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UNESCO : Firmin Édouard Matoko le choix d’avenir pour l’organisation

À l’approche de l’élection du prochain directeur général de l’UNESCO (mandat 2025‑2029), l’affrontement entre le Congolais Firmin Édouard Matoko et l’Egyptien Khaled El-Enany est plus que jamais symbolique. Il ne s’agit pas seulement de deux parcours personnels : c’est une décision structurante pour l’orientation de l’UNESCO dans un monde en recomposition (multilinguisme, financements, gouvernance, pertinence géopolitique, crédibilité intellectuelle). Cet article entend présenter un argumentaire clair et convaincant en faveur de Firmin Edouard Matoko, tout en mettant en lumière les faiblesses de son adversaire. I. Portraits comparés : forces et faiblesses Critère Firmin Édouard Matoko Khaled El‑Enany Âge 69 ans (né en 1956) 54 ans (né en 1971) Formation / études Économie & commerce, Université La Sapienza (Rome); spécialisation relations internationales,Cesare Alfieri (Florence); études diplomatiques à Paris Licence tourisme/guidance, Faculté de Tourisme et Hôtellerie Helwan; DEA & doctorat en égyptologie, Université Paul‑Valéry Montpellier III Parcours professionnel / fonctions Carrière UNESCO complète depuis 1985 : expert éducation, chef de bureau, représentant dans plusieurs régions (Afrique, Amérique latine), direction du département Afrique, depuis 2017 Sous‑Directeur général chargé de la priorité Afrique & des relations extérieures Université (professeur d’égyptologie) ; direction de musées (Musée national de civilisation égyptienne, Musée du Caire) ; ministre des Antiquités (2016‑2019), ministre du Tourisme & Antiquités (2019‑2022) Langues / multilinguisme Français, anglais, italien, espagnol ; niveau intermédiaire en portugais ; apprentissage du lingala et du swahili Arabe (langue maternelle), français, anglais Réseaux institutionnels UNESCO / interne Connaissance intime des organes, des bureaux régionaux, des mécanismes de gouvernance interne ; déjà auditionné aux instances de direction à plusieurs reprises Parcours essentiellement national, sans expérience opérationnelle systématique dans les rouages internes de l’UNESCO (mais bonne notoriété dans le monde du patrimoine et des musées) Support politique / diplomatique Soutien de certains États africains ; sa candidature est présentée comme “interne”, donc cohérente avec la continuité institutionnelle ; argument d’un candidat maison connaissant les arcanes Soutien officiel de l’Égypte, de l’Union africaine, de la Ligue arabe, d’États alliés (notamment dans le monde arabe) Forces de Firmin Edouard Matoko Fimin Edouard Matoko est un « homme du sérail » mais pas un simple bureaucrate : comme il le répète, il connaît l’UNESCO de l’intérieur, ce qui lui permet de proposer des réformes pragmatiques, tout en intégrant la diversité des pays membres. Son parcours combine rigueur intellectuelle (économiste, diplomate) et vision globale. Dans une institution qui se réclame du multilinguisme (français, anglais, espagnol, arabe, etc.), le fait d’être multilingue est un atout pour dialoguer avec tous les États membres – un argument souvent invoqué pour l’UNESCO. Il a exercé dans de nombreux bureaux régionaux, a piloté des programmes éducatifs, culturels ou de paix, et connaît les défis internes : structure, gouvernance, financement et décentralisation. Il sait où il faut faire évoluer l’institution, avec un pied dans la tradition et l’autre dans l’innovation. Parmi ses priorités annoncées : la refonte de la gouvernance, la transparence budgétaire, le renforcement des programmes régionaux, et la redynamisation