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Présidentielle 2025 au Cameroun : La diaspora, sentinelle stratégique d’un scrutin à hauts risques

Alors que le Cameroun entre dans une élection marquée par les incertitudes politiques et sécuritaires, le vote paisible de la diaspora – bien que minoritaire numériquement – envoie un signal fort aux partenaires internationaux et aux investisseurs. En toile de fond : stabilité régionale, mutation politique et repositionnement géoéconomique. Dans un calme presque cérémonial, les Camerounais de la diaspora ont glissé leur bulletin dans l’urne, loin des tensions qui marquent le terrain national. « Ce geste, c’est mon message pour l’avenir du Cameroun », déclare Bertille N., électrice à Rome. Comme elle, plus de 34 000 électeurs répartis dans 38 pays ont voté, marquant une participation modeste (0,43 % des inscrits) mais hautement stratégique dans un scrutin qui, à bien des égards, dépasse les frontières du pays. Une mobilisation faible, mais hautement symbolique Avec 108 centres de vote mis en place par les ambassades camerounaises, le dispositif électoral à l’étranger s’est déroulé sans heurts majeurs. À Bruxelles, Daniel Evina Abe’e, Ambassadeur du Cameroun en Belgique, a salué « la maturité politique de notre diaspora ». À Paris, Washington ou Londres, les électeurs camerounais ont affiché leur volonté de peser dans un processus électoral dont la transparence reste cependant sujette à caution. Une élection sous tension : Paul Biya, l’épreuve de la longévité Au Cameroun, le vote s’est ouvert dans un climat sécuritaire tendu, notamment dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, du Nord et de l’Extrême-Nord. Malgré un déploiement militaire renforcé, des incidents isolés ont été signalés, accentuant les doutes sur la capacité de l’État à organiser un scrutin pleinement inclusif. Le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, brigue un huitième mandat à 92 ans. Face à lui, six candidats, dont Cabral Libii, Serge Espoir Matomba, Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakari tentent d’incarner une alternative, bien que la marge de manœuvre de certaine- à l’exception d’Issa Tchiroma Bakari – demeurent limitées dans un appareil électoral largement contrôlé par le pouvoir. La stabilité comme argument diplomatique Dans un contexte régional miné par l’instabilité – du Sahel à la RDC, en passant par la transition au Tchad -, Yaoundé veut apparaître comme un bastion de stabilité. Ce positionnement séduit certains partenaires internationaux, soucieux de préserver un allié stratégique dans une zone où les États fragiles se multiplient. « Le Cameroun joue une carte de respectabilité institutionnelle à l’étranger, même si la scène intérieure reste verrouillée », analyse un diplomate européen. Le vote de la diaspora s’inscrit dans cette stratégie d’image, visant à rassurer bailleurs de fonds, institutions financières et acteurs sécuritaires. Enjeux économiques : l’intelligence stratégique au cœur du scrutin Au-delà de la dimension politique, l’élection présidentielle de 2025 est un test pour les acteurs de l’intelligence économique. Le Cameroun est confronté à des défis structurels : Diversification d’une économie encore dépendante des exportations primaires (pétrole, bois, cacao) ; Transition énergétique dans un pays où 60 % de l’électricité provient de l’hydroélectrique ; Lutte contre la corruption et réforme de l’environnement des affaires ; Sécurisation des investissements dans un climat régional instable. Les partenaires étrangers observent avec attention la suite du processus électoral, bien que leurs réactions demeurent mesurées pour l’instant. Une diaspora en éveil : relais de soft power et de réforme Si leur poids électoral reste marginal, les Camerounais de la diaspora représentent un levier d’influence non négligeable. Acteurs économiques, membres de la société civile ou experts internationaux, ils sont de plus en plus perçus comme des vecteurs de modernisation institutionnelle et de pression citoyenne. « Ce n’est pas seulement un vote, c’est une forme de diplomatie populaire », résume une politologue camerounaise. Face à un appareil d’État résistant aux réformes, la diaspora apparaît comme un laboratoire d’initiatives démocratiques, capable de tisser des ponts entre exigence locale et regard international. Le Cameroun au centre d’un équilibre fragile Avec près de 30 millions d’habitants et une position géographique clé en Afrique centrale, le Cameroun reste un acteur central dans les équilibres régionaux. L’évolution de sa gouvernance interne aura des répercussions au-delà de ses frontières. À court terme, l’enjeu pour le régime sera de contenir les tensions post-électorales et de préserver une façade institutionnelle stable. À moyen terme, l’alternance – ou l’absence d’alternance – influencera directement les relations avec la Chine, l’Union européenne, les États-Unis et les institutions financières multilatérales. Chiffres clés • Nombre d’électeurs au Cameroun : 8 010 464 • Nombre d’électeurs de la diaspora : 34 411 (0,43 %) • Nombre de bureaux de vote à l’étranger : 108 • Pays participants : 38 • Nombre de candidats : 12

