Afrique & Monde

Visa américain : deux mois sous haute tension pour l’Afrique

Entre quotas en surchauffe et échéances fatales, août et septembre 2025 s’annoncent décisifs pour les lauréats de la loterie et les travailleurs qualifiés africains. Le département d’État américain vient de publier ses dispositions migratoires pour août et septembre 2025, confirmant une fin d’année fiscale explosive, en particulier pour les Africains inscrits au programme Diversity Visa (DV) et les travailleurs qualifiés (EB). La fenêtre reste ouverte pour les lauréats de la loterie DV-2025, avec un quota africain inédit de 50 000 visas en août, porté à 58 500 en septembre. Une priorité assumée, mais menacée par l’échéance rigide du 30 septembre, date limite de validation des dossiers. Le département d’État alerte : « La disponibilité des visas DV jusqu’à la fin de l’exercice fiscal ne peut pas être garantie. Les numéros pourraient être épuisés avant le 30 septembre ». Cameroun et Afrique centrale : une opportunité sous pression Dans cette dynamique, le Cameroun et les pays d’Afrique centrale (Congo, RDC, Tchad, Gabon, Centrafrique, Guinée équatoriale) figurent parmi les bénéficiaires silencieux mais structurants du programme DV. Le Cameroun a reçu environ 3 200 sélections DV-2025, selon les données internes, ce qui le place dans la tranche haute des pays francophones africains. Toutefois, la capacité administrative à finaliser les dossiers (rendez-vous, examens médicaux, documents de soutien) reste un frein systémique dans la sous-région. Des retards structurels au niveau des consulats américains de Yaoundé et Kinshasa aggravent la tension liée à l’échéance du 30 septembre. Un cadre consulaire résume : « La demande est forte, mais les créneaux consulaires ne suivent pas toujours. L’année 2025 sera tendue jusqu’au bout pour le Cameroun ». En parallèle, les travailleurs qualifiés camerounais (EB-2, EB-3) sont directement exposés à la rétrogression annoncée par Washington. Le recul de la date de traitement des dossiers EB-2 Monde exclut temporairement une partie des candidats, et fait planer le risque d’un gel complet des catégories EB en septembre. Afrique centrale sous-représentée mais stratégique L’Afrique centrale bénéficie encore de quotas non plafonnés au niveau national, offrant une marge de manœuvre précieuse, mais vulnérable face à la saturation globale. La sous-région a un rôle stratégique dans la dynamique migratoire afro-américaine, notamment via sa diaspora anglophone et francophone active dans les secteurs de santé, transport, logistique et services.  « Si la demande se concentre sur le Maghreb, l’Afrique centrale représente une réserve de main-d’œuvre qualifiée plus stable à long terme. Mais sans investissement dans les capacités consulaires locales, cette opportunité restera sous-exploitée », explique un expert en intelligence migratoire à Washington. Vers une gestion plus restrictive ? Outre les limites techniques, la rétrogression des visas EB-2 et la menace de rendre indisponibles les catégories EB-3 et EW sont des signaux forts d’un modèle d’immigration américain sous tension structurelle. Le risque ? Un gel temporaire des arrivées de profils qualifiés dans des secteurs en pénurie (santé, tech, BTP). Une perspective préoccupante pour le Cameroun, dont une part croissante des diplômés vise l’émigration légale vers les États-Unis. Noël Ndong

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Ciel africain sous pression : quand la fiscalité freine la connectivité du continent

