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Bello Bouba Maïgari : l’homme du « consensus » qui divise l’opposition camerounaise !

À trois semaines de l’élection présidentielle, l’ancien ministre de Paul Biya s’auto-proclame candidat unique de l’opposition. Un geste à la fois tactique et isolé, révélateur des fractures internes de l’alternance au Cameroun. Dans un timing politique soigneusement calculé, Bello Bouba Maïgari, président de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) et ancien Premier ministre, a surpris la scène politique camerounaise en se proclamant « candidat du consensus » de l’opposition pour la présidentielle du 12 octobre 2025. Dans un manifeste intitulé « Appel du peuple : Unis, On Gagne ! », publié e 21 septembre, Bello Bouba Maigari affirme qu’il n’existe aucune autre alternative consensuelle à sa candidature, rejetant implicitement celle d’Issa Tchiroma Bakary, désigné par la plateforme Union pour le Changement, dirigée par Anicet Ekane. « Il n’y aura pas d’autre candidat du consensus que moi », a-t-il affirmé dans une interview à Tchad 24. Formulée dans une rhétorique de rassemblement, l’annonce sonne pourtant comme un acte de rupture : elle fragilise davantage les tentatives d’unification d’une opposition morcelée face à un RDPC solidement enraciné depuis plus de quarante ans. Un retour d’État, pas une rupture de système Se posant en garant de la stabilité, Bello Bouba propose un triptyque de refondation : Une nouvelle Constitution ; Un projet de société commun ; Un accord stratégique de transition garantissant l’alternance et une « justice sans esprit de revanche ». Pourtant, son parcours d’ancien ministre d’État de Paul Biya, jette un doute sur sa capacité à incarner une vraie alternance. « Peut-on représenter le changement après avoir si longtemps servi le système à remplacer ? », interroge Dr Nadine Mbarga, politologue à l’Université de Douala. Soutiens attendus, mais encore incertains À ce jour, aucun autre candidat de l’opposition n’a officiellement rallié la candidature de Bello Bouba. Toutefois, plusieurs signaux laissent entrevoir des rapprochements politiques : « Ce n’est pas le consensus qui légitime une candidature, c’est la concertation démocratique », a rappelé Franck Mendo Ze, du Mouvement pour l’Alternance Citoyenne. Le camp Bello Bouba affirme de son côté avoir entamé des pourparlers avec plusieurs figures de l’opposition. Mais la distinction entre dialogue politique et soutien formel reste entière. Une candidature peu audible au niveau géopolitique L’Afrique centrale traverse une séquence incertaine : Gabon, Tchad, RDC expérimentent des formes de transitions atypiques. Dans ce contexte, la candidature de Bello Bouba est perçue comme institutionnelle, mais sans rupture systémique. « C’est une candidature rassurante pour les diplomaties, mais peu mobilisatrice pour les électeurs », analyse un chercheur du Centre d’études stratégiques pour l’Afrique centrale (CESAC). Sur le plan international, la candidature de l’ancien ministre d’Etat est vue avec prudence : elle n’effraie pas, mais ne redessine pas non plus les équilibres politiques du pays. Des angles morts sécuritaires et économiques Aucun axe précis de sa plateforme ne traite des principales menaces sécuritaires du pays : Crise anglophone non résolue ; Activisme de Boko Haram dans l’Extrême-Nord ; Tensions frontalières à l’Est avec la RCA. Côté économie, même flou : Aucun chiffrage sur l’emploi des jeunes ; Aucun plan sur la dette publique (estimée à 44,5 % du PIB en 2025) ; Aucune vision claire sur l’industrie, l’agriculture ou l’attractivité économique. Peut-on parler plateforme politique, et non d’une offre économique ?  Une manœuvre plus tactique que transformationnelle La déclaration de Bello Bouba Maïgari soulève une double ambiguïté : revendiquer l’unité sans coalition, et promettre l’alternance sans incarner la rupture. À ce jour, aucun ralliement officiel ne vient appuyer son positionnement comme candidat consensuel. Dans un contexte électoral aussi stratégique pour l’avenir du Cameroun, cette initiative pourrait, paradoxalement, renforcer le pouvoir en place en divisant une opposition déjà vulnérable. Deux questions restent ouvertes : à qui profitera, in fine, la fragmentation de l’alternative ? Est-ce pour Bello Bouba une tentative de repositionnement personnel ?

