Culture & Patrimoine

Classement de Shanghai 2025 : l’Afrique décroche du Top 1000

Avec seulement 17 universitĂ©s classĂ©es contre 20 l’an passĂ©, le continent enregistre un recul inquiĂ©tant qui reflète ses fragilitĂ©s chroniques en matière de recherche, de financement et de gouvernance universitaire. Le classement 2025 de Shanghai Ranking, l’un des plus influents au monde dans le domaine universitaire, confirme une tendance inquiĂ©tante : l’Afrique peine Ă  s’imposer dans l’élite acadĂ©mique mondiale. Cette annĂ©e, seulement 17 universitĂ©s africaines apparaissent dans le Top 1000, contre 20 en 2024. Une contre-performance significative, dans un contexte mondial oĂą la compĂ©tition pour l’excellence acadĂ©mique s’intensifie. Un classement dominĂ© par l’Occident Comme chaque annĂ©e, les premières places sont largement trustĂ©es par les universitĂ©s anglo-saxonnes : Harvard, Stanford, MIT, Cambridge ou encore Berkeley dominent le haut du tableau. Sur les 20 premières institutions mondiales, 16 sont amĂ©ricaines, 2 britanniques, 1 française (Paris-Saclay) et 1 chinoise (Tsinghua). Le Shanghai Ranking repose sur des critères strictement axĂ©s sur la performance scientifique et acadĂ©mique : nombre de Prix Nobel, mĂ©dailles Fields, chercheurs les plus citĂ©s, publications dans Nature et Science, ou encore impact des publications indexĂ©es. Ces indicateurs favorisent les Ă©tablissements disposant d’un Ă©cosystème de recherche robuste et financĂ©, ce qui creuse l’écart entre les grandes puissances universitaires et les pays en dĂ©veloppement. Afrique : une performance concentrĂ©e et inĂ©gale Sur les 17 universitĂ©s africaines prĂ©sentes dans le classement : Deux pays concentrent donc plus de 80 % des universitĂ©s africaines classĂ©es. Le reste du continent, y compris des poids lourds dĂ©mographiques comme le Nigeria, le Kenya ou la RDC, est absent du classement, rĂ©vĂ©lant une fracture dans l’investissement et les politiques de l’enseignement supĂ©rieur. Les mieux classĂ©es sont sud-africaines : CĂ´tĂ© Ă©gyptien, Cairo University arrive en tĂŞte, dans la tranche 401-500, suivie d’Alexandria University et Ain Shams University. Les autres institutions africaines prĂ©sentes : Un recul inquiĂ©tant Trois universitĂ©s africaines sortent du classement cette annĂ©e : Ce retrait souligne le manque de continuitĂ© et la fragilitĂ© des politiques de recherche sur le continent. Une dynamique Ă  reconstruire Le recul africain s’explique par plusieurs facteurs structurels : Ă€ titre de comparaison, des pays comme la Chine, l’Inde ou la CorĂ©e du Sud, grâce Ă  une stratĂ©gie nationale d’excellence acadĂ©mique, voient leur nombre d’universitĂ©s classĂ©es progresser chaque annĂ©e. Recommandations pour un sursaut africain Pour espĂ©rer remonter dans les classements mondiaux, les pays africains doivent : Le Shanghai Ranking 2025 agit ici comme un miroir sĂ©vère, rĂ©vĂ©lant Ă  la fois les retards du continent et le potentiel encore inexploitĂ© de son capital humain. Pour transformer la formation supĂ©rieure en levier de dĂ©veloppement, l’Afrique devra investir massivement dans l’excellence scientifique – et rompre avec le cycle de sous-performance.

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Accusations russes : l’Ukraine au cœur d’un théâtre d’ombres au Sahel et en Afrique centrale ?

Moscou lance une nouvelle offensive diplomatique : la Russie affirme avoir identifié une présence structurée d’instructeurs ukrainiens de drones dans plusieurs zones sensibles du continent africain, notamment au Sahel et en Afrique centrale. Ces allégations, relayées par l’agence TASS, imputent à Kiev un rôle actif dans des opérations paramilitaires clandestines, en soutien à des groupes armés qualifiés de terroristes. Ce que dit Moscou Selon Alexander Ivanov, directeur du Syndicat des officiers pour la sécurité internationale, une organisation proche du Kremlin : « Des instructeurs ukrainiens opèrent au Mali, au Soudan, en République démocratique du Congo, en République centrafricaine et au Tchad. Ils fournissent des drones – notamment des Mavic 3 modifiés – aux groupes armés et coordonnent des attaques contre les forces gouvernementales ». Alexander Ivanov affirme également que des livraisons clandestines ont été identifiées vers le Burkina Faso, la Somalie et la Libye, et accuse Kiev d’avoir équipé le groupe islamiste ADF (Forces démocratiques alliées) pour alimenter l’instabilité entre la RDC et le Rwanda. « Une attaque serait planifiée contre la RDC depuis un territoire sous contrôle ougandais afin d’en accuser Kampala », a-t-il ajouté. Décryptage géopolitique et sécuritaire Ces accusations, non vérifiées à ce stade par des sources indépendantes, s’inscrivent dans un contexte de recomposition stratégique en Afrique : Intérêts économiques et enjeux stratégiques Chiffres clés & points chauds Pays cité Allégation russe Acteurs impliqués Enjeu géostratégique Mali Formation de groupes terroristes par Kiev Ukrainiens, groupes armés locaux Zone d’influence post-française RDC Soutien à l’ADF Ukraine, ADF Frontière RDC-Rwanda, minerais RCA Appui à milices hostiles au pouvoir Kiev vs alliés russes (FACA/Wagner) Terrain stratégique russe Soudan Drones à factions rebelles Conflit civil complexe Accès à la mer Rouge Tchad Formation clandestine Instabilité régionale Position clé dans le Sahel Intelligence stratégique et guerre de l’information Les propos d’Ivanov s’inscrivent dans une offensive narrative russe, visant à : Silence de Kiev, prudence des analystes Au moment de la publication, aucune réaction officielle ukrainienne n’a été enregistrée. Des observateurs estiment cependant que ces accusations pourraient aussi servir à préparer une campagne diplomatique russe au prochain sommet Russie-Afrique. Un échiquier qui s’élargit L’Afrique devient un nouvel espace de confrontation indirecte entre puissances belligérantes d’Europe de l’Est. L’intrusion supposée de l’Ukraine dans les affaires sécuritaires du Sahel pourrait, si elle était confirmée, modifier durablement les équilibres politiques et militaires en Afrique subsaharienne. Pour l’instant, la prudence reste de mise : la guerre de l’information bat son plein, les faits restent à établir, mais les signaux d’un nouvel arc de tension géostratégique sont bien là.

