Culture & Heritage

Les Européens savent que le continent africain n’est plus seulement un voisin : c’est devenu un pivot énergétique, géo-économique et diplomatique incontournable

Luanda, ligne de front : l’Europe joue son influence, l’Afrique avance ses priorités

À Luanda, où s’ouvre le 7ᵉ sommet UA–UE, la diplomatie européenne n’est plus en terrain conquis. L’Afrique, désormais centre de gravité d’une compétition mondiale féroce, arrive en position de force ; l’Europe, elle, en position défensive — cherchant autant à préserver son influence qu’à rattraper un retard stratégique creusé par la Chine, les États-Unis, la Russie et les pays du Golfe. La scène est révélatrice : l’UE poursuit sa tournée africaine juste après un G20 marqué par l’absence américaine, symbole d’un basculement plus large. Les Européens savent que le continent africain n’est plus seulement un voisin : c’est devenu un pivot énergétique, géo-économique et diplomatique incontournable — et un test de leur capacité à exister dans un monde fragmenté. L’Europe veut rattraper son retard – l’Afrique veut capitaliser sur sa nouvelle centralité Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2024, le commerce UE-Afrique tombe à 355 milliards d’euros, contre plus de 500 milliards trois ans plus tôt. Dans le même temps, la Chine promet 50 milliards de dollars d’investissements, la Russie renforce son empreinte sécuritaire, et les États-Unis financent le corridor stratégique du Lobito pour connecter les minerais de la RDC à l’Atlantique. Résultat : l’Europe n’est plus la seule offre sur la table. Elle doit convaincre. Le nerf de la guerre : énergie, minerais et industrialisation Luanda arrive au moment où les minerais critiques deviennent un enjeu existentiel. Cobalt, platine, manganèse, tantale : sans l’Afrique, pas de batteries, pas de transition verte, pas d’industrie numérique souveraine en Europe. Bruxelles présentera d’ici fin 2025 son plan RESourceEU, centré sur la sécurisation des approvisionnements. Mais face à la méfiance africaine, les Européens devront démontrer que ce n’est pas un nouveau cycle extractif. Les États africains, eux, ont déjà commencé à imposer leurs conditions : interdictions d’export brut, obligation de transformation locale, stratégies de montée en gamme industrielles. L’ère du « prendre et partir » est terminée. Sécurité, migrations, diplomatie : l’Europe sur une ligne étroite Le sommet traite aussi du dossier le plus explosif : les migrations, devenu carburant politique des extrêmes en Europe. Bruxelles veut lier investissements et coopération migratoire ; plusieurs capitales africaines refusent cette logique d’échange conditionnel. Sur le terrain sécuritaire, la Russie a profité du vide laissé par le retrait occidental au Sahel ; l’UE tente désormais de sauver ses dernières positions. À Luanda, l’Europe découvre un continent moins docile-et plus stratégique En filigrane, une évidence : l’Afrique ne cherche plus des promesses, mais des investissements rapides, des infrastructures visibles, et une industrialisation qui crée de la valeur chez elle. « L’Afrique ne veut plus de déclarations ; elle veut des engagements crédibles », rappelle le porte-parole de l’UA. Pour l’Europe, Luanda n’est donc pas un sommet de plus : c’est un test de crédibilité. Pour l’Afrique, c’est une fenêtre de puissance. Une relation plus équilibrée est possible. Mais elle se jouera désormais sur un principe simple : l’Afrique négocie d’égal à égal — et le monde écoute.

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la présidence sud-africaine a réussi à « placer la croissance et le développement de l'Afrique au centre du G20 ».

G20 de Johannesburg : Qu’a gagné l’Afrique et le Sud global ?

