Culture & Heritage

Le Cameroun : une vulnérabilité sous contrôle… mais sous tension

Cameroun et dette africaine : sous pression financière, un tournant stratégique décisif

Entre contraintes budgĂ©taires, souverainetĂ© Ă©conomique et recomposition gĂ©opolitique, l’Afrique centrale Ă  l’épreuve de la dette. La crise de la dette africaine n’est plus un sujet technocratique : elle est devenue un dĂ©terminant central de la stabilitĂ© politique et Ă©conomique. En Afrique centrale, et tout particulièrement au Cameroun, cette pression financière s’inscrit dans un contexte post-Ă©lectoral oĂą les attentes sociales sont Ă©levĂ©es et les marges budgĂ©taires de plus en plus Ă©troites. Ă€ l’échelle du continent, la dette extĂ©rieure africaine a atteint environ 1 860 milliards de dollars en 2024, contre près de 1 000 milliards dix ans plus tĂ´t, selon la Commission Ă©conomique des Nations unies pour l’Afrique (CEA). Plus de 20 pays africains sont aujourd’hui classĂ©s en situation de surendettement ou Ă  haut risque de dĂ©faut. Pour Clever Gatete, secrĂ©taire exĂ©cutif de la CEA, « l’Afrique ne traverse pas seulement une crise de la dette, mais une crise du dĂ©veloppement », les paiements d’intĂ©rĂŞts absorbant des ressources essentielles au dĂ©triment de la santĂ©, de l’éducation et des infrastructures. Le Cameroun : une vulnĂ©rabilitĂ© sous contrĂ´le… mais sous tension Le Cameroun est souvent prĂ©sentĂ© comme moins exposĂ© que certains de ses voisins. Pourtant, les indicateurs se dĂ©gradent. Selon des estimations convergentes du FMI et de la Banque mondiale, la dette publique camerounaise dĂ©passe dĂ©sormais 45 % du PIB, contre environ 30 % au milieu des annĂ©es 2010. Le service de la dette reprĂ©sente plus de 20 % des recettes budgĂ©taires, un niveau jugĂ© prĂ©occupant pour un pays confrontĂ© Ă  une forte croissance dĂ©mographique – près de 2,7 % par an – et Ă  des besoins massifs en infrastructures. Dans un contexte post-Ă©lectoral marquĂ© par des revendications sociales accrues, cette contrainte financière limite la capacitĂ© de l’État Ă  investir sans recourir Ă  de nouveaux emprunts. Comme le rĂ©sume un haut responsable des finances publiques : « La dette n’est pas le problème en soi ; c’est l’absence d’espace budgĂ©taire pour investir dans l’avenir qui devient explosive politiquement. » Dette et souverainetĂ© : une lecture gĂ©oĂ©conomique Sur le plan gĂ©opolitique, la dette est devenue un instrument d’influence stratĂ©gique. Les crĂ©anciers du Cameroun – institutions multilatĂ©rales, partenaires bilatĂ©raux, marchĂ©s financiers – poursuivent des logiques distinctes. Les emprunts obligataires sur les marchĂ©s internationaux se font souvent Ă  des taux supĂ©rieurs Ă  8 ou 9 %, exposant le pays Ă  la volatilitĂ© financière mondiale. Cette situation interroge la souverainetĂ© Ă©conomique. « Un État très endettĂ© nĂ©gocie rarement d’égal Ă  Ă©gal », rappelle un Ă©conomiste. D’oĂą l’importance croissante de l’intelligence Ă©conomique : anticipation des risques, hiĂ©rarchisation des investissements, protection des actifs stratĂ©giques (ports, Ă©nergie, tĂ©lĂ©coms). Afrique centrale : fragilitĂ©s partagĂ©es, rĂ©ponses collectives Dans la sous-rĂ©gion, les fragilitĂ©s sont largement partagĂ©es. La RĂ©publique du Congo affiche un ratio dette/PIB proche de 90 %, tandis que d’autres pays de la CEMAC Ă©voluent dans une zone de vulnĂ©rabilitĂ© Ă©levĂ©e. Cette situation pèse sur la stabilitĂ© macroĂ©conomique rĂ©gionale et sur la crĂ©dibilitĂ© monĂ©taire. Face Ă  cela, l’intĂ©gration rĂ©gionale apparaĂ®t comme un levier stratĂ©gique. Mutualiser les infrastructures, dĂ©velopper des corridors logistiques et Ă©nergĂ©tiques, renforcer les chaĂ®nes de valeur rĂ©gionales : autant de pistes pour rĂ©duire la dĂ©pendance Ă  l’endettement externe. Comme l’a soulignĂ© un expert du G20 : « Aucun pays africain ne sortira seul de la crise de la dette ; la rĂ©ponse doit ĂŞtre systĂ©mique et rĂ©gionale. » Diaspora, partenariats et nouveaux financements La diaspora camerounaise, qui transfère chaque annĂ©e plus de 400 millions de dollars -officiellement- vers le pays selon les estimations internationales, constitue un levier encore insuffisamment structurĂ©. Ă€ l’échelle africaine, les transferts de fonds dĂ©passent dĂ©sormais 95 milliards de dollars par an, soit davantage que l’aide publique au dĂ©veloppement. Structurer ces flux, dĂ©velopper des obligations diaspora et sĂ©curiser les partenariats public-privĂ© (PPP) pourraient rĂ©duire la pression sur la dette souveraine. Ă€ condition, toutefois, d’une gouvernance renforcĂ©e. « Les PPP ne sont pas une solution miracle ; sans transparence, ils dĂ©placent simplement la dette hors bilan », avertit un analyste de la Banque africaine de dĂ©veloppement. Enjeux et perspectives Pour le Cameroun, la dette est dĂ©sormais un enjeu stratĂ©gique global : Ă©conomique, politique et sĂ©curitaire. Sans rĂ©forme du système international de financement, sans meilleure coordination rĂ©gionale et sans mobilisation des ressources internes et diasporiques, elle risque de devenir un frein structurel Ă  la stabilitĂ© post-Ă©lectorale et Ă  la transformation Ă©conomique. Ă€ l’inverse, intĂ©grĂ©e dans une vision de long terme – fondĂ©e sur la coopĂ©ration rĂ©gionale, l’intelligence Ă©conomique et des investissements productifs ciblĂ©s – la contrainte de la dette peut devenir un levier de repositionnement stratĂ©gique. Comme le rĂ©sume Clever Gatete : « La question n’est pas de savoir si l’Afrique peut rembourser, mais si elle peut se dĂ©velopper tout en remboursant. » Pour le Cameroun, c’est dĂ©sormais le cĹ“ur du dĂ©bat.

