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Biens mal acquis : la CIJ rejette la demande de la Guinée équatoriale face à la France

La Cour internationale de Justice (CIJ) a débouté vendredi 12 septembre la Guinée équatoriale, qui demandait l’arrêt de la vente d’un luxueux hôtel particulier saisi à Paris dans l’affaire dite des « biens mal acquis ». La propriété, située avenue Foch et estimée à plus de 100 millions d’euros, avait été saisie en 2012 par la justice française. Elle appartenait à Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président équatoguinéen et fils du président en exercice. Condamné en 2021 à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d’euros d’amende et à la confiscation de ses biens pour blanchiment, détournement de fonds publics et abus de confiance, Teodorin est devenu l’un des symboles d’une lutte judiciaire transnationale contre la corruption des élites. Malabo affirmait que la propriété avait un statut diplomatique et dénonçait une atteinte à sa souveraineté. Elle demandait à la CIJ des mesures conservatoires pour bloquer toute vente par l’État français. La Cour a rejeté cette requête à une large majorité (13 voix contre 2), estimant que la Guinée équatoriale « n’a pas démontré un droit plausible à la restitution du bâtiment ». Enjeu juridique et politique, ce litige s’inscrit dans un contexte plus large où les juridictions nationales et internationales deviennent des terrains d’affrontement diplomatique. Pour la France, il s’agit d’un succès judiciaire et d’une victoire symbolique dans la lutte contre les flux illicites. Pour la Guinée équatoriale, c’est une nouvelle étape d’un bras de fer politique où les questions de souveraineté, d’ingérence et de réputation internationale sont au cœur des tensions. La décision de la CIJ pourrait faire jurisprudence et renforcer les mécanismes internationaux de saisie et de restitution des avoirs illicites, dans un monde où la diplomatie judiciaire devient un outil de soft power croissant.

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Élections en Afrique centrale : enjeux politiques, géopolitiques et géoéconomiques

Alors que le Gabon prépare ses élections législatives et municipales du 27 septembre 2025, les regards se tournent vers l’Afrique centrale, où les processus électoraux deviennent des instruments de légitimation politique et des baromètres de stabilité régionale. Le Gabon, le Cameroun et la Centrafrique vivent des contextes différents, mais tous portent des enjeux politiques internes, géopolitiques régionaux et géoéconomiques globaux. Au Gabon, après le coup d’État d’août 2023, les élections visent à consolider la transition. Le président Brice Oligui Nguema, élu avec 64,2 % des voix en avril 2025, veut repositionner le pays comme un acteur crédible. Avec une production pétrolière estimée à 190 000 barils/jour, le pays attire Chine, Inde et Émirats dans le secteur extractif. « Nous devons redonner confiance aux Gabonais et à nos partenaires. Le vote est notre nouveau contrat social », déclarait Oligui lors d’un discours à Libreville en mai 2025. Au Cameroun, la tension monte à l’approche de la présidentielle d’octobre 2025. reste silencieux sur sa succession. Le pays, 5e producteur africain de cacao et riche en ressources minières, voit monter l’influence de la Russie et de la Chine, au détriment des partenaires occidentaux. En Centrafrique, les premières élections locales depuis 1988 sont prévues pour fin 2025. Le président Faustin-Archange Touadéra, réélu en 2020 avec 53,9 %, compte sur ces scrutins pour ancrer la décentralisation. Mais la présence russe, notamment via Wagner, pèse sur la souveraineté. Le pays reste l’un des plus pauvres au monde, avec plus de 70 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté. « Sans sécurité, pas d’élections libres. Mais sans élections, pas de paix durable », estime un diplomate de l’Union africaine. Dans ces trois pays, les élections cristallisent des enjeux cruciaux de légitimité, de souveraineté et de développement. Plus que jamais, le vote devient un champ de bataille où se croisent aspirations démocratiques et rivalités géopolitiques. Le défi : faire de ces rendez-vous non pas des rituels formels, mais de véritables tournants historiques.