Le Sommet du G20 en Afrique du Sud restera comme un événement paradoxal : un moment historique pour le continent, mais marqué par l’absence spectaculaire des États-Unis, pourtant appelés à prendre la présidence tournante du forum. Si cette omission a occupé les gros titres, l’enjeu réel est ailleurs : qu’a obtenu l’Afrique – et plus largement le Sud global – de cette séquence diplomatique inédite ? L’Afrique au centre d’un agenda mondial qu’elle ne subit plus entièrement Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa a insisté sur un point : la présidence sud-africaine a réussi à « placer la croissance et le développement de l’Afrique au centre du G20 ». Cela représente une rupture. Historiquement, l’Afrique était surtout mentionnée dans les annexes, souvent sous l’angle de l’aide ou de la vulnérabilité. Cette fois, l’agenda a intégré : Les infrastructures stratégiques ; une réforme partielle du financement multilatéral ; le soutien à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ; et un engagement à aligner les investissements du G20 sr les besoins industriels africains. Pour les diplomates africains, c’est déjà un gain majeur : un cadre politique, non plus caritatif, mais économique. Un repositionnement symbolique mais puissant : un G20 sur le sol africain Pour la première fois, le Sommet des dirigeants s’est tenu sur le continent africain. Même si certains y voient un acte symbolique, ce symbole compte. Il signifie notamment que l’Afrique n’est plus un « acteur invité” ; le continent exige d’être acteur structurant dans la gouvernance économique mondiale ; le G20 reconnaît son poids démographique (1,4 milliard d’habitants) ; mais aussi son potentiel économique (marché le plus dynamique du XXIᵉ siècle selon la Banque mondiale). Johannesburg a donné au Sud global une tribune politique unique, confirmant la trajectoire initiée par l’Indonésie, l’Inde et le Brésil : une diplomatie multipolaire, plus inclusive, moins centrée sur les priorités occidentales. Des engagements géopolitiques clés pour la stabilité africaine La déclaration finale, parfois décrite comme un compromis minimaliste, contient néanmoins plusieurs passages essentiels pour l’Afrique : engagement pour la paix au Soudan ; soutien à une stabilisation durable en RDC; réaffirmation de la nécessité d’un règlement juste au Moyen-Orient ; mention explicite de la crise ukrainienne, mais dans des termes compatibles avec un positionnement multipolaire. Ces engagements ne résolvent pas les conflits, mais ils confirment que les crises africaines ne sont plus reléguées au second plan des priorités internationales. Le Sud global s’affirme comme bloc politique Le sommet a aussi montré que le Sud global n’est plus une abstraction, mais un acteur cohérent, articulé autour de priorités pour le développement ; d’un agenda industriel commun ; et d’une vision multipolaire du monde. L’Afrique du Sud s’est clairement inscrite dans la lignée diplomatique de l’Inde (G20 2023) et du Brésil (G20 2024). Pour la première fois, un continuum sud-sud s’est exprimé à l’intérieur même du G20. L’absence des Etats-Unis : un handicap, mais aussi une opportunité L’absence américaine a évidemment fragilisé la solennité de la passation. Mais paradoxalement, elle a permis au Sud global : de montrer son autonomie ; de se structurer sans tutelle occidentale ; d’accélérer la réflexion sur une gouvernance mondiale plus inclusive. Plusieurs diplomates africains confient en privé qu’une présence américaine trop dominante aurait « écrasé » certaines propositions africaines. L’absence de Washington a ouvert de l’espace politique. Ce que l’Afrique n’a pas obtenu Tout n’est pas victoire. Le continent n’a pas obtenu : un engagement massif sur l’allégement de la dette ; un plan structurant sur les chaînes de valeur africaines ; ni un mécanisme clair de transfert technologique. Le G20 reste un forum où l’Afrique négocie en position de faiblesse – mais une faiblesse désormais assumée, organisée, articulée. Un pas, pas une révolution – mais un pas décisif Ce G20 n’a pas transformé l’Afrique, mais il a modifié sa place dans le concert des nations.La présidence sud-africaine a offert une visibilité inédite, inscrit l’Afrique dans le centre des discussions stratégiques, et consolidé la montée en puissance du Sud global. Ce que l’Afrique en tire, finalement, est simple : une entrée durable dans la diplomatie des grandes puissances.Le reste dépendra de sa capacité à maintenir cette pression lors des prochaines présidences – y compris celle, très incertaine, des États-Unis.

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Depuis son exil, Issa Tchiroma Bakara se proclame vainqueur du scrutin présidentiel camerounais et vient de nommer une porte-parole

