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Banques communautaires : le moteur méconnu de la finance au Cameroun

Dans un paysage financier où les grandes banques traditionnelles semblent hors de portée pour nombre de Camerounais, émergent des forces souvent invisibles : les banques communautaires. Parmi elles, le Community Credit Company (CCC Plc) s’impose comme un acteur central, associant inclusion, proximité et innovation. CCC Plc : croissance, réseau et service Créée en novembre 1998 en tant que coopérative, transformée en société anonyme, CCC Plc est aujourd’hui une institution de microfinance de deuxième catégorie, réglementée par la COBAC, et active au Cameroun depuis plus de 24 ans. Une institution orientée client… mais fragile CCC se distingue par sa proximité, sa disponibilité de services gratuits, et ses innovations numériques. Toutefois, la pression réglementaire et les coûts de conformité restent élevés pour un acteur de cette taille. « Nous sommes traités comme des banques commerciales, alors que nous opérons avec les moyens du bord et pour des publics à très faible revenu », regrette un dirigeant du secteur microfinance. Comparaison : CCC vs CCA‑Bank — deux modèles complémentaires Institution CCC Plc CCA‑Bank Création 1998 comme coopérative, microfinance 1997 coopérative, devenue banque universelle en 2018 Réseau 18 succursales ≈ 54 agences (2024) et 60+ ATM Clientèle > 120 000 comptes 533 400 clients servis (2022) Actifs – 862 M USD (2022) Leadership DG : Ngoh Walters Tebid DG : Marguerite Fonkwen Atanga Le Crédit Communautaire d’Afrique Bank (CCA‑Bank), bien que né des principes de la microfinance, est devenu un acteur établi du secteur bancaire. Il affiche des performances solides, notamment via : Perspectives : vers une synergie entre proximité et institution CCC incarne l’inclusion financière de proximité : accessible, proche, flexible. CCA‑Bank représente la solidité institutionnelle, la diversification de services, et un accès aux financements internationaux. Pour les experts, l’avenir est dans une hybridation réussie : renforcer la capacité locale (CCC) tout en facilitant leur intégration au système bancaire formel (CCA‑Bank). « L’inclusion financière ne peut pas reposer uniquement sur les banques classiques. Les banques communautaires sont une réponse locale, agile et efficace aux défis de l’accès au financement », rappelle une spécialiste du secteur. Au Cameroun et en Afrique centrale, les banques communautaires comme CCC Plc jouent un rôle vital pour des millions de clients invisibilisés par le système bancaire traditionnel. Pour tirer pleinement parti de leur potentiel, il conviendra de décongestionner les contraintes réglementaires, accompagner la digitalisation, et favoriser les partenariats intelligents entre acteurs communautaires et banques universelles. C’est ainsi que se construit une finance réellement inclusive, durable et résiliente.

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International : le Pape Léon XIV interpelle l’Afrique et le monde après un nouveau naufrage