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Diaspora gabonaise : Fin des bourses vers les États-Unis

Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé la suppression des bourses d’État vers les États-Unis et le Canada à partir de 2026, invoquant des coûts trop élevés et une « fuite définitive des compétences ». « Ceux qui viennent ici ne reviennent jamais », a déclaré le président gabonais à Washington, préférant investir dans des pays africains comme le Sénégal, le Ghana ou le Maroc, « où les étudiants reviennent ». Ce choix, inédit depuis l’indépendance, marque une reconfiguration brutale de la diplomatie éducative gabonaise, dans un contexte de crise budgétaire, de transition politique post-Bongo et de recentrage panafricain assumé. Officiellement, la mesure vise à réduire une facture annuelle de 5 milliards FCFA et à adapter la formation de la jeunesse aux réalités socio-économiques locales, dans un pays frappé par 40 % de chômage. Mais sur le terrain, la décision sème la colère et la confusion. À Paris, au Texas ou à Moscou, des étudiants parlent d’abandon, certains menacés d’expulsion pour impayés. Malgré les promesses de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) de maintenir les aides aux étudiants déjà en formation, les retards chroniques (jusqu’à cinq mois) et le flou administratif alimentent un sentiment de trahison. Entre souveraineté, repli et désinvestissement Plusieurs experts s’interrogent : « Réduire l’accès aux centres d’excellence occidentaux, c’est se priver de compétences clés pour des secteurs stratégiques comme l’énergie, le numérique ou la diplomatie », estime un économiste sous anonymat. Le programme « Hydrocarbure USA », lancé en 2021 pour former des ingénieurs pétroliers, a été suspendu sans alternative claire.  Deux poids deux mesures ? Le Gabon Media Time dénonce une « rigueur sélective », pointant la hausse parallèle des dépenses liées au protocole présidentiel : +2 milliards FCFA pour les “Beaux”. Vers une diplomatie éducative panafricaine ? La stratégie de repli pourrait signaler un tournant régional : recentrer les flux de formation vers l’Afrique et limiter la dépendance vis-à-vis des pays du Nord. Un choix cohérent dans une logique d’intégration continentale (UA, CEMAC), mais qui pose la question du niveau de compétitivité académique sur le continent. Enjeux politiques à court terme À quelques mois des élections législatives, la gestion de ce dossier pourrait peser lourd. Le pari est risqué : transformer une rupture budgétaire en réforme crédible, sans provoquer une fracture générationnelle durable avec la diaspora étudiante.

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Kivu : Emmanuel Macron relance l’alerte internationale sur la RDC

Face à l’escalade des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), Emmanuel Macron a annoncé la tenue, en octobre, d’une conférence humanitaire internationale à Paris. Objectif : coordonner les réponses humanitaires, sécuritaires et diplomatiques à une crise qui menace l’équilibre régional.Depuis 2021, la résurgence du M23, soutenu par le Rwanda selon l’ONU, a plongé les provinces du Nord et Sud-Kivu dans une spirale de violence. Les villes stratégiques de Goma et Bukavu sont tombées aux mains des rebelles, entraînant plus de 850 000 déplacés et des milliers de morts. Malgré un cessez-le-feu signé en juillet à Doha, les combats se poursuivent, notamment autour d’Uvira, point névralgique du Sud-Kivu. « La souveraineté de la RDC et la protection des civils doivent être des lignes rouges », a déclaré Macron à l’ONU le 23 septembre. Derrière l’urgence humanitaire, se joue aussi une bataille d’influence autour des ressources stratégiques (coltan, or, lithium) de la région. Plusieurs analystes évoquent une « guerre économique » dissimulée sous des revendications sécuritaires. La France entend mobiliser bailleurs internationaux, ONG, et institutions régionales pour construire une réponse coordonnée. Mais l’initiative devra composer avec une équation régionale complexe (Rwanda, Ouganda, Kinshasa) et un contexte électoral tendu en RDC à l’approche de 2026. Pour Paris, cette conférence est aussi un test : peut-elle encore jouer un rôle structurant en Afrique centrale face aux ambitions croissantes des États-Unis, de la Chine et des puissances régionales ? Réponse attendue dans les prochaines semaines.