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L’Afrique centrale anticipe une dégradation des réserves et du taux de couverture extérieure, mais évite de freiner la croissance.

BEAC : hausse des taux pour protéger le franc CFA

L’Afrique centrale anticipe une dégradation des réserves et du taux de couverture extérieure, mais évite de freiner la croissance. L’Afrique centrale bouge, mais avec prudence. La BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) a relevé ses taux directeurs de 25 points de base le 15 décembre 2025, dans un contexte où le franc CFA voit sa couverture extérieure se réduire. Le taux des appels d’offres passe ainsi de 4,50 % à 4,75 %, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal atteint désormais 6,25 %. Les ratios de réserves obligatoires, eux, restent inchangés. Le message du gouverneur Yvon Sana Bangui est clair : la priorité est de protéger la monnaie et de limiter les sorties de capitaux, sans asphyxier l’économie. La BEAC anticipe une dégradation du solde du compte courant, avec un déficit attendu de 2,9 % du PIB, et des réserves de change en baisse de 2,6 % à 6 377 milliards de F.CFA, soit 4,2 mois d’importations contre 4,9 mois en 2024. Résultat : le taux de couverture extérieure tombe à 67 %, un signal pour agir avant qu’il ne s’effrite davantage. Cette décision intervient alors que la zone Cemac affiche une croissance modérée : 2,4 % prévue pour 2025, contre 2,7 % en 2024, avec une inflation basse (2,2 %) et un déficit budgétaire ramené à 1,4 % du PIB. La BEAC joue donc la carte de la stabilité et de la résilience face à des chocs économiques potentiels, notamment via les cours des matières premières et les flux financiers. Mais tous les signaux ne sont pas au vert. Les créances douteuses des banques de la région ont explosé au Gabon (+31,4 %), tandis que le Cameroun voit une hausse de 14,5 %. À l’inverse, le Tchad et la République centrafricaine affichent un recul de ces créances. Ces tensions locales ajoutent un facteur de vigilance pour la banque centrale. Pour le gouverneur, l’objectif est double : freiner l’érosion des réserves et rassurer les marchés tout en maintenant la liquidité bancaire. En clair, la BEAC mise sur un ajustement mesuré pour éviter un resserrement brutal qui pèserait sur l’économie. Dans un environnement incertain, l’Afrique centrale choisit donc l’anticipation plutôt que la précipitation, afin de protéger son franc et la stabilité de la région.

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Récompensée à Paris, l’avocate historique alerte sur la situation politique et les libertés publiques au Cameroun