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Climat et sécurité : l’Afrique à la croisée des enjeux géopolitiques et géoéconomiques

Lors du 2ᵉ Sommet africain sur le climat (ACS2), l’Afrique a lancé une initiative ambitieuse : mobiliser 50 milliards de dollars par an pour financer des solutions climatiques durables à l’échelle du continent. Portée par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, cette stratégie repose sur deux instruments : le Pacte africain pour l’innovation climatique et le Fonds africain pour le climat, avec pour objectif le déploiement de 1 000 solutions concrètes d’ici 2030. Au-delà de l’urgence environnementale, cette initiative soulève des enjeux géopolitiques et géoéconomiques majeurs. D’un côté, elle vise à réduire la dépendance aux financements extérieurs, souvent conditionnés et inadaptés aux réalités africaines. De l’autre, elle s’inscrit dans une logique de souveraineté climatique, où l’Afrique veut devenir un acteur stratégique de la transition énergétique mondiale, et non un simple réceptacle de l’aide internationale. L’enjeu est d’autant plus pressant que le continent a subi en 2025 une recrudescence de catastrophes climatiques : glissements de terrain en Afrique de l’Est, inondations en Afrique centrale, sécheresses prolongées au Sahel. Ces événements, exacerbés par le réchauffement global, aggravent les instabilités locales. Selon l’Union africaine, plus de 40 millions de personnes risquent le déplacement climatique d’ici 2030, renforçant les tensions autour des ressources (eau, terres, nourriture) et nourrissant les conflits armés et les insurrections terroristes, notamment dans la bande sahélo-saharienne. « Le climat est devenu un multiplicateur de menaces sécuritaires », a expliqué Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine. Il appelle à une réponse intégrée : « La sécurité climatique doit faire partie des stratégies de paix ». En effet, le lien entre changement climatique, migration forcée et insécurité est désormais documenté par plusieurs agences onusiennes. Sur le plan économique, l’écart est abyssal : pour atteindre ses objectifs climatiques, l’Afrique a besoin de 3 000 milliards de dollars d’ici 2030, mais n’a reçu que 30 milliards entre 2021 et 2022, selon le rapport du sommet. L’initiative d’Addis-Abeba cherche donc à renverser cette asymétrie en stimulant un financement catalytique et en mobilisant les marchés africains et internationaux. Un accord parallèle, signé pendant le sommet, prévoit de lever 100 milliards de dollars via un partenariat entre bailleurs de fonds publics et banques commerciales, pour des investissements dans l’énergie verte, en particulier solaire et hydroélectrique. Enfin, cette dynamique marque une volonté politique affirmée de peser dans les négociations climatiques mondiales. Malgré le désengagement des États-Unis de l’Accord de Paris, les dirigeants africains réitèrent leur engagement à tenir leurs promesses climatiques, tout en exigeant des partenariats plus équitables. Pour Abiy Ahmed, « L’Afrique ne demande pas la charité, elle demande un investissement dans l’avenir de la planète ».

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US : 24 ans après, le 11 Septembre n’a pas livré tous ses secrets

