Afrique & Monde

La Journée internationale de la femme africaine : vision et réalité au Cameroun

Un élan de reconnaissance. Chaque année, le 31 juillet, la Journée Internationale de la Femme Africaine est célébrée à travers le continent. Instituée pour honorer les contributions des femmes à l’histoire et au développement de l’Afrique, cette journée vise également à sensibiliser sur les défis persistants que rencontrent les femmes dans divers secteurs, notamment l’éducation, la santé, et l’économie. Une célébration engagée en Afrique centrale En Afrique centrale, cette journée est marquée par des événements variés, tels que des conférences, des ateliers et des activités culturelles. Ces initiatives mettent en lumière les luttes des femmes pour leurs droits et leur émancipation. Au Cameroun, par exemple, des organisations non gouvernementales, ainsi que des institutions gouvernementales, organisent des campagnes de sensibilisation pour aborder des thématiques comme la violence basée sur le genre, l’accès à l’éducation et l’autonomisation économique. Au cœur des activités au Cameroun Au Cameroun, la journée est souvent ponctuée par des discours de personnalités politiques sur l’importance de l’égalité homme-femme. En 2023, par exemple, le ministre des Droits des Femmes a souligné que « l’éducation des filles est la clé du développement durable ». Des marches, des expositions et des forums sont également organisés pour donner une voix aux femmes et promouvoir leurs contributions à la société. Les femmes rurales, qui représentent une part significative de la population, sont souvent mises en avant. Des programmes sont spécialement conçus pour les former dans des domaines tels que l’agriculture durable et l’entrepreneuriat, favorisant ainsi leur intégration dans l’économie locale. Vers une amélioration de la situation Malgré les avancées, de nombreux défis subsistent. Les taux d’alphabétisation et d’accès à des soins de santé de qualité restent inégaux, et la violence à l’égard des femmes demeure un problème majeur. La célébration de la Journée Internationale de la Femme Africaine représente donc non seulement un moment de fête, mais aussi une opportunité de renouveler les engagements en faveur de l’égalité et de rappeler l’importance de poursuivre les efforts pour un avenir meilleur pour les femmes en Afrique centrale, et plus spécifiquement au Cameroun.

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Le Cameroun face au défi du football scolaire : un modèle à construire ?

Tandis que le Niger et la Centrafrique innovent avec la FIFA, le Cameroun reste en retrait dans l’intégration du football comme levier de développement éducatif et social. Le 26 juillet 2025, le Niger est devenu l’un des deux premiers pays africains à signer avec la FIFA le programme « Football for Schools », un accord ambitieux visant à intégrer le football dans le système scolaire. Cette initiative, qui combine formation des enseignants, contenus pédagogiques, tournois et suivi évaluation, est saluée comme un pas décisif vers une éducation plus inclusive, citoyenne et ancrée dans les réalités sociales des jeunes Africains. En comparaison, le Cameroun, pourtant grande nation de football, n’a pas encore entamé une démarche structurelle similaire. Certes, des initiatives existent à travers certaines ONG locales, clubs formateurs ou projets ponctuels de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), mais elles demeurent isolées et sans ancrage institutionnel dans l’éducation nationale. Pourtant, les enjeux sont immenses. Le Cameroun compte plus de 10 millions de jeunes de moins de 25 ans, soit plus de 40 % de la population. Dans un contexte de chômage des jeunes évalué à plus de 13 %, et d’un secteur informel où l’emploi précaire domine, l’encadrement des jeunes par le sport apparaît comme une piste d’inclusion et de mobilisation sociale sous-exploitée. Des experts comme Patrick Mboma, ancien international reconverti dans le développement sportif, appellent à « faire du football un outil de citoyenneté et d’éducation ». Il plaide pour une coopération étroite entre le ministère de l’Éducation, celui des Sports et la Fécafoot, afin d’implémenter un modèle adapté au contexte camerounais. Au-delà du développement personnel, une telle politique pourrait stimuler la création d’emplois dans la filière sportive, renforcer les infrastructures locales et favoriser une diplomatie sportive régionale. La réussite du Niger pourrait donc servir de révélateur pour le Cameroun : et si l’avenir du football camerounais passait par l’école ?

