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Multilatéralisme : L’Afrique crie justice à l’ONU

L’Organisation des Nations unies fête ses 80 ans, mais pour de nombreux dirigeants africains, l’heure n’est pas à la célébration. Depuis la tribune de l’Assemblée générale, plusieurs chefs d’État du continent ont lancé un appel pressant à une réforme en profondeur de l’institution, dénonçant un multilatéralisme devenu obsolète et inéquitable. « Ne laissons pas l’histoire se faire sans nous », a martelé Denis Sassou-Nguesso, président de la République du Congo, résumant le sentiment partagé par de nombreuses délégations africaines. Dans un monde secoué par les rivalités géopolitiques, les crises climatiques et les conflits armés, l’Afrique exige désormais de passer du rôle de spectatrice à celui d’actrice centrale de la gouvernance mondiale. Conseil de sécurité : la réforme attendue depuis 80 ans C’est le sujet qui cristallise le plus les frustrations. L’Afrique reste le seul continent sans représentation permanente au Conseil de sécurité, malgré son poids démographique (1,4 milliard d’habitants) et ses contributions croissantes aux opérations de paix. Pour Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, il est temps d’instaurer « une gouvernance plus juste et plus inclusive », soulignant le besoin urgent d’un rééquilibrage des rapports de force au sein de l’ONU. Il a également plaidé pour un cadre fiscal mondial plus équitable et un meilleur accès au crédit international, alors que plusieurs économies africaines suffoquent sous le poids de la dette. Sécurité : un continent en première ligne mais sous-financé Avec plus de 40 % des conflits armés mondiaux se déroulant en Afrique, le continent reste l’un des foyers majeurs d’instabilité. Pourtant, les financements alloués aux missions de paix y sont insuffisants, souvent tributaires de contributions volontaires. Faustin-Archange Touadéra, président de la Centrafrique, a dénoncé cette fragilité structurelle : « Le Sahel concentre des millions de déplacés. Sans financement pérenne des opérations de paix, l’Afrique restera vulnérable ». Il appelle à un mécanisme financier structurel, basé sur des contributions obligatoires de la communauté internationale. Développement durable : l’appel à une transition équitable Sur le front du développement, Andry Rajoelina, président de Madagascar, a évoqué les défis énergétiques auxquels son pays est confronté. Il a souligné la nécessité d’accélérer la transition écologique, avec le soutien du système onusien, afin d’atteindre un développement durable sans reproduire les erreurs des pays industrialisés.

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Affaire libyenne : condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans ferme

 L’ancien président français annonce un appel et dit être prêt à « dormir en prison la tête haute ». Le tribunal correctionnel de Paris a rendu le jeudi 25 septembre 2025 sa décision dans l’affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de 2007. Nicolas Sarkozy est reconnu coupable d’association de malfaiteurs, mais relaxé pour les chefs de corruption passive et recel de détournement de fonds publics. La peine : cinq ans de prison avec mandat de dépôt L’ancien chef de l’État est condamné à cinq ans de prison, sanction assortie d’un mandat de dépôt à effet différé et d’une exécution provisoire, ce qui signifie qu’il devra être incarcéré dans les prochaines semaines. Il est également condamné à 100 000 € d’amende et 5 ans d’inéligibilité. Le tribunal indique qu’il sera convoqué dans un délai d’un mois pour fixer la date d’incarcération. Notons que l’appel ne suspend pas automatiquement l’exécution de la peine. Réactions : appel annoncé et posture symbolique Dès le prononcé du jugement, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il ferait appel, dénonçant une décision qu’il juge contraire à l’État de droit. Il a déclaré qu’il était prêt à « dormir en prison la tête haute », martelant son innocence. Condamnations autour de lui Deux de ses anciens ministres et proches, Claude Guéant et Brice Hortefeux, ont aussi été condamnés dans ce dossier. Guéant écope de 6 ans de prison et 250 000 € d’amende, Hortefeux de 2 ans et 50 000 €. En revanche, Éric Woerth, trésorier de la campagne 2007, a été relaxé. Contexte et enjeux plus larges L’affaire remonte à une note libyenne de 2006 évoquant un soutien financier de 50 millions d’euros à la campagne de Sarkozy, ainsi qu’à des témoignages d’intermédiaires comme Ziad Takieddine, décédé le 23 septembre 2025 au Liban. Les magistrats ont jugé que Sarkozy avait laissé ses relais politiques solliciter des fonds libyens dans un pacte implicite. Cette condamnation marque une étape inédite dans l’histoire judiciaire française : un ancien président risque pour la première fois une incarcération effective dans une affaire de financement illégal de campagne.