Cameroun : L’arrivée d’Issa Tchiroma en Gambie au cœur du cyclone post-électoral

Entre hospitalité humanitaire, pressions régionales et risques diplomatiques, l’accueil du leader de l’opposition camerounaise révèle une crise africaine plus profonde que ne l’admettent les capitales du continent. La nuit où tout a basculé Le 7 novembre 2025, vers 23h15, un petit jet privé se pose discrètement sur le tarmac de l’aéroport international de Banjul. À bord : Issa Tchiroma Bakary, figure centrale de l’opposition camerounaise, fraîchement arrivé d’un pays voisin après plusieurs jours de déplacements clandestins. Il est immédiatement pris en charge par une équipe restreinte du ministère gambien de l’Intérieur, sans protocole, sans caméra. « L’objectif était d’éviter tout incident diplomatique », confie un haut responsable gambien sous couvert d’anonymat. Mais le secret ne tiendra pas longtemps. Une annonce calibrée au millimètre par Banjul Trois jours plus tard, la Gambie officialise la présence de Tchiroma dans un communiqué au ton chirurgical : l’opposant est accueilli pour des “raisons purement humanitaires”, dans un “esprit de solidarité africaine”, sans aucune intention de devenir base arrière de contestation contre le Cameroun. La précision n’est pas anodine : Yaoundé surveille, Abuja observe, l’Union africaine écoute, et Banjul marche sur une ligne diplomatique dangereusement étroite. Une victoire politique pour Issa Tchiroma Depuis son exil, Issa Tchiroma Bakara se proclame vainqueur du scrutin présidentiel camerounais et vient de nommer une porte-parole – un acte symbolique mais lourd de sens. Dans un message transmis à la presse africaine, un proche déclare : « Il n’est pas en exil politique, mais en exil de survie. Il continuera à parler au peuple camerounais ». Cet activisme embarrasse Yaoundé : un opposant officiellement protégé par un État africain devient difficile à neutraliser, diplomatiquement comme médiatiquement. Le calcul discret de la Gambie En apparence, Banjul joue la carte de l’hospitalité. En réalité, selon plusieurs sources diplomatiques ouest-africaines, l’État gambien veut se positionner comme médiateur dans une crise dont les conséquences pourraient dépasser le seul Cameroun. L’évocation explicite du Nigeria dans le communiqué gambien n’est pas fortuite. Un diplomate confie : « La Gambie ne prendrait pas une telle décision sans l’aval implicite d’Abuja. Le Nigeria veut éviter une déflagration en Afrique centrale ». Pour le président gambien Adama Barrow, l’enjeu est double : Accroître sa crédibilité internationale ; éviter de provoquer une réaction agressive de Yaoundé. Yaoundé inquiet : l’exil comme arme diplomatique Pour le Cameroun, l’exil d’Issa Tchiroma à Banjul n’est pas qu’une affaire humanitaire : c’est un problème stratégique. Car un opposant reconnu, médiatisé, installé dans un pays tiers, peut attirer le soutien de la diaspora, galvaniser une contestation déjà volatile, devenir un symbole continental. Un expert camerounais du droit public résume : « Tchiroma à Banjul, ce n’est pas Tchiroma en fuite ; c’est Tchiroma protégé ». L’Afrique de l’Ouest scrute la crise camerounaise La crise post-électorale du Cameroun n’est pas isolée : la Sierra Leone a connu une contestation électorale explosive ; le Sénégal sort d’une impasse politique ; la Guinée est sous transition militaire ; le Niger et le Mali sont en rupture avec l’ordre constitutionnel. La Gambie sait que chaque crise non résolue peut contaminer la région. Un analyste de la CEDEAO confie : « Ce n’est pas seulement un problème camerounais. Les crises électorales africaines ont tendance à migrer ». Une hospitalité à haut risque : trois dangers majeurs pour Banjul 1. La colère de Yaoundé : Le Cameroun pourrait considérer cet accueil comme une ingérence indirecte. 2. L’effet d’aimant pour l’opposition camerounaise : D’autres figures pourraient tenter de rejoindre la Gambie. 3. Trois scénarios pour les semaines à venir Scénario 1 : Médiation pilotée par le Nigeria (le plus probable)  – Banjul abrite Issa Tchiroma, Abuja négocie discrètement avec Yaoundé, l’UA encadre les discussions. Scénario 2 : Pression diplomatique de Yaoundé sur la Gambie – Menaces économiques, révision des accords bilatéraux, campagnes médiatiques. Scénario 3 : Internationalisation complète de la crise camerounaise – ONG, institutions africaines et partenaires occidentaux s’en mêlent. La Gambie devient, malgré elle, un « hub diplomatique ». Un exil qui dépasse l’homme L’arrivée d’Issa Tchiroma Bakary à Banjul est un événement géopolitique, non un simple épisode d’exil.Il révèle : les fragilités de la transition politique camerounaise ; la montée des tensions entre régimes et oppositions en Afrique ; le rôle croissant des petits États dans les arbitrages continentaux ; la centralité du Nigeria dans la stabilisation régionale. Pour la Gambie, c’est une opportunité. Pour le Cameroun, une gêne. Pour l’Afrique, un signe : le continent entre dans une ère où le refuge politique redevient une arme diplomatique.

