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Présidentielle 2025 au Cameroun : Paul Biya propose un statut spécial pour les partis représentés au Parlement

Dans la perspective de l’élection présidentielle de 2025, le président Paul Biya a annoncé une réforme visant à instituer un statut juridique spécifique pour les partis politiques représentés au Parlement camerounais. Cette mesure, présentée comme un engagement de sa nouvelle plateforme politique, s’inscrit dans une volonté affichée de consolider les libertés et la démocratie dans le pays. Une reconnaissance officielle pour les partis parlementaires L’idée centrale est de créer un cadre légal ou réglementaire qui reconnaît et organise le rôle des partis disposant d’élus à l’Assemblée nationale ou au Sénat. Ce statut pourrait offrir des facilités accrues en matière de fonctionnement institutionnel, de reconnaissance politique, ainsi que de droits renforcés liés à leur représentativité nationale (financement, accès aux médias publics, participation au dialogue politique, etc.). Cette proposition vise, selon le chef de l’État, à encourager le pluralisme responsable, tout en structurant davantage la scène politique nationale. Les enjeux pour le système politique camerounais Risque d’exclusion ou de verrouillage politique Selon les critères retenus, certains partis pourraient se sentir marginalisés ou défavorisés. Si le statut accorde trop d’avantages aux partis déjà installés, cela pourrait être perçu comme une tentative de verrouiller l’accès au pouvoir. Une réforme à surveiller de près Alors que le Cameroun se dirige vers un nouveau cycle électoral, cette initiative présidentielle pose des questions importantes sur l’équilibre entre ouverture démocratique et structuration institutionnelle. Elle marque en tout cas un tournant potentiel dans l’organisation du pluralisme politique camerounais.

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UNESCO : Firmin Édouard Matoko le choix d’avenir pour l’organisation

