Noël Ndong

Visa américain : deux mois sous haute tension pour l’Afrique

Entre quotas en surchauffe et échéances fatales, août et septembre 2025 s’annoncent décisifs pour les lauréats de la loterie et les travailleurs qualifiés africains. Le département d’État américain vient de publier ses dispositions migratoires pour août et septembre 2025, confirmant une fin d’année fiscale explosive, en particulier pour les Africains inscrits au programme Diversity Visa (DV) et les travailleurs qualifiés (EB). La fenêtre reste ouverte pour les lauréats de la loterie DV-2025, avec un quota africain inédit de 50 000 visas en août, porté à 58 500 en septembre. Une priorité assumée, mais menacée par l’échéance rigide du 30 septembre, date limite de validation des dossiers. Le département d’État alerte : « La disponibilité des visas DV jusqu’à la fin de l’exercice fiscal ne peut pas être garantie. Les numéros pourraient être épuisés avant le 30 septembre ». Cameroun et Afrique centrale : une opportunité sous pression Dans cette dynamique, le Cameroun et les pays d’Afrique centrale (Congo, RDC, Tchad, Gabon, Centrafrique, Guinée équatoriale) figurent parmi les bénéficiaires silencieux mais structurants du programme DV. Le Cameroun a reçu environ 3 200 sélections DV-2025, selon les données internes, ce qui le place dans la tranche haute des pays francophones africains. Toutefois, la capacité administrative à finaliser les dossiers (rendez-vous, examens médicaux, documents de soutien) reste un frein systémique dans la sous-région. Des retards structurels au niveau des consulats américains de Yaoundé et Kinshasa aggravent la tension liée à l’échéance du 30 septembre. Un cadre consulaire résume : « La demande est forte, mais les créneaux consulaires ne suivent pas toujours. L’année 2025 sera tendue jusqu’au bout pour le Cameroun ». En parallèle, les travailleurs qualifiés camerounais (EB-2, EB-3) sont directement exposés à la rétrogression annoncée par Washington. Le recul de la date de traitement des dossiers EB-2 Monde exclut temporairement une partie des candidats, et fait planer le risque d’un gel complet des catégories EB en septembre. Afrique centrale sous-représentée mais stratégique L’Afrique centrale bénéficie encore de quotas non plafonnés au niveau national, offrant une marge de manœuvre précieuse, mais vulnérable face à la saturation globale. La sous-région a un rôle stratégique dans la dynamique migratoire afro-américaine, notamment via sa diaspora anglophone et francophone active dans les secteurs de santé, transport, logistique et services.  « Si la demande se concentre sur le Maghreb, l’Afrique centrale représente une réserve de main-d’œuvre qualifiée plus stable à long terme. Mais sans investissement dans les capacités consulaires locales, cette opportunité restera sous-exploitée », explique un expert en intelligence migratoire à Washington. Vers une gestion plus restrictive ? Outre les limites techniques, la rétrogression des visas EB-2 et la menace de rendre indisponibles les catégories EB-3 et EW sont des signaux forts d’un modèle d’immigration américain sous tension structurelle. Le risque ? Un gel temporaire des arrivées de profils qualifiés dans des secteurs en pénurie (santé, tech, BTP). Une perspective préoccupante pour le Cameroun, dont une part croissante des diplômés vise l’émigration légale vers les États-Unis. Noël Ndong

Visa américain : deux mois sous haute tension pour l’Afrique Read More »

Ciel africain sous pression : quand la fiscalité freine la connectivité du continent

