Afrique & Monde

Macron–Ouattara : Paris et Abidjan, partenaires pivots face aux secousses ouest-africaines

Le 18 juillet 2025, à l’Élysée, Emmanuel Macron a accueilli Alassane Ouattara pour une rencontre placée sous le signe du réalisme stratégique. Dans une Afrique de l’Ouest en proie à l’instabilité – entre coups d’État, retrait des forces occidentales et guerre informationnelle – la Côte d’Ivoire reste, pour Paris, un allié clef. « La Côte d’Ivoire est une ancre de stabilité dans un océan de turbulences », a déclaré Emmanuel Macron, saluant la coopération militaire, économique et sécuritaire entre les deux pays. Le président français a insisté sur une « relation de confiance bâtie sur le respect mutuel et la responsabilité partagée », dans une logique post-Françafrique assumée. Sur le plan sécuritaire, Abidjan est devenu un point d’appui régional : lutte contre les groupes djihadistes au Sahel, protection des corridors logistiques du golfe de Guinée, et formation d’armées partenaires. En 2025, moins de 800 soldats français sont encore déployés dans la région, contre 2 500 en 2021, illustrant une doctrine de retrait au profit des capacités africaines. « Nous n’avons pas vocation à dépendre d’autrui pour notre sécurité », a affirmé Alassane Ouattara, qui souhaite que la Côte d’Ivoire devienne un hub de sécurité régionale, en formant notamment des militaires béninois, ghanéens et togolais. Sur le front économique, les discussions ont porté sur les investissements dans les infrastructures, le numérique, l’agriculture de transformation et les énergies vertes. La France reste le premier investisseur bilatéral en Côte d’Ivoire, avec plus de 1,4 milliard d’euros de projets en cours. « La croissance doit être inclusive et souveraine. Nous voulons bâtir une économie de valeur, pas de dépendance », a rappelé le président ivoirien. Avec une croissance projetée à 7,2 % en 2025 et une dynamique de transformation industrielle, la Côte d’Ivoire se positionne comme un leader économique régional, mais toujours confrontée à un chômage des jeunes supérieur à 20 %. Enfin, sur le plan géopolitique, les deux chefs d’État ont évoqué la nécessité d’une diplomatie collective au sein de la CEDEAO et de l’Union africaine, face aux défis démocratiques et sécuritaires. « Notre partenariat ne se décrète pas, il se construit. La France restera présente, mais autrement : par le dialogue, la formation, et la coopération entre égaux », a conclu Emmanuel Macron. Noël Ndong à l’Elysée

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Bangui–Paris : une relance militaire stratégique, un test régional pour l’Afrique centrale

La relance de la coopération militaire entre la France et la Centrafrique, officialisée par la visite du général Pascal Ianni à Bangui le 10 juillet 2025, marque un tournant stratégique dans les relations bilatérales, mais aussi un signal fort à l’échelle régionale. Suspendu depuis 2021, ce partenariat reprend dans un contexte géopolitique mouvant, où les acteurs étrangers, notamment la Russie, ont renforcé leur influence. « Notre armée est en reconstruction. Nous voulons que nos cadres militaires soient à la hauteur de leur mission », a déclaré le ministre centrafricain de la Défense, Rameaux-Claude Bireau. Le cœur de la coopération repose désormais sur la formation des FACA, avec une approche française plus discrète et ciblée : pas de bases permanentes, mais des missions ponctuelles pour accompagner la montée en compétence des forces locales. Pour le Cameroun, voisin immédiat de la RCA, cette réactivation est à la fois une opportunité et un défi. Longtemps exposé aux répercussions du conflit centrafricain — flux de réfugiés, criminalité transfrontalière, instabilité locale — le pays doit renforcer ses capacités de surveillance et envisager une coopération militaire régionale renforcée. Yaoundé peut également jouer un rôle diplomatique clé, via la CEMAC et l’Union africaine, en encourageant une dynamique de réconciliation durable à Bangui. Au-delà de la sécurité, les retombées économiques sont majeures : un climat pacifié favoriserait la réouverture des corridors commerciaux et attirerait de nouveaux investissements dans une région où la stabilité reste le principal levier de développement. Dans ce nouveau jeu d’influence, la France cherche à repositionner son rôle sans répéter les erreurs du passé, tandis que les pays d’Afrique centrale sont appelés à se coordonner pour faire de cette relance un levier de souveraineté et de sécurité partagée. Noël Ndong