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Présidentielle 2025 :  Le Cameroun vote, la région retient son souffle

Ce 12 octobre, plus de 8 millions d’électeurs camerounais sont appelés à voter dans un scrutin présidentiel à un seul tour. En jeu : la continuité du régime, les équilibres régionaux, et la crédibilité d’un processus politique contesté. À 92 ans, Paul Biya, l’un des plus anciens chefs d’État au monde, brigue un huitième mandat. Président depuis 1982, il reste le favori d’un scrutin organisé dans un climat d’atonie politique, marqué par une campagne minimale et une opposition fragmentée. L’organisme électoral, Elecam, a ouvert 31 000 bureaux de vote pour accueillir 8,1 millions d’électeurs, dont près de 2 millions de nouveaux inscrits. « Tout est prêt, mais c’est désormais la volonté des citoyens qui fera la différence », affirme Erick Essousse, directeur général d’Elecam. Un régime stable, mais sans alternative claire Malgré son âge, Paul Biya conserve un contrôle serré de l’appareil d’État grâce à son parti, le RDPC, omniprésent jusqu’au niveau local. L’absence d’un héritier politique désigné renforce cependant les incertitudes quant à l’avenir du pouvoir. « Le scrutin est moins une élection qu’un test de résilience d’un système à bout de souffle », note un diplomate européen. Une opposition affaiblie et divisée Dix candidats restent en lice, mais sans coordination stratégique. Cabral Libii, Joshua Osih, Issa Tchiroma Bakary, Bello Bouba Maïgari ou encore Patricia Ndam Njoya mènent des campagnes dispersées, sans dynamique unificatrice. « Le pluralisme existe, mais il ne se traduit pas en force politique crédible », analyse Alice Biloa, politologue à l’Université de Buea. Sécurité incertaine, voisinage inquiet Le vote se tient sous la menace des groupes jihadistes dans l’Extrême-Nord, et de la crise anglophone au Sud-Ouest et Nord-Ouest, où certains séparatistes appellent au boycott. Dans ces zones, la participation s’annonce faible. Autour du Cameroun, les voisins observent avec prudence : Le Tchad et la RCA redoutent des retombées sécuritaires ; Le Nigéria, préoccupé par la frontière commune, reste silencieux ; Le Gabon, le Congo et la Guinée équatoriale privilégient la stabilité. « Une instabilité à Yaoundé aurait des effets domino régionaux », avertit un analyste. Une économie sous tension Avec un PIB de 45 milliards de dollars, le Cameroun est une locomotive de la CEMAC. Les indicateurs économiques sont loin du potentiel réel. « Tant que la gouvernance ne change pas, le Cameroun restera bloqué dans une stagnation masquée », déclaré un consultant sous anonymat. Ce scrutin n’ouvre pas de compétition réelle pour le pouvoir, mais il met en lumière l’usure d’un régime et l’absence d’alternative structurée. Pour les partenaires internationaux, le défi est clair : préserver la stabilité sans cautionner l’immobilisme.

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L’Afrique, moteur stratégique du XXIe siècle : Antonio Guterres appelle à une mobilisation globale

Dans un appel diplomatique mais sans ambiguïté, António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, a exhorté la communauté internationale à changer d’échelle dans sa relation avec l’Afrique. C’était lors du forum « Une Afrique imparable », organisé avec l’Union Africaine. Pour lui, le continent doit être reconnu non plus comme une zone à soutenir, mais comme un acteur central des équilibres économiques, énergétiques et géopolitiques du XXIe siècle. « L’Afrique recèle un potentiel immense. Il est temps de transformer cette promesse en un moteur de prospérité durable, inclusive et mondiale », a-t-il déclaré à New York. Face aux urgences démographique, climatique et sécuritaire, Guterres a tracé trois axes de transformation : Réforme systémique : l’Afrique et le nouvel ordre mondial Le discours de Guterres va au-delà des projets techniques. Il interpelle directement les règles du jeu économique mondial, affirmant que sans réforme des institutions de Bretton Woods, il sera impossible de financer cette transformation. Il a appelé à soulager la dette africaine, à éviter les crises systémiques, et surtout à accroître la représentation de l’Afrique au sein des instances de gouvernance mondiale, notamment au Conseil de sécurité de l’ONU. « Le système financier international doit refléter le monde d’aujourd’hui, pas les rapports de force du siècle dernier ». L’Afrique, enjeu stratégique global En arrière-plan, le discours souligne une vérité géostratégique : l’Afrique devient un champ de projection majeur des rivalités internationales (États-Unis, Chine, Russie, Turquie, etc.), notamment autour des ressources, des terres rares, des corridors énergétiques et du contrôle numérique. Mais au lieu de subir, le continent pourrait devenir coproducteur d’un multilatéralisme repensé, basé sur l’équité et la co-souveraineté. « Investir en Afrique n’est pas un acte de solidarité. C’est un acte de clairvoyance stratégique ».