L’Afrique vole à contre-courant. Alors que le monde investit dans la fluidité du transport aérien pour stimuler commerce, diaspora et tourisme, une étude de l’AFRAA (Association des Compagnies Aériennes Africaines) révèle que plusieurs pays africains étranglent leur ciel sous le poids de taxes et redevances excessives. Le constat est sans appel : le Gabon (297,7 $) et la Sierra Leone (294 $) imposent les plus fortes charges aériennes du continent, loin devant la moyenne africaine (68 $). Neuf des dix pays les plus chers se situent en Afrique de l’Ouest et centrale, soulignant une fracture géoéconomique inquiétante. À l’inverse, la Libye (1,3 $), le Malawi (5 $) ou encore l’Algérie (9,8 $) offrent des conditions bien plus compétitives. Enjeu stratégique : la compétitivité régionale. Ces déséquilibres minent les efforts d’intégration régionale et de ZLECAf. Le surcoût des billets dissuade les compagnies internationales, affaiblit les flux touristiques et restreint la mobilité intra-africaine. Paradoxalement, les régions les plus fiscalement agressives génèrent le moins de trafic aérien. Un modèle économique à revoir Le rapport accuse plusieurs États d’utiliser la fiscalité aérienne pour boucher leurs déficits budgétaires, au mépris des principes de l’OACI (transparence, proportionnalité, consultation). Cette approche non soutenable pénalise l’ensemble du secteur : le continent perd chaque année des milliards de dollars en opportunités économiques. Des réformes urgentes L’Afrique du Nord, avec des redevances faibles et une forte connectivité, incarne une alternative viable. La réussite de hubs comme Casablanca, Le Caire ou Alger montre que croissance et fiscalité modérée peuvent coexister. L’aviation devrait être un levier de développement, non un luxe. Sans harmonisation continentale des taxes aériennes, l’Afrique risque de rester au sol dans la course à la mobilité globale. Les États doivent choisir : perpétuer un modèle court-termiste ou libérer leur ciel pour une croissance durable. Noël Ndong

Ciel africain sous pression : quand la fiscalité freine la connectivité du continent Read More »

Afrique centrale : une région sous haute tension

Entre transitions contestées, pressions sécuritaires et résilience autoritaire. L’Afrique centrale traverse une période charnière, marquée par une recomposition politique rapide, une instabilité sécuritaire croissante et un durcissement des régimes en place. Du Cameroun à la RDC, en passant par le Tchad, le Gabon, la Centrafrique et la Guinée équatoriale, la région oscille entre réformes institutionnelles, crispations autoritaires et enjeux de souveraineté stratégique. Cameroun : verrou électoral et exclusion Alors que l’élection présidentielle est prévue pour octobre 2025, le régime du président Paul Biya (92 ans, au pouvoir depuis 1982) vient de valider 13 candidatures, excluant Maurice Kamto, chef de file de l’opposition. Le rejet de son dossier, confirmé par le Conseil constitutionnel, accentue la fracture politique, notamment dans les régions anglophones toujours en conflit. RDC : Kabila dans la tourmente, justice sous pression L’ancien président Joseph Kabila est poursuivi pour haute trahison et participation à une insurrection armée. Son procès, renvoyé au 31 juillet 2025, intervient dans un contexte post-électoral tendu, où le président Félix Tshisekedi cherche à consolider son autorité. La judiciarisation du conflit entre anciens et nouveaux cercles du pouvoir pourrait alimenter des tensions institutionnelles, voire tribales, dans l’est du pays déjà instable. Gabon : entre transition militaire et incertitude démocratique Un an après le coup d’État militaire d’août 2023, le Gabon peine à définir les contours d’un retour à l’ordre constitutionnel. Le président de la transition, Brice Oligui Nguema, maintient un discours d’apaisement, mais aucune date d’élection n’est fixée, alimentant les doutes sur une réelle transition démocratique. L’armée demeure le principal acteur politique, dans un pays historiquement dominé par le clan Bongo. Centrafrique : vers un troisième mandat sous influence En RCA, le président Faustin-Archange Touadéra a annoncé sa candidature pour un troisième mandat, rendu possible par la nouvelle Constitution adoptée en 2023. Avec un fort soutien militaire russe (ex-Wagner), Bangui s’éloigne progressivement des partenaires occidentaux. L’opposition, affaiblie et divisée, peine à contester ce glissement autoritaire. Tchad : militarisation du pouvoir civil Le président Mahamat Idriss Déby, issu de la transition militaire après la mort de son père, a récemment procédé à une restructuration sécuritaire d’envergure : police, gendarmerie, renseignement, tout a été réorganisé. Ce durcissement intervient dans un climat marqué par des violences communautaires, des tensions politiques non résolues et des accusations de répression des opposants. Guinée équatoriale : une succession opaque Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979, reste l’un des derniers dinosaures politiques africains. Officiellement, son fils Teodorín, vice-président, semble destiné à lui succéder, mais les luttes internes et la méfiance internationale, notamment autour des questions de gouvernance, obscurcissent l’avenir politique du pays. Une crise de succession pourrait fragiliser ce pilier de la stabilité pétrolière régionale. Une région stratégique sous pression géopolitique Vers une « stabilité autoritaire » ? L’Afrique centrale semble s’orienter vers un modèle de stabilité autoritaire, où les régimes maintiennent un semblant d’ordre au prix d’un rétrécissement démocratique. Si cette configuration satisfait certains partenaires extérieurs soucieux de sécurité (notamment dans la lutte antiterroriste ou la maîtrise des flux migratoires), elle risque à moyen terme de provoquer des soulèvements populaires imprévisibles, à l’image des vagues de coups d’État en Afrique de l’Ouest. Noël Ndong