Cameroun : Alice Nkom, figure des droits humains face au pouvoir de Yaoundé

Récompensée à Paris, l’avocate historique alerte sur la situation politique et les libertés publiques au Cameroun. Avocate de renom et militante des droits humains, Alice Nkom demeure l’une des figures les plus connues de la société civile camerounaise. Première femme avocate du pays, elle a consacré près de six décennies à la défense des libertés fondamentales, notamment celles des personnes marginalisées, dont les minorités sexuelles. Son engagement lui vaut aujourd’hui une reconnaissance internationale, mais aussi des relations tendues avec les autorités de Yaoundé. De passage à Paris, Alice Nkom a reçu le prix Engel-du Tertre, décerné par l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) au Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), organisation régionale qu’elle préside. Cette distinction salue le travail mené par le réseau en faveur de la protection des défenseurs des droits humains dans un contexte régional marqué par des restrictions croissantes des libertés publiques. Cette récompense intervient dans un climat politique sensible au Cameroun, marqué par la réélection contestée du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Le REDHAC a d’ailleurs été suspendu pendant plusieurs mois par les autorités camerounaises, une décision justifiée officiellement par des motifs administratifs, mais dénoncée par l’organisation comme une entrave à ses activités. Une voix critique mais institutionnelle Alice Nkom assume une position critique vis-à-vis du régime en place, qu’elle accuse d’affaiblir progressivement l’État de droit. Active politiquement, elle est aujourd’hui porte-parole de l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui revendique la victoire à la dernière élection présidentielle. Une implication qui situe clairement l’avocate dans le débat politique national, tout en nourrissant les critiques de ses détracteurs, qui l’accusent de brouiller la frontière entre militantisme des droits humains et engagement partisan. De son côté, le pouvoir camerounais met en avant la stabilité institutionnelle du pays et rejette les accusations de dérive autoritaire, soulignant les efforts engagés en matière de maintien de l’ordre, de cohésion nationale et de développement. Un débat au cœur de l’avenir du pays Pour Alice Nkom, la reconnaissance internationale reçue à Paris est avant tout l’occasion de porter un message d’alerte sur la situation des libertés, de la justice et de la gouvernance au Cameroun. Elle appelle à un dialogue politique inclusif et à une plus grande attention de la communauté internationale aux dynamiques internes du pays. Entre défense des droits humains, engagement politique assumé et tensions avec les autorités, le parcours d’Alice Nkom illustre les lignes de fracture qui traversent le Cameroun contemporain. Un débat complexe, où s’opposent exigences de stabilité, aspirations démocratiques et pressions sociales, et qui continue de façonner l’avenir politique du pays.

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Après la victoire du Cameroun face au Gabon (1-0) à la CAN 2025, Eto’o Fils veut recentrer le débat sur le terrain.

Samuel Eto’o face au piège du pouvoir : football, popularité et soupçons politiques au Cameroun

Entre terrain sportif et arène politique, la star des Lions indomptables tente de contenir une popularitĂ© devenue explosive. Samuel Eto’o n’a peut-ĂŞtre jamais Ă©tĂ© aussi loin des terrains, mais jamais aussi proche du centre du jeu camerounais. Réélu en novembre Ă  la tĂŞte de la FĂ©dĂ©ration camerounaise de football (Fecafoot), l’ancien attaquant vedette se retrouve aujourd’hui prisonnier d’un paradoxe : sa popularitĂ© nationale, loin d’être un atout, est devenue son principal fardeau. Dans un entretien accordĂ© Ă  Le Monde Afrique, Eto’o Fils met des mots sur un malaise profond : « 99 % de mes problèmes viennent du fait que les gens pensent que je veux devenir chef d’État. » Une phrase lourde de sens dans un pays oĂą le football n’est jamais loin de la politique, et oĂą toute figure charismatique est immĂ©diatement perçue comme un acteur potentiel du pouvoir. L’ombre de George Weah La comparaison n’est jamais explicitement revendiquĂ©e, mais elle plane. L’exemple de George Weah, passĂ© du statut d’icĂ´ne sportive Ă  prĂ©sident du Liberia, nourrit fantasmes et suspicions. Eto’o Fils, lui, botte en touche. Il nie toute ambition prĂ©sidentielle tout en reconnaissant que cette rumeur parasite son action quotidienne Ă  la Fecafoot, crĂ©ant blocages, rĂ©sistances et lectures politiciennes de dĂ©cisions pourtant sportives. « MĂŞme quand nos idĂ©es sont bonnes, certains les traduisent immĂ©diatement sur le plan politique », dĂ©plore-t-il. Dans un Cameroun oĂą l’État reste hypercentralisĂ© et la suspicion institutionnelle Ă©levĂ©e, diriger le football revient Ă  marcher sur une ligne de crĂŞte. Une gouvernance sportive sous haute tension Son mandat Ă  la tĂŞte de la Fecafoot est loin d’être un long fleuve tranquille. Changements de sĂ©lectionneur Ă  la veille de la CAN 2025, accusations d’ingĂ©rence, absences remarquĂ©es de cadres comme AndrĂ© Onana ou Vincent Aboubakar : chaque dĂ©cision est scrutĂ©e, commentĂ©e, parfois instrumentalisĂ©e. Ă€ cela s’ajoute un positionnement politique assumĂ© : son soutien public au prĂ©sident Paul Biya, réélu pour un huitième mandat, a suscitĂ© de vifs dĂ©bats. Eto’o Fils assume, tout en rappelant que le choix politique relève de l’intime et que nul ne peut parler au nom de tous les Camerounais. Quand le football devient un miroir du pouvoir Après la victoire du Cameroun face au Gabon (1-0) Ă  la CAN 2025, Eto’o Fils veut recentrer le dĂ©bat sur le terrain. Mais le contexte national rend l’exercice difficile. Au Cameroun, le football est un langage politique, un espace de projection des frustrations, des espoirs et des luttes de pouvoir. Samuel Eto’o incarne cette frontière trouble entre sport et politique. Qu’il le veuille ou non, son aura dĂ©passe dĂ©sormais le rectangle vert. Et tant que cette ambiguĂŻtĂ© persistera, le prĂ©sident de la Fecafoot restera sous surveillance permanente – adulĂ© par les foules, redoutĂ© par les cercles du pouvoir, et enfermĂ© dans un rĂ´le qu’il affirme ne pas vouloir endosser.