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Cameroun – Présidentielle 2025 : entre cadre légal, pluralisme politique et quête d’unité nationale

À quelques semaines de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025, les autorités camerounaises rappellent les principes régissant le processus électoral. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a tenu à clarifier le rôle d’Elections Cameroon (ELECAM) et les limites juridiques des candidatures dites « consensuelles » ou issues d’alliances post-dépôt.Lors d’une tournée administrative dans la région du Littoral, Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale, a apporté des précisions sur le fonctionnement du processus électoral en cours. Dans un contexte politique marqué par des discussions sur une possible candidature unique de l’opposition, le ministre a rappelé le cadre légal encadrant l’élection présidentielle.« Les alliances, candidats consensuels ou candidats uniques ne sont pas reconnus par ELECAM », a-t-il déclaré, soulignant que les candidatures collectives ou les désistements politiques n’ont pas de portée juridique une fois les candidatures validées. Un cadre juridique clair, un débat politique toujours ouvert Elections Cameroon (ELECAM), organe chargé de l’organisation et de la supervision des élections, a confirmé la validation définitive de 12 candidatures. Selon les règles en vigueur, les alliances entre partis ou candidatures communes devaient être conclues avant la date limite de dépôt. Passé ce délai, toute tentative de fusion politique ou de retrait stratégique ne peut être prise en compte par ELECAM. Cette clarification vise à renforcer la transparence du processus électoral, en rappelant que la loi électorale prime sur les arrangements politiques informels, tout en laissant à chaque parti ou candidat la liberté de se positionner sur le plan stratégique. Une élection sous surveillance nationale et internationale La présidentielle de 2025 intervient dans un contexte national complexe, mais stable. Mais le Cameroun entre dans une période cruciale pour son avenir institutionnel. Bien que le président sortant n’ait pas encore officiellement déclaré s’il se représente, l’architecture du pouvoir reste largement structurée autour du parti au pouvoir, le RDPC. Les autorités affirment leur volonté de garantir un scrutin pacifique, pluraliste et conforme aux standards nationaux. Plusieurs missions d’observation, notamment de l’Union africaine, de la CEEAC et de partenaires techniques comme l’OIF, sont attendues pour superviser le déroulement des opérations électorales. Enjeux de gouvernance, stabilité et sécurité Sur le plan sécuritaire, le gouvernement reste mobilisé face aux défis persistants : tensions dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest, poches d’instabilité dans l’Extrême-Nord, et nécessité de renforcer la cohésion nationale. L’élection présidentielle est perçue comme une étape importante dans le processus de consolidation de l’État et du vivre-ensemble, inscrit dans la vision gouvernementale. « L’État veille à ce que toutes les candidatures soient traitées avec équité, dans le respect de la loi », a souligné un responsable administratif à Douala. Une dynamique économique en toile de fond Avec une croissance projetée à 4,1 % en 2025 (Banque mondiale), le Cameroun conserve son potentiel en tant qu’acteur clé de l’Afrique centrale. L’enjeu de la présidentielle dépasse la seule dimension politique : elle est étroitement liée à la stabilité économique, à l’attractivité du pays pour les investissements étrangers, et à la mise en œuvre des réformes structurelles en cours. Les partenaires internationaux, tout en prônant la souveraineté du processus électoral, encouragent un climat d’inclusivité, de dialogue et de respect des droits civiques, dans une région souvent soumise à des tensions sociopolitiques. « Il est essentiel que chaque acteur respecte les règles du jeu démocratique, pour permettre au peuple camerounais de s’exprimer dans un cadre transparent et apaisé », confie un diplomate.