À l’approche de l’élection du prochain directeur général de l’UNESCO (mandat 2025‑2029), l’affrontement entre le Congolais Firmin Édouard Matoko et l’Egyptien Khaled El-Enany est plus que jamais symbolique. Il ne s’agit pas seulement de deux parcours personnels : c’est une décision structurante pour l’orientation de l’UNESCO dans un monde en recomposition (multilinguisme, financements, gouvernance, pertinence géopolitique, crédibilité intellectuelle). Cet article entend présenter un argumentaire clair et convaincant en faveur de Firmin Edouard Matoko, tout en mettant en lumière les faiblesses de son adversaire. I. Portraits comparés : forces et faiblesses Critère Firmin Édouard Matoko Khaled El‑Enany Âge 69 ans (né en 1956) 54 ans (né en 1971) Formation / études Économie & commerce, Université La Sapienza (Rome); spécialisation relations internationales,Cesare Alfieri (Florence); études diplomatiques à Paris Licence tourisme/guidance, Faculté de Tourisme et Hôtellerie Helwan; DEA & doctorat en égyptologie, Université Paul‑Valéry Montpellier III Parcours professionnel / fonctions Carrière UNESCO complète depuis 1985 : expert éducation, chef de bureau, représentant dans plusieurs régions (Afrique, Amérique latine), direction du département Afrique, depuis 2017 Sous‑Directeur général chargé de la priorité Afrique & des relations extérieures Université (professeur d’égyptologie) ; direction de musées (Musée national de civilisation égyptienne, Musée du Caire) ; ministre des Antiquités (2016‑2019), ministre du Tourisme & Antiquités (2019‑2022) Langues / multilinguisme Français, anglais, italien, espagnol ; niveau intermédiaire en portugais ; apprentissage du lingala et du swahili Arabe (langue maternelle), français, anglais Réseaux institutionnels UNESCO / interne Connaissance intime des organes, des bureaux régionaux, des mécanismes de gouvernance interne ; déjà auditionné aux instances de direction à plusieurs reprises Parcours essentiellement national, sans expérience opérationnelle systématique dans les rouages internes de l’UNESCO (mais bonne notoriété dans le monde du patrimoine et des musées) Support politique / diplomatique Soutien de certains États africains ; sa candidature est présentée comme “interne”, donc cohérente avec la continuité institutionnelle ; argument d’un candidat maison connaissant les arcanes Soutien officiel de l’Égypte, de l’Union africaine, de la Ligue arabe, d’États alliés (notamment dans le monde arabe) Forces de Firmin Edouard Matoko Fimin Edouard Matoko est un « homme du sérail » mais pas un simple bureaucrate : comme il le répète, il connaît l’UNESCO de l’intérieur, ce qui lui permet de proposer des réformes pragmatiques, tout en intégrant la diversité des pays membres. Son parcours combine rigueur intellectuelle (économiste, diplomate) et vision globale. Dans une institution qui se réclame du multilinguisme (français, anglais, espagnol, arabe, etc.), le fait d’être multilingue est un atout pour dialoguer avec tous les États membres – un argument souvent invoqué pour l’UNESCO. Il a exercé dans de nombreux bureaux régionaux, a piloté des programmes éducatifs, culturels ou de paix, et connaît les défis internes : structure, gouvernance, financement et décentralisation. Il sait où il faut faire évoluer l’institution, avec un pied dans la tradition et l’autre dans l’innovation. Parmi ses priorités annoncées : la refonte de la gouvernance, la transparence budgétaire, le renforcement des programmes régionaux, et la redynamisation de l’UNESCO comme « think tank » pour l’éducation, la culture, la paix. Il propose aussi de faire de l’UNESCO une organisation plus mobile, plus « réactive », moins centrée autour du siège uniquement. Originaire du Congo, en Afrique centrale, Firmin Edouard Matoko incarne la pluralité culturelle, il connaît les réalités africaines, latino-américaines, asiatiques, occidentales, grâce à ses missions passées – un atout pour incarner l’universalité de l’UNESCO. Il bénéficie de soutiens régionaux (autorités congolaises, de pays africains, asiatiques, sud-américaines…réseaux culturels). En outre, sa candidature peut séduire les États cherchant un leadership moins polarisé. Faiblesses et risques de El‑Enany Sa dominante est le patrimoine, les musées, la culture nationale – il a moins d’antécédents de gestion institutionnelle globale de l’UNESCO. Cela comporte un risque : lorsqu’il s’agira de piloter des départements éducation, sciences, communication, il pourrait manquer de réflexes institutionnels. En tant qu’ancien ministre, il pourrait être perçu (ou s’auto-percevoir) comme représentant des intérêts égyptiens ou du monde arabe, plutôt que de l’organisation dans sa globalité. Il est en campagne depuis plus de deux ans, ce qui lui a offert du temps de mobilisation, mais l’expose aussi à des critiques (campagnes de lobbying, achats d’influence, accusations de favoritisme) – sans preuve solide mais avec un effet discutable pour la crédibilité. Certains analystes évoquent déjà des tensions autour des questions de transparence et d’équité (allégations de rémunérations, influence diplomatique excessive) – sans preuve solide pour l’instant, mais avec un effet discutable pour la crédibilité. Son profil est très marqué patrimoine, restauration, musées – ce qui peut donner l’impression d’un dirigeant tourné vers le passé plutôt que vers les défis d’avenir (Intelligence artificielle, inclusion numérique, mutations éducatives).En période de révolution technologique et de tensions globales, on pourrait lui reprocher d’être trop « vertébral » ou trop attaché à la tradition, une absence d’agilité. Même s’il parle français et anglais, il est moins polyvalent linguistiquement que Firmin Edouard Matoko sur certains domaines (comme l’espagnol, l’italien, d’autres langues). Ce qui peut être un handicap dans les négociations multilatérales. II. Pour les États électeurs 1. Continuité et Réforme interne Un directeur général issu de l’UNESCO – Firmin Edouard Matoko – garantit une transition plus fluide : il connaît les mécanismes, peut éviter les fractures internes. À l’inverse, une candidature « externe » comporte toujours un temps d’adaptation et un risque de latence de leadership. 2. Le multilinguisme et l’universalité symbolique Dans une institution revendiquant ses racines plurilingues, le choix d’un candidat maîtrisant plusieurs langues, sensible à diverses cultures (Afrique, Amérique latine, Asie, Europe…) plaide en faveur de Firmin Edouard Matoko. Il incarne moins l’image d’une nation particulière que celle d’un pivot universel. 3. Un directeur général comme laboratoire d’idées, non simple gestionnaire Firmin Edouard Matoko milite pour une UNESCO qui bouge, se renouvelle, devient un véritable think tank sur les grands défis (climat, inversion des inégalités, numérique, paix). Ce positionnement plus proactif est crucial pour séduire les États désireux d’une institution plus dynamique et moins figée. 4. La crédibilité et la confiance institutionnelle Un dirigeant disposant d’un capital de confiance interne (personne connue, respectée, ayant déjà été auditionnée) est moins vulnérable aux critiques

