionne la confiance des investisseurs, la stabilité sociale et son statut de partenaire privilégié des bailleurs internationaux. La présence de la Francophonie vise ici à désamorcer toute contestation post-électorale, dans un État dont l’histoire récente rappelle le coût politique de scrutins contestés. En Guinée, l’enjeu est d’une tout autre nature. L’élection présidentielle du 28 décembre 2025 doit sceller – ou non – la sortie de transition. Pour Conakry, l’observation francophone est une opportunité diplomatique : celle de montrer des gages de normalisation sans se soumettre frontalement aux injonctions plus dures de la CEDEAO ou de l’Union européenne. Pour l’OIF, c’est un pari risqué : accompagner sans cautionner, observer sans légitimer l’irréversible. La Francophonie, dernier médiateur acceptable ? À l’heure où les sanctions régionales perdent de leur efficacité et où les opinions publiques africaines se méfient des leçons de démocratie venues de l’extérieur, la Francophonie joue une carte singulière. Moins intrusive, plus feutrée, elle s’appuie sur la Déclaration de Bamako pour rappeler les standards électoraux tout en maintenant le dialogue. Ce positionnement intermédiaire fait de l’OIF l’un des rares acteurs encore audibles dans certains contextes politiques africains. Une diplomatie du « ni rupture ni chèque en blanc », qui contraste avec l’approche sécuritaire dominante des puissances occidentales. Observer, c’est aussi influencer Ne nous y trompons pas : l’observation électorale n’est jamais neutre. En Côte d’Ivoire comme en Guinée, les rapports, recommandations et déclarations préliminaires pèseront sur : Dans un monde où la légitimité politique conditionne l’accès aux ressources, le regard posé sur les urnes vaut parfois plus que le bulletin lui-même. Une bataille discrète pour l’avenir régional Face à la montée en puissance de nouveaux partenaires – Russie, Chine, Golfe – peu enclins à conditionner leur soutien à des normes démocratiques, la Francophonie tente de préserver un espace politique fondé sur des règles partagées. C’est une bataille silencieuse, moins spectaculaire que les déploiements militaires, mais tout aussi stratégique. Abidjan et Conakry ne jouent pas seulement une élection. Ils jouent leur place dans l’ordre régional à venir. Et la Francophonie, en arbitre discret, entend bien rappeler que la démocratie reste une monnaie géopolitique.

Élections sous surveillance francophone : Abidjan et Conakry au banc d’essai diplomatique Read More »

Scroll to Top