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Bello Bouba Maïgari : l’homme du « consensus » qui divise l’opposition camerounaise !

À trois semaines de l’élection présidentielle, l’ancien ministre de Paul Biya s’auto-proclame candidat unique de l’opposition. Un geste à la fois tactique et isolé, révélateur des fractures internes de l’alternance au Cameroun. Dans un timing politique soigneusement calculé, Bello Bouba Maïgari, président de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) et ancien Premier ministre, a surpris la scène politique camerounaise en se proclamant « candidat du consensus » de l’opposition pour la présidentielle du 12 octobre 2025. Dans un manifeste intitulé « Appel du peuple : Unis, On Gagne ! », publié e 21 septembre, Bello Bouba Maigari affirme qu’il n’existe aucune autre alternative consensuelle à sa candidature, rejetant implicitement celle d’Issa Tchiroma Bakary, désigné par la plateforme Union pour le Changement, dirigée par Anicet Ekane. « Il n’y aura pas d’autre candidat du consensus que moi », a-t-il affirmé dans une interview à Tchad 24. Formulée dans une rhétorique de rassemblement, l’annonce sonne pourtant comme un acte de rupture : elle fragilise davantage les tentatives d’unification d’une opposition morcelée face à un RDPC solidement enraciné depuis plus de quarante ans. Un retour d’État, pas une rupture de système Se posant en garant de la stabilité, Bello Bouba propose un triptyque de refondation : Une nouvelle Constitution ; Un projet de société commun ; Un accord stratégique de transition garantissant l’alternance et une « justice sans esprit de revanche ». Pourtant, son parcours d’ancien ministre d’État de Paul Biya, jette un doute sur sa capacité à incarner une vraie alternance. « Peut-on représenter le changement après avoir si longtemps servi le système à remplacer ? », interroge Dr Nadine Mbarga, politologue à l’Université de Douala. Soutiens attendus, mais encore incertains À ce jour, aucun autre candidat de l’opposition n’a officiellement rallié la candidature de Bello Bouba. Toutefois, plusieurs signaux laissent entrevoir des rapprochements politiques : « Ce n’est pas le consensus qui légitime une candidature, c’est la concertation démocratique », a rappelé Franck Mendo Ze, du Mouvement pour l’Alternance Citoyenne. Le camp Bello Bouba affirme de son côté avoir entamé des pourparlers avec plusieurs figures de l’opposition. Mais la distinction entre dialogue politique et soutien formel reste entière. Une candidature peu audible au niveau géopolitique L’Afrique centrale traverse une séquence incertaine : Gabon, Tchad, RDC expérimentent des formes de transitions atypiques. Dans ce contexte, la candidature de Bello Bouba est perçue comme institutionnelle, mais sans rupture systémique. « C’est une candidature rassurante pour les diplomaties, mais peu mobilisatrice pour les électeurs », analyse un chercheur du Centre d’études stratégiques pour l’Afrique centrale (CESAC). Sur le plan international, la candidature de l’ancien ministre d’Etat est vue avec prudence : elle n’effraie pas, mais ne redessine pas non plus les équilibres politiques du pays. Des angles morts sécuritaires et économiques Aucun axe précis de sa plateforme ne traite des principales menaces sécuritaires du pays : Crise anglophone non résolue ; Activisme de Boko Haram dans l’Extrême-Nord ; Tensions frontalières à l’Est avec la RCA. Côté économie, même flou : Aucun chiffrage sur l’emploi des jeunes ; Aucun plan sur la dette publique (estimée à 44,5 % du PIB en 2025) ; Aucune vision claire sur l’industrie, l’agriculture ou l’attractivité économique. Peut-on parler plateforme politique, et non d’une offre économique ?  Une manœuvre plus tactique que transformationnelle La déclaration de Bello Bouba Maïgari soulève une double ambiguïté : revendiquer l’unité sans coalition, et promettre l’alternance sans incarner la rupture. À ce jour, aucun ralliement officiel ne vient appuyer son positionnement comme candidat consensuel. Dans un contexte électoral aussi stratégique pour l’avenir du Cameroun, cette initiative pourrait, paradoxalement, renforcer le pouvoir en place en divisant une opposition déjà vulnérable. Deux questions restent ouvertes : à qui profitera, in fine, la fragmentation de l’alternative ? Est-ce pour Bello Bouba une tentative de repositionnement personnel ?