La justice américaine relance la question des complicités étrangères. Une décision de justice rendue récemment pourrait relancer l’un des volets les plus sensibles du dossier des attentats du 11 septembre 2001 : la possible implication de ressortissants saoudiens dans l’aide logistique apportée aux terroristes. Le juge fédéral George B. Daniels a autorisé la poursuite d’une action en justice contre le Royaume d’Arabie saoudite, engagée depuis plus de 20 ans par des familles de victimes. Au cœur du dossier : deux hommes, Omar al-Bayoumi et Fahad al-Thumairy, tous deux liés à des institutions saoudiennes, accusés d’avoir facilité l’installation de deux des pirates de l’air en Californie. Bayoumi aurait notamment aidé les terroristes à trouver un logement à San Diego, filmé des sites sensibles à Washington, et détenait un schéma manuscrit suggérant des calculs de trajectoires aériennes. Les avocats de l’Arabie saoudite réfutent toute implication de l’État, affirmant que ces gestes relevaient de la simple hospitalité envers des compatriotes. Mais selon le juge Daniels, les éléments circonstanciels sont « suffisants pour permettre à une cour de conclure raisonnablement » à une coordination possible avec des autorités saoudiennes. Un combat judiciaire de longue haleine Depuis 2002, les proches des victimes tentent d’ouvrir un procès contre l’Arabie saoudite. Ce n’est qu’en 2016, avec l’adoption de la loi JASTA (Justice Against Sponsors of Terrorism Act), que de telles poursuites ont été rendues possibles en assouplissant l’immunité des États étrangers dans les cas de terrorisme. L’apparition de nouvelles preuves, dont une vidéo tournée par Bayoumi en 1999 montrant des sites fédéraux américains, et un dessin d’avion comportant des annotations techniques, a contribué à faire avancer le dossier. Ces documents, longtemps conservés par les services britanniques, n’ont été transmis aux familles que récemment. Vers une réécriture de l’histoire officielle ? Officiellement, la commission d’enquête sur le 11 septembre n’avait trouvé aucune preuve d’un soutien gouvernemental étranger aux attentats. Mais les familles des victimes, soutenues par certains élus, estiment que de nombreuses zones d’ombre subsistent. « Nous avons toujours dit que des éléments du gouvernement saoudien étaient impliqués. Ce procès est notre chance de faire éclater la vérité », a déclaré Brett Eagleson, dont le père est mort dans les tours jumelles. Un enjeu diplomatique majeur L’Arabie saoudite, alliée clé des États-Unis au Moyen-Orient, se retrouve une nouvelle fois sous pression. Si le procès avance, il pourrait avoir des répercussions politiques et diplomatiques importantes, notamment à l’heure où les deux pays coopèrent étroitement sur les questions énergétiques et régionales. Le Royaume, de son côté, reste silencieux : ni l’ambassade saoudienne à Washington ni ses représentants légaux n’ont souhaité commenter la décision du juge. En ce 24e anniversaire des attentats, cette affaire ravive la douleur des familles et relance les débats sur les responsabilités indirectes, longtemps évitées, dans l’un des événements les plus traumatisants de l’histoire américaine contemporaine. Ce qui s’est passé le 11 septembre 2001

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France – Chute libre à Matignon : Bayrou éjecté, l’Afrique oubliée

François Bayrou n’aura tenu que 97 jours à Matignon, renversé par une motion de défiance historique.  Avec seulement 194 votes favorables contre 364 opposants, il devient le premier Premier ministre de la Ve République à échouer sur un vote de confiance qu’il n’était pas obligé de solliciter. Cette chute brutale met fin à une cohabitation de plus en plus conflictuelle avec Emmanuel Macron, marquée par des désaccords ouverts sur la politique budgétaire, la réforme fiscale, et la gouvernance africaine. L’Afrique : l’angle mort François Bayrou Sur le plan international, la politique africaine de François Bayrou a été quasi-invisible. Durant ses trois mois à Matignon, François Bayrou n’a laissé aucune empreinte significative sur la politique africaine de la France. Ni discours structurant, ni déplacement officiel, ni stratégie renouvelée : l’Afrique a été reléguée au second plan, dans un moment pourtant critique pour les relations franco-africaines. Face à la montée des régimes militaires hostiles à Paris au Sahel, à la progression de l’influence russe (notamment via les groupes paramilitaires comme Wagner), et au rejet croissant de la présence française dans plusieurs pays, François Bayrou a opté pour le silence, laissant le Quai d’Orsay et l’Élysée gérer seuls un dossier de plus en plus sensible. Cette posture en retrait a accentué la perception d’une France en perte totale de repères sur le continent africain, après les humiliations successives au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Là où ses prédécesseurs à Matignon, même affaiblis, tentaient de jouer un rôle d’équilibre entre le président et les ministères, François Bayrou s’est contenté d’un rôle de figurant sur les grands dossiers internationaux. Ce désengagement a aussi privé la majorité d’une occasion de refonder le narratif de la France en Afrique, à l’heure où de nombreuses voix réclament une coopération moins verticale, plus économique et culturelle que sécuritaire. En interne, certains diplomates évoquent même une « perte de cap politique« , doublée d’une absence de coordination entre Matignon et le ministère des Armées, alors que les bases françaises ferment les unes après les autres dans une indifférence assumée du gouvernement. En définitive, la politique africaine de François Bayrou aura été celle du vide, symptomatique d’un Premier ministre affaibli, accaparé par les tensions budgétaires nationales, et sans appui diplomatique réel. Ce vide stratégique, dans une période où l’influence française est mise en cause sur tous les fronts, restera l’un des échecs silencieux de son bref passage à Matignon.