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Sécurité, énergie, jeunesse : Paul Biya réaffirme son emprise stratégique sur le Nord

À cinq jours de la présidentielle du 12 octobre 2025, le président Paul Biya a lancé depuis Maroua un message fort : cap sur l’économie, la jeunesse et la stabilité. Dans une région stratégique et convoitée, le chef de l’État joue la carte du développement contre les vents contraires d’une opposition montante. Un chef d’État-candidat en pleine reconquête Ce 7 octobre 2025, c’est un Paul Biya résolument offensif qui a foulé le sol brûlant de Maroua, capitale politique de l’Extrême-Nord, pour y livrer un discours à double tranchant : bilan et promesses. Candidat à un huitième mandat à 92 ans, le chef de l’État a fait de cette sortie une vitrine diplomatique et électorale majeure. « Beaucoup a été fait, mais le meilleur est à venir », a-t-il lancé devant des milliers de partisans rassemblés au stade Lamido Yaya Dairou. Dans une région aussi stratégique qu’instable, marquée par les incursions de Boko Haram et un taux de pauvreté dépassant 60 %, ce déplacement n’est pas une simple formalité protocolaire. Il s’agit d’une opération de reconquête politique où se joue, en creux, la crédibilité d’un pouvoir en place depuis 43 ans. Développement, infrastructures et énergie : le triptyque du discours présidentiel En appelant à un Cameroun de « productivité et d’opportunités », Paul Biya a recentré son discours autour de l’économie réelle. L’annonce de la mise en chantier imminente des axes stratégiques Mora–Dabanga–Kousseri et Garoua-Goundéré — dans une région enclavée – vise à restaurer la connectivité territoriale, fondement de la croissance locale. Le président a également salué la montée en puissance du barrage hydroélectrique de Nachtigal et l’élargissement du réseau solaire, affirmant que « la sécurité énergétique est une condition non négociable de l’industrialisation ». Objectif : faire du septentrion un hub énergétique, logistique et agro-industriel. Selon les chiffres du ministère de l’Économie, le Cameroun a investi plus de 2 000 milliards de FCFA dans les infrastructures en dix ans, avec près de 10 700 km de routes bitumées, un chiffre cité par Paul Biya lui-même à Maroua. Sécurité et stabilité : la clé de voûte de la stratégie présidentielle Le discours présidentiel n’a pas éludé la question sécuritaire. Paul Biya a salué les « succès incontestables de nos forces de défense » face à Boko Haram. Pourtant, la région reste sous tension : plus de 734 000 personnes y vivent en insécurité alimentaire (OCHA, décembre 2024), et les récentes inondations ont affecté 459 000 autres, détruisant habitations, cultures et cheptels. Face à cette situation, le président promet une réponse intégrée : militaro-humanitaire, mais aussi économique, avec le lancement de projets agricoles et de résilience climatique. « Sans paix, pas de développement. Et sans développement, la paix reste fragile », a-t-il martelé. La jeunesse comme levier stratégique Dans un pays où plus de 70 % de la population a moins de 35 ans, la jeunesse est la cible clé de la rhétorique présidentielle. À Maroua, Paul Biya a promis la réforme du Fonds national de l’emploi, le renforcement de la formation professionnelle et la facilitation du financement des projets jeunes. « Je ne prendrai aucun repos tant que des progrès significatifs n’auront pas été réalisés », a-t-il insisté, promettant des milliers d’emplois à travers les secteurs agricoles, artisanaux et numériques. Ce message s’adresse à une jeunesse souvent marginalisée, mais électoralement décisive. Un message d’unité nationale sous tension politique Alors que les régions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest) et l’Extrême-Nord sont toujours classées zones économiquement sinistrées, le président Biya a réaffirmé « la nécessité d’un Cameroun uni, paisible, moderne et prospère ». Un message d’unité nationale lancé dans un contexte où la cohésion territoriale est mise à rude épreuve. Mais cette volonté de stabilité se heurte à une réalité politique mouvante. Deux ex-alliés poids lourds du président, Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maïgari, désormais candidats, menacent l’hégémonie du RDPC dans le Septentrion. La clameur « Tchiroma Président ! » lancée par des élèves au passage du cortège présidentiel a cristallisé un malaise latent. Un signe que la dynamique de terrain pourrait échapper au contrôle de Yaoundé. Entre soft power interne et guerre d’influence Cette visite de Paul Biya à Maroua, au-delà de sa charge symbolique, est aussi une manœuvre d’intelligence politique. Elle vise à restaurer un capital de confiance dans un électorat stratégique, à rassurer les bailleurs internationaux et à maintenir le cap d’un Cameroun attractif pour les investisseurs. Sur le plan économique, le pays dispose de réserves minières encore sous-exploitées et d’un potentiel agropastoral considérable. La stabilité politique est donc un argument central pour maintenir les investissements étrangers, en particulier chinois, français et turcs, dans les infrastructures, les mines et l’énergie. Un pari risqué mais assumé À Maroua, Paul Biya a tenté de redéfinir la campagne sur ses propres termes : bilan, sécurité, développement. Mais dans un contexte d’émergence de figures alternatives, de fractures sociales persistantes et de fatigue démocratique, la réélection du doyen des chefs d’État africains repose sur un fragile équilibre entre l’ordre établi et l’appel au renouveau. À quelques jours du scrutin du 12 octobre, le septennat promis par Paul Biya ressemble autant à une offre de continuité qu’à une démonstration de force diplomatique face à une opposition qui monte et une jeunesse en attente. Encadré – Chiffres clés :