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Madagascar : Tensions politiques après une semaine de manifestations

À Madagascar, une nouvelle vague de manifestations a secoué plusieurs villes mercredi, marquant la septième journée de protestation. Ces manifestations sont principalement mené principalement par la jeunesse, notamment le mouvement Gen Z, qui réclame le départ du président Andry Rajoelina. À Antsiranana et Toliara, des milliers de personnes ont manifesté, tandis qu’à Antananarivo, le centre-ville a été bouclé et des affrontements ont éclaté avec les forces de l’ordre, qui ont utilisé du gaz lacrymogène. Face à l’ampleur du mouvement, le président Rajoelina a convoqué une réunion au palais présidentiel avec des représentants internationaux. Sa porte-parole a souligné l’absence de leader clair au sein du mouvement, bien que les revendications comme l’accès à l’eau et à l’électricité soient, selon elle, déjà prises en compte avec l’aide d’organisations internationales. Elle a toutefois mis en garde contre une possible suspension de financements en cas d’instabilité politique. La répression a causé au moins 22 morts selon l’ONU, durcissant la mobilisation. Des images d’un enfant blessé ont choqué l’opinion publique. L’opposition, auparavant discrète, s’est désormais ralliée à la contestation, notamment via la plateforme Firaisankina, réunissant des figures comme Siteny Randrianasoloniaiko et Marc Ravalomanana. Plus de 200 ONG locales ont appelé à l’arrêt immédiat de la répression. Un appel à la médiation de l’Église a également été lancé, relayé par un message du pape François. Malgré le limogeage du gouvernement lundi, la tension reste forte. Le mouvement Gen Z appelle désormais à une grève générale, soutenue par des syndicats, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la fonction publique. Les coupures récurrentes d’eau et d’électricité, symboles de la mauvaise gestion dénoncée, sont à l’origine de ce soulèvement. Malgré des ressources, 75% de la population malgache vivraient sous le seuil de pauvreté, selon les institutions internationales.

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Paul Biya : Grandeur et Espérance à l’épreuve d’un Cameroun divisé