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Diaspora – Universités françaises : le Cameroun s’impose comme un maillon fort dans l’enseignement supérieur

Plus de 30% des étudiants étrangers en France viennent de six pays africains, avec une progression spectaculaire du Cameroun (+55% en 5 ans). Derrière les chiffres, un enjeu stratégique pour l’influence française et la transformation du capital humain africain. Selon les dernières données de Campus France, 443 500 étudiants étrangers étaient inscrits dans les établissements d’enseignement supérieur français pour l’année universitaire 2024-2025. Parmi eux, plus de 133 000 sont originaires de six pays africains francophones : Maroc, Algérie, Sénégal, Tunisie, Côte d’Ivoire et Cameroun. À eux seuls, ces pays représentent 30,09% de l’ensemble des étudiants internationaux en France. Un chiffre qui confirme la centralité croissante du continent africain dans la diplomatie académique française. Le Cameroun se distingue particulièrement, avec 12 291 étudiants en France cette année, soit une hausse de +13% par rapport à 2023 et +55% sur cinq ans, ce qui en fait le pays africain à la plus forte dynamique de croissance dans ce domaine. Il devance de peu la Côte d’Ivoire (12 672 étudiants) et se place désormais dans le Top 10 mondial des pays d’origine des étudiants étrangers en France (9ᵉ rang). Une carte géo-académique en recomposition Ces dynamiques s’inscrivent dans un contexte international de repositionnement stratégique des flux étudiants, marqué par le recul des États-Unis (en partie à cause des politiques migratoires issues de l’ère Trump), une concurrence accrue des pays asiatiques (Chine, Corée du Sud, Japon) et un recentrage européen sur son attractivité éducative. La langue française, l’histoire coloniale, la proximité culturelle, les accords bilatéraux, mais aussi le coût relativement modéré des études en France, expliquent en grande partie cette attractivité constante. Comme le souligne Donatienne Hissard, directrice générale de Campus France, « les étudiants mobiles n’ont jamais été aussi nombreux dans le monde, mais leurs choix se diversifient, et la France peut se positionner comme une alternative crédible dans ce nouveau paysage ». Enjeux économiques, diplomatiques et stratégiques Le succès des étudiants africains dans les universités françaises dépasse le cadre éducatif : il engage les ressorts profonds de la puissance douce (soft power), du développement économique, et de la coopération scientifique. À moyen terme, ces flux contribuent à former les futures élites économiques, administratives et politiques du continent africain. Dans cette perspective, la présence croissante du Cameroun en France illustre un réajustement des ambitions éducatives du pays, mais aussi les limites d’un système universitaire national encore confronté à des défis de financement, d’infrastructures et de gouvernance. Le cas camerounais : une diaspora académique en quête de capitalisation Si le Cameroun progresse, la question reste posée : quelles politiques de retour ou de collaboration avec la diaspora académique sont mises en œuvre ? L’exportation des talents camerounais en France ne saurait être une simple fuite des cerveaux ; elle doit devenir une stratégie d’intelligence académique partagée, articulée autour des mécanismes de transfert de compétences, de coopération interuniversitaire, et d’investissements bilatéraux ciblés dans l’enseignement supérieur local.

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Malawi : Lazarus Chakwera reconnaît sa défaite, un modèle de transition pacifique en Afrique

Dans un geste salué sur la scène régionale, le président sortant du Malawi, Lazarus Chakwera, a reconnu sa défaite face à Peter Mutharika avant même la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle du 16 septembre. « Il est clair que mon rival possède une avance insurmontable », a déclaré Lazarus Chakwera lors d’une adresse solennelle à la nation. « Je suis engagé dans un transfert pacifique de pouvoir ». Ce retournement marque le retour au pouvoir de Peter Mutharika, 84 ans, ancien président évincé en 2020 après l’annulation historique du scrutin de 2019. Ironie de l’histoire :  Lazarus Chakwera, qui incarnait alors l’espoir d’un renouveau démocratique, cède aujourd’hui la place à son prédécesseur. L’alternance, aussi inattendue soit-elle, s’effectue dans le respect des règles constitutionnelles – un fait encore trop rare sur le continent. Sur le plan interne, le scrutin s’est joué sur fond de crise économique sévère : inflation galopante (33 %), pénurie de devises étrangères, explosion du prix du maïs et des engrais, chômage endémique. Lazarus Chakwera, pasteur évangélique reconverti en homme d’État, a vu sa popularité s’effondrer, rattrapé par les accusations de mauvaise gouvernance, d’indécision et de laxisme face à la corruption, autant de critiques qui ont nourri la résurgence du Parti progressiste démocrate (DPP). La reconnaissance rapide de la défaite par le président sortant a été saluée par plusieurs chancelleries et observateurs internationaux. Elle contraste fortement avec d’autres contextes électoraux tendus en Afrique subsaharienne. Le Malawi offre ainsi une leçon politique de responsabilité et de respect des institutions, dans une région encore marquée par des contestations post-électorales violentes, des fraudes ou des coups d’État constitutionnels. Le retour de Peter Mutharika soulève néanmoins des interrogations stratégiques. Son précédent mandat avait été critiqué pour son autoritarisme et ses entorses à l’indépendance judiciaire. Son retour au pouvoir à 84 ans, dans un contexte socio-économique plus difficile qu’en 2019, posera un défi de taille à la gouvernance et à la stabilité politique du Malawi. Dans un pays où plus de 70 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, la relance économique, la réforme des institutions et la lutte contre la corruption seront les principaux tests pour le nouveau gouvernement. Reste à voir si le retour de Peter Mutharika sera celui de la restauration… ou d’une revanche politique.