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Les frappes américaines menées le jour de Noël contre des positions de l’État islamique dans le nord-ouest du Nigeria marquent un tournant stratégique autant qu’un signal politique.

Frappes américaines au Nigeria : quand Trump projette la guerre globale sur le Sahel côtier

SĂ©curitĂ©, religion et puissance : Washington revient militairement en Afrique par Abuja. Les frappes amĂ©ricaines menĂ©es le jour de NoĂ«l contre des positions de l’État islamique dans le nord-ouest du Nigeria marquent un tournant stratĂ©gique autant qu’un signal politique. En revendiquant une opĂ©ration « meurtrière » destinĂ©e Ă  protĂ©ger les chrĂ©tiens, Donald Trump n’a pas seulement ordonnĂ© une action militaire ciblĂ©e : il a rĂ©inscrit l’Afrique dans sa grammaire sĂ©curitaire mondiale, mĂŞlant lutte antiterroriste, rhĂ©torique civilisationnelle et dĂ©monstration de force. Une frappe militaire, un message politique Sur Truth Social, le prĂ©sident amĂ©ricain a choisi ses mots avec soin. NoĂ«l. ChrĂ©tiens. Terroristes. Punition. La narration est claire : l’AmĂ©rique protège, frappe et dissuade. Peu importe que la rĂ©alitĂ© nigĂ©riane soit infiniment plus complexe – violences multifactorielles, criminalitĂ© armĂ©e, conflits fonciers, jihadisme diffus – Trump II impose un rĂ©cit binaire, taillĂ© pour son Ă©lectorat et pour affirmer son retour sur la scène internationale. Mais derrière l’emphase prĂ©sidentielle, l’opĂ©ration rĂ©vèle une rĂ©alitĂ© plus subtile : les frappes ont Ă©tĂ© demandĂ©es, renseignĂ©es et validĂ©es par Abuja. Abuja acteur, non spectateur En confirmant avoir fourni les renseignements et donnĂ© son feu vert, le Nigeria assume pleinement cette coopĂ©ration militaire. Le prĂ©sident Bola Tinubu et son gouvernement montrent qu’ils ne sont pas de simples bĂ©nĂ©ficiaires d’une intervention Ă©trangère, mais des partenaires stratĂ©giques actifs. Dans un contexte oĂą les armĂ©es africaines cherchent Ă  reprendre la main après les dĂ©sengagements occidentaux et les coups d’État rĂ©gionaux, Abuja fait un choix clair : coopĂ©rer avec Washington plutĂ´t que subir l’insĂ©curitĂ© chronique. Cette posture contraste fortement avec celle des rĂ©gimes sahĂ©liens qui ont rompu avec les partenaires occidentaux. Le Nigeria se positionne ainsi comme pĂ´le de stabilitĂ© relative, interlocuteur crĂ©dible et pivot sĂ©curitaire en Afrique de l’Ouest. Le retour discret de la guerre amĂ©ricaine en Afrique Ces frappes sont les premières sous la nouvelle prĂ©sidence Trump, mais elles rappellent une constante : l’Afrique demeure un théâtre secondaire mais permanent de la guerre globale contre le terrorisme. AFRICOM agit, frappe, puis se retire du discours officiel, laissant la communication politique Ă  la Maison-Blanche. Ce retour intervient dans un contexte de durcissement gĂ©nĂ©ral de la politique amĂ©ricaine : restrictions de visas, classement du Nigeria parmi les pays « particulièrement prĂ©occupants » en matière de libertĂ© religieuse, recentrage sĂ©curitaire de l’aide internationale. L’intervention militaire devient ainsi un levier parmi d’autres d’une stratĂ©gie plus large de pression et de sĂ©lection des partenaires. Religion : un angle explosif L’insistance de Trump sur la protection des chrĂ©tiens suscite malaise et inquiĂ©tudes. Ă€ Abuja comme chez de nombreux analystes, cette lecture confessionnelle est jugĂ©e dangereuse, car elle simplifie un conflit complexe et risque d’alimenter les fractures internes. Le gouvernement nigĂ©rian s’est empressĂ© de rappeler que les victimes du terrorisme sont musulmanes comme chrĂ©tiennes, et que la lutte engagĂ©e n’a rien de religieux. Mais le mal est fait : la narration trumpienne exporte en Afrique les guerres culturelles amĂ©ricaines. Une coopĂ©ration sous conditions Militairement efficace Ă  court terme, politiquement risquĂ©e Ă  long terme, cette coopĂ©ration pose une question centrale : jusqu’oĂą Abuja acceptera-t-il que sa lutte sĂ©curitaire soit instrumentalisĂ©e par des agendas politiques extĂ©rieurs ? Et Ă  l’inverse, jusqu’oĂą Washington est-il prĂŞt Ă  s’engager au-delĂ  de frappes ponctuelles sans stratĂ©gie rĂ©gionale globale ? Une chose est sĂ»re : avec ces frappes de NoĂ«l, le Nigeria redevient un maillon clĂ© de la sĂ©curitĂ© africaine vue de Washington. Et Donald Trump, en chef de guerre mĂ©diatique, a trouvĂ© en Afrique un terrain oĂą puissance, symbole et narration se rejoignent.