L’Afrique vole à contre-courant. Alors que le monde investit dans la fluidité du transport aérien pour stimuler commerce, diaspora et tourisme, une étude de l’AFRAA (Association des Compagnies Aériennes Africaines) révèle que plusieurs pays africains étranglent leur ciel sous le poids de taxes et redevances excessives. Le constat est sans appel : le Gabon (297,7 $) et la Sierra Leone (294 $) imposent les plus fortes charges aériennes du continent, loin devant la moyenne africaine (68 $). Neuf des dix pays les plus chers se situent en Afrique de l’Ouest et centrale, soulignant une fracture géoéconomique inquiétante. À l’inverse, la Libye (1,3 $), le Malawi (5 $) ou encore l’Algérie (9,8 $) offrent des conditions bien plus compétitives. Enjeu stratégique : la compétitivité régionale. Ces déséquilibres minent les efforts d’intégration régionale et de ZLECAf. Le surcoût des billets dissuade les compagnies internationales, affaiblit les flux touristiques et restreint la mobilité intra-africaine. Paradoxalement, les régions les plus fiscalement agressives génèrent le moins de trafic aérien. Un modèle économique à revoir Le rapport accuse plusieurs États d’utiliser la fiscalité aérienne pour boucher leurs déficits budgétaires, au mépris des principes de l’OACI (transparence, proportionnalité, consultation). Cette approche non soutenable pénalise l’ensemble du secteur : le continent perd chaque année des milliards de dollars en opportunités économiques. Des réformes urgentes L’Afrique du Nord, avec des redevances faibles et une forte connectivité, incarne une alternative viable. La réussite de hubs comme Casablanca, Le Caire ou Alger montre que croissance et fiscalité modérée peuvent coexister. L’aviation devrait être un levier de développement, non un luxe. Sans harmonisation continentale des taxes aériennes, l’Afrique risque de rester au sol dans la course à la mobilité globale. Les États doivent choisir : perpétuer un modèle court-termiste ou libérer leur ciel pour une croissance durable. Noël Ndong

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Afrique centrale : une région sous haute tension

Entre transitions contestées, pressions sécuritaires et résilience autoritaire. L’Afrique centrale traverse une période charnière, marquée par une recomposition politique rapide, une instabilité sécuritaire croissante et un durcissement des régimes en place. Du Cameroun à la RDC, en passant par le Tchad, le Gabon, la Centrafrique et la Guinée équatoriale, la région oscille entre réformes institutionnelles, crispations autoritaires et enjeux de souveraineté stratégique. Cameroun : verrou électoral et exclusion Alors que l’élection présidentielle est prévue pour octobre 2025, le régime du président Paul Biya (92 ans, au pouvoir depuis 1982) vient de valider 13 candidatures, excluant Maurice Kamto, chef de file de l’opposition. Le rejet de son dossier, confirmé par le Conseil constitutionnel, accentue la fracture politique, notamment dans les régions anglophones toujours en conflit. RDC : Kabila dans la tourmente, justice sous pression L’ancien président Joseph Kabila est poursuivi pour haute trahison et participation à une insurrection armée. Son procès, renvoyé au 31 juillet 2025, intervient dans un contexte post-électoral tendu, où le président Félix Tshisekedi cherche à consolider son autorité. La judiciarisation du conflit entre anciens et nouveaux cercles du pouvoir pourrait alimenter des tensions institutionnelles, voire tribales, dans l’est du pays déjà instable. Gabon : entre transition militaire et incertitude démocratique Un an après le coup d’État militaire d’août 2023, le Gabon peine à définir les contours d’un retour à l’ordre constitutionnel. Le président de la transition, Brice Oligui Nguema, maintient un discours d’apaisement, mais aucune date d’élection n’est fixée, alimentant les doutes sur une réelle transition démocratique. L’armée demeure le principal acteur politique, dans un pays historiquement dominé par le clan Bongo. Centrafrique : vers un troisième mandat sous influence En RCA, le président Faustin-Archange Touadéra a annoncé sa candidature pour un troisième mandat, rendu possible par la nouvelle Constitution adoptée en 2023. Avec un fort soutien militaire russe (ex-Wagner), Bangui s’éloigne progressivement des partenaires occidentaux. L’opposition, affaiblie et divisée, peine à contester ce glissement autoritaire. Tchad : militarisation du pouvoir civil Le président Mahamat Idriss Déby, issu de la transition militaire après la mort de son père, a récemment procédé à une restructuration sécuritaire d’envergure : police, gendarmerie, renseignement, tout a été réorganisé. Ce durcissement intervient dans un climat marqué par des violences communautaires, des tensions politiques non résolues et des accusations de répression des opposants. Guinée équatoriale : une succession opaque Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979, reste l’un des derniers dinosaures politiques africains. Officiellement, son fils Teodorín, vice-président, semble destiné à lui succéder, mais les luttes internes et la méfiance internationale, notamment autour des questions de gouvernance, obscurcissent l’avenir politique du pays. Une crise de succession pourrait fragiliser ce pilier de la stabilité pétrolière régionale. Une région stratégique sous pression géopolitique Vers une « stabilité autoritaire » ? L’Afrique centrale semble s’orienter vers un modèle de stabilité autoritaire, où les régimes maintiennent un semblant d’ordre au prix d’un rétrécissement démocratique. Si cette configuration satisfait certains partenaires extérieurs soucieux de sécurité (notamment dans la lutte antiterroriste ou la maîtrise des flux migratoires), elle risque à moyen terme de provoquer des soulèvements populaires imprévisibles, à l’image des vagues de coups d’État en Afrique de l’Ouest. Noël Ndong