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Ghana – Migrants expulsés par les États-Unis : une plainte qui dérange

Le Ghana est au cœur d’une controverse judiciaire et diplomatique. Le 17 septembre, des avocats ont déposé une plainte contre l’État ghanéen pour « détention illégale » et « risque de refoulement » de migrants ouest-africains expulsés par les États-Unis. Une première dans l’histoire du pays, qui soulève des questions sur la souveraineté, les droits humains et la coopération sécuritaire internationale. Selon les plaignants, quatorze personnes – originaires d’Afrique de l’Ouest – auraient été expulsées par les autorités américaines et retenues sous supervision militaire dès leur arrivée au Ghana. Onze d’entre elles affirment avoir déposé une demande d’asile aux États-Unis, rejetée sans possibilité de recours. Parmi les accusés figurent le procureur général, le chef d’état-major des armées et le directeur de l’immigration. Jusqu’à présent, ce type de critiques visait surtout les États-Unis, accusés de sous-traiter la gestion des expulsions à des pays africains n’ayant aucun lien avec les migrants concernés. Après l’Eswatini, le Ghana devient le deuxième pays africain visé par une plainte nationale pour ce type de coopération. Un accord discret, aux implications sensibles Accra n’a jamais confirmé l’existence d’un accord formel avec Washington sur la relocalisation de migrants, mais la récente annonce du transfert de 40 nouvelles personnes semble confirmer une entente bilatérale discrète. Pour l’avocat principal des plaignants, le Ghana « joue le rôle d’exécutant dans une politique migratoire contraire au droit international ». Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a tenté de calmer le jeu : « Le Ghana n’est pas la cible des accusations de violation des droits humains ». Mais la pression monte, notamment de la part d’ONG internationales et de juristes régionaux. Un dilemme stratégique pour Accra En acceptant ces expulsions, le Ghana risque de compromettre son image de pays stable et respectueux du droit international. Mais refuser l’appui américain pourrait nuire à des coopérations sensibles, notamment en matière de sécurité, de renseignement ou de développement. Entre solidarité diplomatique et exigence de souveraineté juridique, le Ghana marche sur une ligne étroite, dont l’issue pourrait faire jurisprudence pour l’ensemble du continent.

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Cameroun–CEEAC : Jacob Kotcho en pole position pour piloter le Marché commun régional