Le retour triomphal du président sortant Paul Biya à Yaoundé le 1er octobre, après un voyage privé en Suisse, marque une étape cruciale dans la campagne présidentielle camerounaise, à onze jours du scrutin du 12 octobre. Paul Biya, l’homme politique le plus ancien au pouvoir en Afrique aspire à un huitième mandat consécutif, dans un contexte géopolitique, sécuritaire et socio-économique hautement complexe. Un retour stratégique, symbole de vitalité politique L’accueil massif de ses partisans à l’aéroport international de Nsimalen illustre la mobilisation du RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais), alors que la campagne électorale s’intensifie. Selon Paul Eric Djomgoue, président de la commission de campagne de Yaoundé II, « ce retour est un signal clair que le président Biya reste le garant de la stabilité et de la continuité ». Ce timing intervient alors que des rumeurs contradictoires avaient laissé planer le doute sur son itinéraire, révélant l’importance stratégique accordée à la maîtrise de la communication en pleine séquence électorale. Un régime confronté à des défis multiples Après 43 ans au pouvoir, Paul Biya incarne une « grandeur » historique mais aussi une « espérance » pour ses partisans face à une opposition fragmentée, affaiblie et fébrile. Onze candidats sont en lice, dont deux anciens ministres dissidents, Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakari. Un contexte sécuritaire préoccupant La crise anglophone dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest persiste, rendant l’organisation du scrutin difficile dans certaines contrées. Parallèlement, dans l’Extrême-Nord, la menace Boko Haram perdure, avec près d’un million de déplacés internes. Ces deux foyers de tension armée fragilisent l’intégrité territoriale et complexifient la logistique électorale, exposant à des risques potentiels de violences. Le gouvernement plaide pour la paix, la stabilité et une main tendue, mais sans faiblesse. Enjeux économiques et sociaux Sur le plan économique, le Cameroun affiche des indicateurs moyens. La Banque mondiale souligne une augmentation de 66 % du nombre de pauvres depuis 2000, reflet d’un développement économique inégal. Un chiffre  qui semble exagéré, quand on va sur le terrain. La société civile et l’ONG International Crisis Group alertent sur une polarisation politique accrue, alimentée par des discours haineux dans les médias et sur les réseaux sociaux, menaçant la cohésion nationale. Sur la plan géopolitique et stratégique Le scrutin du 12 octobre s’apparente à un test de résilience pour un régime longtemps perçu comme stable. Paul Biya mise sur l’expérience et la continuité dans un environnement régional marqué par des conflits frontaliers, des crises migratoires et des enjeux sécuritaires transnationaux. La campagne présidentielle devient dès lors un enjeu de souveraineté, d’intelligence économique et de diplomatie régionale, où chaque mouvement est scruté pour ses implications sur la stabilité du pays et de la sous-région. En conclusion, « Grandeur et Espérance », slogan de campagne de Paul Biya, traduit un paradoxe : celui d’un Cameroun qui aspire à la stabilité et au progrès, mais confronté à une fragmentation politique, une crise sécuritaire profonde et une pression sociale croissante. Le verdict des urnes déterminera la direction d’un pays à la croisée des chemins, entre continuité historique et nécessité de réforme.

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Cameroun – Présidentielle sous haute surveillance : entre retour à la stabilité et fractures persistantes

Menaces séparatistes, tensions contenues, dialogue espéré : le scrutin reste une épreuve pour l’unité nationale. Entre dispositifs sécuritaires renforcés, prudente mobilisation citoyenne et volonté politique de dialogue, la campagne électorale se poursuit dans les régions anglophones du Cameroun. Malgré les défis, une dynamique institutionnelle encadrée par l’État semble contenir les risques de débordement. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, historiquement marquées par la crise anglophone depuis 2016, la campagne pour l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 se déroule dans un contexte sensible mais maîtrisé. Face aux appels au boycott lancés par des groupes séparatistes et aux journées de « villes mortes » qui perturbent le quotidien, les autorités ont opté pour un encadrement renforcé du processus électoral. « Toutes les dispositions ont été prises pour sécuriser les candidats et les électeurs », a assuré Adolphe Lele Lafrique, gouverneur de la région du Nord-Ouest. Le gouvernement camerounais, tout en maintenant une présence militaire dissuasive, mise sur l’apaisement progressif et la normalisation des institutions. Les bureaux de l’organe électoral ELECAM sont ouverts, et plusieurs candidats – notamment du RDPC, du SDF et de l’UNDP – ont déjà organisé des activités dans ces régions. Malgré un climat de prudence, une mobilisation citoyenne discrète mais réelle se manifeste. Des voix locales appellent à la participation, espérant que cette échéance électorale relancera un dialogue politique structuré. « Ce que nous voulons, c’est la fin des violences et un dialogue franc. Le vote est une étape vers cela », témoigne un journaliste à Bamenda. Le président sortant Paul Biya, 92 ans, candidat à un huitième mandat, affirme vouloir « préserver l’unité nationale et garantir la stabilité ». Sa campagne, centrée sur la paix et le développement, insiste sur la continuité et l’expérience. De leur côté, ses challengers – Joshua Osih (SDF) et Bello Bouba Maïgari (UNDP) – plaident pour des réformes structurelles, allant d’un fédéralisme renforcé à l’octroi d’un statut spécial aux régions concernées. « Nous proposons des solutions concrètes pour les régions anglophones : investissements, inclusion et dialogue politique », a déclaré Bello Bouba à Bamenda. Sur le terrain, la stratégie du porte-à-porte et des petits rassemblements sécurisés permet aux partis d’éviter les confrontations tout en assurant leur visibilité. Les populations, bien que prudentes, ne se montrent pas hostiles à l’élection, mais aspirent à des engagements clairs en matière de gouvernance locale, d’éducation, de justice et de développement. Dans un contexte international marqué par la montée des conflits internes en Afrique, le cas camerounais se distingue par une résilience institutionnelle et une volonté de maintien du cadre républicain, même dans les zones en tension. Entre défis sécuritaires et signaux d’ouverture Si la situation demeure fragile, aucun incident majeur n’a été signalé depuis le début de la campagne. La présence active des candidats sur le terrain, les appels à la responsabilité des leaders communautaires, ainsi que la coordination entre acteurs civils et sécuritaires traduisent une volonté de sortie progressive de crise par la voie électorale. Reste à voir si cette dynamique se confirmera dans les urnes. Mais pour beaucoup d’analystes, l’élection du 12 octobre représente une opportunité politique, pas une fin en soi. C’est un pas – prudent mais réel – vers la stabilisation durable des régions anglophones.