de l’UNESCO comme « think tank » pour l’éducation, la culture, la paix. Il propose aussi de faire de l’UNESCO une organisation plus mobile, plus « réactive », moins centrée autour du siège uniquement. Originaire du Congo, en Afrique centrale, Firmin Edouard Matoko incarne la pluralité culturelle, il connaît les réalités africaines, latino-américaines, asiatiques, occidentales, grâce à ses missions passées – un atout pour incarner l’universalité de l’UNESCO. Il bénéficie de soutiens régionaux (autorités congolaises, de pays africains, asiatiques, sud-américaines…réseaux culturels). En outre, sa candidature peut séduire les États cherchant un leadership moins polarisé. Faiblesses et risques de El‑Enany Sa dominante est le patrimoine, les musées, la culture nationale – il a moins d’antécédents de gestion institutionnelle globale de l’UNESCO. Cela comporte un risque : lorsqu’il s’agira de piloter des départements éducation, sciences, communication, il pourrait manquer de réflexes institutionnels. En tant qu’ancien ministre, il pourrait être perçu (ou s’auto-percevoir) comme représentant des intérêts égyptiens ou du monde arabe, plutôt que de l’organisation dans sa globalité. Il est en campagne depuis plus de deux ans, ce qui lui a offert du temps de mobilisation, mais l’expose aussi à des critiques (campagnes de lobbying, achats d’influence, accusations de favoritisme) – sans preuve solide mais avec un effet discutable pour la crédibilité. Certains analystes évoquent déjà des tensions autour des questions de transparence et d’équité (allégations de rémunérations, influence diplomatique excessive) – sans preuve solide pour l’instant, mais avec un effet discutable pour la crédibilité. Son profil est très marqué patrimoine, restauration, musées – ce qui peut donner l’impression d’un dirigeant tourné vers le passé plutôt que vers les défis d’avenir (Intelligence artificielle, inclusion numérique, mutations éducatives).En période de révolution technologique et de tensions globales, on pourrait lui reprocher d’être trop « vertébral » ou trop attaché à la tradition, une absence d’agilité. Même s’il parle français et anglais, il est moins polyvalent linguistiquement que Firmin Edouard Matoko sur certains domaines (comme l’espagnol, l’italien, d’autres langues). Ce qui peut être un handicap dans les négociations multilatérales. II. Pour les États électeurs 1. Continuité et Réforme interne Un directeur général issu de l’UNESCO – Firmin Edouard Matoko – garantit une transition plus fluide : il connaît les mécanismes, peut éviter les fractures internes. À l’inverse, une candidature « externe » comporte toujours un temps d’adaptation et un risque de latence de leadership. 2. Le multilinguisme et l’universalité symbolique Dans une institution revendiquant ses racines plurilingues, le choix d’un candidat maîtrisant plusieurs langues, sensible à diverses cultures (Afrique, Amérique latine, Asie, Europe…) plaide en faveur de Firmin Edouard Matoko. Il incarne moins l’image d’une nation particulière que celle d’un pivot universel. 3. Un directeur général comme laboratoire d’idées, non simple gestionnaire Firmin Edouard Matoko milite pour une UNESCO qui bouge, se renouvelle, devient un véritable think tank sur les grands défis (climat, inversion des inégalités, numérique, paix). Ce positionnement plus proactif est crucial pour séduire les États désireux d’une institution plus dynamique et moins figée. 4. La crédibilité et la confiance institutionnelle Un dirigeant disposant d’un capital de confiance interne (personne connue, respectée, ayant déjà été auditionnée) est moins vulnérable aux critiques