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CEMAC face au choc tarifaire américain : entre vulnérabilité relative et opportunité stratégique

Alors que Washington impose de nouveaux droits de douane, la zone CEMAC s’organise pour amortir l’onde de choc, réorienter ses priorités commerciales et renforcer sa résilience structurelle. La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) réagit avec prudence mais vigilance à la récente hausse unilatérale des tarifs douaniers imposée par les États-Unis. Si le volume des exportations vers le marché américain reste marginal – 2,1% des exportations de la sous-région, loin derrière l’Union européenne (27,4%) et la Chine (24,5%), les autorités monétaires estiment que l’impact indirect pourrait se révéler plus large qu’il n’y paraît. Réunie en visioconférence le 24 juillet 2025, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a convoqué experts, économistes et hauts décideurs à l’occasion de la première Journée économie et finance. Objectif : anticiper les effets systémiques de la nouvelle doctrine protectionniste américaine sur les six pays membres (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad), et poser les bases d’une riposte régionale concertée. « Ce relèvement viole les règles de l’OMC. Mais nous ne sommes pas dans une logique de guerre commerciale avec les États-Unis. Nous devons convertir cette pression extérieure en levier de transformation », a tempéré Guy Innocent Beffo, expert en commerce international et intervenant à la conférence. La décision américaine, initiée par l’administration Trump début avril, fixe désormais un droit plancher de 10 % pour le Congo, la Centrafrique et le Gabon, et 13 % pour le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Tchad. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de réduction du déficit commercial américain et de relocalisation industrielle, mais leur portée mondiale remet en question l’équilibre des économies vulnérables. Impact économique et enjeux stratégiques À court terme, les secteurs pétrolier et forestier sont les plus exposés, en particulier au Cameroun, au Gabon et en Guinée équatoriale. La hausse des droits de douane risque de réduire les marges à l’exportation, de ralentir la croissance des réserves de change et de favoriser l’inflation importée, prévient un rapport interne de la BEAC. Au-delà du choc conjoncturel, les experts y voient un signal stratégique : la nécessité urgente pour la zone CEMAC de réduire sa dépendance aux marchés extérieurs, de diversifier sa base productive, et de stimuler le commerce intra-communautaire, actuellement très faible (moins de 5% des échanges totaux). « Nous devons tirer des leçons de la trajectoire des pays du Golfe : diversifier en profondeur, industrialiser, et tirer parti de notre potentiel régional », a plaidé un conseiller économique de la BEAC. Dans un contexte international marqué par la remontée du protectionnisme, la fragmentation des chaînes de valeur mondiales et les rivalités entre grandes puissances, cette décision américaine est aussi un révélateur des vulnérabilités structurelles des économies africaines, encore trop dépendantes de leurs partenaires traditionnels. La stabilité économique régionale, déjà mise à l’épreuve par des crises sécuritaires persistantes (notamment au Tchad et en Centrafrique), pourrait se fragiliser davantage si les États membres ne s’engagent pas dans des réformes d’intégration régionale, d’industrialisation, et de modernisation de la politique commerciale. Une réponse collective en gestation Face à cette situation, la BEAC appelle à une diplomatie économique plus affirmée, et à la mise en place d’un mécanisme régional de veille commerciale, capable de suivre les tendances tarifaires mondiales et de proposer des contre-mesures adaptées, y compris à travers de nouveaux accords Sud-Sud ou une meilleure valorisation des accords existants comme l’AfCFTA (ZLECAF). La CEMAC n’a pas les moyens d’une confrontation, mais elle dispose d’une carte à jouer : celle d’un réalignement stratégique vers des partenaires plus diversifiés, plus souples, et mieux connectés à ses priorités de développement. Noël Ndong