Parmi les 52 candidats en lice pour les postes stratégiques de commissaire à la CEEAC, un nom fait l’unanimité : celui du Camerounais Jacob Kotcho Bongkwaha. Son profil, son expérience, et les enjeux du portefeuille convoité cristallisent les attentions dans les cercles diplomatiques d’Afrique centrale. « Ce n’est pas un simple poste, c’est le cœur économique et politique de l’intégration régionale », confie un diplomate. En effet, le portefeuille du Marché commun de la CEEAC (Communauté économique des États de l’Afrique centrale), qui englobe les affaires économiques, monétaires et financières, est aujourd’hui le plus convoité. À la manœuvre : le Cameroun, troisième puissance économique de la sous-région, qui aligne un candidat de poids. Jacob Kotcho Bongkwaha, 53 ans, économiste, expert du commerce international, et actuel directeur du Marché commun à la CEEAC, a obtenu la meilleure note de l’évaluation technique menée par le cabinet Forvis Mazars : 90,25 sur 100, loin devant des figures politiques et technocratiques régionales. « Il connaît les mécanismes internes, parle le langage des bailleurs, et incarne une vision d’intégration réaliste et opérationnelle », souligne une source onusienne à Addis-Abeba. Un enjeu régional à forte portée géopolitique La nomination du commissaire au Marché commun va bien au-delà des questions administratives. Ce portefeuille supervise la convergence macroéconomique, la mise en œuvre des mécanismes de coopération financière, le commerce intrarégional, et à terme, l’union monétaire envisagée. 9 des 15 objectifs du Traité révisé de la CEEAC y sont directement liés. Pour Yaoundé, c’est aussi un moment de vérité. Le Cameroun entend faire de cette nomination un levier d’influence stratégique, en lien avec sa Stratégie nationale de développement 2020–2030 (SND30) qui positionne l’intégration régionale comme catalyseur de croissance. « Accéder à ce poste, c’est synchroniser notre diplomatie économique avec les priorités régionales », analyse un conseiller à la présidence camerounaise. L’heure des choix politiques Le règlement de la CEEAC impose un seul commissaire par État membre. Le président Paul Biya doit donc trancher entre deux profils camerounais : Kotcho, ou Nelly Banaken Elel, experte en développement social. Mais les enjeux économiques, sécuritaires et diplomatiques rendent le choix de Kotcho presque inévitable. S’il est confirmé, le Cameroun renforcerait sa stature de puissance pivot de l’Afrique centrale, dans un contexte régional toujours instable (instabilités en RDC, tensions au Tchad, redéploiement des influences russes et chinoises). À l’heure où la ZLECAf peine à s’ancrer dans les pratiques, un commissaire expérimenté pourrait donner un nouveau souffle à l’intégration continentale depuis le cœur de l’Afrique. À suivre dans les prochaines semaines, la décision d’Etoudi, qui scellera non seulement un choix de personne, mais une orientation stratégique majeure pour la région.

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Présidentielle 2025 au Cameroun : Le Centre sous haute surveillance

« La sécurité est une condition non négociable de la souveraineté démocratique »,a déclaré Paul Atanga Ji, ministre de l’Administration territoriale. À moins d’un mois de la présidentielle du 12 octobre, les autorités camerounaises accélèrent les préparatifs sécuritaires. Le 15 septembre, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a présidé une réunion de haut niveau au siège du Conseil régional du Centre, rassemblant gouverneurs, préfets, sous-préfets et officiers supérieurs des forces de défense et de sécurité. Objectif : garantir un scrutin apaisé dans la région capitale, siège des institutions républicaines et baromètre politique du pays. Une sécurité présidentielle sous haute tension « Il était important de faire une évaluation afin que chacun des préfets puisse nous donner les détails de la réalité de son département », a déclaré le ministre, soulignant la nécessité de remonter une photographie exacte du terrain au chef de l’État. Les enjeux sont majeurs : le Centre est non seulement le cœur institutionnel du Cameroun, mais aussi un territoire à forte densité électorale et logistique. Une perturbation du processus dans cette région aurait des répercussions nationales. Surveillance renforcée et monitoring en temps réel Parmi les mesures clés évoquées, il y a la distribution sécurisée et anticipée du matériel électoral dans toutes les circonscriptions ; la communication permanente entre les échelons territoriaux et le MINAT ; le renforcement du monitoring via des points de situation réguliers et une centralisation des données sécuritaires. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte régional marqué par la montée des tensions électorales dans plusieurs pays d’Afrique centrale, où la sécurisation du vote devient un enjeu de stabilité étatique. Des observateurs sous surveillance Autre point sensible : le rôle des observateurs électoraux nationaux et internationaux, dont le déploiement est annoncé par le MINAT. Paul Atanga Nji leur adresse un message clair : « utiliser leur mandat de manière responsable », un rappel diplomatique qui traduit une volonté de canaliser les interprétations et communications sensibles liées au scrutin, dans un climat potentiellement tendu. À travers cette réunion, l’État camerounais envoie plusieurs signaux : Il entend maîtriser le narratif sécuritaire de l’élection, ; il met en place une architecture de commandement verticalisée, plaçant la chaîne administrative au cœur du dispositif de veille ; il cherche à anticiper tout risque de rupture logistique, souvent exploité dans les contextes contestés. Dans une année électorale où la moindre faille peut engendrer une crise de légitimité, cette mobilisation dans le Centre s’apparente à un test grandeur nature de la doctrine sécuritaire du régime. Enjeux géopolitiques et d’intelligence territoriale Au-delà du Cameroun, cette démarche s’inscrit dans un contexte continental plus large où la sécurité électorale devient un indicateur majeur de résilience des États face aux risques hybrides : cybermenaces, désinformation, contestations populaires, ou influences étrangères. Le modèle camerounais d’administration territoriale, centralisé et militaro-administratif, se présente ici comme un outil de pilotage politique, dans une Afrique centrale marquée par des transitions fragiles et une pression internationale croissante sur la transparence des processus électoraux.