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Madagascar : Tensions politiques après une semaine de manifestations

À Madagascar, une nouvelle vague de manifestations a secoué plusieurs villes mercredi, marquant la septième journée de protestation. Ces manifestations sont principalement mené principalement par la jeunesse, notamment le mouvement Gen Z, qui réclame le départ du président Andry Rajoelina. À Antsiranana et Toliara, des milliers de personnes ont manifesté, tandis qu’à Antananarivo, le centre-ville a été bouclé et des affrontements ont éclaté avec les forces de l’ordre, qui ont utilisé du gaz lacrymogène. Face à l’ampleur du mouvement, le président Rajoelina a convoqué une réunion au palais présidentiel avec des représentants internationaux. Sa porte-parole a souligné l’absence de leader clair au sein du mouvement, bien que les revendications comme l’accès à l’eau et à l’électricité soient, selon elle, déjà prises en compte avec l’aide d’organisations internationales. Elle a toutefois mis en garde contre une possible suspension de financements en cas d’instabilité politique. La répression a causé au moins 22 morts selon l’ONU, durcissant la mobilisation. Des images d’un enfant blessé ont choqué l’opinion publique. L’opposition, auparavant discrète, s’est désormais ralliée à la contestation, notamment via la plateforme Firaisankina, réunissant des figures comme Siteny Randrianasoloniaiko et Marc Ravalomanana. Plus de 200 ONG locales ont appelé à l’arrêt immédiat de la répression. Un appel à la médiation de l’Église a également été lancé, relayé par un message du pape François. Malgré le limogeage du gouvernement lundi, la tension reste forte. Le mouvement Gen Z appelle désormais à une grève générale, soutenue par des syndicats, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la fonction publique. Les coupures récurrentes d’eau et d’électricité, symboles de la mauvaise gestion dénoncée, sont à l’origine de ce soulèvement. Malgré des ressources, 75% de la population malgache vivraient sous le seuil de pauvreté, selon les institutions internationales.

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Trump II et l’Afrique : vers une décennie d’indifférence stratégique ?

Lors de l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a prononcé un discours virulent clashant aussi bien l’ONU que ses alliés européens. Il a exhorté le monde à embrasser son agenda souverainiste : frontières fortes, recul des politiques climatiques et maintien d’une identité « occidentale » face à ce qu’il appelle une « invasion migratoire ». « Votre héritage est en train d’être détruit… vos pays vont en enfer », a-t-il lancé aux dirigeants européens. Il a également dénoncé le « monstre à deux queues » formé par l’immigration et les politiques énergétiques vertes, qu’il assimile à un danger existentiel pour les nations. Sur le plan géopolitique et stratégique 1. Avec ce ton plus frontal, le président américain affiche un rejet assumé du multilatéralisme et des normes universelles, appelant les États à suivre l’exemple américain pour « protéger leurs frontières et leur identité ». Cette posture s’inscrit dans un tournant où les États-Unis se positionnent comme modèle d’un ordre international fragmenté, redéfini selon des logiques nationalistes. 2. Au cœur de son message, l’Europe est la cible centrale. Il accuse les gouvernements d’avoir cédé à la « correction politique » au détriment de la sécurité et du peuple.  En matière énergétique, il dénonce les transitions écologiques qu’il qualifie de « scam » – une attaque directe aux engagements du Pacte vert européen. Risques pour l’Afrique et l’espace migratoire global Pression migratoire réorientée. En prêchant l’« arrêt des invasions » et des migrations hors contrôle, Trump II accentue une vision sécuritaire de l’immigration qui pourrait encourager des politiques de rejet strictes à l’encontre des migrants africains. 1.Affaiblissement de l’ONU et des aides au développement. En accusant l’organisation de financer des « attaques contre les frontières », il justifie potentiellement des réductions d’appui international aux pays en développement. 2.Compétition d’influence. Cette agressivité idéologique pourrait amplifier la polarisation entre puissances mondiales (Chine, Russie, États-Unis) dans les zones où l’Afrique est déjà un théâtre d’influence stratégique. Enjeux économiques et d’intelligence politique Avec cette offensive verbale à l’ONU, Donald Trump propose un modèle dur de gouvernance mondialisée, centré sur le refus de l’immigration et le rejet des urgences climatiques. Pour l’Afrique, cette posture accentue les tensions migratoires, menace l’aide internationale et redéfinit les espaces d’influence diplomatique.  La question désormais : l’Afrique choisira-t-elle d’entrer dans ce nouvel ordre ou de construire une voie souveraine, pivotée sur ses propres priorités ?