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Pêche illégale : Le Cameroun face au défi de sa souveraineté maritime

Alors que l’accord mondial sur les subventions à la pêche entre en vigueur, Yaoundé voit s’ouvrir une fenêtre stratégique pour restaurer le contrôle de ses eaux et redéfinir sa position dans la gouvernance des océans. À l’heure où l’accord de l’OMC interdisant les subventions à la pêche illégale entre en vigueur (15 septembre 2025), le Cameroun, fort de ses 402 km de littoral et d’un potentiel halieutique majeur mais en déclin, fait face à une équation stratégique : ratifier pour réguler ou rester spectateur d’un pillage maritime endémique. Un océan de pertes économiques Selon les autorités camerounaises, la pêche illicite représente une hémorragie économique évaluée à 100 milliards de FCFA (environ 152 millions d’euros) par an. « Ce n’est pas qu’une perte de poissons, c’est une perte de souveraineté, de revenus et de stabilité », confie un cadre du MINEPIA sous couvert d’anonymat. Le fléau est alimenté par la présence persistante de flottes industrielles étrangères, notamment chinoises, turques et européennes, opérant parfois sous couvert de licences floues ou de complicités locales. Le golfe de Guinée, zone grise sécuritaire, est devenu un théâtre d’opérations pour des navires usant de techniques destructrices et échappant à tout contrôle. Une filière stratégique sous tension Le secteur halieutique est pourtant vital pour le Cameroun : il représente 5 % du PIB agricole, 200 000 emplois directs, et fournit jusqu’à 60 % des protéines animales dans les régions côtières, selon la FAO. Mais la pêche artisanale, qui assure l’essentiel de la production locale, est marginalisée. Faute d’investissements, de systèmes de conservation, et d’accès équitable aux ressources, les communautés locales s’essoufflent face à la concurrence industrielle. Une ratification stratégique… encore en suspens Bien que l’accord de l’OMC interdise les aides aux navires illégaux et promette plus de transparence, le Cameroun n’a pas encore ratifié le texte. Un paradoxe pour un pays directement concerné. Le défi est technique mais aussi institutionnel. La surveillance maritime reste embryonnaire, malgré la création du Centre national de surveillance des pêches (CNSP), qui opère avec des moyens limités. Le recueil de données, indispensable pour réclamer une application équitable de l’accord, reste lacunaire. Pourtant, des mécanismes de soutien existent. L’OMC a prévu un fonds d’assistance de 18 millions de dollars destiné à accompagner les pays en développement dans la mise en œuvre du texte. Une manne qui reste inexploitée par Yaoundé. Le levier d’un repositionnement géopolitique Derrière la question halieutique, c’est une lecture géopolitique qui s’impose. En pleine recomposition des équilibres en Afrique centrale, et alors que le Golfe de Guinée concentre trafics, piraterie, flux migratoires et enjeux énergétiques, la maîtrise des ressources maritimes devient un enjeu de puissance. « La ratification de l’accord pourrait servir de levier pour renégocier les licences de pêche avec des États tiers ou renforcer le contrôle de la Zone Économique Exclusive (ZEE) », explique Dr Nadine Ngo Nlend, experte en gouvernance maritime à l’Université de Douala. Elle appelle à une approche coordonnée au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) pour faire front commun face aux pressions extérieures. Une souveraineté bleue à reconquérir Au-delà des poissons, c’est donc la souveraineté économique, alimentaire et stratégique du Cameroun qui se joue. La ratification de l’accord de l’OMC, couplée à un renforcement institutionnel et diplomatique, pourrait marquer un tournant. Mais à condition que le pays ne se contente pas d’un simple geste symbolique. L’enjeu est d’articuler intelligence économique, diplomatie environnementale et sécurisation des ressources – dans une région où l’océan reste trop souvent la dernière frontière du droit. Encadré : Les chiffres clés de la pêche au Cameroun Pour Yaoundé, l’accord mondial sur les subventions à la pêche n’est pas qu’une contrainte normative. C’est une arme diplomatique et économique qu’il reste à saisir – pour sortir de la marginalité maritime et reprendre la main sur un bien commun vital : ses océans.