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Afrique centrale : une carte électorale sous tension géopolitique

Entre instabilités internes, pressions externes et dynamiques régionales, les scrutins à venir redessinent l’équilibre politique de l’Afrique centrale. À l’horizon 2025, l’Afrique centrale entre dans un cycle électoral stratégique. République démocratique du Congo, Cameroun, Tchad, Gabon, Congo-Brazzaville : cinq pays, cinq trajectoires, un même enjeu – la stabilité politique dans une région charnière du continent. Ce moment électoral se joue autant dans les urnes que dans les coulisses diplomatiques. « Le risque, c’est que les élections deviennent un mécanisme de légitimation sans transformation », analyse un diplomate européen en poste à Libreville. Face à des régimes anciens, souvent militaires ou autoritaires, la communauté internationale cherche à concilier exigences démocratiques et stabilité régionale. Les bailleurs de fonds, quant à eux, adoptent une posture conditionnelle : assistance maintenue, mais en échange de signaux clairs en matière de gouvernance, transparence électorale et respect des droits civiques. Cartographie politique des principales échéances RDC : un après-Tshisekedi sous tension Après les élections générales de décembre 2023, Félix Tshisekedi a entamé son second mandat dans un climat de contestation. Les résultats des législatives et locales, encore partiellement validés, font l’objet de critiques de l’opposition et d’observateurs internationaux. L’UE et les États-Unis ont appelé à plus de transparence et à la réforme de la Commission électorale. Les bailleurs conditionnent une partie de leur aide au respect des engagements démocratiques, notamment en matière de décentralisation. Cameroun : Paul Biya et l’ombre d’une éventuelle succession Le scrutin présidentiel de 2025 pourrait marquer un tournant pour le Cameroun. Paul Biya  se présentera à la propre succession, face à une opposition qui peine à s’organiser. L’Union africaine, l’ONU et plusieurs partenaires européens poussent pour une transition apaisée. Les bailleurs, dont la Banque mondiale et le FMI, insistent sur la nécessité d’un apaisement des tensions dans les régions anglophones – ce qui est déjà le cas -conditionnant certaines aides à des avancées en matière de gouvernance. Tchad : des élections sous haute surveillance Après une transition militaire prolongée, le scrutin présidentiel de 2024 a vu Mahamat Idriss Déby s’imposer dans un climat tendu. Les législatives prévues en 2025 sont vues comme un test majeur par les partenaires internationaux. L’UE, qui avait suspendu une partie de son appui budgétaire, attend des garanties de transparence. Les États-Unis, quant à eux, appellent à un renforcement des droits civiques et à la libération des prisonniers politiques. Gabon : une transition militaire à crédibiliser Depuis le renversement d’Ali Bongo en août 2023, les nouvelles autorités gabonaises promettent un retour à l’ordre constitutionnel d’ici fin 2025. La communauté internationale reste prudente. La CEEAC (Communauté économique des États de l’Afrique centrale) et l’Union africaine exigent un calendrier clair, tandis que les bailleurs, dont l’AFD et la BAD, conditionnent leur appui à des progrès concrets dans la réforme électorale. Congo-Brazzaville : stabilité sous contrôle Bien que la présidentielle soit prévue pour 2026, les élections locales de 2025 sont vues comme un baromètre démocratique. Les partenaires extérieurs, notamment la France et la Banque mondiale, pressent le président Denis Sassou Nguesso d’ouvrir l’espace civique et d’encourager le pluralisme. Enjeux géopolitiques La zone concentre des enjeux sécuritaires majeurs : lutte contre les groupes armés à l’Est de la RDC, instabilité post-coup d’État au Gabon et au Tchad, tensions séparatistes au Cameroun. Elle intéresse aussi les grandes puissances. La Chine, présente via ses investissements miniers et infrastructurels, privilégie la continuité des régimes. L’Union européenne et les États-Unis, eux, appuient officiellement les transitions démocratiques, mais avec un pragmatisme croissant. La France, historiquement influente dans la région, opère un repositionnement : « Nous ne sommes plus dans une logique de soutien inconditionnel », confie une source diplomatique à Yaoundé. La Russie, quant à elle, renforce sa présence en Centrafrique et au Soudan, influençant indirectement l’équilibre régional. Des conséquences à double tranchant Les conséquences de ces scrutins dépassent les frontières nationales. Une élection mal conduite peut attiser les conflits internes, pousser à l’exode et fragiliser les économies déjà sous pression. À l’inverse, une transition réussie – même partielle – pourrait ouvrir la voie à une nouvelle dynamique sous-régionale, propice à l’intégration économique et à la coopération sécuritaire. Mais les espoirs sont mesurés. Comme le rappelle une experte de l’International Crisis Group : « Les populations veulent voter, mais elles veulent surtout que cela change quelque chose ». Conclusion : vigilance et engagement différencié Pour les partenaires internationaux, la ligne est étroite : soutenir les processus électoraux sans cautionner les dérives. Face à des régimes souvent fermés mais sensibles à l’image extérieure et à la coopération financière, l’enjeu est d’accompagner sans imposer, d’influencer sans rompre. L’Afrique centrale joue une partie serrée. Le verdict des urnes comptera – mais la crédibilité de l’ensemble du processus, elle, pèsera bien au-delà des résultats. Noël Ndong