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Malende, 24 Heures de Sang : Le conflit anglophone ressurgit en pleine campagne présidentielle

Alors que le pays se dirige vers une élection présidentielle majeure le 12 octobre, la résurgence des violences dans le Sud-Ouest remet la crise anglophone au cœur des priorités nationales et régionales. Une attaque à l’engin explosif improvisé suivie d’une embuscade a coûté la vie à neuf militaires camerounais les 5 et 6 septembre. Le drame, survenu dans la localité rurale de Malende, rappelle que le conflit dans les régions anglophones, entré dans sa neuvième année, reste un défi multidimensionnel pour l’État, malgré les efforts de stabilisation déployés depuis 2017. « Nos forces ont payé un lourd tribut pour la défense de l’intégrité nationale. Mais leur sacrifice ne sera pas vain », a déclaré Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la Défense, lors d’un hommage officiel. Sécurité : entre progrès réels et vulnérabilités persistantes Depuis le lancement du plan de stabilisation du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO), les autorités affirment avoir repris le contrôle de plusieurs zones sensibles. Toutefois, des groupes séparatistes armés continuent d’opérer dans des zones enclavées, recourant à des tactiques asymétriques. « L’utilisation d’explosifs artisanaux prouve l’évolution tactique de groupes isolés mais déterminés. Ce sont des menaces mobiles, difficiles à contenir par des moyens classiques », analyse le colonel (er) Douala Manga Bell, expert en stratégie militaire. Une guerre qui fragilise l’environnement des affaires Selon la Banque mondiale, le conflit a engendré une perte économique estimée à 1,2 milliard de dollars entre 2017 et 2024, en grande partie due à la désorganisation des chaînes de production agricoles (cacao, palmier à huile, banane) et au ralentissement du corridor logistique Douala–Mamfe–Ekok. « Les entreprises opérant dans la zone travaillent en mode résilient. L’État a sécurisé les zones économiques prioritaires, mais l’incertitude reste un frein à l’investissement direct étranger », note Dr. Brice Nsombo, économiste à l’Université de Yaoundé II. Une crise locale, aux résonances régionales Le Cameroun, pilier de stabilité au cœur du Golfe de Guinée, fait face à une instabilité territoriale qui, si elle n’est pas contenue, pourrait avoir des implications transfrontalières.« Le conflit reste contenu, mais il alimente des dynamiques régionales – trafic d’armes, flux de déplacés, fragilité des frontières », explique Marie Cissé, analyste à l’ISS Africa. « Le Nigeria suit de près la situation, notamment dans les États frontaliers de Cross River et Taraba ». 2025 : une présidentielle sous haute vigilance À un mois de l’élection présidentielle, les acteurs politiques adoptent des postures contrastées. Le gouvernement privilégie la continuité sécuritaire et institutionnelle, misant sur la « résilience de l’État ». L’opposition appelle à une relance du dialogue national. « La paix durable passe par une réponse à la fois politique, sociale et sécuritaire. Le dialogue reste ouvert pour ceux qui rejettent la violence », affirme une source proche de la primature. Certains leaders d’opinion anglophones plaident pour une réforme de la gouvernance territoriale, à travers un débat sur le fédéralisme ou le renforcement de la décentralisation. Dialogue et réconciliation : vers un nouveau format ? Malgré l’organisation du Grand Dialogue National en 2019 et la mise en place des Régions, la crise n’a pas totalement trouvé de solution politique. Des partenaires internationaux, notamment le Vatican et certaines ONG, continuent de proposer leur médiation.« Un compromis durable nécessitera une solution camerounaise, mais soutenue par des acteurs neutres. Il ne s’agit pas de céder à la division, mais d’apaiser une mémoire collective blessée », souligne un diplomate en poste à Yaoundé. Le drame de Malende réactive une réalité souvent reléguée au second plan dans le débat international : le Cameroun reste confronté à une crise hybride, à la fois militaire, politique, identitaire et économique. Pour les autorités camerounaises, l’enjeu est de parvenir à une désescalade durable, sans compromettre l’unité nationale. Pour les partenaires internationaux, le moment semble venu d’un engagement discret mais stratégique, avant que le statu quo ne dégénère en impasse prolongée. En chiffres (2025)