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Cameroun–Canada : Lorraine Anderson tire sa révérence après trois années de diplomatie stratégique et inclusive

Après un mandat remarqué à Yaoundé, la Haut-Commissaire du Canada, Lorraine Janel Anderson, quitte le Cameroun sur fond d’un renforcement inédit des relations bilatérales. Son départ, salué par les plus hautes autorités, marque un tournant dans la coopération entre Ottawa et Yaoundé. Arrivée au terme de sa mission diplomatique de trois ans, Son Excellence Lorraine Janel Anderson, Haut-Commissaire du Canada au Cameroun, a été reçue en audience le 22 juillet 2025 par le Premier Ministre Joseph Dion Ngute, au Star Building, pour une cérémonie d’adieux empreinte de reconnaissance et de respect mutuel. Elle a également rencontré le lendemain Stanislas Oyono, Inspecteur général au ministère des Relations extérieures. « J’ai eu un mandat très fructueux au Cameroun. J’ai pu constater l’énergie et le potentiel de ce pays dans tant de domaines », a confié la diplomate à l’issue de son entretien avec le chef du gouvernement. Une diplomatie d’impact et de proximité Sous sa houlette, la coopération bilatérale Canada–Cameroun a connu une montée en puissance dans des secteurs clés. Les échanges commerciaux ont progressé, avec plus de 65 millions de dollars enregistrés en volume annuel en 2024, selon les données de la Banque mondiale. Parallèlement, plus de 30 entreprises canadiennes sont désormais actives ou en partenariat au Cameroun, dans l’agriculture, l’éducation, l’énergie verte et les technologies numériques. L’engagement canadien s’est également affirmé sur le plan humanitaire et social, avec plus de 28 millions de dollars canadiens investis entre 2020 et 2024 dans des projets de développement, d’éducation, de santé, de lutte contre les violences basées sur le genre et d’assistance aux personnes vulnérables. « La richesse du patrimoine, la protection des droits humains et la promotion de l’État de droit ont toujours été au cœur de notre action », a rappelé Lorraine Anderson. Une influence géopolitique discrète mais affirmée Son mandat s’est déroulé dans un contexte sensible, marqué par des tensions dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mme Anderson a joué un rôle de facilitatrice discrète dans les discussions sur la gouvernance inclusive, contribuant au dialogue sur la bonne gouvernance et la paix durable, salué officiellement par le Premier Ministre. « Le gouvernement apprécie les efforts de Mme Anderson pour la promotion de la bonne gouvernance et l’appui aux solutions durables aux tensions socio-politiques », a souligné Joseph Dion Ngute. La diplomate a également renforcé l’ancrage canadien dans les mécanismes multilatéraux, notamment à travers la coopération universitaire, la formation diplomatique, et le renforcement du partenariat dans le cadre du Commonwealth. Un départ stratégique, un héritage durable Alors qu’Ottawa s’apprête à nommer un successeur, Lorraine Anderson laisse derrière elle un bilan solide, combinant résultats économiques tangibles, impact social mesurable, et dialogue politique crédible. « Lorraine Anderson incarne une diplomatie moderne, inclusive et orientée vers les résultats. Son départ est un tournant, mais aussi une base solide pour le futur de notre partenariat », confie un haut responsable du ministère camerounais des Relations extérieures. Noël Ndong

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Présidentielle 2025 : l’UE soutient le Cameroun dans la lutte contre la désinformation