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Les Émirats arabes unis en Afrique centrale : une stratégie d’influence ciblée, le cas du Cameroun

L’influence croissante des Émirats arabes unis (EAU) en Afrique ne se limite plus aux grandes puissances régionales ou aux zones côtières stratégiques.  L’Afrique centrale, longtemps marginalisée dans les dynamiques d’investissements globaux, devient à son tour une zone d’intérêt croissant pour Abou Dhabi. Ce recentrage géographique illustre une ambition claire : étendre leur empreinte à des régions encore peu disputées, tout en sécurisant des ressources et des leviers d’influence politique. Le Cameroun, avec sa position géostratégique entre l’Afrique de l’Ouest et centrale, attire de plus en plus l’attention émiratie. En 2024, des discussions ont été amorcées autour de projets dans les domaines portuaire, énergétique et agricole. Les Émirats envisagent notamment de moderniser des infrastructures logistiques, via DP World, et d’investir dans l’agriculture irriguée dans le Nord-Cameroun, région confrontée à l’insécurité alimentaire et aux effets du changement climatique. Ce type d’initiative renforce non seulement leur image de partenaire du développement, mais aussi leur présence dans des zones frontalières sensibles, où se jouent des enjeux de sécurité transnationale (extrémisme violent, trafics). Au niveau régional, les Émirats ont conclu en 2025 un partenariat économique global (CEPA) avec la République centrafricaine, assorti de projets miniers et d’investissements dans les infrastructures. En parallèle, des initiatives sont en préparation autour du Plan national de développement du Tchad, avec l’organisation d’une table ronde à Abou Dhabi. Cette diplomatie économique vise à positionner les Émirats comme des facilitateurs de stabilité dans une région marquée par l’instabilité politique et le désengagement progressif des bailleurs traditionnels. Sur le plan géoéconomique, ces investissements permettent aux EAU de sécuriser des chaînes d’approvisionnement critiques (or, uranium, agriculture) tout en diversifiant leurs propres relais de croissance. La région, en particulier le Cameroun, constitue un marché en expansion, encore peu saturé, et un point d’ancrage logistique entre Golfe de Guinée et zones sahéliennes. Enfin, la stratégie des Émirats s’inscrit dans un vide géopolitique croissant. Le retrait progressif de la France, la prudence de la Chine, et les limites de l’engagement américain ouvrent un espace que les Émirats investissent avec rapidité et pragmatisme. Pour les États d’Afrique centrale, notamment le Cameroun, ces partenariats offrent des opportunités financières et diplomatiques, mais posent aussi la question de la soutenabilité sociale, environnementale et politique de cette nouvelle dépendance.