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Banques communautaires : le moteur méconnu de la finance au Cameroun

Dans un paysage financier où les grandes banques traditionnelles semblent hors de portée pour nombre de Camerounais, émergent des forces souvent invisibles : les banques communautaires. Parmi elles, le Community Credit Company (CCC Plc) s’impose comme un acteur central, associant inclusion, proximité et innovation. CCC Plc : croissance, réseau et service Créée en novembre 1998 en tant que coopérative, transformée en société anonyme, CCC Plc est aujourd’hui une institution de microfinance de deuxième catégorie, réglementée par la COBAC, et active au Cameroun depuis plus de 24 ans. Une institution orientée client… mais fragile CCC se distingue par sa proximité, sa disponibilité de services gratuits, et ses innovations numériques. Toutefois, la pression réglementaire et les coûts de conformité restent élevés pour un acteur de cette taille. « Nous sommes traités comme des banques commerciales, alors que nous opérons avec les moyens du bord et pour des publics à très faible revenu », regrette un dirigeant du secteur microfinance. Comparaison : CCC vs CCA‑Bank — deux modèles complémentaires Institution CCC Plc CCA‑Bank Création 1998 comme coopérative, microfinance 1997 coopérative, devenue banque universelle en 2018 Réseau 18 succursales ≈ 54 agences (2024) et 60+ ATM Clientèle > 120 000 comptes 533 400 clients servis (2022) Actifs – 862 M USD (2022) Leadership DG : Ngoh Walters Tebid DG : Marguerite Fonkwen Atanga Le Crédit Communautaire d’Afrique Bank (CCA‑Bank), bien que né des principes de la microfinance, est devenu un acteur établi du secteur bancaire. Il affiche des performances solides, notamment via : Perspectives : vers une synergie entre proximité et institution CCC incarne l’inclusion financière de proximité : accessible, proche, flexible. CCA‑Bank représente la solidité institutionnelle, la diversification de services, et un accès aux financements internationaux. Pour les experts, l’avenir est dans une hybridation réussie : renforcer la capacité locale (CCC) tout en facilitant leur intégration au système bancaire formel (CCA‑Bank). « L’inclusion financière ne peut pas reposer uniquement sur les banques classiques. Les banques communautaires sont une réponse locale, agile et efficace aux défis de l’accès au financement », rappelle une spécialiste du secteur. Au Cameroun et en Afrique centrale, les banques communautaires comme CCC Plc jouent un rôle vital pour des millions de clients invisibilisés par le système bancaire traditionnel. Pour tirer pleinement parti de leur potentiel, il conviendra de décongestionner les contraintes réglementaires, accompagner la digitalisation, et favoriser les partenariats intelligents entre acteurs communautaires et banques universelles. C’est ainsi que se construit une finance réellement inclusive, durable et résiliente.