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Sénégal : Bassirou Diomaye Faye invité du Medef à Paris

Le prĂ©sident sĂ©nĂ©galais prendra la parole devant le patronat français les 27 et 28 aoĂ»t. Le prĂ©sident du SĂ©nĂ©gal, Bassirou Diomaye Faye, est attendu Ă  Paris les 27 et 28 aoĂ»t pour intervenir lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), organisĂ©e par le Mouvement des entreprises de France (Medef), qui fĂ©dère les principales organisations patronales françaises. La participation de Bassirou Diomaye Faye intervient Ă  la suite de son dĂ©placement au Japon, oĂą il a assistĂ© Ă  la ConfĂ©rence internationale de Tokyo sur le dĂ©veloppement de l’Afrique (Ticad). Selon Africa Intelligence, le prĂ©sident sĂ©nĂ©galais prĂ©cĂ©dera Ă  Paris le chef du gouvernement, Ousmane Sonko, attendu le 23 septembre pour le forum d’affaires BIG, organisĂ© par Bpifrance Ă  l’Accor Arena. En marge de ce rendez-vous, un entretien bilatĂ©ral est prĂ©vu entre Ousmane Sonko et François Bayrou. Quelques jours plus tard, le 26 septembre, Business France consacrera un forum d’affaires exclusivement au SĂ©nĂ©gal, qui se tiendra au palais du Luxembourg, siège du SĂ©nat français. Ces invitations successives tĂ©moignent de l’importance accordĂ©e par les acteurs Ă©conomiques français aux nouvelles orientations politiques et Ă©conomiques du SĂ©nĂ©gal. Elles s’inscrivent dans une sĂ©quence oĂą Dakar cherche Ă  diversifier ses partenariats tout en consolidant son attractivitĂ© auprès des investisseurs internationaux. Contexte bilatĂ©ral : des relations mouvementĂ©es En parallèle de ces rapprochements, le SĂ©nĂ©gal a vĂ©cu ces derniers mois des tensions marquĂ©es avec la France, notamment autour de figures politiques comme Ousmane Sonko et du retrait militaire français du territoire. Le Premier ministre Ousmane Sonko n’a jamais cachĂ© son hostilitĂ© Ă  l’égard de la prĂ©sence française au SĂ©nĂ©gal. Il l’a qualifiĂ©e d’« incompatible avec la souverainetĂ© » du pays, tout en soutenant que cela ne remettait pas en cause les accords de dĂ©fense existants. En dĂ©cembre 2024, il a annoncĂ© la fermeture de toutes les bases militaires Ă©trangères, visant implicitement celles de la France. Quelques mois plus tard, il a affirmĂ© que cette dĂ©cision Ă©tait pleinement dĂ©cidĂ©e par le SĂ©nĂ©gal, sans suggestion française. La France a mis fin Ă  sa prĂ©sence militaire permanente au SĂ©nĂ©gal le 17 juillet 2025, marquant la restitution officielle de ses dernières installations, après plus de six dĂ©cennies d’une prĂ©sence militaire continue. Cela fait suite Ă  une demande formelle du prĂ©sident Faye dès novembre 2024, estimant que « la souverainetĂ© ne s’accommode pas de la prĂ©sence de bases Ă©trangères ». Le dossier du massacre de Thiaroye, survenu en dĂ©cembre 1944, continue de peser sur les relations bilatĂ©rales. Ousmane Sonko a rĂ©clamĂ© l’ouverture complète des archives françaises sur cet Ă©pisode meurtrier – oĂą des tirailleurs sĂ©nĂ©galais furent rĂ©primĂ©s pour avoir rĂ©clamĂ© leurs droits de dĂ©mobilisation – estimant que la France ne peut fixer unilatĂ©ralement le nombre des victimes.