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Cameroun/Présidentielle 2025 : 8 millions de voix en jeu, le compte à rebours est lancé

À quelques jours de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025, le chiffre est désormais officiel. À quelques jours de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025, le chiffre est désormais officiel. Cette annonce saluée par certains comme un gage de transparence, suscite également attentes dans un climat politique tendu. Conformément aux articles 96 et 97 du Code électoral, le Directeur général des Élections, Dr Erik Essousse, a rendu publiques les listes des électeurs et des bureaux de vote dans chaque commune, ainsi qu’auprès des ambassades et consulats à l’étranger. 31 652 bureaux de vote ont été répertoriés à travers le territoire, et 34 296 électeurs sont inscrits à l’étranger dans 107 bureaux. Cette transparence est essentielle pour éviter les soupçons », souligne un observateur électoral à Yaoundé. Cette publication vise à renforcer la confiance dans le processus électoral, souvent sujet à controverse au Cameroun. Pour Christian Essomba Okah, président de la Commission d’impression du matériel électoral, cela permet aussi d’écarter tout risque de bureaux de vote fictifs. Du côté des états-majors politiques, ces listes sont un outil stratégique : elles permettent de cibler les zones à fort potentiel électoral et de mieux planifier les campagnes de terrain. Pour les observateurs nationaux et internationaux, ces données sont également cruciales pour surveiller le déroulement du scrutin. « L’opinion publique doit savoir combien d’électeurs sont inscrits par commune, et où voter », explique Patrick Pagbe, chef service des listes à Elecam. Les électeurs peuvent consulter ces listes dans les antennes communales ou en ligne via les plateformes numériques d’Elecam – une modernisation saluée, dans un pays où l’accès à l’information électorale a longtemps été jugé opaque. Alors que les tensions préélectorales montent, la publication anticipée des listes vise à prévenir toute contestation post-électorale. Cette ouverture suffira-t-elle à garantir la crédibilité du scrutin et l’acceptation de ses résultats par tous les acteurs politiques ?

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Cameroun et Érythrée : les deux absents du soutien africain à la Palestine

Alors que 52 des 54 États africains ont reconnu l’État palestinien, le silence persistant du Cameroun et de l’Érythrée interroge. Derrière cette abstention diplomatique se dessinent des logiques sécuritaires, historiques et géopolitiques bien spécifiques. Depuis la proclamation de l’indépendance palestinienne à Alger en 1988, la cause palestinienne bénéficie d’un large soutien sur le continent africain. Ce soutien s’inscrit dans une tradition politique de solidarité tiers-mondiste et panafricaniste, incarnée par des figures comme Thomas Sankara, Julius Nyerere ou Nelson Mandela. Plus récemment, la reconnaissance officielle de l’État palestinien par plusieurs pays occidentaux (Irlande, Espagne, Norvège, etc). a contribué à remettre la question au centre des débats diplomatiques mondiaux. Pourtant, au sein de l’Union africaine, deux pays dérogent à cette ligne de solidarité affichée : le Cameroun et l’Érythrée. Leur silence, loin d’être anecdotique, met en lumière une autre lecture de la diplomatie contemporaine africaine : celle des intérêts nationaux. Cameroun : la realpolitik sécuritaire Au Cameroun, la non-reconnaissance de l’État palestinien s’explique en grande partie par la solidité du partenariat sécuritaire avec Israël. Depuis plus de trois décennies, Israël forme et équipe les forces spéciales camerounaises, notamment les unités engagées contre Boko Haram dans le nord et les groupes séparatistes anglophones dans l’ouest. Ce soutien militaire est vital pour le régime de Paul Biya, confronté à plusieurs foyers d’instabilité internes. Reconnaître un État palestinien aujourd’hui serait perçu comme un geste diplomatique risqué, susceptible d’irriter un partenaire stratégique majeur, et d’envoyer un message ambigu aux mouvements séparatistes qui pourraient y voir un précédent ou un soutien implicite à leurs revendications. Comme le souligne David Otto, analyste sécuritaire basé à Genève : « Yaoundé redoute de donner des arguments à ceux qui contestent l’unité nationale, dans un contexte où le régime insiste sur le caractère indivisible du Cameroun ». Érythrée : le poids des rancunes historiques Dans le cas érythréen, l’abstention est davantage alimentée par un contentieux historique que par des considérations sécuritaires contemporaines. Durant les années 1980, alors que l’Érythrée menait sa lutte pour l’indépendance contre l’Éthiopie, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat s’était rangée du côté d’Addis-Abeba. Un choix perçu comme une trahison par les combattants érythréens, qui s’en sont longtemps souvenus. Depuis son indépendance en 1993, l’Érythrée cultive une diplomatie singulière, isolationniste et parfois provocatrice, souvent en rupture avec les positions de l’Union africaine. Son silence vis-à-vis de la Palestine semble s’inscrire dans cette tradition d’indépendance assumée, voire revendiquée, vis-à-vis des grands consensus diplomatiques. Une solidarité africaine aux contours moins homogènes L’abstention du Cameroun et de l’Érythrée ne signifie pas une hostilité ouverte à l’égard de la Palestine. Elle illustre plutôt la complexité croissante des positionnements diplomatiques en Afrique, à l’heure où les logiques de solidarité panafricaine cèdent le pas à des calculs d’intérêts nationaux, sécuritaires ou historiques. Dans un monde multipolaire en recomposition, où chaque alliance compte, la reconnaissance d’un État – aussi symbolique soit-elle  – devient un acte diplomatique hautement stratégique.