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Afrique centrale : une carte électorale sous tension géopolitique

Entre instabilités internes, pressions externes et dynamiques régionales, les scrutins à venir redessinent l’équilibre politique de l’Afrique centrale. À l’horizon 2025, l’Afrique centrale entre dans un cycle électoral stratégique. République démocratique du Congo, Cameroun, Tchad, Gabon, Congo-Brazzaville : cinq pays, cinq trajectoires, un même enjeu – la stabilité politique dans une région charnière du continent. Ce moment électoral se joue autant dans les urnes que dans les coulisses diplomatiques. « Le risque, c’est que les élections deviennent un mécanisme de légitimation sans transformation », analyse un diplomate européen en poste à Libreville. Face à des régimes anciens, souvent militaires ou autoritaires, la communauté internationale cherche à concilier exigences démocratiques et stabilité régionale. Les bailleurs de fonds, quant à eux, adoptent une posture conditionnelle : assistance maintenue, mais en échange de signaux clairs en matière de gouvernance, transparence électorale et respect des droits civiques. Cartographie politique des principales échéances RDC : un après-Tshisekedi sous tension Après les élections générales de décembre 2023, Félix Tshisekedi a entamé son second mandat dans un climat de contestation. Les résultats des législatives et locales, encore partiellement validés, font l’objet de critiques de l’opposition et d’observateurs internationaux. L’UE et les États-Unis ont appelé à plus de transparence et à la réforme de la Commission électorale. Les bailleurs conditionnent une partie de leur aide au respect des engagements démocratiques, notamment en matière de décentralisation. Cameroun : Paul Biya et l’ombre d’une éventuelle succession Le scrutin présidentiel de 2025 pourrait marquer un tournant pour le Cameroun. Paul Biya  se présentera à la propre succession, face à une opposition qui peine à s’organiser. L’Union africaine, l’ONU et plusieurs partenaires européens poussent pour une transition apaisée. Les bailleurs, dont la Banque mondiale et le FMI, insistent sur la nécessité d’un apaisement des tensions dans les régions anglophones – ce qui est déjà le cas -conditionnant certaines aides à des avancées en matière de gouvernance. Tchad : des élections sous haute surveillance Après une transition militaire prolongée, le scrutin présidentiel de 2024 a vu Mahamat Idriss Déby s’imposer dans un climat tendu. Les législatives prévues en 2025 sont vues comme un test majeur par les partenaires internationaux. L’UE, qui avait suspendu une partie de son appui budgétaire, attend des garanties de transparence. Les États-Unis, quant à eux, appellent à un renforcement des droits civiques et à la libération des prisonniers politiques. Gabon : une transition militaire à crédibiliser Depuis le renversement d’Ali Bongo en août 2023, les nouvelles autorités gabonaises promettent un retour à l’ordre constitutionnel d’ici fin 2025. La communauté internationale reste prudente. La CEEAC (Communauté économique des États de l’Afrique centrale) et l’Union africaine exigent un calendrier clair, tandis que les bailleurs, dont l’AFD et la BAD, conditionnent leur appui à des progrès concrets dans la réforme électorale. Congo-Brazzaville : stabilité sous contrôle Bien que la présidentielle soit prévue pour 2026, les élections locales de 2025 sont vues comme un baromètre démocratique. Les partenaires extérieurs, notamment la France et la Banque mondiale, pressent le président Denis Sassou Nguesso d’ouvrir l’espace civique et d’encourager le pluralisme. Enjeux géopolitiques La zone concentre des enjeux sécuritaires majeurs : lutte contre les groupes armés à l’Est de la RDC, instabilité post-coup d’État au Gabon et au Tchad, tensions séparatistes au Cameroun. Elle intéresse aussi les grandes puissances. La Chine, présente via ses investissements miniers et infrastructurels, privilégie la continuité des régimes. L’Union européenne et les États-Unis, eux, appuient officiellement les transitions démocratiques, mais avec un pragmatisme croissant. La France, historiquement influente dans la région, opère un repositionnement : « Nous ne sommes plus dans une logique de soutien inconditionnel », confie une source diplomatique à Yaoundé. La Russie, quant à elle, renforce sa présence en Centrafrique et au Soudan, influençant indirectement l’équilibre régional. Des conséquences à double tranchant Les conséquences de ces scrutins dépassent les frontières nationales. Une élection mal conduite peut attiser les conflits internes, pousser à l’exode et fragiliser les économies déjà sous pression. À l’inverse, une transition réussie – même partielle – pourrait ouvrir la voie à une nouvelle dynamique sous-régionale, propice à l’intégration économique et à la coopération sécuritaire. Mais les espoirs sont mesurés. Comme le rappelle une experte de l’International Crisis Group : « Les populations veulent voter, mais elles veulent surtout que cela change quelque chose ». Conclusion : vigilance et engagement différencié Pour les partenaires internationaux, la ligne est étroite : soutenir les processus électoraux sans cautionner les dérives. Face à des régimes souvent fermés mais sensibles à l’image extérieure et à la coopération financière, l’enjeu est d’accompagner sans imposer, d’influencer sans rompre. L’Afrique centrale joue une partie serrée. Le verdict des urnes comptera – mais la crédibilité de l’ensemble du processus, elle, pèsera bien au-delà des résultats. Noël Ndong