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Cameroun : cap sur la croissance, levier industriel activé

Face aux défis du financement et de la transformation économique, le pays mise sur une mobilisation accrue de ses ressources internes, l’industrialisation et l’optimisation de son capital humain, naturel et financier. La Banque africaine de développement (BAD) alerte : pour transformer son potentiel en moteur de développement durable, le Cameroun doit franchir un cap décisif. Dans son Rapport pays 2025, présenté à Yaoundé le 28 juillet, l’institution met en lumière les leviers de croissance, à commencer par l’accroissement de la mobilisation des ressources domestiques. Selon le rapport, la croissance du PIB est projetée à 3,6 % en 2024 et pourrait atteindre 4,2 % en 2025 si les réformes structurelles sont appliquées efficacement. « Le Cameroun dispose d’un capital naturel, humain et financier important, mais son impact sur la croissance reste en deçà des attentes. Il est temps de tirer le meilleur parti de ce capital », a déclaré Ameth Saloum Ndiaye, économiste pays principal de la BAD. Parmi les recommandations phares : la réduction progressive des subventions sur les carburants (environ 2 % du PIB en 2023), la digitalisation accrue des administrations fiscales, la restructuration des 27 entreprises publiques stratégiques et l’adoption d’une Stratégie nationale de financement intégré (SNFI) pour diversifier les sources de financement. « Il est urgent de rendre le système fiscal plus équitable et efficace », a ajouté Godwill Kan Tange, économiste national. En 2022, plus de 590 milliards de FCFA ont été accordés en exonérations fiscales, soit environ 2,7 % du PIB, un niveau jugé insoutenable. En parallèle, le secteur manufacturier a enregistré une croissance de 6,8 %, illustrant le potentiel de l’industrialisation. Le secrétaire général du ministère de l’Économie, Jean Tchoffo, a salué la pertinence des propositions : « Ce rapport arrive à un moment clé, alors que le Cameroun évalue à mi-parcours la mise en œuvre de la SND30. Il contribuera à renouer avec une croissance solide et à accélérer la transformation structurelle de notre économie ». La BAD insiste également sur la valorisation du capital humain : en 2023, le taux de chômage des jeunes atteignait 13,1 % et le secteur informel employait près de 88 % de la population active. L’investissement dans la formation, les infrastructures régionales et la transformation locale des produits de base est perçu comme stratégique. « Le Cameroun a les cartes en main. Ce qu’il lui faut maintenant, c’est une exécution rigoureuse des réformes et une meilleure coordination des acteurs », a conclu Mamadou Tangara, directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale. Noël Ndong

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Fin de l’USAID : un séisme silencieux et un basculement géopolitique pour l’Afrique centrale

Cameroun, Tchad, RDC : entre vide stratégique américain et montée en puissance de nouveaux acteurs globaux. Le 1er juillet 2025, le démantèlement de l’USAID (United States Agency for International Development) est devenu effectif. Cette décision, annoncée dès février par l’administration Trump, a entraîné la suppression de 83 % des programmes mondiaux de l’agence. Pour l’Afrique subsaharienne, c’est un séisme : la région absorbait près de 40 % du budget annuel de l’USAID, soit près de 7,5 milliards USD en 2023. Le Cameroun, le Tchad, la RDC, la Centrafrique ou encore le Congo-Brazzaville sont directement impactés. Une onde de choc multisectorielle Au Cameroun, plus de 127 projets étaient en cours en 2024, principalement dans les secteurs de la santé (38 %), de l’éducation (21 %) et du renforcement de la gouvernance locale (17 %). En 2022, l’USAID y finançait encore l’achat de 4,2 millions de doses de vaccins pédiatriques, soutenait 43 ONG locales et contribuait à plus de 18 % des fonds extérieurs de la lutte contre le VIH/Sida. « Le retrait américain fragilise des systèmes déjà précaires et crée un vide que d’autres puissances chercheront à combler », avertit le politologue camerounais Jean-Paul Nlo’o. Risques stratégiques et basculement d’influence Ce désengagement marque un recul net du soft power américain au profit d’acteurs comme la Chine, présente à travers ses infrastructures sanitaires, ou la Russie, via la formation sécuritaire et la coopération militaire. En intelligence économique, cette situation rebat les cartes : Vers une résilience sous contrainte Les économies locales, déjà marquées par l’informalité (près de 85 % de l’emploi au Cameroun), doivent s’adapter. En l’absence d’USAID, des mécanismes « plan B » s’activent : « Le prochain gouvernement camerounais devra repositionner l’aide au développement comme un levier d’influence et d’attractivité, pas uniquement un filet social », estime Mireille Ngako, experte en intelligence économique à Yaoundé. Proposition de réponses Une stratégie nationale de repositionnement pourrait inclure : En définitive, la fin de l’USAID ne doit pas être vue uniquement comme une crise, mais comme un test de résilience stratégique pour l’Afrique centrale, et une fenêtre d’opportunité pour redéfinir ses partenariats internationaux. Noël Ndong