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Cameroun : Issa Tchiroma Bakary, l’homme de la rupture qui défie Etoudi

À moins d’une semaine de la présidentielle du 12 octobre, l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary, désormais chef du FSNC, mobilise des milliers de partisans à Yaoundé et se pose en alternative crédible à l’après-Biya. Une dynamique électorale inattendue aux implications géopolitiques, économiques et stratégiques notables. Dans une ferveur populaire inédite depuis le début de la campagne présidentielle, Issa Tchiroma Bakary, candidat du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), a tenu un meeting retentissant dans le quartier populaire de Tsinga, à quelques encablures du Palais présidentiel d’Etoudi. Le symbole est fort, la mobilisation massive, et le discours empreint d’un souffle de rupture et de refondation. À 75 ans, l’ancien ministre de la Communication, longtemps considéré comme un pilier du régime de Yaoundé, est aujourd’hui le visage paradoxal de l’alternance. Une démonstration de force inattendue Ils étaient plusieurs milliers à avoir répondu à l’appel, remplissant la place dite « Artisanat », transformée pour l’occasion en agora politique. La circulation était quasiment paralysée entre l’École de police et le lycée de Tsinga, signalant une affluence rare dans une capitale réputée pour son scepticisme politique. Le ton est combatif, la rhétorique populiste, mais l’architecture du discours est clairement programmée pour rassurer l’intérieur et intriguer l’extérieur : appel au dialogue, assainissement de l’État, réindustrialisation, réforme de la nationalité. Une approche globale que certains observateurs n’hésitent plus à qualifier de « programme de refondation ». Un positionnement politique stratégique Candidat de substitution pour une frange de l’opposition privée de son leader naturel, Maurice Kamto, dont la candidature a été invalidée, Issa Tchiroma capte aujourd’hui un électorat en quête de rupture, mais méfiant vis-à-vis des profils trop radicaux. Surnommé ironiquement par ses partisans « Mon bon diable », en référence à une homélie de Mgr Barthélémy Yaouda appelant à « prendre même le diable s’il faut pour changer le pays« , Issa Tchiroma symbolise ce réalisme politique camerounais où les lignes idéologiques se déplacent rapidement. Six chantiers pour une refondation nationale Le programme du FSNC s’articule autour de six priorités majeures : Un nouveau jeu d’alliances ? Sur le plan régional, une éventuelle victoire d’Issa Tchiroma rebat les cartes dans un Cameroun-pivot de la sécurité en Afrique centrale. Son projet de dialogue inclusif pourrait apaiser la crise dans les régions anglophones, qui a déjà fait plus de 6 000 morts selon des sources humanitaires, tout en réhabilitant le rôle du pays comme acteur stabilisateur dans le bassin du lac Tchad. Sur le plan international, son positionnement « ni anti-occidental, ni pro-chinois« , pourrait séduire aussi bien Paris que Washington, mais également Pékin et Ankara, à la recherche de nouveaux partenaires africains fiables. La promesse d’une gouvernance plus transparente est un signal fort envoyé aux institutions financières internationales, notamment le FMI et la BAD, dans un contexte où le service de la dette du Cameroun représente plus de 30 % du budget annuel de l’État. Entre rupture et continuité : Tchiroma, un « insider-outsider » Longtemps décrié pour sa loyauté envers le président Paul Biya, dont il a été l’un des plus fidèles porte-voix, Issa Tchiroma joue désormais la carte du dissident converti. Il a quitté le gouvernement le 24 juin 2025, dénonçant un système « verrouillé » et « hostile à toute réforme de fond« . « Se détacher du confort du pouvoir pour épouser l’incertitude de l’opposition est un acte politique fort dans un contexte comme celui du Cameroun », analyse un diplomate européen sous couvert d’anonymat. Une candidature à suivre de près Alors que la présidentielle du 12 octobre s’annonce comme un tournant historique pour le Cameroun, la candidature d’Issa Tchiroma Bakary ne peut plus être considérée comme marginale. Entre mobilisation populaire, crédibilité administrative et projet structuré, il incarne une troisième voie entre le pouvoir sortant et une opposition classique fragilisée. Dans un pays où le pouvoir est détenu depuis plus de 43 ans par le même homme, la poussée inattendue d’un vétéran reconverti en réformateur est le signal d’une transition peut-être en gestation. Mais le RDPC, parti de Paul Biya, aguerri dans la communication politique, n’a pas encore dit son dernier mot. Chiffres clés :