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Dépôts pétroliers : Douala au cœur de la bataille pour la sécurité énergétique et la performance stratégique

  La Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP) tient, à l’hôtel Best Western, une rencontre cruciale de deux jours entre sa direction générale et les responsables de ses dépôts stratégiques. Une réunion sous haute tension dans un contexte régional sous pression. « Notre objectif est clair : garantir la sécurité des installations, renforcer la fiabilité humaine et maîtriser les pertes pour éviter toute tension sociale ou rupture d’approvisionnement », a déclaré Véronique Manzoua, épouse Moampea Mbio, Directrice Générale de la SCDP, lors de son discours d’ouverture. Sécurité, performance et anticipation Placée sous le thème « Dépôts pétroliers et performance opérationnelle : renforcer la fiabilité humaine, sécuriser l’exploitation et maîtriser les pertes », cette rencontre stratégique intervient dans un contexte géopolitique et socio-économique sous tension, à la veille d’échéances électorales décisives au Cameroun. Les enjeux ne sont pas seulement techniques. Ils sont sécuritaires, politiques, économiques et stratégiques. Car les produits pétroliers, vitaux pour les économies modernes, sont aussi des matières dangereuses dont la gestion ne tolère aucune approximation. « La manipulation des hydrocarbures n’est pas une opération ordinaire. Elle requiert rigueur, formation et un environnement hautement sécurisé », a martelé la DG. Vers un leadership régional affirmé La SCDP, véritable épine dorsale de la sécurité énergétique du Cameroun, opère également comme fournisseur clé pour l’hinterland régional (Tchad, RCA, Congo). En 2024, elle a connu une montée en puissance significative : +40 % de disponibilité en GPL grâce à la mise en service de la sphère 06 à Bonabéri et une politique de transparence renforcée. Le bilan présenté à Douala inclut 46 recommandations issues des séminaires précédents, preuve d’une volonté d’adaptation continue face à un marché de plus en plus concurrentiel, notamment dans le secteur du Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL) où la demande explose. « Rester leader exige un investissement constant dans les compétences humaines, la technologie et la gouvernance », a souligné Véronique Manzoua. Cap sur Kribi : un tournant stratégique Le point culminant de la stratégie à moyen terme reste le lancement, dès 2026, du Terminal Hydrocarbures de Kribi (THK) : Une rivalité industrielle maîtrisée Le projet THK n’est pas seul. Deux mois auparavant, Cstar, joint-venture formée par la SNH, Tradex et des partenaires émiratis, posait la première pierre d’un terminal similaire à Kribi, avec une raffinerie modulaire de 30 000 barils/jour. Coût estimé : 114 milliards FCFA. Malgré cette rivalité apparente, la DG de la SCDP relativise : « L’existence de plusieurs opérateurs de stockage est une bonne chose. Dans les pays matures, les stockeurs sont diversifiés. L’essentiel est d’assurer l’autonomie énergétique du Cameroun ». Enjeux géopolitiques, économiques et de gouvernance Enjeux géopolitiques : Le Cameroun se positionne en hub énergétique sous-régional, à l’heure où les routes d’approvisionnement sont de plus en plus disputées entre États, groupes multinationaux et acteurs locaux. Entre souveraineté énergétique et diplomatie industrielle La réunion de Douala s’inscrit dans une dynamique de souveraineté énergétique proactive, où le Cameroun, à travers la SCDP, veut consolider son autonomie tout en jouant un rôle central en Afrique centrale. « La performance énergétique est un levier de stabilité politique et de croissance économique. La sécurité n’est pas un coût. C’est une condition de survie », conclut Véronique Manzoua. Alors que l’Afrique centrale redéfinit ses équilibres énergétiques, le Cameroun avance ses pions avec prudence, mais détermination. La stratégie est en place. Reste à voir si les moyens suivront.      Les 5 points-clés