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Cameroun – Présidentielle 2025 : Yaoundé finance le scrutin

À deux semaines d’un scrutin décisif, Yaoundé débloque la première tranche de fonds publics pour les 12 candidats en lice. Le gouvernement camerounais a officiellement donné le coup d’envoi de la campagne présidentielle en invitant les représentants des 12 candidats à retirer la première tranche des fonds publics destinés au financement électoral. « Chaque candidat recevra une dotation en deux phases, conformément aux dispositions légales », a indiqué le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji. La seconde tranche, plus stratégique, ne sera versée qu’en fonction des résultats obtenus. Enjeux politiques et stratégiques Le scrutin du 12 octobre intervient dans un climat d’incertitude politique. Le président sortant Paul Biya est absent du pays et discret sur sa stratégie de campagne. « Paul Biya n’a pas besoin d’être visible pour contrôler le processus », résume un analyste du International Crisis Group. Pendant ce temps, l’opposition, emmenée notamment par Cabral Libii (PCRN), Joshua Osih (SDF), Bello Bouba Maigari (UNDP), Issa Tchiroma Bakari (FNSC)… peine à créer une dynamique unitaire. Aucune coalition solide n’a émergé, réduisant leurs marges de manœuvre face au RDPC. Géopolitique et économie Le gouvernement a renforcé le dispositif militaire, mais les observateurs redoutent une faible participation et des troubles localisés. Sur le plan économique, le pays enregistre une croissance de 3,8 % en 2024 (Banque mondiale). Les partenaires financiers (FMI et BAD), surveillent l’usage des ressources publiques pendant cette séquence électorale. « Cette élection dépasse le simple enjeu électoral. C’est un test de stabilité pour une puissance charnière d’Afrique centrale, exposée aux tensions internes et aux recompositions régionales », analyse un diplomate européen à Libreville. En résumé, la présidentielle camerounaise de 2025 s’inscrit dans une dynamique où se mêlent transition politique implicite, instabilités régionales, et enjeux d’intelligence économique. Sous l’apparente normalité institutionnelle, c’est la résilience même de l’État camerounais qui se joue.

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Multilatéralisme : L’Afrique crie justice à l’ONU

L’Organisation des Nations unies fête ses 80 ans, mais pour de nombreux dirigeants africains, l’heure n’est pas à la célébration. Depuis la tribune de l’Assemblée générale, plusieurs chefs d’État du continent ont lancé un appel pressant à une réforme en profondeur de l’institution, dénonçant un multilatéralisme devenu obsolète et inéquitable. « Ne laissons pas l’histoire se faire sans nous », a martelé Denis Sassou-Nguesso, président de la République du Congo, résumant le sentiment partagé par de nombreuses délégations africaines. Dans un monde secoué par les rivalités géopolitiques, les crises climatiques et les conflits armés, l’Afrique exige désormais de passer du rôle de spectatrice à celui d’actrice centrale de la gouvernance mondiale. Conseil de sécurité : la réforme attendue depuis 80 ans C’est le sujet qui cristallise le plus les frustrations. L’Afrique reste le seul continent sans représentation permanente au Conseil de sécurité, malgré son poids démographique (1,4 milliard d’habitants) et ses contributions croissantes aux opérations de paix. Pour Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, il est temps d’instaurer « une gouvernance plus juste et plus inclusive », soulignant le besoin urgent d’un rééquilibrage des rapports de force au sein de l’ONU. Il a également plaidé pour un cadre fiscal mondial plus équitable et un meilleur accès au crédit international, alors que plusieurs économies africaines suffoquent sous le poids de la dette. Sécurité : un continent en première ligne mais sous-financé Avec plus de 40 % des conflits armés mondiaux se déroulant en Afrique, le continent reste l’un des foyers majeurs d’instabilité. Pourtant, les financements alloués aux missions de paix y sont insuffisants, souvent tributaires de contributions volontaires. Faustin-Archange Touadéra, président de la Centrafrique, a dénoncé cette fragilité structurelle : « Le Sahel concentre des millions de déplacés. Sans financement pérenne des opérations de paix, l’Afrique restera vulnérable ». Il appelle à un mécanisme financier structurel, basé sur des contributions obligatoires de la communauté internationale. Développement durable : l’appel à une transition équitable Sur le front du développement, Andry Rajoelina, président de Madagascar, a évoqué les défis énergétiques auxquels son pays est confronté. Il a souligné la nécessité d’accélérer la transition écologique, avec le soutien du système onusien, afin d’atteindre un développement durable sans reproduire les erreurs des pays industrialisés.