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Présidentielle 2025 au Cameroun : Paul Biya propose un statut spécial pour les partis représentés au Parlement

Dans la perspective de l’élection présidentielle de 2025, le président Paul Biya a annoncé une réforme visant à instituer un statut juridique spécifique pour les partis politiques représentés au Parlement camerounais. Cette mesure, présentée comme un engagement de sa nouvelle plateforme politique, s’inscrit dans une volonté affichée de consolider les libertés et la démocratie dans le pays. Une reconnaissance officielle pour les partis parlementaires L’idée centrale est de créer un cadre légal ou réglementaire qui reconnaît et organise le rôle des partis disposant d’élus à l’Assemblée nationale ou au Sénat. Ce statut pourrait offrir des facilités accrues en matière de fonctionnement institutionnel, de reconnaissance politique, ainsi que de droits renforcés liés à leur représentativité nationale (financement, accès aux médias publics, participation au dialogue politique, etc.). Cette proposition vise, selon le chef de l’État, à encourager le pluralisme responsable, tout en structurant davantage la scène politique nationale. Les enjeux pour le système politique camerounais Risque d’exclusion ou de verrouillage politique Selon les critères retenus, certains partis pourraient se sentir marginalisés ou défavorisés. Si le statut accorde trop d’avantages aux partis déjà installés, cela pourrait être perçu comme une tentative de verrouiller l’accès au pouvoir. Une réforme à surveiller de près Alors que le Cameroun se dirige vers un nouveau cycle électoral, cette initiative présidentielle pose des questions importantes sur l’équilibre entre ouverture démocratique et structuration institutionnelle. Elle marque en tout cas un tournant potentiel dans l’organisation du pluralisme politique camerounais.

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UNESCO : Firmin Édouard Matoko le choix d’avenir pour l’organisation