Alors que le Cameroun se prépare à élire son prochain président le 12 octobre 2025, les autorités et les partenaires internationaux s’attaquent à un fléau devenu central dans les processus électoraux : la désinformation. Le 24 juillet 2025, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a reçu en audience Jean-Marc Châtaigner, ambassadeur de l’Union européenne, pour discuter d’un programme d’appui à la régulation de l’information et à la lutte contre les contenus toxiques diffusés notamment sur les réseaux sociaux. « L’Union européenne souhaite accompagner le Cameroun dans la promotion d’un environnement médiatique fiable, libre et responsable, surtout en période électorale », a déclaré Jean-Marc Châtaigner. Ce partenariat s’inscrit dans un projet régional financé par l’Union européenne, en collaboration avec Canal France International (CFI), la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et l’ONG locale Eduk Média. Il prévoit notamment la formation d’environ 200 journalistes à la vérification des faits, à la déconstruction des rumeurs, et à la sécurisation de l’espace public d’information. « La désinformation est une menace réelle pour la cohésion sociale et la stabilité des institutions. Un seul faux contenu peut suffire à enflammer une communauté ou délégitimer tout un processus électoral », a souligné René Emmanuel Sadi. Selon un rapport de l’Observatoire des médias au Cameroun (2024), près de 64 % des informations partagées sur les réseaux sociaux en période électorale ne sont pas vérifiées, et 1 internaute sur 3 relaie une fausse information sans s’en rendre compte. Les conséquences sont multiples : perte de confiance dans les institutions, manipulation de l’opinion publique, incitation à la haine ethnique ou politique. Le programme soutenu par l’UE inclura également des campagnes de sensibilisation citoyenne, notamment dans les écoles, les universités et les médias communautaires, afin de renforcer l’esprit critique des jeunes électeurs, première cible des contenus viraux. À un peu plus de deux mois du scrutin, ce soutien européen est perçu comme un levier stratégique pour garantir un climat électoral apaisé, une presse plus outillée, et des électeurs mieux informés. Noël Ndong

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Trafic animalier : 92 cas recensés en Afrique lors de l’opération Sama-2

L’Afrique au cœur d’un trafic d’espèces menacées en pleine expansion. L’opération multinationale Sama-2, pilotée par l’ONU, révèle l’ampleur d’un marché criminel devenu l’un des plus lucratifs au monde. L’Office des Nations unies contre le crime et la drogue (ONUDC) a dévoilé les résultats de l’opération Sama-2 (Saving African Wildlife through Multilateral Assistance), menée sur une trentaine de territoires africains. Résultat : 92 cas de trafic d’espèces protégées ont été détectés depuis le début de l’année, confirmant l’urgence environnementale sur le continent. Parmi les saisies majeures : des écailles de pangolins, des défenses d’éléphants et près de 800 tortues radiées, espèce endémique et gravement menacée à Madagascar. Ces produits illégalement extraits de la faune africaine étaient en partance pour des marchés extérieurs, notamment les Émirats arabes unis, la Tanzanie ou l’Angola. Un trafic qui change d’échelle L’opération Sama-2 s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre le quatrième marché illégal mondial, après la drogue, les armes et la traite humaine. Le trafic d’animaux sauvages génère chaque année près de 20 milliards de dollars, selon l’ONU. Il est désormais structuré en réseaux transnationaux sophistiqués, avec des ramifications logistiques, douanières et parfois militaires. Un signal d’alerte pour les États africains L’opération Sama-2 n’est pas seulement une initiative répressive : elle vise aussi à renforcer les capacités douanières, à développer l’échange de renseignements entre pays africains, et à inscrire la protection des espèces dans une dynamique de coopération régionale. Mais les ONG soulignent un manque chronique de moyens, de formation et de coordination. La situation au Cameroun et en Afrique centrale Le Cameroun est identifié comme l’un des principaux pays d’exportation de pangolins dans la sous-région. Plus de 250 kg d’écaille de pangolin y ont été saisis en 2023, entraînant l’arrestation de neuf trafiquants. Les recherches estiment que chaque année jusqu’à 2,7 millions de pangolins sont tués en Afrique centrale, ce commerce représentant des milliards de francs CFA. Éléphants et stratégie verte Dans le Parc national de Bouba Ndjida, des milices lourdement armées de pays voisins (Tchad, Soudan) ciblent régulièrement les éléphants pour l’ivoire. Depuis une attaque massive en 2012, le Cameroun a adopté une stratégie dite de « militarisation verte » : 600 soldats, 60 véhicules de combat et un escadron aérien sont déployés chaque année, notamment entre décembre et mai, pour sécuriser les populations d’éléphants. Enjeux institutionnels et légaux Malgré quelques succès – une baisse apparente du commerce visible -, lalégislation reste lacunaire : peine trop faible, manque d’enquêtes centralisées, tolérance du marché d’ivoire domestique sous permis gouvernemental. En réponse, une nouvelle loi forestière et faunique, adoptée en juillet 2024, introduit des sanctions renforcées (amendes de 20‑50 millions de FCFA, peines de prison jusqu’à 20 ans) et reconnaît la gestion communautaire des ressources naturelles. Coopération et crise en Afrique centrale Le Cameroun a conclu un accord historique avec le Nigeria en avril 2024 pour partager renseignements et renforcer les actions transfrontalières contre le trafic d’ivoire et de pangolins. Ce partenariat renforce la surveillance sur un corridor de plus de 2 000 km entre les deux pays, terrains communs à plusieurs espèces menacées (gorilles, chimpanzés, éléphants). La forêt du Bassin du Congo, partagée entre plusieurs pays (Cameroun, Congo, Gabon, RCA, RDC, Guinée équatoriale), est devenue le centre d’un trafic massif de pangolin. Selon ENACT et C4ADS, entre 2013 et 2023, plus de 26 tonnes d’écailles, soit environ 66 000 pangolins interceptés, proviennent d’Afrique centrale. Noël Ndong