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Cameroun : 12,6 millions de citoyens sous le seuil de pauvreté, entre survie et enjeux géostratégiques

Dans un contexte régional fragile, la pauvreté de masse devient une vulnérabilité économique et stratégique. Vers une approche d’intelligence économique sociale ? Le Cameroun fait face à une crise silencieuse. Près de 12,6 millions de Camerounais vivent avec moins de 2 000 FCFA (3 euros) par jour, selon les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS). Derrière ce chiffre : inégalités structurelles, déséquilibres régionaux, et informalité galopante. Cette pauvreté, qui touche plus de 45 % de la population, n’est plus seulement un enjeu social – elle devient un risque stratégique pour la stabilité nationale. « L’intelligence économique ne concerne pas que les marchés. Elle implique aussi l’anticipation des vulnérabilités internes qui fragilisent la nation », affirme Luc Tchouameni, consultant en IE basé à Douala. Une pauvreté multidimensionnelle et territoriale Les régions du Nord, de l’Est et du Nord-Ouest concentrent les taux de pauvreté les plus élevés. L’accès aux soins, à l’éducation et aux infrastructures de base y est limité. Les déséquilibres territoriaux se creusent, exposant certaines zones à l’extrémisme, à la contrebande ou aux migrations internes incontrôlées. « Une population appauvrie, sans espoir, est plus perméable à la radicalisation ou à l’exploitation transfrontalière », prévient un cadre du ministère de la Défense sous anonymat. Informel et résilience : forces et limites Face à l’absence d’emplois décents, le secteur informel absorbe près de 90 % des travailleurs urbains. Marchés parallèles, auto-emploi, agriculture vivrière… La débrouille devient un mode de vie. Si cette dynamique prévient l’explosion sociale, elle ne génère ni fiscalité, ni protection sociale, ni planification. « L’informel est à la fois une solution de résilience sociale et une zone aveugle pour les politiques publiques », souligne Françoise Ngo Mbia, économiste à l’Université de Dschang. Intelligence économique : un levier pour repenser la politique sociale Intégrer l’intelligence économique aux politiques de lutte contre la pauvreté, c’est : Quelles priorités pour le prochain gouvernement ? « L’intelligence économique, appliquée à la cohésion sociale, peut aider le Cameroun à sortir de la trappe de pauvreté chronique », conclut Charles Kenfack, analyste senior à l’Observatoire stratégique d’Afrique centrale (OSAC). Noël Ndong

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Sécurité alimentaire mondiale : la faim recule, sauf en Afrique et au Proche-Orient

L’Afrique centrale reste en alerte rouge, fragilisée par les conflits, la dépendance alimentaire et le sous-investissement agricole Le dernier rapport mondial sur la sécurité alimentaire, publié ce 28 juillet 2025 par la FAO, l’Unicef, le PAM et l’OMS, indique un recul modéré de la faim à l’échelle mondiale : entre 638 et 720 millions de personnes ont été sous-alimentées en 2024, soit 8,2 % de la population, contre 8,5 % en 2023. Mais cette amélioration cache de fortes disparités : la situation empire en Afrique, notamment en Afrique centrale. Dans cette région, plus d’un quart de la population est confrontée à l’insécurité alimentaire, selon les données de la FAO. Les conflits armés, les crises politiques (comme en RDC, en RCA ou au Tchad), mais aussi le dérèglement climatique et la forte dépendance aux importations expliquent cette vulnérabilité. « En Afrique centrale, les chocs climatiques comme les inondations ou les sécheresses réduisent la productivité agricole, tandis que la hausse du coût des denrées de base fragilise les ménages déjà précaires », analyse David Laborde, économiste à la FAO. Les zones rurales sont particulièrement touchées : le taux d’insécurité alimentaire modérée ou sévère y atteint plus de 35 %, selon le rapport. En cause également : des politiques agricoles encore peu inclusives, un accès limité au financement pour les petits producteurs, et une urbanisation rapide qui désorganise les filières de distribution. La malnutrition infantile y est également préoccupante. Moins d’un enfant sur quatre en Afrique centrale a accès à une alimentation variée. Cela engendre retards de croissance, baisse du capital humain et fragilité des apprentissages, avec des effets durables sur le développement des pays. Alors que le monde s’éloigne de l’Objectif de développement durable n°2 (« Faim Zéro » d’ici 2030), l’Afrique centrale illustre les défis structurels encore non résolus. « Sans investissement ciblé dans les systèmes alimentaires locaux, l’irrigation, et la résilience climatique, cette région risque d’être le principal foyer de la faim mondiale dans les années à venir », avertit Raj Patel, économiste à l’université du Texas. Noël Ndong