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Jean-Pierre Amougou Belinga, poursuivi pour complicité d’enlèvement, torture et assassinat du journaliste Martinez Zogo,

Affaire Martinez Zogo : la détention d’Amougou Belinga embarrasse l’État et inquiète la communauté internationale

Entre impératifs judiciaires, équilibres politiques et coût économique croissant, le prolongement de la détention du magnat des médias met à l’épreuve les engagements du Cameroun en matière d’État de droit, de présomption d’innocence et de gouvernance. Un procès qui s’enlise et interroge les partenaires du Cameroun Le bras de fer procédural autour de la détention de Jean-Pierre Amougou Belinga, poursuivi pour complicité d’enlèvement, torture et assassinat du journaliste Martinez Zogo, commence à susciter une préoccupation palpable dans plusieurs chancelleries occidentales et africaines, selon plusieurs sources diplomatiques interrogées de manière informelle.Un diplomate d’Afrique centrale en poste à Yaoundé résume ainsi le malaise : « Le Cameroun a le droit de juger, mais pas d’entretenir l’ombre d’un procès politique. La durée et l’opacité des procédures fragilisent la crédibilité de l’engagement de Yaoundé pour l’État de droit ». Pour les ONG internationales, le message est tout aussi clair. Amnesty International rappelle que la détention préventive « ne peut être une peine anticipée » et doit répondre à des critères stricts de proportionnalité. Human Rights Watch souligne quant à elle que « l’absence d’avancées substantielles dans un dossier aussi emblématique envoie un signal inquiétant à la presse et à la société civile camerounaise ». La question de la présomption d’innocence : un angle scruté par les bailleurs Le Cameroun est engagé depuis 2019 dans des discussions sensibles avec ses partenaires financiers – Banque mondiale, FMI, Banque africaine de développement – qui intègrent désormais des critères de gouvernance et de respect des procédures judiciaires dans leurs évaluations de risque. Pour un analyste du think-tank International Crisis Group : « Le maintien prolongé en détention d’une personnalité aussi exposée sans avancée claire du procès expose le Cameroun à des critiques sérieuses sur la présomption d’innocence. Une liberté provisoire strictement encadrée aurait été un signal d’apaisement ». Les bailleurs ne défendent pas Amougou Belinga ; ils défendent un principe : la cohérence du système judiciaire et la prévisibilité des procédures. Un système trop opaque augmente le risque-pays, ce qui renchérit le coût des emprunts internationaux pour l’État. Pourquoi une liberté provisoire poserait moins de risques qu’on ne le pense L’argument central du gouvernement et du Tribunal militaire reste le risque de fuite, de pression sur témoins et la gravité extrême des faits. Pourtant, plusieurs experts africains en droit pénal public estiment qu’un contrôle judiciaire renforcé, avec interdictions de déplacements, saisie des documents administratifs, pointage régulier et bracelet électronique, serait conforme aux standards internationaux. La communauté internationale ne plaide pas pour un abandon des poursuites, mais pour une cohérence procédurale, une égalité de traitement entre accusés, une gestion plus lisible de la détention préventive, la garantie que le procès progresse réellement. Un coût économique et budgétaire non négligeable pour l’État Peu évoqué publiquement, un volet économique mérite attention. Un économiste basé à Douala insiste : « Que l’accusé soit coupable ou non ne change rien à ceci : la perte systémique pour l’économie locale est réelle et durable ». 1. Coût direct de la détention : Entre logistique sécuritaire, transferts, procédures, mobilisations judiciaires, expertises et infrastructure pénitentiaire, la détention d’une personnalité de ce rang coûte en moyenne trois à cinq fois plus qu’un détenu ordinaire dans les États d’Afrique centrale. Une estimation crédible situe ce coût à environ 45 à 60 millions FCFA par an, incluant les dépenses connexes du procès. 2. Coût indirect pour l’économie camerounaise : L’effondrement partiel du groupe Vision Finance et les difficultés opérationnelles du groupe L’Anecdote auraient entraîné une contraction d’emploi estimée (350 à 500 postes fragilisés), des pertes de dépôts et d’investissements privés, un affaiblissement de la confiance dans les microfinances locales, déjà fragilisées. Un impact géopolitique régional : le procès scruté depuis l’Afrique centrale L’affaire est devenue un marqueur géopolitique dans la sous-région. Au Gabon, au Tchad et en RCA, plusieurs médias y voient un test de la capacité du Cameroun – puissance régionale – à conduire un procès sensible sans l’instrumentaliser politiquement. Plusieurs chancelleries redoutent que le dossier ravive les tensions internes au sein de l’élite politico-sécuritaire, déjà traversée par des rivalités anciennes. Un diplomate européen confie : « Si le procès se politise davantage, il pourrait créer une instabilité imprévisible dans les réseaux sécuritaires camerounais. Aucun État partenaire n’a intérêt à cela ». Sécuritaire : une affaire qui éclabousse les services de renseignement La mise en cause d’agents de la DGRE et d’anciens hauts responsables de l’appareil de sécurité inquiète les partenaires occidentaux engagés dans la coopération antiterroriste avec Yaoundé, notamment dans le bassin du Lac Tchad. Un expert français en sécurité intérieure le dit sans détour : « On ne peut pas conduire des opérations conjointes efficaces quand des pans entiers du renseignement sont mobilisés dans une affaire interne aussi explosive ». Diplomatie : une patate chaude pour l’image internationale du Cameroun Le procès intervient alors que le Cameroun tente de consolider son statut de partenaire stratégique en Afrique centrale. La longueur des procédures et les tensions internes créent un brouillard qui affaiblit la position diplomatique du pays dans les forums internationaux. La question qui circule désormais dans les milieux diplomatiques est frontale : « Le Cameroun peut-il garantir un procès juste et dans des délais raisonnables ? » Un procès devenu affaire d’État Le prolongement de la détention d’Amougou Belinga est devenu un test global pour le Cameroun : test de gouvernance, test de cohérence judiciaire, test économique, test diplomatique, test sécuritaire. La décision attendue le 18 décembre ne concerne donc pas uniquement un accusé : elle engage l’image d’un État et sa capacité à arbitrer un dossier explosif sans fragiliser davantage son cadre institutionnel.