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Cameroun : Paul Biya joue la carte de l’unité nationale

À un mois de la présidentielle, Paul Biya lance un appel à l’unité nationale : « Le pays a besoin de nous tous ». À moins de 30 jours d’une élection présidentielle à forts enjeux, le président camerounais Paul Biya a brisé le silence pour adresser un message d’unité à une nation traversée par des fractures profondes. Dans une déclaration à forte portée symbolique et politique, il exhorte les Camerounais à « bannir les préjugés et les complexes qui nourrissent le désordre » et à œuvrer ensemble « pour la stabilité du pays ». Un message au ton rassembleur dans un climat incertain Alors que le Cameroun se prépare à une échéance électorale sensible, le climat sociopolitique reste tendu. « Aucun groupe ne doit rejeter les autres. Aucun groupe ne doit se sentir exclu par les autres », a martelé Paul Biya dans un discours diffusé à la télévision nationale. Ce message intervient alors que le débat sur la succession, sur fond d’incertitudes constitutionnelles et de jeux de pouvoir internes au parti présidentiel (RDPC), reste discret mais omniprésent. L’unité nationale comme rempart stratégique Sur le plan géopolitique et sécuritaire, le Cameroun est un pivot régional. Engagé dans la lutte contre Boko Haram à l’Extrême-Nord et malgré d’être confronté à une instabilité supposée dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest, le pays fait face à un double défi : maintenir l’intégrité territoriale tout en relançant un dialogue national crédible. « Le vivre-ensemble n’est pas un slogan, c’est une stratégie de résilience », analyse un diplomate occidental en poste à Yaoundé. « Dans un pays où la diversité est une force mais aussi une ligne de fracture potentielle, Biya tente de poser les bases d’une paix durable – mais le temps joue contre lui ». Des défis économiques et sociaux à fort impact électoral Le FMI estime que la croissance du Cameroun pourrait atteindre 4,5 % en 2025, grâce à une reprise des secteurs agricole et énergétique. Mais cette embellie reste fragile, tant que l’instabilité politique -à venir peut-être- freineraient les investissements étrangers directs. Les régions les plus touchées par les conflits demeurent en situation d’exclusion économique, avec un taux de pauvreté supérieur à 60 % dans certaines zones rurales, selon le fonds. L’intelligence économique joue un rôle croissant dans la lecture stratégique de la situation : les bailleurs internationaux, notamment la Chine, la France et la Turquie, surveillent de près la stabilité du pays, condition indispensable à la poursuite des projets infrastructurels majeurs comme le port en eau profonde de Kribi ou les partenariats gaziers. Un leadership en question, une transition à anticiper Si Paul Biya apparaît comme le garant d’un certain ordre institutionnel, la question de sa succession reste source d’inquiétudes. Selon une étude du Centre d’analyse stratégique de Douala, près de 68 % des Camerounais interrogés se disent préoccupés par « l’absence de visibilité sur l’après-Biya ». La communauté internationale, notamment l’Union africaine et les partenaires bilatéraux du Cameroun, appellent à une présidentielle inclusive, sécurisée et crédible. Alors que le pays attend l’officialisation de la campagne présidentielle, la stabilité du Cameroun ne peut être considérée comme acquise. Les mois à venir seront décisifs, non seulement pour la gouvernance nationale, mais aussi pour l’équilibre géopolitique de toute l’Afrique centrale. Les Camerounais, dans leur sens de la résilience, seront les seuls arbitres de l’avenir de leur pays.  À retenir :