Depuis la place Saint-Pierre, le souverain pontife exprime sa « profonde tristesse » après la mort d’au moins 50 migrants au large de la Mauritanie, et lance un appel mondial à la paix et à la dignité humaine. Lors de l’Angélus dominical du 31 août 2025, le pape Léon XIV a élevé une voix ferme et émue contre « l’indifférence face à la souffrance des migrants ». Depuis le Vatican, il a exprimé sa « profonde tristesse » à la suite du naufrage d’une embarcation de migrants au large de la Mauritanie, qui aurait fait au moins 50 morts, selon les premières estimations, et des dizaines de disparus. « Cette tragédie meurtrière se répète chaque jour », a déclaré le Pape, les mains jointes, face aux milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre. Une tragédie africaine, un cri pour l’humanité L’embarcation, partie des côtes sénégalaises selon les premiers témoignages, aurait chaviré à proximité de Nouadhibou. Ce drame rappelle l’extrême vulnérabilité de milliers de jeunes Africains qui, fuyant pauvreté, instabilité ou persécutions, embarquent sur des routes maritimes périlleuses dans l’espoir de rejoindre l’Europe via les Canaries ou la Méditerranée centrale. Léon XIV a souligné que l’Afrique est trop souvent « oubliée dans les drames humanitaires mondiaux », alors qu’elle paie un lourd tribut aux conséquences du dérèglement climatique, des conflits armés et de l’effondrement des opportunités économiques. « La pandémie des armes » Mais le message pontifical s’est voulu plus large. En s’exprimant en anglais, le Saint-Père a également dénoncé « la pandémie des armes, grandes et petites, qui infecte notre monde ». Il a appelé à une mobilisation morale collective pour désarmer les conflits, de la bande sahélienne à l’est de l’Europe. « Supplions Dieu d’arrêter cette spirale destructrice », a-t-il imploré. Une référence claire aux conflits armés qui continuent de ravager la planète, notamment la guerre en Ukraine, les violences au Darfour, les tensions dans le Sahel et même les fusillades dans des écoles aux États-Unis. Une voix morale dans un monde fracturé Ce message du Vatican s’inscrit dans une géopolitique de la dignité, où la papauté cherche à faire entendre une parole universelle face aux crises de notre époque – migrations, guerres, fractures Nord-Sud. La Mauritanie, le Sénégal, mais aussi l’Italie, l’Espagne et l’UE sont directement concernés par ces routes migratoires qui ne cessent de se renforcer malgré les politiques de dissuasion et de répression. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime qu’au moins 2 000 personnes sont mortes ou portées disparues en mer cette année, sur les routes de l’Atlantique. « Vivre l’Évangile de l’accueil », a-t-il conclu, dans une référence directe à l’éthique chrétienne mais aussi aux valeurs humanistes que le monde semble parfois oublier.

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Sanaga-Maritime : Une mobilisation encore timide pour le retrait des cartes d’électeur

Littoral : À deux mois et une semaine du scrutin, le Nkam reste à la traîne, la Sanaga-Maritime peine à suivre, entre désintérêt, manque d’information et contraintes logistiques Alors que le processus électoral s’accélère, le département de la Sanaga-Maritime peine à mobiliser ses électeurs. Au 29 juillet, seuls 1 800 retraits de cartes d’électeur y ont été enregistrés, sur un total de 352 391 cartes attendues dans toute la région du Littoral, selon Elecam. Une performance modeste, bien en deçà des attentes, qui s’explique par plusieurs facteurs. Parmi les causes évoquées : un désintérêt croissant des populations, souvent désabusées par le processus électoral, et un manque d’information claire sur les lieux et modalités de retrait. À cela s’ajoutent des contraintes logistiques : routes en mauvais état, distances importantes entre les villages et les centres de retrait, et une communication institutionnelle encore trop limitée dans certaines zones rurales. Le Wouri reste en tête avec plus de 4 600 cartes retirées, suivi du Moungo (environ 2 000), tandis que la Sanaga-Maritime stagne, juste au-dessus du Nkam, lanterne rouge avec seulement 436 cartes distribuées. Dans les arrondissements de Douala, le constat est tout aussi préoccupant : plus de 111 000 cartes attendent toujours d’être retirées à Douala 3e, 77 000 à Douala 5e, 44 000 à Douala 4e, 37 000 à Douala 2e, 29 000 à Douala 1er, et 562 à Douala 6e. Face à cette situation, Elecam multiplie les efforts avec une stratégie axée sur la sensibilisation médiatique et les opérations de proximité dans les marchés, quartiers et carrefours. « La communication directe est essentielle pour ramener les électeurs vers les centres de retrait », souligne Dorothée Eyango Locko, cheffe d’agence pour le Wouri. Mais le temps presse. À quelques semaines du scrutin, la faible mobilisation dans la Sanaga-Maritime pourrait peser lourd sur le taux de participation régional si des mesures plus ciblées ne sont pas rapidement mises en œuvre.

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