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À quelques heures de scrutins décisifs en Côte d’Ivoire et en Guinée, la Francophonie sort de sa réserve protocolaire.

Élections sous surveillance francophone : Abidjan et Conakry au banc d’essai diplomatique

Quand l’observation électorale devient un instrument de puissance. À quelques heures de scrutins décisifs en Côte d’Ivoire et en Guinée, la Francophonie sort de sa réserve protocolaire. En dépêchant des Missions électorales à Abidjan et Conakry, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne se contente pas d’observer des urnes : elle réaffirme une présence politique dans une Afrique de l’Ouest traversée par les coups d’État, les transitions sous tension et la concurrence ouverte des puissances étrangères. Derrière la neutralité affichée, le message est clair : les élections restent un champ de bataille géopolitique. Abidjan, vitrine de stabilité ; Conakry, test de crédibilité En Côte d’Ivoire, les législatives du 27 décembre 2025 sont moins un enjeu de pouvoir qu’un examen de maturité institutionnelle. Le pays, moteur économique régional, sait que la crédibilité de ses processus électoraux conditionne la confiance des investisseurs, la stabilité sociale et son statut de partenaire privilégié des bailleurs internationaux. La présence de la Francophonie vise ici à désamorcer toute contestation post-électorale, dans un État dont l’histoire récente rappelle le coût politique de scrutins contestés. En Guinée, l’enjeu est d’une tout autre nature. L’élection présidentielle du 28 décembre 2025 doit sceller – ou non – la sortie de transition. Pour Conakry, l’observation francophone est une opportunité diplomatique : celle de montrer des gages de normalisation sans se soumettre frontalement aux injonctions plus dures de la CEDEAO ou de l’Union européenne. Pour l’OIF, c’est un pari risqué : accompagner sans cautionner, observer sans légitimer l’irréversible. La Francophonie, dernier médiateur acceptable ? À l’heure où les sanctions régionales perdent de leur efficacité et où les opinions publiques africaines se méfient des leçons de démocratie venues de l’extérieur, la Francophonie joue une carte singulière. Moins intrusive, plus feutrée, elle s’appuie sur la Déclaration de Bamako pour rappeler les standards électoraux tout en maintenant le dialogue. Ce positionnement intermédiaire fait de l’OIF l’un des rares acteurs encore audibles dans certains contextes politiques africains. Une diplomatie du « ni rupture ni chèque en blanc », qui contraste avec l’approche sécuritaire dominante des puissances occidentales. Observer, c’est aussi influencer Ne nous y trompons pas : l’observation électorale n’est jamais neutre. En Côte d’Ivoire comme en Guinée, les rapports, recommandations et déclarations préliminaires pèseront sur : Dans un monde où la légitimité politique conditionne l’accès aux ressources, le regard posé sur les urnes vaut parfois plus que le bulletin lui-même. Une bataille discrète pour l’avenir régional Face à la montée en puissance de nouveaux partenaires – Russie, Chine, Golfe – peu enclins à conditionner leur soutien à des normes démocratiques, la Francophonie tente de préserver un espace politique fondé sur des règles partagées. C’est une bataille silencieuse, moins spectaculaire que les déploiements militaires, mais tout aussi stratégique. Abidjan et Conakry ne jouent pas seulement une élection. Ils jouent leur place dans l’ordre régional à venir. Et la Francophonie, en arbitre discret, entend bien rappeler que la démocratie reste une monnaie géopolitique.

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La plainte déposée par Orano et l’ouverture, en plein cœur de l’hiver, d’une enquête du parquet de Paris pour « vol en bande organisée au profit d’une puissance étrangère » ne relèvent pas du simple contentieux industriel