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Dette mondiale : un engrenage hors de contrôle à 337.700 milliards de dollars

À la mi-2025, la planète est plus endettée que jamais. Un record inquiétant, sans crise sanitaire pour l’expliquer. La dette mondiale atteint un sommet historique : 337.700 milliards de dollars à fin juin 2025, selon l’Institute of International Finance (IIF). En six mois, elle a grimpé de 21.000 milliards – une hausse comparable à celle enregistrée en pleine pandémie. Mais cette fois, aucune urgence sanitaire mondiale. Le système financier semble s’auto-alimenter, sans filet de sécurité. « Il n’y a ni virus, ni alibi », résume Emre Tiftik, économiste à l’IIF. Un cocktail explosif La montée de la dette résulte de plusieurs facteurs : Politiques monétaires plus souples ; Recul du dollar (-10 % depuis janvier) ; Dépenses massives des États, notamment pour la défense et l’énergie. Les pays les plus endettés ? Les États-Unis, la Chine, la France, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni. L’alerte des émergents Les pays émergents sont aussi très exposés. Leur dette dépasse 109.000 milliards, avec des remboursements colossaux à venir d’ici fin 2025. Le risque de crise de liquidité plane. Les États-Unis, épicentre caché Près de 20 % de la dette américaine est à court terme, ce qui fragilise son financement. Cela pousse la Fed dans un dilemme : stabiliser les marchés ou préserver l’indépendance monétaire ? Une limite systémique ? Avec un ratio dette/PIB mondial de 324 %, les équilibres deviennent précaires. La dette n’est plus une question budgétaire, mais un enjeu stratégique mondial.

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Trump II et l’Afrique : vers une décennie d’indifférence stratégique ?

Lors de l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a prononcé un discours virulent clashant aussi bien l’ONU que ses alliés européens. Il a exhorté le monde à embrasser son agenda souverainiste : frontières fortes, recul des politiques climatiques et maintien d’une identité « occidentale » face à ce qu’il appelle une « invasion migratoire ». « Votre héritage est en train d’être détruit… vos pays vont en enfer », a-t-il lancé aux dirigeants européens. Il a également dénoncé le « monstre à deux queues » formé par l’immigration et les politiques énergétiques vertes, qu’il assimile à un danger existentiel pour les nations. Sur le plan géopolitique et stratégique 1. Avec ce ton plus frontal, le président américain affiche un rejet assumé du multilatéralisme et des normes universelles, appelant les États à suivre l’exemple américain pour « protéger leurs frontières et leur identité ». Cette posture s’inscrit dans un tournant où les États-Unis se positionnent comme modèle d’un ordre international fragmenté, redéfini selon des logiques nationalistes. 2. Au cœur de son message, l’Europe est la cible centrale. Il accuse les gouvernements d’avoir cédé à la « correction politique » au détriment de la sécurité et du peuple.  En matière énergétique, il dénonce les transitions écologiques qu’il qualifie de « scam » – une attaque directe aux engagements du Pacte vert européen. Risques pour l’Afrique et l’espace migratoire global Pression migratoire réorientée. En prêchant l’« arrêt des invasions » et des migrations hors contrôle, Trump II accentue une vision sécuritaire de l’immigration qui pourrait encourager des politiques de rejet strictes à l’encontre des migrants africains. 1.Affaiblissement de l’ONU et des aides au développement. En accusant l’organisation de financer des « attaques contre les frontières », il justifie potentiellement des réductions d’appui international aux pays en développement. 2.Compétition d’influence. Cette agressivité idéologique pourrait amplifier la polarisation entre puissances mondiales (Chine, Russie, États-Unis) dans les zones où l’Afrique est déjà un théâtre d’influence stratégique. Enjeux économiques et d’intelligence politique Avec cette offensive verbale à l’ONU, Donald Trump propose un modèle dur de gouvernance mondialisée, centré sur le refus de l’immigration et le rejet des urgences climatiques. Pour l’Afrique, cette posture accentue les tensions migratoires, menace l’aide internationale et redéfinit les espaces d’influence diplomatique.  La question désormais : l’Afrique choisira-t-elle d’entrer dans ce nouvel ordre ou de construire une voie souveraine, pivotée sur ses propres priorités ?