À l’approche de l’élection du prochain directeur général de l’UNESCO (mandat 2025‑2029), l’affrontement entre le Congolais Firmin Édouard Matoko et l’Egyptien Khaled El-Enany est plus que jamais symbolique. Il ne s’agit pas seulement de deux parcours personnels : c’est une décision structurante pour l’orientation de l’UNESCO dans un monde en recomposition (multilinguisme, financements, gouvernance, pertinence géopolitique, crédibilité intellectuelle). Cet article entend présenter un argumentaire clair et convaincant en faveur de Firmin Edouard Matoko, tout en mettant en lumière les faiblesses de son adversaire. I. Portraits comparés : forces et faiblesses Critère Firmin Édouard Matoko Khaled El‑Enany Âge 69 ans (né en 1956) 54 ans (né en 1971) Formation / études Économie & commerce, Université La Sapienza (Rome); spécialisation relations internationales,Cesare Alfieri (Florence); études diplomatiques à Paris Licence tourisme/guidance, Faculté de Tourisme et Hôtellerie Helwan; DEA & doctorat en égyptologie, Université Paul‑Valéry Montpellier III Parcours professionnel / fonctions Carrière UNESCO complète depuis 1985 : expert éducation, chef de bureau, représentant dans plusieurs régions (Afrique, Amérique latine), direction du département Afrique, depuis 2017 Sous‑Directeur général chargé de la priorité Afrique & des relations extérieures Université (professeur d’égyptologie) ; direction de musées (Musée national de civilisation égyptienne, Musée du Caire) ; ministre des Antiquités (2016‑2019), ministre du Tourisme & Antiquités (2019‑2022) Langues / multilinguisme Français, anglais, italien, espagnol ; niveau intermédiaire en portugais ; apprentissage du lingala et du swahili Arabe (langue maternelle), français, anglais Réseaux institutionnels UNESCO / interne Connaissance intime des organes, des bureaux régionaux, des mécanismes de gouvernance interne ; déjà auditionné aux instances de direction à plusieurs reprises Parcours essentiellement national, sans expérience opérationnelle systématique dans les rouages internes de l’UNESCO (mais bonne notoriété dans le monde du patrimoine et des musées) Support politique / diplomatique Soutien de certains États africains ; sa candidature est présentée comme “interne”, donc cohérente avec la continuité institutionnelle ; argument d’un candidat maison connaissant les arcanes Soutien officiel de l’Égypte, de l’Union africaine, de la Ligue arabe, d’États alliés (notamment dans le monde arabe) Forces de Firmin Edouard Matoko Fimin Edouard Matoko est un « homme du sérail » mais pas un simple bureaucrate : comme il le répète, il connaît l’UNESCO de l’intérieur, ce qui lui permet de proposer des réformes pragmatiques, tout en intégrant la diversité des pays membres. Son parcours combine rigueur intellectuelle (économiste, diplomate) et vision globale. Dans une institution qui se réclame du multilinguisme (français, anglais, espagnol, arabe, etc.), le fait d’être multilingue est un atout pour dialoguer avec tous les États membres – un argument souvent invoqué pour l’UNESCO. Il a exercé dans de nombreux bureaux régionaux, a piloté des programmes éducatifs, culturels ou de paix, et connaît les défis internes : structure, gouvernance, financement et décentralisation. Il sait où il faut faire évoluer l’institution, avec un pied dans la tradition et l’autre dans l’innovation. Parmi ses priorités annoncées : la refonte de la gouvernance, la transparence budgétaire, le renforcement des programmes régionaux, et la redynamisation de l’UNESCO comme « think tank » pour l’éducation, la culture, la paix. Il propose aussi de faire de l’UNESCO une organisation plus mobile, plus « réactive », moins centrée autour du siège uniquement. Originaire du Congo, en Afrique centrale, Firmin Edouard Matoko incarne la pluralité culturelle, il connaît les réalités africaines, latino-américaines, asiatiques, occidentales, grâce à ses missions passées – un atout pour incarner l’universalité de l’UNESCO. Il bénéficie de soutiens régionaux (autorités congolaises, de pays africains, asiatiques, sud-américaines…réseaux culturels). En outre, sa candidature peut séduire les États cherchant un leadership moins polarisé. Faiblesses et risques de El‑Enany Sa dominante est le patrimoine, les musées, la culture nationale – il a moins d’antécédents de gestion institutionnelle globale de l’UNESCO. Cela comporte un risque : lorsqu’il s’agira de piloter des départements éducation, sciences, communication, il pourrait manquer de réflexes institutionnels. En tant qu’ancien ministre, il pourrait être perçu (ou s’auto-percevoir) comme représentant des intérêts égyptiens ou du monde arabe, plutôt que de l’organisation dans sa globalité. Il est en campagne depuis plus de deux ans, ce qui lui a offert du temps de mobilisation, mais l’expose aussi à des critiques (campagnes de lobbying, achats d’influence, accusations de favoritisme) – sans preuve solide mais avec un effet discutable pour la crédibilité. Certains analystes évoquent déjà des tensions autour des questions de transparence et d’équité (allégations de rémunérations, influence diplomatique excessive) – sans preuve solide pour l’instant, mais avec un effet discutable pour la crédibilité. Son profil est très marqué patrimoine, restauration, musées – ce qui peut donner l’impression d’un dirigeant tourné vers le passé plutôt que vers les défis d’avenir (Intelligence artificielle, inclusion numérique, mutations éducatives).En période de révolution technologique et de tensions globales, on pourrait lui reprocher d’être trop « vertébral » ou trop attaché à la tradition, une absence d’agilité. Même s’il parle français et anglais, il est moins polyvalent linguistiquement que Firmin Edouard Matoko sur certains domaines (comme l’espagnol, l’italien, d’autres langues). Ce qui peut être un handicap dans les négociations multilatérales. II. Pour les États électeurs 1. Continuité et Réforme interne Un directeur général issu de l’UNESCO – Firmin Edouard Matoko – garantit une transition plus fluide : il connaît les mécanismes, peut éviter les fractures internes. À l’inverse, une candidature « externe » comporte toujours un temps d’adaptation et un risque de latence de leadership. 2. Le multilinguisme et l’universalité symbolique Dans une institution revendiquant ses racines plurilingues, le choix d’un candidat maîtrisant plusieurs langues, sensible à diverses cultures (Afrique, Amérique latine, Asie, Europe…) plaide en faveur de Firmin Edouard Matoko. Il incarne moins l’image d’une nation particulière que celle d’un pivot universel. 3. Un directeur général comme laboratoire d’idées, non simple gestionnaire Firmin Edouard Matoko milite pour une UNESCO qui bouge, se renouvelle, devient un véritable think tank sur les grands défis (climat, inversion des inégalités, numérique, paix). Ce positionnement plus proactif est crucial pour séduire les États désireux d’une institution plus dynamique et moins figée. 4. La crédibilité et la confiance institutionnelle Un dirigeant disposant d’un capital de confiance interne (personne connue, respectée, ayant déjà été auditionnée) est moins vulnérable aux critiques

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