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Présidentielle 2025/ Cameroun : le Groupe de Foumban plaide pour une opposition unie, sans imposer l’unité

Alors que la prĂ©sidentielle de 2025 se profile Ă  l’horizon au Cameroun, le « Groupe de Foumban » Ă©merge comme une dynamique nouvelle au sein de l’opposition. PortĂ© notamment par des figures comme Jean MoĂŻse Mbog, militant du Front du salut national pour le Cameroun (FSNC), ce groupe affirme ne pas viser une coalition partisane classique, mais plutĂ´t une union stratĂ©gique de l’opposition, fondĂ©e sur une Ă©thique de non-agression et de responsabilitĂ© politique. Sur le plateau de l’émission « Grand DĂ©bat » de Cam 10 TĂ©lĂ©vision, Jean MoĂŻse Mbog a prĂ©cisĂ© les contours du projet : « Il ne s’agit pas d’une coalition. C’est un appel Ă  l’unitĂ© de l’opposition dans l’attitude et le discours. Le problème du Cameroun, c’est le RDPC. Il ne faut pas se tromper d’adversaire ». Cette sortie intervient après certaines tensions entre partis d’opposition, notamment avec le PURS et le SDF, qui ont suscitĂ© de vives rĂ©actions au sein mĂŞme du groupe. Pourtant, un communiquĂ© publiĂ© Ă  l’issue des travaux de Foumban et YaoundĂ© (8–10 juin 2025) faisait bel et bien rĂ©fĂ©rence Ă  une « candidature consensuelle », qui semble aujourd’hui relĂ©guĂ©e au second plan. MalgrĂ© les divergences d’interprĂ©tation, les membres du groupe assurent qu’ils poursuivent les consultations avec d’autres leaders politiques, dans un esprit d’ouverture. L’avenir dira si cette stratĂ©gie portera ses fruits. Analyse politique et gĂ©opolitique 1. Une opposition fragmentĂ©e mais en Ă©veil Le groupe de Foumban tĂ©moigne d’une prise de conscience progressive au sein de l’opposition camerounaise : face Ă  un pouvoir centralisĂ© et solidement enracinĂ© depuis plus de quatre dĂ©cennies, la division est contre-productive. La dĂ©marche vise Ă  neutraliser les dynamiques centrifuges (disputes internes, rivalitĂ©s de leadership, tribalisme politique) qui affaiblissent toute alternative crĂ©dible au rĂ©gime du RDPC. 2. Le paradoxe de l’unitĂ© sans fusion L’ambiguĂŻtĂ© du message est palpable : d’un cĂ´tĂ©, le discours de non-agression semble prĂ´ner une unitĂ© morale ou tactique de l’opposition, sans contrainte organisationnelle ; de l’autre, les textes issus des rĂ©unions de juin 2025 mentionnent clairement une volontĂ© de candidature consensuelle – une notion plus exigeante, pouvant aboutir Ă  une candidature unique, ce qui nĂ©cessiterait des compromis importants. Ce flou stratĂ©gique pourrait ĂŞtre Ă  double tranchant : 3. Le RDPC : ciment paradoxal de l’opposition L’idĂ©e que « le problème du Cameroun, c’est le RDPC » agit comme force centripète : elle pousse les opposants Ă  se regarder en alliĂ©s potentiels, au nom d’un adversaire commun. Mais elle risque aussi d’être trop rĂ©ductrice. Sans proposition alternative claire et concertĂ©e, la critique du rĂ©gime peut sembler creuse. 4. Enjeux gĂ©opolitiques internes Le choix du nom « Groupe de Foumban » est symbolique : Foumban est historiquement associĂ© Ă  la confĂ©rence constitutionnelle de 1961 qui a scellĂ© la rĂ©unification du Cameroun. En se rĂ©clamant de cet hĂ©ritage, le groupe vise Ă  incarner une lĂ©gitimitĂ© nationale et historique. C’est aussi une rĂ©ponse implicite aux accusations rĂ©currentes de rĂ©gionalisme ou de tribalisation de l’opposition. Perspectives, forces et handicaps 1. Forces (Centripètes) 2.Handicaps (Centrifuges) Le Groupe de Foumban reprĂ©sente une tentative originale de reconfiguration de l’espace politique oppositionnel camerounais, non pas par la fusion, mais par la cohĂ©sion minimale. Dans un contexte oĂą la dĂ©mocratie reste verrouillĂ©e et la participation politique minĂ©e par la dĂ©fiance, cette initiative peut crĂ©er une dynamique positive – Ă  condition qu’elle gagne en clartĂ©, en inclusion et en organisation. D’ici l’échĂ©ance de 2025, l’enjeu sera de savoir si cette convergence peut aboutir Ă  un leadership crĂ©dible, partagĂ©, et stratĂ©giquement efficace, ou si elle retombera dans les travers bien connus de la division.