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CEMAC – Les chefs d’État d’Afrique centrale attendus à Bangui : enjeux politiques et économiques au menu

Les six chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont attendus le 10 septembre 2025 à Bangui, pour la 16ᵉ session ordinaire de leur conférence, dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques régionales, des défis monétaires et un agenda économique sous pression. La rencontre réunira notamment Paul Biya (Cameroun), Denis Sassou Nguesso (Congo), Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Mahamat Idriss Déby Itno (Tchad), Theodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale) et Faustin Archange Touadéra (Centrafrique), pays hôte du sommet. Cette réunion s’annonce stratégique pour l’avenir de la zone, notamment en matière de réformes économiques, de mobilité régionale, de sécurité transfrontalière et de la gestion du franc CFA, encore sous tutelle du Trésor français. Un sommet précédé par la session ministérielle de l’UEAC Le 9 septembre, la 43ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’UEAC (Union économique de l’Afrique centrale, bras économique de la CEMAC) préparera les grands dossiers soumis à l’arbitrage des chefs d’État. Parmi eux : l’avancement de la libéralisation du marché intérieur, la mise en œuvre des projets intégrateurs (infrastructures, énergie, numérique), et la restructuration des économies post-COVID. Des attentes fortes, un contexte fragile Alors que plusieurs pays de la CEMAC font face à des transitions politiques sensibles, à des pressions sociales internes et à un affaiblissement des réserves de change, cette session à Bangui pourrait aussi raviver le débat sur la réforme du franc CFA, la mutualisation des moyens de défense et la coopération énergétique régionale. « La stabilité régionale dépendra désormais autant des décisions politiques que de la solidarité économique », estime un diplomate sous-régional basé à Yaoundé.

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Coupes budgétaires américaines : l’Afrique en première ligne face à la réduction des opérations de paix

Les opérations de maintien de la paix des Nations unies, particulièrement actives en Afrique, subissent de plein fouet les coupes budgétaires décidées par l’administration Trump. La semaine dernière, près de 4,9 milliards de dollars d’aide étrangère ont été annulés, dont 800 millions initialement destinés aux missions de paix. Une décision qui inquiète fortement l’ONU, alors que la moitié de ces opérations se déroulent sur le continent africain. Parmi les missions menacées, la Monusco, déployée dans l’est de la République démocratique du Congo, pourrait perdre 4 000 casques bleus, soit un tiers de ses effectifs. Le Soudan du Sud et la Centrafrique sont également concernés. Ces réductions pourraient avoir des conséquences dramatiques sur la protection des civils dans ces zones à haut risque. L’administration américaine justifie sa décision en dénonçant les échecs des missions, des affaires de corruption, ainsi que des abus commis par certains soldats de la paix, notamment en RDC et en Centrafrique. Washington accuse également l’ONU de mauvaise gestion financière, détournant selon elle les fonds destinés à la sécurité. Face à cette crise, l’ONU lance le plan d’austérité « ONU 80 » incluant le gel des embauches, des réductions de dépenses, et la suspension de certaines activités. De plus, la mission de l’Union africaine en Somalie (Aussom), en lutte contre les terroristes d’al-Shebab, reste sans financement solide après le retrait du soutien américain. Alors que les conflits se multiplient sur le continent, cette baisse du financement international pourrait fragiliser davantage des régions déjà instables.

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Remittances : la manne invisible qui redessine l’économie africaine