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International/Firmin Edouard Matoko : l’Afrique centrale en lice pour l’UNESCO ?

Le Congo met en avant un candidat du Sud global, l’UA doit clarifier sa position face à l’Égypte. Le Congo a désigné Firmin Edouard Matoko, sous-directeur général en charge de la priorité Afrique à l’UNESCO depuis 2017, comme son candidat pour la succession d’Audrey Azoulay en novembre 2025. Ce diplomate chevronné, aux 30 ans de carrière à l’organisation et une expérience multilinguiste (français, anglais, italien, espagnol), incarne un profil « Sud global » – Afrique centrale, Afrique subsaharienne, bassin du Congo, Asie – revendiquant un leadership décomplexé. La candidature de Firmin Edouard Matoko rompt avec le profil traditionnel africain représenté par l’Égyptien Khaled El-Enany, soutenu officiellement par l’Union africaine, la France, la Ligue arabe et l’Allemagne. Or, la Conférence de l’UA sur les candidatures à l’UNESCO, qui date de 2024, stipule que les États membres doivent soumettre une position commune et évaluer équitablement tout candidat africain, en alignement avec l’Agenda 2063 et la stratégie de valorisation de l’Afrique dans les grandes institutions mondiales. « Matoko combine connaissance intime de l’UNESCO, diplomatie africaine et vision multilatérale », souligne un expert du bassin du Congo. UA : entre discipline institutionnelle et enjeux géostratégiques En nommant Firmin Edouard Matoko, le Congo de Sassou‑Nguesso, appuyé par la CEEAC, invite l’UA à clarifier sa ligne. Fera-t-elle primer le candidat « officiel » égyptien, ou ouvrira-t-elle un processus inclusif, comme le demande Brazzaville, pour donner une voix plus large au Sud global et à la francophonie ? L’appel lancé à l’UA vise à éviter que l’élection ne soit perçue comme un concours de puissances : entre la diplomatie du Maghreb, les relais de l’Égypte, et les ambitions de l’Afrique centrale, la légitimité africaine à l’UNESCO est en jeu. Enjeux géopolitiques, institutionnels et d’intelligence économique L’Union africaine doit clarifier sa position Le Congo, via la CEEAC et le président Sassou Nguesso, appelle l’UA à préciser si elle maintient l’appui au candidat égyptien ou s’ouvre à une candidature alternative portée par l’Afrique centrale. Les textes de l’UA stipulent que les candidatures africaines doivent être corrélées à une position commune, transparente et inclusive, conformément à l’Agenda 2063. Ce dossier sera un test crucial : promouvoir une Afrique représentée équitablement au plus haut niveau des institutions culturelles mondiales… ou perpétuer un modèle de candidatures bilatérales concurrentes. Un analyste diplomatique invite l’UA à clarifier « sa posture, sinon les candidatures rivaliseront plutôt que de mutualiser les forces africaines ». Matoko ou El‑Enany, symbole d’un leadership africain atone ou affirmé Le duel entre Matoko et El‑Enany dépasse le simple jeu des candidatures : il interroge la capacité de l’Afrique à décider et promouvoir collectivement ses représentants. L’UA jouera un rôle déterminant : soit favoriser une candidature réellement représentative du Sud global – incarnée par Firmin Edouard Matoko – soit confirmer un modus operandi centré sur l’Afrique du Nord. Transparence ou fragmentation ? Le choix de Firmin Edouard Matoko redistribue les cartes : c’est un test pour l’UA – soit avancer vers des institutions multilatérales plus inclusives et représentatives, soit reproduire un modèle de candidatures bilatérales concurrentes. Le Congo, soutenu par la CEEAC et le président Dénis Sassou‑Nguesso, envoient un message fort : l’Afrique ne veut plus être uniquement source de ressources, mais aussi représentée dans les centres de pouvoir culturel mondiaux. Noël Ndong