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RDC : Joseph Kabila accusé de trahison, Kinshasa frappe fort

Dans une sĂ©quence judiciaire inĂ©dite Ă  l’échelle du continent, la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) a franchi un seuil historique. La RDC a requis la peine de mort Ă  l’encontre de l’ancien prĂ©sident Joseph Kabila, 53 ans, jugĂ© par contumace pour « crimes de guerre », « trahison » et « organisation d’un mouvement insurrectionnel ». Un Ă©vĂ©nement aux rĂ©percussions potentiellement majeures sur la stabilitĂ© politique, la sĂ©curitĂ© rĂ©gionale et les Ă©quilibres diplomatiques en Afrique centrale. Une accusation d’État : M23, AFC et coup d’État prĂ©sumĂ© Devant la Haute Cour militaire de Kinshasa, le gĂ©nĂ©ral Lucien RenĂ© Likulia, reprĂ©sentant du ministère public, a dressĂ© un acte d’accusation d’une rare sĂ©vĂ©ritĂ© : « Joseph Kabila, en intelligence avec le Rwanda, a cherchĂ© Ă  renverser par les armes le rĂ©gime constitutionnel », a-t-il dĂ©clarĂ©, affirmant que l’ex-prĂ©sident est l’un des initiateurs de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), branche politique du groupe armĂ© M23. Ce mouvement, soutenu par Kigali selon de multiples rapports de l’ONU et de la CIRGL, contrĂ´le aujourd’hui Goma, Bukavu et d’importantes portions du Nord-Kivu et Sud-Kivu – zones stratĂ©giques aux sous-sols riches en coltan, or et terres rares. Pour Kinshasa, la complicitĂ© de Kabila aurait permis « l’infiltration militaire et institutionnelle » de la RDC. La rĂ©surgence de la peine de mort, levier juridique et politique Le moratoire sur l’exĂ©cution capitale, en vigueur depuis 2003, a Ă©tĂ© levĂ© en 2024 dans un contexte d’exacerbation sĂ©curitaire. S’il n’a pas encore Ă©tĂ© appliquĂ©, la menace juridique agit comme un instrument de dissuasion politique, notamment Ă  l’encontre d’élites soupçonnĂ©es de collusion avec des groupes rebelles. Le parquet requiert Ă©galement 20 ans de prison pour « apologie de crimes de guerre », 15 ans pour « complot », en plus de lourdes compensations financières exigĂ©es par les provinces parties civiles. RĂ©actions en chaĂ®ne : risques de polarisation et de fragmentation Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la DĂ©mocratie (PPRD), formation politique de Joseph Kabila, dĂ©nonce une manĹ“uvre : « C’est un procès politique, le rĂ©gime cherche Ă  dissimuler son Ă©chec diplomatique et militaire », a rĂ©agi Ferdinand Kambere, son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint. Pour l’opposition, cette procĂ©dure viserait Ă  neutraliser un acteur politique toujours influent, alors que les Ă©lections de 2026 s’approchent. En toile de fond, ce procès intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Kinshasa et Kigali, mais aussi de rivalitĂ©s entre les blocs rĂ©gionaux : la CommunautĂ© d’Afrique de l’Est (EAC), oĂą le Rwanda joue un rĂ´le-clĂ©, et la CommunautĂ© de dĂ©veloppement d’Afrique australe (SADC), dont la RDC est membre. DĂ©cryptage gĂ©opolitique : entre guerre hybride et compĂ©tition Ă©conomique Au-delĂ  du volet judiciaire, ce procès traduit une mutation des modes de confrontation en RDC : guerre hybride mĂŞlant armes, narratif politique, cyber-influence et exploitation des ressources. Selon plusieurs analystes, l’ombre portĂ©e du M23 s’inscrit dans une logique de captation des ressources stratĂ©giques : 70 % du coltan mondial est exploitĂ© en RDC, dont une grande partie transite via le Rwanda. Pour l’expert en intelligence Ă©conomique Jean-Louis Atangana, « cette affaire rĂ©vèle l’usage d’acteurs politiques comme leviers d’instabilitĂ© gĂ©oĂ©conomique dans la rĂ©gion des Grands Lacs ». Un tournant pour l’Afrique des Grands Lacs ? L’issue de ce procès pourrait redĂ©finir les Ă©quilibres internes Ă  la RDC comme les rapports de force rĂ©gionaux. Si la peine capitale Ă©tait confirmĂ©e, elle constituerait une première dans l’histoire moderne africaine contre un ancien chef d’État, avec des rĂ©percussions imprĂ©visibles en matière de stabilitĂ© dĂ©mocratique, sĂ©curitĂ© frontalière et investissements internationaux. En jeu : l’intĂ©gritĂ© territoriale de la RDC, la survie du rĂ©gime Tshisekedi, et l’avenir de la gouvernance sĂ©curitaire en Afrique centrale. « La justice ne doit pas devenir l’arme de la revanche politique. Mais ignorer les crimes compromettrait Ă  jamais la paix », tranche une source diplomatique occidentale Ă  Kinshasa.

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Cameroun : le rejet de la requête déclarant Paul Biya inéligible