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Cameroun : À Dizanguè, l’EEC mise sur la « fécondité missionnaire » pour renforcer son rôle sociopolitique

Entre spiritualité, autonomisation économique et cohésion pastorale, la Pastorale Régionale de la Sanaga Maritime et Océan révèle les nouvelles orientations stratégiques de l’Église Évangélique du Cameroun dans un contexte national sous tension. Du 18 au 20 novembre 2025, la petite localité de Dizanguè, dans le District d’Édéa 2, a été le cœur battant de l’Église Évangélique du Cameroun (EEC). La Pastorale Régionale marquant l’ouverture de l’année ecclésiastique de la Région Synodale de la Sanaga Maritime et Océan y a rassemblé responsables d’églises, pasteurs et missionnaires autour d’une dynamique volontairement tournée vers la « fécondité missionnaire », un concept à la fois spirituel et stratégique. L’événement a été lancé par un culte solennel dirigé par le DP Jean Ngankenkén, avec une prédication du Pasteur Raphaël Deguela. S’appuyant sur 1 Thessaloniciens 2:1-12, ce dernier a exhorté les ouvriers de la mission à « se réinventer » et à produire davantage de fruits dans un environnement pastoral de plus en plus complexe, marqué par les crises sociales, les tensions communautaires et les défis économiques qui traversent le Cameroun. Au-delà du rituel religieux, la rencontre a offert un espace d’échanges approfondis. Une table ronde a permis aux ouvriers de partager leurs expériences de terrain, révélant les difficultés mais aussi les innovations pastorales développées dans les zones urbaines comme rurales. Parmi les moments les plus marquants figurent des ateliers de formation pratique, notamment à l’élevage des hannetons et à la culture des champignons, initiatives portées par le Pasteur Roger Kouam. Ces activités, pensées dans une logique de diaconie et d’autonomisation financière, illustrent la volonté croissante de l’EEC de renforcer la résilience économique de ses communautés à l’heure où la précarité gagne du terrain. La dimension spirituelle n’a pas été en reste, avec des temps de méditation, de recueillement et un module consacré au ministère de la guérison et de la délivrance. Une formation jugée indispensable face à l’émergence de nouveaux besoins pastoraux, notamment dans les zones touchées par les conflits, les migrations internes ou les traumatismes sociopolitiques. Le Président de Région, le Rév. Parfait Ekoumé, ainsi que le Président de la Pastorale Régionale, le Rév. François Edjo, ont salué la mobilisation exceptionnelle du District d’Édéa 2. Selon eux, cette rencontre marque un tournant vers un pastorat plus opérationnel, plus proche des réalités des populations et mieux préparé aux enjeux nationaux contemporains. En repartant de Dizanguè, les participants disent avoir été « revigorés spirituellement ». Mais l’enjeu dépasse le spirituel : c’est une vision renouvelée de la mission, combinant foi, action sociale et stratégie communautaire, qui se déploie désormais au sein de l’EEC dans un Cameroun où l’Église demeure un acteur essentiel de cohésion et de stabilisation.

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