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Afrique francophone : Dérives électorales silencieuses

À l’approche de scrutins majeurs dans plusieurs pays d’Afrique francophone, un schéma préoccupant se dessine : opacité des règles électorales, sélection restrictive des candidatures, affaiblissement des commissions indépendantes et parfois, marginalisation de l’opposition. Du Cameroun au Sénégal, en passant par le Burkina Faso ou Madagascar, la République centrafricaine (RCA)… les processus électoraux deviennent de plus en plus contestés, minant la confiance publique et fragilisant la légitimité des institutions. Dans ce contexte, l’Union africaine et les organisations sous-régionales (CEEAC, CEDEAO) sont appelées à sortir de leur réserve pour préserver les principes de transparence et d’inclusivité. Ce briefing propose une lecture comparative de ces dynamiques et des risques partagés qu’elles font peser sur la stabilité politique et démocratique du Continent. Comparaison des enjeux autour des candidatures & commissions électorales Le Cameroun : Un processus à clarifier Sur fonds d’incertitude autour des critères de validation des candidatures -notamment les 300 signatures et condition juridique d’investiture -, Elecam reste « silencieuse » tandis que des candidats indépendants ou de petits partis risquent l’exclusion légale. RDC : Violence et manque de transparence La campagne électorale de décembre 2023 a été marquée par des violences, des limitations de l’observation internationale (l’UE n’a pu déployer ses observateurs) et des accusations de partialité de la CENI à l’encontre du président Félix Tshisekedi. Le climat reste inquiétant pour la crédibilité du scrutin. Sénégal : Sponsoring & exclusion ciblée Les candidatures ont été filtrées pour insuffisance de sponsors ou documents incomplets. Des figures comme Ousmane Sonko ont vu leur admissibilité compromise du fait de condamnations pénales. L’opposition a dénoncé un mécanisme de parrainage opaque qui limite la compétition démocratique. Burkina Faso : Érosion des institutions électorales La pouvoir militaire a supprimé l’indépendance de la commission électorale, transférant la responsabilité à l’intérieur – un pivot qui pourrait être dangereux pour la légitimité du futur scrutin, avec repousse indéfini des élections. Madagascar & Mozambique : Répression et blocage politique Points de convergence & déviations Vers une réforme des pratiques électorales ? Les cas camerounais et d’autres pays francophones s’inscrivent dans une tendance qui pourrait devenir préoccupantes : « institutions mi-floues, mi-claires, obstacles administratifs et manque de transparence, absence ou faible de communication publique », déclare un avocat sous anonymat. Mais cette conjoncture reflète une crise plus large en Afrique francophone : entre fermeture politique et affaiblissement institutionnel. Seule une mobilisation coordonnée des régulateurs électoraux, de la société civile, des médias et des observateurs régionaux (ECOWAS, CEEAC, UA) permettra de restaurer la confiance et de garantir un espace démocratique durable. Noël Ndong