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Procès Martinez Zogo : entre justice militaire, oubli de noms et questions de droit

Plus de vingt mois après l’assassinat de Martinez Zogo, journaliste d’investigation et directeur de la radio Amplitude FM, le procès de ses présumés bourreaux se poursuit devant le tribunal militaire de Yaoundé. Une orientation juridictionnelle qui continue de faire débat, au vu de la présence de plusieurs civils parmi les inculpés, dont certains – comme l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga – n’apparaissent même plus dans les débats actuels. Rappel historique : un assassinat qui secoue l’État Le 17 janvier 2023, Martinez Zogo est enlevé à Yaoundé. Son corps est retrouvé cinq jours plus tard, atrocement mutilé, dans une banlieue de la capitale. Très vite, une enquête est ouverte, révélant l’implication présumée de personnalités puissantes, issues à la fois des services de sécurité, des milieux d’affaires et des sphères politiques. Le gouvernement promet une justice exemplaire. Dix-sept suspects sont interpellés, parmi lesquels figurent des officiers supérieurs, des agents des renseignements, mais aussi des civils notoires, notamment Jean-Pierre Amougou Belinga. Tribunal militaire ou civil ? Un choix controversé Très vite, un débat juridique s’ouvre : cette affaire doit-elle relever de la justice civile ou militaire ? Les défenseurs du tribunal civil évoquent l’article 8 de la Charte africaine des droits de l’homme, qui recommande de réserver les juridictions militaires aux militaires actifs, dans les affaires les concernant directement. Mais au Cameroun, la loi permet aux tribunaux militaires de juger des civils dans certaines circonstances, notamment lorsqu’il s’agit de crimes menaçant la sécurité publique, ou si des militaires sont co-auteurs. C’est cette lecture que les autorités ont privilégiée pour maintenir le dossier dans le giron militaire. Silences remarqués : où sont passés certains noms ? Fait notable : au fil des audiences, certains noms qui avaient cristallisé l’opinion publique ont progressivement disparu des échanges à la barre. C’est le cas de Jean-Pierre Amougou Belinga, qui, bien qu’en détention, n’est plus directement cité dans les témoignages récents, notamment lors des quatre dernières audiences consacrées à l’audition des témoins du ministère public. Ce silence judiciaire, alimente deux hypothèses : soit aucun élément formel ne permet à ce stade de l’impliquer, soit le dossier a été resserré autour d’un noyau restreint d’acteurs militaires et sécuritaires directement impliqué dans l’assassinat de Martinez Zogo. Cela pose néanmoins une question de fond : jusqu’à quand un civil peut-il être maintenu en détention préventive par un tribunal militaire, sans preuve formelle ni jugement rendu ? Le procès reprendra le 14 octobre 2025, date à laquelle sont attendus d’autres témoignages clés, dans une affaire où le public attend encore des réponses concrètes : qui a donné l’ordre ? Pourquoi ? Et surtout, à quand un verdict dans une procédure entamée depuis plus d’un an, mais qui semble encore embourbée ? Au-delà du Cameroun, cette affaire est suivie de près à Paris, Bruxelles, Londres, Washington, tant le pays reste un pivot sécuritaire régional. L’issue du procès Zogo pourrait envoyer un signal fort – ou désastreux – à ses partenaires internationaux.

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