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Cameroun – Affaire Martinez Zogo : toujours pas de preuves claires, mais Amougou Belinga reste en prison

Malgré plus de 18 mois de détention préventive, aucune preuve matérielle ou témoignage irréfutable n’établit l’implication directe de Jean-Pierre Amougou Belinga dans l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. Le lundi 22 septembre, le tribunal militaire de Yaoundé a formellement rejeté la demande de mise en liberté de l’homme d’affaires et patron du groupe L’Anecdote, Jean Pierre Amougou Belinga, en détention préventive depuis février 2023. Une décision qui prolonge une incarcération dans un dossier à haute charge symbolique. Accusé de complicité dans l’enlèvement et la torture ayant conduit à la mort du journaliste Martinez Zogo, Jean Pierre Amougou Belinga nie toute implication. À ce jour, aucune preuve matérielle directe ne le relie aux faits : ni image, ni enregistrement, ni trace financière, ni témoignage irréfutable. Les éléments à charge reposent surtout sur des déclarations fragmentaires d’anciens cadres des services de renseignement et sur des relations supposées entre les commanditaires présumés et le milieu des affaires. Lors de la dernière audience, le sous-lieutenant Le Grand Ngambi, témoin-clé, a affirmé avoir reçu des ordres oraux du lieutenant-colonel Justin Danwé pour « corriger » le journaliste, mais n’a à aucun moment évoqué Amougou Belinga. Malgré des relances via WhatsApp et une modeste somme reçue pour une promotion de grade, il déclare n’avoir pas participé à l’opération. Ce témoignage fragilise le lien direct entre Amougou Belinga et le crime, faisant planer un doute juridique sur l’architecture réelle du commandement derrière l’assassinat. Dans ce contexte, la défense dénonce une instruction à charge et une détention prolongée en l’absence d’éléments nouveaux. Du coup, l’affaire devient un test pour la crédibilité de l’appareil judiciaire, tant sur la rigueur procédurale que sur le respect de la présomption d’innocence, principe régulièrement invoqué. Sur le plan international, les partenaires diplomatiques restent prudents, mais les ONG comme Amnesty International et RSF appellent à une procédure transparente, indépendante et respectueuse des droits fondamentaux. L’enjeu dépasse le seul cadre pénal : il concerne la liberté de la presse, l’état de droit et la lutte contre l’impunité. La prochaine audience est prévue pour le 24 septembre. Si aucune avancée décisive n’émerge, la détention prolongée d’Amougou Belinga risque de se transformer en problème politique et diplomatique autant que judiciaire. Face aux attentes nationales et internationales, la justice camerounaise pourrait être amenée à trancher selon les faits, et non selon les pressions.