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Sénégal : la France plie, la souveraineté s’affirme!

today at 1:16 PM Le 17 juillet, le Sénégal a opéré un tournant historique en récupérant le contrôle du camp Geille à Dakar, mettant ainsi un terme à 65 ans de présence militaire française. Cette restitution, marquée par une cérémonie sous les auspices du général Mbaye Cissé et du général Pascal Ianni, incarne l’émergence d’une Afrique qui revendique sa souveraineté. « La souveraineté ne s’accommode pas de la présence de bases militaires dans un pays souverain », a déclaré le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, soulignant la montée d’un nationalisme africain croissant. Le retrait des forces françaises, qui compte environ 350 militaires, marque un déclin progressif dans toute l’Afrique de l’Ouest, initié en 2022 et culminant avec cette restitution à Dakar. Alors que Paris reste présent en Afrique à travers une base allégée à Djibouti, le Sénégal aspire à un « partenariat rénové » avec la France, basé sur la coopération et non sur la tutelle. Ce choix pragmatique pose la question des futurs mécanismes de sécurité dans un contexte où les menaces comme le terrorisme demeurent préoccupantes. Le départ des troupes françaises pourrait indiquer une nouvelle ère pour l’Afrique, où les nations ne cherchent plus à se contenter de tutelles anciennes, mais souhaitent construire une autonomie solide, réclamant ainsi leur plein rôle sur la scène internationale. Noël Ndong

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Sommet Afrique-États-Unis : le commerce en première ligne, mais des enjeux migratoires délicats

Le récent sommet à Washington, réunissant cinq chefs d’États africains et l’administration Trump, a culminé avec des discussions sur le commerce et la sécurité, tout en révélant des exigences inattendues de la part des États-Unis concernant la gestion des migrants. Trois jours de négociations intensives ont permis aux dirigeants de Gabon, Guinée-Bissau, Mauritanie, Libéria, et Sénégal de présenter leurs atouts respectifs aux investisseurs américains. Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a notamment mis en avant la stabilité politique de son pays, tandis que le Gabon a mis l’accent sur ses richesses minières. Malgré l’absence d’accords majeurs, ces discussions ont jeté les bases d’une coopération économique renforcée, alors même que l’administration Trump avait une demande particulière. Selon des sources, le président américain a proposé de relocaliser des migrants en situation irrégulière, notamment des criminels en attente d’expulsion, vers les pays présents au sommet. Cette exigence, révélée par le Wall Street Journal, soulève des interrogations. Trump II exige la relocalisation des migrants en situation irrégulière en Afrique Le président du Libéria, Joseph Boakai,  a confirmé que la question des demandeurs d’asile a été abordée. Il a déclaré : « Ils n’obligent personne, mais ils veulent que nous sachions que c’est une préoccupation« . En effet, l’administration américaine semble mettre une pression croissante sur les pays africains pour qu’ils acceptent des expulsés, et ce même dans des contextes où les pays concernés, comme le Nigéria, peinent déjà à gérer leurs propres défis internes. Le chef de la diplomatie nigériane, Yusuf Tuggar, a dénoncé cette pression, affirmant que son pays, avec une population de plus de 210 millions, n’est pas en position d’accueillir des centaines de Vénézuéliens, soulignant les défis que cela représenterait. Ce sommet illustre la tension croissante entre les impératifs économiques et les réalités migratoires. Les enjeux sont vastes, mêlant intérêts stratégiques et diplomatie dans un contexte global de sécurité instable. Le dialogue entre l’Afrique et les États-Unis, bien qu’encourageant, doit donc naviguer avec prudence entre le développement d’un partenariat commercial et la gestion des crises migratoires complexes. En ce sens, la relation post-sommet pourrait transformer les interactions bilatérales, posant la question essentielle : jusqu’où l’Afrique est-elle prête à aller pour renforcer ses liens économiques, tout en préservant sa souveraineté face aux demandes américaines ? Noël Ndong