Alors que la prĂ©sidentielle du 12 octobre approche, le Conseil constitutionnel camerounais a rejetĂ© la requĂŞte dĂ©posĂ©e par Me Akere Muna, candidat dĂ©clarĂ©, visant Ă  faire constater l’inĂ©ligibilitĂ© du prĂ©sident sortant Paul Biya. Ce dernier, âgĂ© de 92 ans et au pouvoir depuis 1982, brigue un huitième mandat. Si la dĂ©cision n’est pas surprenante au regard du cadre juridique actuel, elle soulève des interrogations sur l’état du droit Ă©lectoral, le fonctionnement institutionnel et la perception de l’équitĂ© dĂ©mocratique au Cameroun. Une requĂŞte politiquement audacieuse mais juridiquement fragile Dans son recours, Akere Muna invoquait l’inaptitude prĂ©sumĂ©e de Paul Biya Ă  gouverner, soulignant son âge avancĂ© et sa faible visibilitĂ© publique. Il faisait notamment appel Ă  l’article 118 du code Ă©lectoral, qui prĂ©voit qu’un candidat peut ĂŞtre dĂ©clarĂ© inĂ©ligible s’il se trouve sous l’influence ou la dĂ©pendance d’un tiers ou d’une puissance Ă©trangère. Mais le Conseil constitutionnel a estimĂ© que les Ă©lĂ©ments apportĂ©s ne constituaient pas une preuve suffisante d’une telle dĂ©pendance. Aucun certificat mĂ©dical, ni Ă©lĂ©ment factuel concret ne permettait d’Ă©tablir un empĂŞchement juridique Ă  la candidature du prĂ©sident sortant. Juridiquement, la Constitution camerounaise ne prĂ©voit ni limite d’âge ni Ă©valuation mĂ©dicale obligatoire pour les candidats Ă  la prĂ©sidence. Le cadre lĂ©gal laisse donc peu de marge pour une exclusion sur la base de l’âge ou de la capacitĂ© physique, Ă  moins d’une procĂ©dure mĂ©dicale officielle – qui reste absente du droit en vigueur. Une dĂ©cision conforme Ă  la loi, mais pas sans dĂ©bats Le rejet de la requĂŞte est cohĂ©rent avec les textes en vigueur, mais il illustre aussi les limites du système Ă©lectoral camerounais, oĂą le droit reste peu adaptĂ© aux prĂ©occupations modernes sur la gouvernance, la transparence et la responsabilitĂ©. Selon plusieurs observateurs, le recours d’Akere Muna visait surtout Ă  ouvrir un dĂ©bat public sur la lĂ©gitimitĂ© dĂ©mocratique du pouvoir en place. Dans ce sens, mĂŞme rejetĂ©e, sa dĂ©marche a permis de ramener sur le devant de la scène des questions essentielles : l’alternance, la vitalitĂ© institutionnelle, l’état de santĂ© des dirigeants, ou encore l’aptitude des juges constitutionnels Ă  exercer leur mission de manière indĂ©pendante. Pour certains juristes, la dĂ©cision du Conseil reflète la prĂ©dominance du formalisme juridique sur les considĂ©rations d’intĂ©rĂŞt public, tandis que d’autres soulignent le risque de dĂ©rive si l’on permettait des exclusions de candidature sur des critères subjectifs ou politiques. Entre statu quo institutionnel et expression d’un malaise politique Cette affaire rĂ©vèle surtout un clivage profond entre la lĂ©galitĂ© et la lĂ©gitimitĂ©, entre un système qui fonctionne selon les règles Ă©tablies, et une opinion publique qui aspire Ă  plus de transparence, de renouvellement et de contrĂ´le dĂ©mocratique. L’âge de Paul Biya, son style de gouvernance très discret, et l’absence apparente de prĂ©paration Ă  la succession renforceraient l’idĂ©e d’un pouvoir verrouillĂ©, peu permĂ©able Ă  la critique, selon certains. D’un autre cĂ´tĂ©, ses partisans insistent sur la stabilitĂ© politique qu’il incarne, sur son droit Ă  se prĂ©senter comme tout citoyen, et sur le rĂ´le du peuple souverain dans le choix de ses dirigeants – Ă  travers les urnes, non les tribunaux. Un moment rĂ©vĂ©lateur Ă  quelques semaines d’un scrutin crucial Le rejet de la requĂŞte d’Akere Muna ne constitue pas un Ă©vĂ©nement juridique exceptionnel, mais il marque un moment politique significatif dans une Ă©lection aux enjeux Ă©levĂ©s. Il interroge la place des institutions dans la rĂ©gulation du pouvoir, la capacitĂ© de l’opposition Ă  se faire entendre, et l’état gĂ©nĂ©ral du dĂ©bat dĂ©mocratique dans un pays oĂą l’alternance n’a jamais Ă©tĂ© vĂ©cue au sommet de l’État. La prĂ©sidentielle de 2025 s’annonce comme un test pour la crĂ©dibilitĂ© du processus Ă©lectoral, autant que pour la rĂ©silience d’un système en proie aux critiques mais toujours solidement ancrĂ©. La controverse reste la seule façon pour l’opposition de rester visible  – mĂŞme si cela ne modifie pas l’issue judiciaire.

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Boko Haram/Cameroun : une coopération régionale permet la libération de dix enfants