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Centrafrique : six anciens miliciens du FPRC condamnés à de lourdes peines pour crimes de guerre

La Cour pénale spéciale franchit un cap dans la lutte contre l’impunité en condamnant les auteurs de violences à Ndélé. En Centrafrique, la Cour pénale spéciale (CPS) a prononcé, le lundi 28 juillet, des peines allant de 20 à 25 ans de prison contre six anciens miliciens du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC). Jugés par contumace, ils ont été reconnus coupables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour des exactions commises en 2020 dans la ville de Ndélé, à l’est du pays. Le général Ndjouma Faché et Fotor Sinine écopent de 20 ans de prison, tandis que Younouss Kalam, Atahir English, Abdel Kane, Mahamat Salle et Yousouf Moustapha alias « Badjadje » sont condamnés à 25 ans de réclusion. « C’est un signal fort envoyé aux groupes armés : l’impunité n’est plus une option », a déclaré un observateur judiciaire sous couvert d’anonymat. La Cour prévoit une prochaine audience pour fixer les réparations dues aux victimes. Les faits remontent à mars et avril 2020, lorsque des violences sanglantes ont opposé les factions Rounga et Goula du FPRC. Les juges ont établi la responsabilité des accusés dans des viols, tortures, enlèvements, persécutions ethniques et pillages. Bien que les condamnés soient toujours en fuite, les autorités affirment que des recherches sont en cours. Créée en 2015, la CPS est une juridiction hybride soutenue par les Nations unies, compétente pour juger les crimes les plus graves commis depuis 2003. Selon un avocat de la partie civile, « ce verdict renforce la confiance des victimes dans les institutions judiciaires nationales ». Les parties disposent désormais de trois jours pour interjeter appel. Reste à savoir si cette décision accélérera la coopération entre les forces nationales et internationales pour interpeller les condamnés toujours en cavale. Noël Ndong

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Dette salariale des agents publics : l’État camerounais entame un vaste apurement de 57 milliards de F CFA

Entre rattrapage administratif et engagement politique, un signal attendu vers la stabilisation de la fonction publique. Le gouvernement camerounais a lancé, dès juillet 2025, une opération majeure d’apurement d’une dette salariale de 57 milliards de F CFA contractée auprès de quelque 178 000 agents publics. Il s’agit d’arriérés liés aux avancements d’échelon et de grade non pris en compte depuis l’introduction du nouveau système de gestion AIGLE. « C’est une réponse concrète à une attente ancienne et légitime des fonctionnaires. L’État honore ses engagements », a déclaré Joseph LE, ministre de la Fonction publique, lors d’un point conjoint avec le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, le 26 juillet. Dans le détail, 53,2 milliards seront versés à ceux dont les rappels sont inférieurs à 4,5 millions de F, soit 177 933 agents, à raison de 8 milliards par mois jusqu’en janvier 2026. Les 450 agents concernés par des montants supérieurs à 4,5 millions bénéficieront aussi de paiements, mais sur dossier, à déposer au ministère des Finances. « Ce plan est structuré, graduel et sécurisé », affirme un haut cadre du Minfi, soulignant que « les plus petits montants sont traités en priorité pour toucher un maximum de bénéficiaires rapidement ». Cette opération s’inscrit dans un contexte de réforme numérique de la gestion des ressources humaines, avec l’entrée en vigueur d’AIGLE, censée automatiser les évolutions de carrière. Cependant, la transition a engendré de nombreux retards. D’autres catégories d’agents verront leurs paiements échelonnés : les 175 agents en poste dans les missions diplomatiques seront régularisés dès septembre, tandis que 2 318 agents en détachement ou en disponibilité verront leur situation analysée courant 2026. Ce geste, perçu par les syndicats comme un « pas vers la normalisation du traitement administratif des carrières », reste à suivre avec vigilance. Car, comme le rappelle un syndicaliste du secteur éducatif, « des rappels ne devraient plus jamais prendre dix ans pour être payés ». Noël Ndong