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Affaire libyenne : condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans ferme

 L’ancien président français annonce un appel et dit être prêt à « dormir en prison la tête haute ». Le tribunal correctionnel de Paris a rendu le jeudi 25 septembre 2025 sa décision dans l’affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de 2007. Nicolas Sarkozy est reconnu coupable d’association de malfaiteurs, mais relaxé pour les chefs de corruption passive et recel de détournement de fonds publics. La peine : cinq ans de prison avec mandat de dépôt L’ancien chef de l’État est condamné à cinq ans de prison, sanction assortie d’un mandat de dépôt à effet différé et d’une exécution provisoire, ce qui signifie qu’il devra être incarcéré dans les prochaines semaines. Il est également condamné à 100 000 € d’amende et 5 ans d’inéligibilité. Le tribunal indique qu’il sera convoqué dans un délai d’un mois pour fixer la date d’incarcération. Notons que l’appel ne suspend pas automatiquement l’exécution de la peine. Réactions : appel annoncé et posture symbolique Dès le prononcé du jugement, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il ferait appel, dénonçant une décision qu’il juge contraire à l’État de droit. Il a déclaré qu’il était prêt à « dormir en prison la tête haute », martelant son innocence. Condamnations autour de lui Deux de ses anciens ministres et proches, Claude Guéant et Brice Hortefeux, ont aussi été condamnés dans ce dossier. Guéant écope de 6 ans de prison et 250 000 € d’amende, Hortefeux de 2 ans et 50 000 €. En revanche, Éric Woerth, trésorier de la campagne 2007, a été relaxé. Contexte et enjeux plus larges L’affaire remonte à une note libyenne de 2006 évoquant un soutien financier de 50 millions d’euros à la campagne de Sarkozy, ainsi qu’à des témoignages d’intermédiaires comme Ziad Takieddine, décédé le 23 septembre 2025 au Liban. Les magistrats ont jugé que Sarkozy avait laissé ses relais politiques solliciter des fonds libyens dans un pacte implicite. Cette condamnation marque une étape inédite dans l’histoire judiciaire française : un ancien président risque pour la première fois une incarcération effective dans une affaire de financement illégal de campagne.

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Cameroun – Présidentielle 2025 : entre cadre légal, pluralisme politique et quête d’unité nationale