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MWC25 à Kigali : l’Afrique revendique sa place dans l’innovation digitale mondiale

Du 21 au 23 octobre 2025, Kigali est devenu la capitale africaine du numérique avec l’accueil du Mobile World Congress (MWC25), rendez-vous stratégique pour une transformation digitale inclusive sur le continent C’est une Afrique en transition numérique qui se donne rendez-vous au Kigali Convention Centre. Organisé par la GSMA, le Mobile World Congress 2025 – édition Afrique réunira pendant trois jours un large éventail d’acteurs publics et privés : gouvernements, opérateurs télécoms, start-ups, institutions financières, géants technologiques et bailleurs internationaux. « MWC Kigali sera l’occasion de définir ensemble comment les technologies peuvent soutenir la croissance et l’inclusion en Afrique », a souligné Vivek Badrinath, directeur général de la GSMA. Une dynamique continentale, un hub régional Le choix du Rwanda n’est pas anodin. Kigali incarne la volonté politique d’un pays qui investit massivement dans ses infrastructures digitales, son écosystème start-up, et dans l’attractivité technologique. La stratégie rwandaise vise à faire du pays un hub numérique panafricain, à l’image de ce que Nairobi représente pour l’Afrique de l’Est. Mais malgré ces efforts, l’Afrique reste confrontée à un fossé numérique préoccupant : selon l’UIT, des millions d’Africains restent exclus du numérique faute de couverture, de connectivité abordable ou de compétences. Un levier économique sous-exploité Le numérique pèse déjà lourd : 8,1 % du PIB de l’Afrique subsaharienne en 2022, soit 170 milliards de dollars, selon la GSMA. Ce chiffre pourrait atteindre 205 milliards en 2030, porté par la croissance des services mobiles, de l’e-commerce, de l’e-santé et de l’inclusion financière. Plus de 400 millions d’utilisateurs ont déjà adopté les services financiers mobiles en Afrique. Le taux de pénétration des smartphones est lui aussi en hausse : de 49 % en 2022, il devrait atteindre 61 % d’ici 2030. Un chiffre qui alimente l’essor d’un écosystème technologique où se croisent 5G, IA, Internet des objets, blockchain et cloud. Un sommet stratégique et multilatéral La participation d’acteurs clés comme Huawei, Meta, MTN, Orange, Qualcomm, Airtel, Telcoin, mais aussi de startups africaines et de personnalités comme Kate Kallot (Amini) ou Doreen Bogdan-Martin (UIT), illustre la diversité des voix présentes à Kigali. « L’Afrique doit tirer parti des technologies pour répondre aux besoins en matière de santé, d’éducation et de finance », a rappelé Doreen Bogdan-Martin, secrétaire générale de l’UIT. L’ambition de la GSMA est claire : faire de MWC Kigali une plateforme de gouvernance numérique africaine, capable d’influencer les débats globaux sur la régulation, l’innovation responsable, la cybersécurité et l’inclusion. Enjeux géopolitiques et d’intelligence économique Ce forum intervient à un moment où l’Afrique devient un terrain stratégique pour les puissances technologiques mondiales. Alors que la concurrence entre acteurs chinois, européens, américains et émiratis s’intensifie, le MWC25 offre une opportunité rare aux pays africains de négocier leur souveraineté numérique, de sécuriser leurs données, et de positionner leurs innovations dans les chaînes de valeur mondiales. « Nous voulons que MWC Kigali soit le lieu où les décideurs politiques et les acteurs privés définissent ensemble l’avenir numérique de l’Afrique », a déclaré Lara Dewar, directrice marketing de la GSMA. MWC25 à Kigali marque une nouvelle étape dans l’affirmation de l’Afrique comme acteur légitime de l’économie numérique mondiale. Entre promesse d’inclusion et bataille d’influence, le continent est à la croisée des chemins : récepteur de technologies ou architecte de son propre destin digital ?

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Cameroun : La mine de fer de Bipindi officiellement inaugurée, un tournant stratégique pour l’économie nationale