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Présidentielle 2025 au Cameroun : les premières contestations électorales déposées

Entre recours juridiques et débat démocratique, le Conseil constitutionnel face à sa mission d’arbitre impartial À la suite de la publication de la liste définitive des 13 candidats retenus pour la présidentielle du 12 octobre 2025, plusieurs recours ont été déposés au Conseil constitutionnel. Ces requêtes, formulées dans les délais légaux, reflètent à la fois la vivacité du pluralisme politique et les tensions persistantes autour de l’interprétation des règles électorales. Parmi les recours les plus médiatisés figure celui de Léon Theiller Onana, conseiller municipal à Monatélé et militant du parti au pouvoir, le RDPC. Il conteste la régularité de la procédure d’investiture du président sortant Paul Biya, tout en sollicitant la suspension de deux membres du Conseil constitutionnel, invoquant une possible incompatibilité. Une démarche rare au sein des rangs du RDPC, qui suscite attention et prudence. Bertin Kisop, président du Cameroon Party for Social Justice (CPSJ), a quant à lui déposé trois requêtes : l’une visant l’invalidation d’une candidature concurrente, l’autre contestant son propre rejet, et la dernière s’interrogeant sur la composition actuelle du Conseil constitutionnel. Si ses demandes soulèvent des points de droit, elles traduisent aussi le besoin d’une meilleure transparence dans la communication institutionnelle. Deux autres candidats recalés – Bessiping (REFERE) et André Dibamou (Jeunesse Démocratique du Cameroun) – demandent la réhabilitation de leurs candidatures, évoquant des difficultés administratives, notamment dans l’obtention ou la validation des pièces requises. Conformément à la loi, le Conseil constitutionnel a dix jours pour statuer sur les recours. Son rôle d’arbitre indépendant est plus que jamais scruté, alors que l’enjeu principal reste la crédibilité du processus électoral et la confiance des électeurs. Ces premières requêtes signalent l’importance d’un dialogue continu entre institutions, partis politiques et citoyens, pour que l’élection présidentielle de 2025 soit non seulement régulière, mais aussi perçue comme légitime par l’ensemble des acteurs. Noël Ndong

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Gabon : fin des bourses vers l’Amérique du Nord, un tournant stratégique assumé

Entre rationalisation budgétaire et souveraineté éducative, Libreville veut privilégier les partenariats Sud-Sud. Le président Brice Oligui Nguema a créé la surprise en annonçant, le 9 juillet à Washington, la suppression des bourses gabonaises pour les étudiants se rendant aux États-Unis et au Canada, à partir de la rentrée 2026. Motif invoqué : le coût élevé des études dans ces pays et la faible propension des diplômés à rentrer au pays. « Ils ne reviennent jamais », a déclaré le chef de l’État, estimant que ces investissements profitent davantage aux pays d’accueil qu’au développement national. L’annonce a suscité polémiques et inquiétudes au Gabon, notamment chez les enseignants et anciens dirigeants. « C’est une erreur stratégique », dénonce l’ancien Premier ministre Bilie By Nze, soulignant que former ses élites à l’international reste crucial pour l’avenir du pays. Le chômage des jeunes dépasse 35 %, et beaucoup peinent à trouver un emploi correspondant à leur qualification, renforçant le phénomène de fuite des cerveaux. L’Agence nationale des bourses a tenté d’adoucir la mesure en précisant que les filières stratégiques – transformation des matières premières, numérique, médecine, aéronautique – pourraient bénéficier d’exceptions ciblées. Le gouvernement justifie ce virage par une volonté de renforcer la coopération Sud-Sud, en favorisant des destinations comme le Sénégal, le Maroc ou l’Afrique du Sud, où « les étudiants reviennent », selon Brice Oligui Nguema. Déjà, près de 50 % des étudiants gabonais à l’étranger choisissent un pays africain, note Sarah Wild, consultante en orientation. Le coût moindre, les liens familiaux et la qualité académique croissante expliquent cette tendance. Mais cette réorientation soulève des questions d’équité et de compétitivité. Des voix s’élèvent pour proposer des alternatives : limiter les bourses aux meilleurs profils ou imposer un engagement de retour au pays. Pour beaucoup, la rupture avec les pôles d’excellence occidentaux ne peut être que progressive, si le Gabon veut rester dans la course mondiale de la formation des talents. Noël Ndong

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