Une opĂ©ration conjointe menĂ©e par les forces du Cameroun, du Nigeria et du Tchad a permis la libĂ©ration de dix enfants enlevĂ©s par des Ă©lĂ©ments prĂ©sumĂ©s de Boko Haram dans l’ExtrĂŞme-Nord camerounais. Un adolescent n’a pas survĂ©cu Ă  la captivitĂ©. Une semaine après leur enlèvement, dix enfants camerounais ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s ce jeudi dans la rĂ©gion de l’ExtrĂŞme-Nord, Ă  la suite d’une opĂ©ration conjointe menĂ©e par les forces armĂ©es et de sĂ©curitĂ© du Cameroun, du Nigeria et du Tchad, appuyĂ©es par la Force multinationale mixte (FMM). Selon le gouverneur de la rĂ©gion, les enfants avaient Ă©tĂ© kidnappĂ©s le 13 aoĂ»t alors qu’ils se trouvaient Ă  bord d’un bus assurant la liaison entre Kousseri et Maroua, sur la route nationale N°1. L’attaque a Ă©tĂ© attribuĂ©e Ă  des membres prĂ©sumĂ©s de Boko Haram, un groupe islamiste actif depuis plus d’une dĂ©cennie autour du bassin du lac Tchad. Les enfants ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s vivants Ă  environ vingt kilomètres de la frontière nigĂ©riane, mais un adolescent enlevĂ© au mĂŞme moment a malheureusement Ă©tĂ© tuĂ© par les ravisseurs, ont prĂ©cisĂ© les autoritĂ©s locales. Une coordination rĂ©gionale en progrès Cette libĂ©ration marque un succès important pour la coopĂ©ration rĂ©gionale contre Boko Haram. La Force multinationale mixte, qui regroupe les armĂ©es du Cameroun, du Nigeria, du Tchad et du Niger, a renforcĂ© ses opĂ©rations transfrontalières dans les zones reculĂ©es du lac Tchad, oĂą le groupe djihadiste reste actif malgrĂ© des revers militaires rĂ©pĂ©tĂ©s. L’efficacitĂ© de cette dernière opĂ©ration met en lumière la montĂ©e en puissance des mĂ©canismes de coordination entre les forces armĂ©es des trois pays directement concernĂ©s, dans une rĂ©gion oĂą les frontières poreuses facilitent les mouvements des groupes armĂ©s. L’ExtrĂŞme-Nord toujours sous pression Depuis 2014, la rĂ©gion de l’ExtrĂŞme-Nord du Cameroun reste l’un des points chauds du conflit contre Boko Haram, avec des centaines d’attaques, de kidnappings et de dĂ©placements forcĂ©s. Bien que l’activitĂ© du groupe ait diminuĂ© par rapport Ă  son pic, il conserve une capacitĂ© de nuisance importante, notamment via des cellules locales opĂ©rant de manière mobile. Les enlèvements d’enfants et de civils restent une stratĂ©gie de terreur utilisĂ©e pour obtenir rançons, recruter de force ou dĂ©stabiliser les communautĂ©s locales. Une dynamique Ă  maintenir La rĂ©cente opĂ©ration de libĂ©ration montre que la rĂ©ponse militaire rĂ©gionale peut porter ses fruits lorsqu’elle est rapide, coordonnĂ©e et appuyĂ©e par des Ă©changes d’information efficaces. Mais les analystes sĂ©curitaires soulignent que la seule dimension militaire ne suffira pas Ă  Ă©radiquer durablement l’insurrection islamiste. La stabilisation de la rĂ©gion exige aussi des programmes de dĂ©veloppement, de rĂ©insertion des ex-combattants et de renforcement de l’État dans les zones rurales marginalisĂ©es oĂą Boko Haram recrute. La libĂ©ration des enfants est un motif de soulagement, mais elle rappelle aussi la fragilitĂ© persistante des zones frontalières du bassin du lac Tchad. La consolidation des acquis sĂ©curitaires passera par une approche rĂ©gionale intĂ©grĂ©e, mĂŞlant sĂ©curitĂ©, dĂ©veloppement et rĂ©silience communautaire. Lutte contre Boko Haram : Chronologie synthĂ©tique opĂ©rations rĂ©gionales 🔹 2015 – CrĂ©ation de la Force multinationale mixte (FMM) 🔹 2015 – OpĂ©ration « Lafiya Dole » (Nigeria) 🔹 2016 – Offensive conjointe NigĂ©ria–Cameroun–Tchad 🔹 2017 – DĂ©but des opĂ©rations transfrontalières coordonnĂ©es 🔹 2020 – « Colère de Bohoma » (Tchad) 🔹 2021 – Mort d’Abubakar Shekau 🔹 2022 – Reprise des opĂ©rations dans les zones insulaires du lac Tchad 🔹 2023 – Offensive autour de Kukawa (Nigeria) 🔹 AoĂ»t 2024 – OpĂ©ration transfrontalière « Shara » 🔹AoĂ»t 2025 – LibĂ©ration de dix enfants au Cameroun

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Cartographier autrement : l’Afrique défie l’héritage Mercator