À quelques semaines de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025, les autorités camerounaises rappellent les principes régissant le processus électoral. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a tenu à clarifier le rôle d’Elections Cameroon (ELECAM) et les limites juridiques des candidatures dites « consensuelles » ou issues d’alliances post-dépôt.Lors d’une tournée administrative dans la région du Littoral, Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale, a apporté des précisions sur le fonctionnement du processus électoral en cours. Dans un contexte politique marqué par des discussions sur une possible candidature unique de l’opposition, le ministre a rappelé le cadre légal encadrant l’élection présidentielle.« Les alliances, candidats consensuels ou candidats uniques ne sont pas reconnus par ELECAM », a-t-il déclaré, soulignant que les candidatures collectives ou les désistements politiques n’ont pas de portée juridique une fois les candidatures validées. Un cadre juridique clair, un débat politique toujours ouvert Elections Cameroon (ELECAM), organe chargé de l’organisation et de la supervision des élections, a confirmé la validation définitive de 12 candidatures. Selon les règles en vigueur, les alliances entre partis ou candidatures communes devaient être conclues avant la date limite de dépôt. Passé ce délai, toute tentative de fusion politique ou de retrait stratégique ne peut être prise en compte par ELECAM. Cette clarification vise à renforcer la transparence du processus électoral, en rappelant que la loi électorale prime sur les arrangements politiques informels, tout en laissant à chaque parti ou candidat la liberté de se positionner sur le plan stratégique. Une élection sous surveillance nationale et internationale La présidentielle de 2025 intervient dans un contexte national complexe, mais stable. Mais le Cameroun entre dans une période cruciale pour son avenir institutionnel. Bien que le président sortant n’ait pas encore officiellement déclaré s’il se représente, l’architecture du pouvoir reste largement structurée autour du parti au pouvoir, le RDPC. Les autorités affirment leur volonté de garantir un scrutin pacifique, pluraliste et conforme aux standards nationaux. Plusieurs missions d’observation, notamment de l’Union africaine, de la CEEAC et de partenaires techniques comme l’OIF, sont attendues pour superviser le déroulement des opérations électorales. Enjeux de gouvernance, stabilité et sécurité Sur le plan sécuritaire, le gouvernement reste mobilisé face aux défis persistants : tensions dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest, poches d’instabilité dans l’Extrême-Nord, et nécessité de renforcer la cohésion nationale. L’élection présidentielle est perçue comme une étape importante dans le processus de consolidation de l’État et du vivre-ensemble, inscrit dans la vision gouvernementale. « L’État veille à ce que toutes les candidatures soient traitées avec équité, dans le respect de la loi », a souligné un responsable administratif à Douala. Une dynamique économique en toile de fond Avec une croissance projetée à 4,1 % en 2025 (Banque mondiale), le Cameroun conserve son potentiel en tant qu’acteur clé de l’Afrique centrale. L’enjeu de la présidentielle dépasse la seule dimension politique : elle est étroitement liée à la stabilité économique, à l’attractivité du pays pour les investissements étrangers, et à la mise en œuvre des réformes structurelles en cours. Les partenaires internationaux, tout en prônant la souveraineté du processus électoral, encouragent un climat d’inclusivité, de dialogue et de respect des droits civiques, dans une région souvent soumise à des tensions sociopolitiques. « Il est essentiel que chaque acteur respecte les règles du jeu démocratique, pour permettre au peuple camerounais de s’exprimer dans un cadre transparent et apaisé », confie un diplomate.

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Bello Bouba Maïgari : l’homme du « consensus » qui divise l’opposition camerounaise !