Les transferts de fonds des diasporas africaines dépassent désormais l’aide publique au développement et l’investissement direct étranger. Et pourtant, leur potentiel structurel reste largement inexploité. Enquête sur un levier économique sous-estimé. 168 milliards de dollars. C’est le montant que pourraient atteindre les transferts de fonds vers l’Afrique d’ici 2043, selon une étude prospective de l’Institut pour les Études de Sécurité (ISS). Si ce scénario se concrétise, il placerait les remittances comme l’un des principaux moteurs du développement économique du continent, loin devant l’aide internationale et parfois même les investissements directs étrangers. Et pourtant, cette manne financière reste encore mal canalisée, peu intégrée aux circuits formels, et surtout politiquement sous-exploitée. Une source de financement stable… mais négligée En 2024, les envois de fonds des diasporas africaines ont atteint un niveau record de 95 milliards de dollars. Ces flux, répartis entre consommation familiale, dépenses de santé, frais scolaires et microprojets économiques, représentent 5,1 % du PIB africain contre 3,6 % en 2010. Dans des pays comme le Kenya, la Gambie, ou encore le Nigeria, les remittances représentent un filet de sécurité sociale parallèle. En Somalie, au Libéria ou au Soudan du Sud, elles atteignent parfois plus de 10 % du PIB, devenant un pilier économique vital dans des contextes d’effondrement étatique ou de dépendance humanitaire. Mais contrairement à l’investissement direct étranger – concentré sur les infrastructures, les matières premières ou les zones urbaines – les transferts de fonds irriguent directement les ménages, en milieu rural comme urbain, et répondent à des besoins quotidiens immédiats. Pourquoi cette puissance financière reste informelle Malgré leur poids économique, près de la moitié des remittances circulent encore en dehors des circuits bancaires formels. En cause : les coûts élevés de transfert (jusqu’à 8 % en moyenne sur le continent), des réseaux financiers peu accessibles, notamment en zones rurales, et une méfiance historique vis-à-vis des institutions bancaires. Les systèmes informels, les hawalas, ou les transferts en espèces persistent, rendant ces flux difficiles à tracer, hors de portée des politiques fiscales, et peu mobilisables pour l’investissement structurant. Fintech, mobile money et ambitions panafricaines Un vent de changement souffle pourtant. Grâce à la montée en puissance des fintech africaines et des services de mobile money, les transferts transfrontaliers deviennent plus rapides, moins chers et plus accessibles. Des plateformes comme M-Pesa, Wave, Chipper Cash ou Eversend redéfinissent les circuits traditionnels. À l’échelle continentale, le système de paiement PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System), soutenu par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), vise à unifier les corridors de transfert, en réduisant la dépendance au dollar et aux systèmes de compensation occidentaux. Mais malgré ces innovations, peu de pays africains ont mis en place une véritable stratégie nationale sur les remittances, au-delà de simples statistiques. Le double défi : canaliser sans contrôler L’enjeu n’est pas seulement technique. Il est politique et géoéconomique. Certaines nations expérimentent des obligations « diaspora », ou des incitations fiscales à l’investissement communautaire, notamment dans l’immobilier ou les PME. D’autres étudient la création de fonds d’épargne transnationaux ou de polices d’assurance adossées aux envois réguliers. Mais la tentation du contrôle étatique, notamment par la fiscalité ou la régulation excessive, pourrait décourager les diasporas. À cela s’ajoute le risque d’exposition aux chocs économiques mondiaux : inflation, récession dans les pays d’accueil (Europe, États-Unis, Golfe), ou instabilité monétaire. La cybersécurité devient également un enjeu critique à mesure que les flux se numérisent. Intra-Afrique : une dynamique méconnue mais en plein essor Fait notable : près de 20 milliards de dollars de transferts intra-africains ont été enregistrés en 2023. Cette évolution traduit l’essor des migrations régionales Sud-Sud, et le rôle croissant des pays comme l’Afrique du Sud, le Gabon ou la Côte d’Ivoire comme nouvelles terres d’accueil de travailleurs ouest et centrafricains. C’est aussi une opportunité : penser la migration africaine non plus comme un problème, mais comme une ressource économique structurante. Transformer l’informel en pouvoir économique Les remittances ne doivent plus être vues comme un « revenu de secours », mais comme un levier stratégique de transformation économique. Pour cela, les États africains doivent : À l’heure où l’aide internationale s’essouffle et où les dettes explosent, les diasporas africaines pourraient bien représenter le capital politique et économique le plus fiable du continent. À condition de leur tendre la main.

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