Uranium du Niger : la plainte de Paris ou le symptôme d’une défaite stratégique

Quand Niamey inverse le rapport de force face Ă  Orano et expose les failles françaises La plainte dĂ©posĂ©e par Orano et l’ouverture, en plein cĹ“ur de l’hiver, d’une enquĂŞte du parquet de Paris pour « vol en bande organisĂ©e au profit d’une puissance Ă©trangère » ne relèvent pas du simple contentieux industriel. Elles marquent un tournant gĂ©opolitique majeur dans le bras de fer entre la France et le Niger, rĂ©vĂ©lateur d’une perte d’influence profonde de Paris au Sahel. Depuis la prise de pouvoir militaire de juillet 2023, le groupe français – ex-Areva – a vu s’effondrer en quelques mois une prĂ©sence vieille de plus d’un demi-siècle. Les mines de SomaĂŻr, Cominak et Imouraren, piliers de l’approvisionnement français en uranium depuis les annĂ©es 1970, ont Ă©tĂ© nationalisĂ©es par le rĂ©gime du gĂ©nĂ©ral Abdourahamane Tiani au nom du « droit lĂ©gitime du peuple nigĂ©rien Ă  exploiter ses ressources ». Une rupture brutale avec un modèle hĂ©ritĂ© de la Françafrique. L’affaire prend une dimension explosive avec la disparition prĂ©sumĂ©e de 1 000 tonnes d’uranium civil, Ă©valuĂ©es Ă  160 millions d’euros, du site d’Arlit. Les soupçons d’un transfert vers la Russie, via le Burkina Faso et possiblement le Togo, transforment un litige commercial en enjeu de sĂ©curitĂ© internationale et d’intelligence Ă©conomique. Paris redoute moins la perte financière que le basculement stratĂ©gique : voir une ressource clĂ© de son parc nuclĂ©aire passer sous contrĂ´le de puissances concurrentes. Un contentieux juridique aux chances limitĂ©es Sur le plan strictement juridique, les chances de succès de la plainte française restent incertaines. Certes, un tribunal arbitral a estimĂ© que l’État nigĂ©rien ne pouvait ni vendre ni transfĂ©rer l’uranium produit par la SomaĂŻr. Mais dans les faits, le contrĂ´le territorial, militaire et logistique appartient dĂ©sormais Ă  Niamey. Le droit international de l’investissement se heurte ici Ă  une rĂ©alitĂ© politique : celle d’un État souverain assumant la rupture, prĂŞt Ă  supporter le coĂ»t judiciaire au nom d’un gain stratĂ©gique Ă  long terme. L’ouverture de l’enquĂŞte Ă  Paris apparaĂ®t ainsi autant comme un outil judiciaire que comme un signal politique : montrer que la France n’abandonne pas le terrain, maintenir une pression diplomatique et dissuader d’éventuels partenaires Ă©trangers. Mais cette dĂ©marche rĂ©vèle aussi une faiblesse : Paris agit dĂ©sormais depuis l’extĂ©rieur, en rĂ©action, lĂ  oĂą Niamey impose le tempo. Le cĹ“ur du contentieux : le prix et la valeur stratĂ©gique de l’uranium Derrière le conflit, une question centrale : le prix de l’uranium nigĂ©rien. Pendant des dĂ©cennies, la France a achetĂ© le kilo d’uranium Ă  des tarifs largement infĂ©rieurs aux cours mondiaux – autour de 30 Ă  40 dollars le kilo, contre des pics dĂ©passant aujourd’hui 100 dollars sur le marchĂ© international. Pour Niamey, la nationalisation n’est pas qu’un acte politique : c’est une reconquĂŞte Ă©conomique. Le Niger a dĂ©sormais ouvertement affichĂ© sa volontĂ© de diversifier ses partenaires : Russie, Iran, Chine, et acteurs non occidentaux du nuclĂ©aire civil. Le mĂ©morandum signĂ© avec Rosatom en juillet s’inscrit dans cette logique. Il ne s’agit plus seulement de vendre de l’uranium, mais de changer de système d’alliances. Une stratĂ©gie du faible au fort Face Ă  une France affaiblie diplomatiquement, isolĂ©e militairement après son retrait du Sahel et dĂ©pendante de l’uranium pour son parc nuclĂ©aire, le Niger dĂ©ploie une stratĂ©gie asymĂ©trique redoutablement efficace. En nationalisant, en communiquant sur la souverainetĂ©, en judiciarisant Ă  son tour le dossier (accusations de dĂ©chets radioactifs), Niamey retourne le narratif : l’exploitant devient l’accusĂ©. Cette affaire dĂ©passe Orano. Elle symbolise l’inversion du rapport de force Paris–Niamey, la fin d’un cycle et l’entrĂ©e du Niger dans une gĂ©oĂ©conomie assumĂ©e des ressources. La plainte française, plus qu’une arme dĂ©cisive, apparaĂ®t comme un aveu de perte de contrĂ´le. Dans le nouveau Sahel, l’uranium n’est plus seulement une matière première : c’est une arme stratĂ©gique.

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Présents en Centrafrique depuis 2017, à la demande du président Faustin-Archange Touadéra, les combattants de Wagner ont profondément redéfini l’architecture sécuritaire du pays.