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France : Rachida Dati reste au gouvernement malgré son renvoi en justice

La ministre de la Culture, mise en cause dans l’affaire Ghosn, dénonce une instrumentalisation politique et affirme ne rien lâcher. Une affaire sensible pour l’exécutif à moins d’un an de la présidentielle. La ministre française de la Culture, Rachida Dati, a confirmé qu’elle restait en poste, malgré son renvoi devant le tribunal correctionnel pour corruption passive et recel d’abus de pouvoir. « Je ne renoncerai à rien », a-t-elle martelé sur LCI, dénonçant un procès « politique » et une procédure entachée « d’incidents ». En cause : des prestations de conseil rémunérées entre 2010 et 2012 par le groupe Renault-Nissan, dirigé alors par Carlos Ghosn, alors qu’elle était avocate et députée européenne. Le parquet soupçonne un conflit d’intérêts et l’usage de son influence pour favoriser l’entreprise dans ses rapports avec les institutions européennes. Une ligne de défense offensive Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux sous Nicolas Sarkozy, rejette toute malversation. Elle conteste la légitimité de la procédure et l’impartialité de certains magistrats. Son ton combatif vise à maintenir une posture d’intégrité : « Ils essaient de me mettre un genou à terre, mais je ne vais pas mettre le deuxième », a-t-elle lancé, comme pour conjurer la chute politique. Une affaire à hauts risques politiques Du côté de l’Élysée, la réaction se veut mesurée : le président Macron a « pris note » du renvoi, rappelant qu’aucune condamnation n’a été prononcée. Rachida Dati continue donc d’exercer ses fonctions, avec le soutien de plusieurs membres du gouvernement, dont son collègue l’actuel Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, qui a salué une « grande femme politique » et réaffirmé la présomption d’innocence. Cette affaire intervient dans un contexte politique tendu, à moins d’un an de l’élection présidentielle, où les questions de probité et de justice sont scrutées de près. Rachida Dati, personnalité populaire à droite, reste perçue comme une pièce stratégique au sein du gouvernement, notamment sur le terrain de la reconquête électorale à Paris. Noël Ndong

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Cameroun/Le MINSEP confirme : Marc Brys reste aux commandes des Lions