Le Cameroun a franchi une étape majeure dans la valorisation de ses ressources minières. Le 22 septembre 2025, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a inauguré, au nom du président Paul Biya, la mine de fer de Bipindi Grand-Zambi, dans la région du Sud. Un projet structurant porté par G-Stone, filiale du groupe Bocom de l’industriel camerounais Dieudonné Bougne, qui suscite d’immenses attentes économiques et sociales. « C’est une étape stratégique pour l’avenir industriel du Cameroun », a déclaré le chef du gouvernement lors de la cérémonie. Et pour cause : avec une production projetée de 6 millions de tonnes de concentré de fer par an sur une durée de vie estimée à 56 ans, et une valeur du gisement évaluée à 33,3 milliards de dollars, ce projet pourrait devenir l’un des plus grands moteurs de croissance du pays. Des retombées économiques massives attendues Les projections officielles tablent sur 5 000 emplois directs à terme et des milliers d’emplois indirects, tandis que l’État percevra environ 10 % du chiffre d’affaires, en plus des impôts, taxes et dividendes. Mais au-delà des chiffres, le gouvernement évoque un « levier de transformation sociale » : routes, écoles, hôpitaux et infrastructures dans une région longtemps en marge des grands projets d’investissement. Actuellement, plus de 500 travailleurs camerounais sont déjà employés sur le site. « Chaque tonne de fer extraite devient le reflet d’un rêve collectif », a résumé un responsable local, saluant une dynamique d’émergence « portée par les Camerounais, pour les Camerounais ». Un projet aux dimensions géopolitiques et industrielles La mine de Bipindi intervient dans un contexte africain où plusieurs pays cherchent à reprendre le contrôle de leurs chaînes de valeur minières, tout en attirant des partenaires privés nationaux plutôt que des multinationales étrangères. Le fait qu’un groupe camerounais soit à la manœuvre est perçu comme un signal fort en matière de souveraineté économique. Reste à voir comment seront gérées les questions environnementales, les infrastructures de transport et la redistribution équitable des richesses. Mais une chose est claire : Bipindi Grand-Zambi pourrait devenir un pivot minier stratégique pour le Cameroun et un modèle de partenariat public-privé africain réussi.

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Guinée : participation massive au référendum constitutionnel malgré le boycott de l’opposition

La Guinée a franchi une étape cruciale vers une éventuelle sortie de transition militaire. Selon les résultats partiels annoncés par la Direction générale des élections, le taux de participation au référendum sur une nouvelle Constitution a atteint 91,4 %, sur plus de 80 % des bureaux de vote dépouillés. Sur les 23 662 bureaux de vote du pays, 19 454 ont été dépouillés et validés. Près de 4,8 millions d’électeurs se sont exprimés, dessinant une victoire du “oui” à plus de 80 % dans la majorité des localités. Entre légitimation du pouvoir et pression internationale Ce scrutin, vivement contesté par l’opposition, intervient quatre ans après le coup d’État de 2021, par lequel le colonel Mamadi Doumbouya a renversé l’ancien président Alpha Condé. Les détracteurs du régime accusent le régime  militaire d’utiliser ce référendum pour consolider son pouvoir et ouvrir la voie à une candidature présidentielle. Pourtant, la forte participation, si elle est confirmée, envoie un signal ambigu à la communauté internationale. D’un côté, elle répond aux exigences formelles d’un retour à l’ordre constitutionnel exigé par la CEDEAO, l’Union africaine et les partenaires occidentaux. De l’autre, elle risque de légitimer un pouvoir de facto militarisé, sans alternance réelle. Le vote s’est déroulé globalement dans le calme, selon les observateurs. La Cour suprême, encore non réformée, devra proclamer les résultats définitifs. Elle est très attendue sur sa capacité à faire preuve d’indépendance. Une transition incertaine vers les urnes Le référendum marque le début d’une séquence électorale sensible : les autorités ont promis des élections présidentielles et législatives d’ici fin 2025. Mais sans opposition structurée et dans un climat de méfiance politique, le risque d’une transition fragile demeure réel. Le peuple guinéen, lui, semble partagé entre aspiration au retour à la démocratie et acceptation pragmatique du pouvoir en place. Une démocratie naissante sous haute tension.

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Sport : Une génération dorée pour l’athlétisme botswanais

Ce triplé historique confirme la montée en puissance du Botswana sur la scène mondiale. Après plusieurs années d’investissements ciblés dans la formation et les infrastructures. Le pays récolte aujourd’hui les fruits d’une stratégie sportive nationale ambitieuse. Autre figure emblématique, Letsile Tebogo, déjà médaillé d’or aux Jeux olympiques de Paris en 2024, s’est qualifié pour la finale du 200 mètres, avec un chrono solide de 19 s 95 en demi-finale. À seulement 22 ans, il incarne une nouvelle génération de sprinteurs africains, à la fois performants et réguliers sur la scène internationale. Un message fort pour l’Afrique La réussite des athlètes botswanais à Tokyo envoie un signal fort à l’échelle continentale : l’Afrique ne se limite plus aux épreuves de fond. Elle s’impose désormais dans les sprints courts et le 400 m, longtemps dominés par les États-Unis et les Caraïbes. Avec Kebinatshipi, Ndori et Tebogo, le Botswana entre dans l’histoire et s’affirme comme un nouveau pôle de performance mondiale, symbole d’un sport africain en pleine diversification.

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