En soutenant officiellement la campagne “Correct the Map”, l’Union africaine engage une offensive symbolique et géopolitique majeure. Objectif : redonner au continent sa juste représentation spatiale – et narrative – face aux distorsions héritées de l’époque coloniale. C’est une revendication cartographique, mais aux implications politiques profondes. L’Union africaine (UA) a annoncé son soutien à la campagne “Correct the Map”, qui exige le remplacement de la projection Mercator – omniprésente dans les atlas, les systèmes de navigation et les salles de classe – par la projection Equal Earth, plus fidèle aux proportions réelles des continents. Au cœur de ce plaidoyer : la réhabilitation visuelle, mentale et stratégique du continent africain, longtemps relégué à la marge – littéralement – sur les planisphères du monde. « Ce n’est pas une affaire de simple représentation, mais une question de souveraineté cognitive, de dignité et d’influence », affirme Selma Malika Haddadi, vice-présidente de la Commission de l’UA. Une distorsion historique, aux effets contemporains Créée en 1569, la projection de Gerardus Mercator a été pensée pour faciliter la navigation maritime. Mais cette carte allonge les terres proches des pôles et réduit celles de l’équateur, écrasant l’Afrique visuellement. Résultat : le Groenland paraît aussi grand que l’Afrique, alors qu’il est 14 fois plus petit. L’Europe et l’Amérique du Nord sont surdimensionnées. L’Afrique, visuellement diminuée, est aussi géopolitiquement marginalisée. Selon Fara Ndiaye, cofondatrice de Speak Up Africa, cette distorsion n’est pas neutre : « Elle alimente un imaginaire où l’Afrique est périphérique, inférieure. Cela commence dès l’enfance, à l’école ». Equal Earth : vers une carte plus juste Face à cela, des géographes américains ont mis au point en 2018 Equal Earth, une projection pseudo-cylindrique qui respecte la surface réelle des continents, sans sacrifier leur lisibilité. Déjà adoptée par la Banque mondiale, elle est soutenue par des acteurs africains comme Africa No Filter, qui militent pour son intégration dans l’éducation, les institutions et les interfaces numériques. La campagne vise aussi Google, qui continue d’utiliser Mercator par défaut sur mobile, malgré l’introduction du globe 3D sur desktop. « Il est temps que les outils numériques reflètent un monde équitable », souligne Moky Makura, directrice exécutive d’Africa No Filter. Cartes mentales, cartes de pouvoir La bataille cartographique est aussi une bataille de récit mondial. L’UA inscrit ce combat dans une dynamique plus large : restitution des biens culturels, débats sur les réparations coloniales, réforme des instances internationales (Conseil de sécurité de l’ONU, FMI, Banque mondiale). Changer la carte, c’est changer le centre de gravité symbolique. Car la carte façonne le regard, influence les politiques éducatives, médiatiques, diplomatiques. « Il ne s’agit pas de recentrer l’Afrique par orgueil, mais de corriger un déséquilibre structurel dans les outils de connaissance et de représentation », analyse un conseiller de la Commission UA. Un enjeu stratégique dans un monde en recomposition À l’horizon 2050, l’Afrique comptera près de 2,5 milliards d’habitants – soit un humain sur quatre. Riche en ressources critiques, au cœur des enjeux migratoires, énergétiques et climatiques, le continent attire les appétits : Chine, Russie, Turquie, puissances du Golfe et Occident y redoublent d’activisme. L’UA, en renforçant sa diplomatie du soft power, cherche à peser davantage dans l’agenda mondial. Ce changement de carte pourrait ainsi renforcer la posture stratégique de l’Afrique dans les négociations globales. Un petit pas symbolique, mais un levier d’influence majeur. Une demande portée jusqu’à l’ONU La campagne “Correct the Map” a officiellement saisi le Comité d’experts UN-GGIM (ONU) sur l’information géospatiale, qui examine actuellement la possibilité d’une recommandation mondiale sur les projections cartographiques. De plus en plus d’universitaires, ONG et diplomates hors d’Afrique appuient ce plaidoyer. Dans un monde où les cartes restent des instruments de pouvoir, décoloniser la représentation du globe devient un acte stratégique autant que pédagogique. « La carte est une arme silencieuse. L’Afrique demande simplement qu’on en change la mire », conclut un diplomate ouest-africain.

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Afrique-Qatar : une offensive à 300 milliards pour redessiner les alliances stratégiques

Doha dĂ©ploie ses ambitions sur le continent africain avec une tournĂ©e diplomatique et Ă©conomique sans prĂ©cĂ©dent. Cheikh Al Mansour Bin Jabor Bin Jassim Al Thani, envoyĂ© spĂ©cial de l’émir, propose des investissements massifs dans dix pays, avec Ă  la clĂ© une redistribution des cartes gĂ©opolitiques, Ă©conomiques et sĂ©curitaires. Le Qatar change de dimension en Afrique. Si l’émirat du Golfe a longtemps cmlultivĂ© un rĂ´le de mĂ©diateur discret sur le continent, il franchit aujourd’hui un cap stratĂ©gique avec une promesse d’investissements colossaux : 300 milliards de dollars, dont une large partie sera dirigĂ©e vers l’Afrique Ă  travers le conglomĂ©rat Al-Mansour Holding. Ă€ sa tĂŞte : Cheikh Al Mansour Bin Jabor Bin Jassim Al Thani, cousin de l’émir Tamim Ben Hamad Al Thani, homme de confiance et stratège de cette nouvelle « diplomatie d’influence ». Une tournĂ©e historique et ciblĂ©e LancĂ©e le 13 aoĂ»t 2025, la tournĂ©e diplomatique et Ă©conomique de Cheikh Al Mansour traverse dix pays stratĂ©giques d’Afrique centrale, australe et orientale : RDC, Zambie, Tanzanie, Angola, Botswana, Burundi, Gabon, Mozambique, Zimbabwe et Centrafrique. Ces États ont en commun une richesse en ressources critiques (cobalt, cuivre, lithium, pĂ©trole, gaz, terres rares) essentielles Ă  la transition Ă©nergĂ©tique mondiale. « Notre objectif est clair : bâtir des ponts durables entre Doha et l’Afrique sur la base d’un partenariat mutuellement bĂ©nĂ©fique », a dĂ©clarĂ© Cheikh Al Mansour lors de son escale Ă  Lusaka. Des chiffres qui marquent Dans tous les pays visitĂ©s, les promesses incluent le transfert de compĂ©tences, la crĂ©ation d’emplois locaux et le dĂ©veloppement de synergies logistiques avec Qatar Airways ou d’infrastructures aĂ©roportuaires, sur le modèle du partenariat avec le Rwanda. Une triangulation d’influences Si cette initiative Ă©conomique semble purement commerciale, elle s’inscrit dans un jeu gĂ©opolitique et sĂ©curitaire plus large, oĂą Doha cherche Ă  prendre une place que la Chine, les États-Unis, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite convoitent aussi. Le Qatar s’appuie ici sur une double approche : Selon un analyste du Geopolitical Futures Forum, « le Qatar s’inscrit dans une stratĂ©gie d’influence structurelle, lĂ  oĂą les autres acteurs se positionnent souvent dans l’urgence ou la captation rapide des ressources ». RivalitĂ©s dans le Golfe et nouvelles routes de la puissance En arrière-plan, cette offensive Ă©conomique reflète les tensions entre monarchies du Golfe, notamment avec les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, dĂ©jĂ  très actives en Afrique. Le Qatar, conscient de la finitude de ses ressources fossiles, accĂ©lère sa diversification et tente de crĂ©er des dĂ©pendances croisĂ©es durables sur un continent encore sous-capitalisĂ© mais riche en ressources. Doha ne cache plus son ambition : devenir un acteur mondial de premier plan en combinant puissance financière, diplomatie d’influence et stratĂ©gie d’alliances durables. Vers un « moment Qatar » en Afrique ? Cette tournĂ©e historique pourrait bien marquer le dĂ©but d’un rĂ©alignement des puissances Ă©conomiques en Afrique. Le Qatar, petit par sa taille mais ambitieux dans sa vision, entend durablement ancrer son empreinte sur un continent stratĂ©gique. Si les promesses se traduisent en projets concrets, Doha pourrait devenir un partenaire incontournable de l’Afrique post-Covid et post-pĂ©trole, en rupture avec les logiques extractivistes classiques.