Nouvelle péripétie dans le feuilleton du football camerounais. Le ministère des Sports (MINSEP) a officiellement confirmé que Marc Brys demeure sélectionneur national des Lions Indomptables, malgré la circulation d’une lettre de démission supposée, transmise à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) le 23 juillet. Selon les autorités, ce document serait non authentifié et n’émane pas de l’intéressé. Une lettre trouble, un climat tendu Le 23 juillet, la Fécafoot affirme avoir reçu une lettre de démission de Marc Brys, document immédiatement relayé dans les médias. Mais quelques heures plus tard, le MINSEP dément l’authenticité de ce courrier, affirmant que Marc Brys « n’a jamais déposé ni signé de lettre de démission officielle », et reste donc « pleinement en fonction ». Cette nouvelle confusion alimente un climat de méfiance généralisée entre la fédération dirigée par Samuel Eto’o et le ministère, déjà opposés depuis des mois sur la légitimité de la nomination du technicien belge. Un conflit de gouvernance persistant Le cœur du conflit reste inchangé : Quelles conséquences sportives et institutionnelles ? Ce bras de fer institutionnel met en péril la stabilité des Lions à l’approche de la suite des éliminatoires pour la Coupe du monde 2026. Il affaiblit également la crédibilité internationale du Cameroun auprès de la CAF et de la FIFA, qui surveillent de près toute forme d’ingérence politique. À moyen terme, cette affaire pourrait provoquer : une possible sanction administrative ou suspension du Cameroun par la FIFA ; un affaiblissement du staff technique, privé de visibilité ; une polarisation de l’opinion publique entre pro-Fécafoot et pro-MINSEP. Le gouvernement camerounais semble décidé à maintenir sa ligne, affirmant que Marc Brys est « en mission de service public » et « protégé par les institutions de la République ». Sauf retournement inattendu ou médiation externe, le duel entre État et fédération risque de se poursuivre… avec, en ligne de mire, les performances de l’équipe sur le terrain. Au Cameroun, le football est bien plus qu’un sport, c’est un terrain de lutte pour le pouvoir, où la question du sélectionneur devient l’enjeu d’une bataille d’autorité entre les deux piliers du sport national. Noël Ndong

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UE-Chine

UE-Chine : un sommet pour éviter la rupture géoéconomique

Le sommet qui se tient aujourd’hui entre l’Union européenne et la Chine à Pékin, à l’occasion du 50e anniversaire de leurs relations diplomatiques, ressemble à un exercice d’équilibrisme diplomatique. Le sommet qui se tient aujourd’hui entre l’Union européenne et la Chine à Pékin, à l’occasion du 50e anniversaire de leurs relations diplomatiques, ressemble à un exercice d’équilibrisme diplomatique. Derrière les formules consensuelles et les poignées de main officielles, le climat est orageux. L’Europe et la Chine, deux géants économiques structurellement interdépendants, s’enlisent dans une logique de méfiance réciproque aux relents de guerre commerciale. Sur le plan géoéconomique, les déséquilibres sont flagrants : l’UE accuse un déficit commercial record de plus de 300 milliards d’euros vis-à-vis de Pékin, alimenté par l’inondation du marché européen par des produits chinois subventionnés, notamment les véhicules électriques et les équipements solaires. Face à cette offensive industrielle, Bruxelles a renforcé ses instruments de défense commerciale, imposant des droits de douane sur plusieurs secteurs stratégiques. La Chine, en retour, menace de taxer les produits agroalimentaires et pharmaceutiques européens, notamment français. Mais au-delà des chiffres, le cœur du problème réside dans l’absence de réciprocité. Alors que les entreprises chinoises prospèrent en Europe, les groupes européens déplorent toujours un accès limité au marché chinois et une compétition biaisée. Pékin défend son modèle, mais multiplie les appels à un « dialogue rationnel », tentant de contenir l’escalade protectionniste. Les conséquences d’un durcissement durable seraient lourdes : fragmentation accrue des chaînes de valeur, contraction des investissements croisés, et affaiblissement des ambitions climatiques globales. Car si un terrain d’entente existe, c’est bien celui du climat – sujet sur lequel une déclaration conjointe pourrait sauver la face du sommet. À défaut d’un tournant, ce sommet pourrait au mieux offrir un sursis : une pause dans la spirale de tensions, sans véritable inflexion stratégique. L’Europe, désormais lucide face à la dépendance technologique et commerciale, semble prête à durcir sa posture. Pékin, quant à lui, joue la montre dans un contexte de ralentissement économique. Le bras de fer est engagé – le sommet de Pékin n’en est peut-être que le prélude. Noël Ndong

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