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Moussa Faki Mahamat, le diplomate du Sud global en mission pour la planète

Ancien président de la Commission de l’Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat est nommé Envoyé spécial de l’ONU pour le Pacte 4P – une mission à haute intensité diplomatique, au cœur des fractures du système mondial. Le 1er juillet 2025, à Séville, l’ONU a donné un nouveau visage à son ambition de réforme du financement du développement : Moussa Faki Mahamat, 65 ans, est officiellement désigné Envoyé spécial pour les objectifs du Pacte pour la Prospérité des Peuples et de la Planète (4P). « Il n’y a pas de prospérité sans justice, pas de planète viable sans équité », a-t-il lancé dans un discours à la tonalité offensive. L’ex-Premier ministre tchadien et ancien président de la Commission de l’Union africaine (2017–2025) incarne une diplomatie du Sud global qui refuse la marginalisation et appelle à une refondation multilatérale. Son profil, à la fois panafricain, pragmatique et multilingue, en fait un pont stratégique entre blocs hétérogènes dans un monde financiarisé et géopolitiquement instable. Un rôle clé au carrefour des enjeux mondiaux Le Pacte 4P s’attaque à six chantiers : dette, fiscalité, capitaux, climat, infrastructures sociales, investissement d’impact. Il répond à une urgence : l’Afrique paie jusqu’à 5 fois plus cher l’accès aux marchés financiers que les pays du Nord. « Le système est asymétrique et vulnérabilisant », alerte António Guterres. Pour Vera Songwe, ex-directrice de la CEA : « Nous avons besoin de bâtisseurs de ponts, pas de forteresses. Moussa Faki peut l’être. » Diplomatie du développement, nouvelle géopolitique Sa présence remarquée à Kigali, lors de l’International Security Conference on Africa, montre que développement et sécurité sont désormais liés. Les fractures économiques alimentent l’instabilité. Faki devra éviter que le financement du développement ne se fracture lui aussi, entre BRICS, G7 et Sud global. « Le moment est venu d’avoir une voix du Sud au centre du débat mondial », affirme Nardos Bekele-Thomas (NEPAD). Avec ce mandat, Moussa Faki incarne une nouvelle diplomatie africaine : stratégique, inclusive et globale. Noël Ndong

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Sénégal : la France tourne la page militaire, mais redessine son influence

Le 18 juillet 2025, la France restituera sa dernière base militaire au Sénégal, mettant fin à plus de 60 ans de présence ininterrompue. Ce retrait s’inscrit dans une stratégie de transformation des relations franco-africaines, marquée par un changement de méthode, non de positionnement. Un retrait historique, mais structuré La base militaire de Ouakam, dernier bastion français au Sénégal, sera officiellement remise aux autorités sénégalaises le 18 juillet. L’annonce a été faite par l’ambassadrice de France à Dakar, Christine Fages, lors de la réception du 14 juillet. « Conformément aux orientations présidentielles, la France va restituer au Sénégal les emprises militaires des EFS dans quatre jours », a-t-elle déclaré. Cette opération s’inscrit dans un retrait progressif amorcé depuis mars 2025, incluant les sites de Rufisque, Maréchal, Saint-Exupéry et Contre-Amiral Protet, sous la supervision de la commission conjointe franco-sénégalaise. Elle met un terme à une présence militaire remontant à l’indépendance du Sénégal en 1960. D’un dispositif militaire à un partenariat stratégique Ce retrait n’est pas un désengagement, mais une reconfiguration. « Notre relation est désormais franche, équilibrée et assumée », a souligné Christine Fages. L’objectif est de dépasser le modèle post-colonial pour construire une coopération axée sur la formation, l’interopérabilité et la montée en compétence des forces locales. Le Sénégal, pôle de stabilité démocratique dans une région marquée par l’instabilité et le rejet de la France (Mali, Niger, Burkina Faso), devient un partenaire clé de ce nouveau paradigme. Noël Ndong

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