À trois semaines de l’élection présidentielle, l’ancien ministre de Paul Biya s’auto-proclame candidat unique de l’opposition. Un geste à la fois tactique et isolé, révélateur des fractures internes de l’alternance au Cameroun. Dans un timing politique soigneusement calculé, Bello Bouba Maïgari, président de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) et ancien Premier ministre, a surpris la scène politique camerounaise en se proclamant « candidat du consensus » de l’opposition pour la présidentielle du 12 octobre 2025. Dans un manifeste intitulé « Appel du peuple : Unis, On Gagne ! », publié e 21 septembre, Bello Bouba Maigari affirme qu’il n’existe aucune autre alternative consensuelle à sa candidature, rejetant implicitement celle d’Issa Tchiroma Bakary, désigné par la plateforme Union pour le Changement, dirigée par Anicet Ekane. « Il n’y aura pas d’autre candidat du consensus que moi », a-t-il affirmé dans une interview à Tchad 24. Formulée dans une rhétorique de rassemblement, l’annonce sonne pourtant comme un acte de rupture : elle fragilise davantage les tentatives d’unification d’une opposition morcelée face à un RDPC solidement enraciné depuis plus de quarante ans. Un retour d’État, pas une rupture de système Se posant en garant de la stabilité, Bello Bouba propose un triptyque de refondation : Une nouvelle Constitution ; Un projet de société commun ; Un accord stratégique de transition garantissant l’alternance et une « justice sans esprit de revanche ». Pourtant, son parcours d’ancien ministre d’État de Paul Biya, jette un doute sur sa capacité à incarner une vraie alternance. « Peut-on représenter le changement après avoir si longtemps servi le système à remplacer ? », interroge Dr Nadine Mbarga, politologue à l’Université de Douala. Soutiens attendus, mais encore incertains À ce jour, aucun autre candidat de l’opposition n’a officiellement rallié la candidature de Bello Bouba. Toutefois, plusieurs signaux laissent entrevoir des rapprochements politiques : « Ce n’est pas le consensus qui légitime une candidature, c’est la concertation démocratique », a rappelé Franck Mendo Ze, du Mouvement pour l’Alternance Citoyenne. Le camp Bello Bouba affirme de son côté avoir entamé des pourparlers avec plusieurs figures de l’opposition. Mais la distinction entre dialogue politique et soutien formel reste entière. Une candidature peu audible au niveau géopolitique L’Afrique centrale traverse une séquence incertaine : Gabon, Tchad, RDC expérimentent des formes de transitions atypiques. Dans ce contexte, la candidature de Bello Bouba est perçue comme institutionnelle, mais sans rupture systémique. « C’est une candidature rassurante pour les diplomaties, mais peu mobilisatrice pour les électeurs », analyse un chercheur du Centre d’études stratégiques pour l’Afrique centrale (CESAC). Sur le plan international, la candidature de l’ancien ministre d’Etat est vue avec prudence : elle n’effraie pas, mais ne redessine pas non plus les équilibres politiques du pays. Des angles morts sécuritaires et économiques Aucun axe précis de sa plateforme ne traite des principales menaces sécuritaires du pays : Crise anglophone non résolue ; Activisme de Boko Haram dans l’Extrême-Nord ; Tensions frontalières à l’Est avec la RCA. Côté économie, même flou : Aucun chiffrage sur l’emploi des jeunes ; Aucun plan sur la dette publique (estimée à 44,5 % du PIB en 2025) ; Aucune vision claire sur l’industrie, l’agriculture ou l’attractivité économique. Peut-on parler plateforme politique, et non d’une offre économique ?  Une manœuvre plus tactique que transformationnelle La déclaration de Bello Bouba Maïgari soulève une double ambiguïté : revendiquer l’unité sans coalition, et promettre l’alternance sans incarner la rupture. À ce jour, aucun ralliement officiel ne vient appuyer son positionnement comme candidat consensuel. Dans un contexte électoral aussi stratégique pour l’avenir du Cameroun, cette initiative pourrait, paradoxalement, renforcer le pouvoir en place en divisant une opposition déjà vulnérable. Deux questions restent ouvertes : à qui profitera, in fine, la fragmentation de l’alternative ? Est-ce pour Bello Bouba une tentative de repositionnement personnel ?

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Ghana – Migrants expulsés par les États-Unis : une plainte qui dérange

Le Ghana est au cœur d’une controverse judiciaire et diplomatique. Le 17 septembre, des avocats ont déposé une plainte contre l’État ghanéen pour « détention illégale » et « risque de refoulement » de migrants ouest-africains expulsés par les États-Unis. Une première dans l’histoire du pays, qui soulève des questions sur la souveraineté, les droits humains et la coopération sécuritaire internationale. Selon les plaignants, quatorze personnes – originaires d’Afrique de l’Ouest – auraient été expulsées par les autorités américaines et retenues sous supervision militaire dès leur arrivée au Ghana. Onze d’entre elles affirment avoir déposé une demande d’asile aux États-Unis, rejetée sans possibilité de recours. Parmi les accusés figurent le procureur général, le chef d’état-major des armées et le directeur de l’immigration. Jusqu’à présent, ce type de critiques visait surtout les États-Unis, accusés de sous-traiter la gestion des expulsions à des pays africains n’ayant aucun lien avec les migrants concernés. Après l’Eswatini, le Ghana devient le deuxième pays africain visé par une plainte nationale pour ce type de coopération. Un accord discret, aux implications sensibles Accra n’a jamais confirmé l’existence d’un accord formel avec Washington sur la relocalisation de migrants, mais la récente annonce du transfert de 40 nouvelles personnes semble confirmer une entente bilatérale discrète. Pour l’avocat principal des plaignants, le Ghana « joue le rôle d’exécutant dans une politique migratoire contraire au droit international ». Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a tenté de calmer le jeu : « Le Ghana n’est pas la cible des accusations de violation des droits humains ». Mais la pression monte, notamment de la part d’ONG internationales et de juristes régionaux. Un dilemme stratégique pour Accra En acceptant ces expulsions, le Ghana risque de compromettre son image de pays stable et respectueux du droit international. Mais refuser l’appui américain pourrait nuire à des coopérations sensibles, notamment en matière de sécurité, de renseignement ou de développement. Entre solidarité diplomatique et exigence de souveraineté juridique, le Ghana marche sur une ligne étroite, dont l’issue pourrait faire jurisprudence pour l’ensemble du continent.