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Ruptures avec le FMI : révélateur multidimensionnel des vulnérabilités africaines

La liste publiée le 12 août 2025 par le FMI sur les retards prolongés dans les consultations au titre de l’article IV expose bien plus qu’un simple non-respect de procédures. Elle révèle des fragilités systémiques, où la gouvernance économique, la stabilité politique, la sécurité nationale et les dynamiques géopolitiques s’entrecroisent. Cinq pays africains – Soudan, Érythrée, Tunisie, Libéria et Sénégal – y figurent. Leur exclusion de fait du circuit de financement multilatéral illustre une crise de confiance aux conséquences profondes. Sur le plan géopolitique, la rupture du dialogue avec le FMI reflète souvent une marginalisation diplomatique. L’Érythrée, coupée de tout processus d’évaluation depuis 2019, s’est installée dans une posture de repli stratégique. Le Soudan, englué dans une guerre civile depuis 2020, voit sa désintégration sécuritaire se traduire par une paralysie institutionnelle complète. Dans ces cas, l’absence de sécurité nationale devient un obstacle structurel au dialogue international. La dimension géoéconomique est tout aussi centrale. Le Sénégal, pourtant présenté comme un modèle de stabilité jusqu’en 2023, illustre la fragilité des architectures financières africaines : la découverte de dettes cachées (7 milliards USD) a suffi à suspendre les programmes du FMI, témoignant de l’impact de la transparence budgétaire sur la crédibilité financière. Le Liberia, quant à lui, montre que les transitions politiques peuvent momentanément désorganiser l’appareil administratif sans nécessairement compromettre la reprise du dialogue, à condition de restaurer rapidement la stabilité post-électorale. Cette situation prend une résonance particulière en Afrique centrale, région souvent sous-analy­sée dans les discussions sur les retards Article IV, mais exposée à des fragilités comparables. Si aucun pays d’Afrique centrale ne figure actuellement sur la liste du FMI, plusieurs – comme la Centrafrique, le Tchad ou le Congo – restent classés à risque élevé d’endettement, exposés aux chocs sécuritaires (groupes armés, instabilité frontalière) et dépendants des matières premières. Dans cette région, le risque n’est pas uniquement économique, mais aussi sécuritaire : le sous-investissement dans la gouvernance budgétaire alimente des tensions sociales, qui elles-mêmes nourrissent l’instabilité. Sur le plan diplomatique, la sortie récente de pays comme l’Égypte ou l’Éthiopie confirme que le rétablissement du dialogue avec le FMI est possible. Leur retour traduit une volonté politique claire, mais aussi une mobilisation de leviers stratégiques : ancrage dans des programmes d’assistance technique, apaisement des tensions internes, ou renforcement du partenariat avec d’autres bailleurs (Banque africaine de développement, Chine, etc.). En somme, la liste du FMI agit comme un thermomètre des équilibres nationaux. Elle confirme que les retards dans les consultations ne sont pas des anomalies administratives, mais des symptômes d’un désordre plus large. Dans ce contexte, l’Afrique centrale doit tirer les leçons de ses voisins : renforcer ses capacités institutionnelles, professionnaliser la gestion de la dette, et intégrer les enjeux de sécurité au cœur des stratégies de développement. Car sans stabilité sécuritaire ni transparence budgétaire, l’accès aux financements internationaux – et donc aux leviers de transformation – restera hors de portée.

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