Centrafrique : Wagner en arbitre sécuritaire d’un scrutin sous haute tension

Entre promesse de paix Ă©lectorale, dĂ©pendance militaire et zone grise gĂ©opolitique Ă€ l’approche d’un triple scrutin dĂ©cisif – prĂ©sidentielle, lĂ©gislatives et Ă©lections locales – la RĂ©publique centrafricaine s’apprĂŞte Ă  voter sous la surveillance Ă©troite des paramilitaires russes liĂ©s au groupe Wagner. Ces derniers se disent prĂŞts Ă  garantir des Ă©lections « pacifiques », tout en affirmant leur capacitĂ© Ă  repousser toute tentative de dĂ©stabilisation. Une dĂ©claration lourde de sens dans un pays oĂą la sĂ©curitĂ© Ă©lectorale demeure un enjeu existentiel. Dans une rĂ©ponse Ă©crite Ă  l’AFP, Alexander Ivanov, reprĂ©sentant des paramilitaires russes en Centrafrique, assure que les « spĂ©cialistes russes » prennent leur mission « très au sĂ©rieux ». Selon lui, le contexte sĂ©curitaire permettrait, Ă  ce stade, d’envisager un scrutin sans violences majeures. Mais derrière ce discours rassurant se dessine une rĂ©alitĂ© plus complexe : la centralitĂ© d’un acteur militaire Ă©tranger dans l’organisation implicite de la sĂ©curitĂ© d’un processus dĂ©mocratique national. PrĂ©sents en Centrafrique depuis 2017, Ă  la demande du prĂ©sident Faustin-Archange TouadĂ©ra, les combattants de Wagner ont profondĂ©ment redĂ©fini l’architecture sĂ©curitaire du pays. Initialement dĂ©ployĂ©s pour appuyer une armĂ©e nationale affaiblie et fragmentĂ©e, ils ont jouĂ© un rĂ´le clĂ© lors de la crise post-Ă©lectorale de 2020, en repoussant, aux cĂ´tĂ©s de forces rwandaises, une coalition de groupes armĂ©s menaçant Bangui. Depuis, leur influence dĂ©passe le strict cadre militaire. Cette prĂ©sence s’accompagne toutefois de controverses majeures. De nombreuses organisations internationales accusent les paramilitaires de Wagner d’avoir commis de graves violations des droits humains – exĂ©cutions sommaires, tortures, disparitions – en Centrafrique comme ailleurs. Alexander Ivanov, lui-mĂŞme sous sanctions amĂ©ricaines et europĂ©ennes, affirme reprĂ©senter une entitĂ© distincte, l’OUIS, tout en reconnaissant employer des combattants « très expĂ©rimentĂ©s » issus de Wagner. Une distinction jugĂ©e largement formelle par les chancelleries occidentales. Sur le terrain, la sĂ©curitĂ© reste inĂ©gale. Ivanov reconnaĂ®t l’existence de zones frontalières instables, oĂą des groupes rebelles demeurent actifs, justifiant un Ă©tat d’alerte maximal des forces centrafricaines appuyĂ©es par les Russes. Dans ce contexte, le prĂ©sident sortant Faustin-Archange TouadĂ©ra, 68 ans, candidat Ă  un troisième mandat, apparaĂ®t comme le grand favori, portĂ© par un discours axĂ© sur le retour progressif Ă  la stabilitĂ©. Mais au-delĂ  du scrutin immĂ©diat, une question stratĂ©gique se pose : qui garantit rĂ©ellement la souverainetĂ© sĂ©curitaire de la Centrafrique ? Depuis la mort d’EvguĂ©ni Prigojine en 2023, Moscou cherche Ă  restructurer son dispositif africain via Africa Corps, sous tutelle plus directe du ministère russe de la DĂ©fense. Ivanov Ă©vite soigneusement le sujet, signe d’une transition encore opaque. Ainsi, si Wagner promet des Ă©lections « pacifiques », le scrutin centrafricain illustre surtout une rĂ©alitĂ© troublante : celle d’un État dont la stabilitĂ© dĂ©mocratique repose, en grande partie, sur des forces armĂ©es Ă©trangères, au cĹ“ur d’un jeu gĂ©opolitique qui dĂ©passe largement les urnes.

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Le campus de l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de Douala à Édéa a accueilli, le mardi 23 décembre, une cérémonie de parrainage d’étudiants par Harvest Asset Management, acteur spécialisé des marchés financiers.