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Cameroun–CEEAC : Jacob Kotcho en pole position pour piloter le Marché commun régional

Parmi les 52 candidats en lice pour les postes stratégiques de commissaire à la CEEAC, un nom fait l’unanimité : celui du Camerounais Jacob Kotcho Bongkwaha. Son profil, son expérience, et les enjeux du portefeuille convoité cristallisent les attentions dans les cercles diplomatiques d’Afrique centrale. « Ce n’est pas un simple poste, c’est le cœur économique et politique de l’intégration régionale », confie un diplomate. En effet, le portefeuille du Marché commun de la CEEAC (Communauté économique des États de l’Afrique centrale), qui englobe les affaires économiques, monétaires et financières, est aujourd’hui le plus convoité. À la manœuvre : le Cameroun, troisième puissance économique de la sous-région, qui aligne un candidat de poids. Jacob Kotcho Bongkwaha, 53 ans, économiste, expert du commerce international, et actuel directeur du Marché commun à la CEEAC, a obtenu la meilleure note de l’évaluation technique menée par le cabinet Forvis Mazars : 90,25 sur 100, loin devant des figures politiques et technocratiques régionales. « Il connaît les mécanismes internes, parle le langage des bailleurs, et incarne une vision d’intégration réaliste et opérationnelle », souligne une source onusienne à Addis-Abeba. Un enjeu régional à forte portée géopolitique La nomination du commissaire au Marché commun va bien au-delà des questions administratives. Ce portefeuille supervise la convergence macroéconomique, la mise en œuvre des mécanismes de coopération financière, le commerce intrarégional, et à terme, l’union monétaire envisagée. 9 des 15 objectifs du Traité révisé de la CEEAC y sont directement liés. Pour Yaoundé, c’est aussi un moment de vérité. Le Cameroun entend faire de cette nomination un levier d’influence stratégique, en lien avec sa Stratégie nationale de développement 2020–2030 (SND30) qui positionne l’intégration régionale comme catalyseur de croissance. « Accéder à ce poste, c’est synchroniser notre diplomatie économique avec les priorités régionales », analyse un conseiller à la présidence camerounaise. L’heure des choix politiques Le règlement de la CEEAC impose un seul commissaire par État membre. Le président Paul Biya doit donc trancher entre deux profils camerounais : Kotcho, ou Nelly Banaken Elel, experte en développement social. Mais les enjeux économiques, sécuritaires et diplomatiques rendent le choix de Kotcho presque inévitable. S’il est confirmé, le Cameroun renforcerait sa stature de puissance pivot de l’Afrique centrale, dans un contexte régional toujours instable (instabilités en RDC, tensions au Tchad, redéploiement des influences russes et chinoises). À l’heure où la ZLECAf peine à s’ancrer dans les pratiques, un commissaire expérimenté pourrait donner un nouveau souffle à l’intégration continentale depuis le cœur de l’Afrique. À suivre dans les prochaines semaines, la décision d’Etoudi, qui scellera non seulement un choix de personne, mais une orientation stratégique majeure pour la région.

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