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Routes au Cameroun : 2000 km et des embouteillages budgétaires

Entre ambitions économiques, contraintes sécuritaires et limites budgétaires, la route devient un champ de bataille géopolitique et logistique en Afrique centrale. À mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020–2030 (SND30), le gouvernement camerounais affiche un bilan mitigé. Seuls 2000 km de routes bitumées ont été réalisés sur les 6000 km programmés entre 2020 et 2024. Lors d’un point de presse tenu à Yaoundé, le ministre des Travaux publics Emmanuel Nganou Djoumessi a assumé cette contre-performance, en invoquant des freins multiformes : « L’insécurité dans certaines zones, les retards de paiement dus aux contraintes budgétaires et les séquelles du Covid-19 ont sérieusement ralenti notre rythme d’exécution ». Enjeux économiques et géostratégiques Au-delà des chiffres, le réseau routier camerounais est au cœur d’enjeux régionaux. Il irrigue l’économie et soutient les corridors stratégiques, en particulier Douala–Ndjamena et Douala–Bangui, artères vitales pour les échanges avec le Tchad et la RCA. « Si la route de Ngaoundéré à Garoua n’est pas reconstruite, c’est tout le corridor qui s’effondre. Nous ne pouvons plus dépendre uniquement du port de Douala si l’interne est bloqué », a déclaré Dr Jules N. Ateba, expert en aménagement du territoire. Rien que le projet Ngaoundéré–Garoua (278 km), approuvé par la BAD, mobilisera 182 milliards FCFA pour désenclaver le nord et soutenir la relance du port fluvial de Garoua. Coûts élevés, financement sous tension Malgré la réforme du Fonds Routier en 2022, les entreprises dénoncent toujours l’irrégularité des paiements : « Depuis deux ans, les paiements arrivent avec 6 à 12 mois de retard. Pour une PME locale, c’est invivable. On travaille à crédit », déclare un Directeur technique d’une société BTP locale. L’entretien routier : le talon d’Achille L’analyse du ministère des Travaux publics révèle une dégradation rapide des routes communales : seules 24,2 % sont en bon ou moyen état. Or, ces voies représentent plus de 80 % du linéaire national. Faute d’entretien, des axes récemment réhabilités se dégradent déjà. « On a bitumé ici en 2021, mais trois saisons de pluie ont suffi pour que les trous reviennent. Rien n’a été fait pour l’entretien », regrette une habitante de Ngoumou. Pour Franck Obam, ingénieur consultant en infrastructures, « construire sans entretenir revient à gaspiller de l’argent public. La maintenance doit être anticipée dès la conception des projets ». Classement régional (routes bitumées – 2024) Pays Routes bitumées Linéaire total État général Cameroun 10 467 km 121 873 km Moyen à bon Côte d’Ivoire 8 100 km 82 000 km Bon Sénégal 6 569 km 16 500 km Bon Tchad ~3 000 km 45 000 km Très faible Selon un économiste des infrastructures, la solution n’est pas toujours plus d’argent, mais une meilleure planification : « Les routes doivent être pensées comme des actifs, pas comme des rubans inauguraux ». Le Cameroun dispose de l’un des réseaux routiers les plus étendus d’Afrique centrale, mais il reste confronté à un paradoxe structurel : une forte ambition politique freinée par des réalités budgétaires, sécuritaires et techniques. Le défi des prochaines années ne sera pas seulement de construire plus, mais surtout de mieux entretenir, mieux planifier et mieux sécuriser ce patrimoine vital pour la souveraineté logistique et la croissance régionale.

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