Cameroun : la ville d’ÉdĂ©a Ă  l’heure du choix stratĂ©gique

Quand l’IUT devient un levier gĂ©oĂ©conomique contre le chĂ´mage et l’exode des jeunes. Le campus de l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de Douala Ă  ÉdĂ©a a accueilli, le mardi 23 dĂ©cembre, une cĂ©rĂ©monie de parrainage d’étudiants par Harvest Asset Management, acteur spĂ©cialisĂ© des marchĂ©s financiers. Au-delĂ  du geste acadĂ©mique, l’évĂ©nement a mis en lumière un enjeu bien plus large : la capacitĂ© d’ÉdĂ©a Ă  transformer l’implantation de l’IUT en moteur Ă©conomique, social et gĂ©ostratĂ©gique. Pour le Pr Jacques Etame, directeur de l’IUT, le message est clair : l’universitĂ© ne peut plus ĂŞtre une tour d’ivoire. La mutation de certaines filières, Ă  l’image de Banque et Finance devenue IngĂ©nierie financière, traduit une orientation rĂ©solument pratique, alignĂ©e sur les besoins du marchĂ© et les standards internationaux. L’ambition affichĂ©e est de faire du campus d’ÉdĂ©a un campus d’application de l’économie universitaire, oĂą savoirs, innovation et entreprises se rencontrent. (La ville d’EdĂ©a) Deux projets pilotes incarnent cette vision : le transport des Ă©tudiants et les logements universitaires. Des initiatives structurantes, capables de gĂ©nĂ©rer des emplois locaux, d’attirer des investisseurs et de crĂ©er un Ă©cosystème Ă©conomique autour du campus. Un potentiel que les Ă©tudiants eux-mĂŞmes disent percevoir, Ă  l’image de la prĂ©sidente de l’Association des Ă©tudiants, qui souligne une meilleure appropriation des rĂ©alitĂ©s professionnelles. Mais le constat est sans appel : la ville d’ÉdĂ©a tarde Ă  s’approprier l’IUT. Ni initiatives locales visibles, ni rĂ©ponse structurĂ©e des collectivitĂ©s territoriales dĂ©centralisĂ©es, alors mĂŞme que le site est excentrĂ© et que la pression sur le logement est rĂ©elle. Une inertie prĂ©occupante, alors qu’ÉdĂ©a dispose d’atouts gĂ©ostratĂ©giques majeurs : carrefour entre Douala et YaoundĂ©, proximitĂ© de Kribi et de son port en eau profonde, tissu industriel historique et bassin de main-d’œuvre jeune. (Zone industrielle d’EdĂ©a, le coeur du Cameroun) Dans un contexte marquĂ© par le chĂ´mage des diplĂ´mĂ©s et l’exode massif des jeunes vers Douala, YaoundĂ©, l’Europe ou l’AmĂ©rique du Nord, l’IUT d’ÉdĂ©a reprĂ©sente une alternative crĂ©dible. Il peut contribuer Ă  fixer les compĂ©tences, Ă  dynamiser le marchĂ© local de l’emploi et Ă  repositionner la ville dans la chaĂ®ne de valeur nationale et rĂ©gionale. Conscient de cet enjeu, le Pr Jacques Etame a annoncĂ© l’organisation prochaine d’un CafĂ©-dĂ©bat “UniversitĂ©s–Territoires”, rĂ©unissant collectivitĂ©s, partenaires Ă©conomiques et opĂ©rateurs privĂ©s. L’objectif : transformer une dĂ©cision gouvernementale en niches d’opportunitĂ©s concrètes. Ă€ ÉdĂ©a, l’universitĂ© est lĂ . Reste Ă  savoir si la ville saisira cette chance stratĂ©gique… ou la laissera passer.

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Sur l’avortement, les opinions se partagent.

Afrique et Cameroun : liberté des femmes, l’avortement divise toujours

Entre droits reconnus et tabous persistants, le continent avance sur la maternitĂ© et le mariage, mais reste scindĂ© sur l’interruption de grossesse. Au Cameroun et dans toute l’Afrique, les femmes gagnent du terrain sur leurs droits. Elles peuvent dĂ©sormais choisir leur mariage et dĂ©cider du nombre d’enfants qu’elles auront. Mais sur l’avortement, c’est une autre histoire. C’est ce que rĂ©vèle l’enquĂŞte Afrobarometer, menĂ©e entre 2024 et 2025 auprès de 51 000 personnes dans 38 pays africains. Selon l’étude, 75 % des Africains estiment que les femmes doivent dĂ©cider quand se marier, et 62 % quand et combien d’enfants avoir. Les femmes elles-mĂŞmes sont plus nombreuses Ă  soutenir cette libertĂ©. La scolaritĂ© des jeunes mères est largement dĂ©fendue. Huit citoyens sur dix jugent que les filles enceintes ou dĂ©jĂ  mères doivent pouvoir poursuivre leurs Ă©tudes. L’éducation Ă  la sexualitĂ© Ă  l’école recueille Ă©galement un large soutien, avec plus de 70 % d’avis favorables. L’accès aux contraceptifs divise encore. 58 % des Africains sont favorables Ă  ce que toute personne sexuellement active y ait accès, quel que soit son statut marital, et 53 % quel que soit l’âge. Mais dans les zones rurales et chez les moins instruits, le scepticisme reste fort. Sur l’avortement, les opinions se partagent. Une majoritĂ© (63 %) accepte l’interruption de grossesse si la santĂ© ou la vie de la femme est en danger. En cas de viol ou d’inceste, seulement 48 % trouvent l’avortement justifiable. Et si la femme ne veut pas d’enfant ou manque de ressources, 65 Ă  69 % s’y opposent. Au SĂ©nĂ©gal, la situation des violences basĂ©es sur le genre illustre un paradoxe. Près d’un tiers des citoyens voient frĂ©quemment des violences contre les filles. Les violences conjugales et verbales restent courantes. Les victimes hĂ©sitent Ă  porter plainte par peur ou par pression sociale. Au Cameroun, le scĂ©nario est similaire. Les droits progressent, mais la sociĂ©tĂ© reste partagĂ©e sur l’avortement. Violences sexuelles et discriminations persistent. L’enquĂŞte souligne l’urgence de renforcer la protection des femmes et leur autonomie, tout en respectant les sensibilitĂ©s locales. L’Afrique avance. Mais certains combats sont loin d’être gagnĂ©s. Peut-ĂŞtre que le continent africain n’est pas prĂŞt menĂ© tous les combats Ă  la fois. Surtout lorsqu’ils s’associent Ă  l’Ă©thique et Ă  la spiritualitĂ©. C’est le cas de l’avortement.

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