Afrique centrale : une région sous haute tension Read More »

Présidentielle 2025 au Cameroun : l’exclusion de Maurice Kamto, entre manœuvres juridiques et ambiguïtés politiques

L’alliance MRC-MANIDEM mise à l’épreuve du droit électoral. La candidature de Maurice Kamto, figure majeure de l’opposition camerounaise, n’a pas été retenue par le Conseil électoral d’Élections Cameroon (Elecam) dans la liste officielle des candidats à la présidentielle du 12 octobre 2025. Cette décision, très commentée, suscite à la fois incompréhension et débats quant à ses fondements juridiques et politiques. Si le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), aujourd’hui présidé par Mamadou Mota, a dénoncé une exclusion « calculée », le contexte institutionnel révèle une situation plus complexe que ne laisse supposer une lecture purement politique. Une stratégie alternative risquée : du MRC au MANIDEM Écarté des élections législatives de 2020 pour des raisons similaires, Maurice Kamto a choisi en 2025 de se faire investir par un autre parti légalement reconnu, le MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie), afin de contourner les obstacles liés au statut juridique contesté du MRC auprès du Ministère de l’Administration Territoriale. Mais cette stratégie a fini par se retourner contre lui. Le Conseil électoral a évoqué une « pluralité d’investiture » concernant le MANIDEM – le ministère ayant enregistré un autre nom de président pour le même parti, ce qui aurait créé un conflit d’autorité sur la signature de la candidature du Pr Maurice Kamto. Le MRC, dans sa déclaration, accuse le ministre Atanga Nji d’avoir orchestré une modification unilatérale des données officielles du parti, ce qui rendrait la procédure de dépôt invalide. Entre droit électoral et tactique politique Sur le plan du droit électoral, Elecam affirme avoir appliqué les textes en vigueur, notamment ceux relatifs à la cohérence des documents d’investiture et à l’unicité de candidature par parti. En l’absence de clarification formelle entre les différentes ailes du MANIDEM, l’organe électoral a préféré écarter le dossier plutôt que de l’invalider a posteriori. Toutefois, cette décision n’est pas sans conséquences politiques. Elle pourrait renforcer le sentiment, chez une partie de l’opinion, que les institutions électorales restent fortement politisées, dans un contexte où le président sortant Paul Biya est en course pour un nouveau mandat. Un recours encore possible, mais une marge étroite Le MRC a annoncé un recours devant le Conseil constitutionnel, avec l’espoir d’un repêchage juridique. Toutefois, les chances de succès sont minces, à en juger par la jurisprudence constante du Conseil, souvent alignée sur les positions d’Elecam. À noter également que le délai légal pour statuer est bref – quelques jours après la notification du rejet. Un signal d’alerte plus qu’une surprise Si l’exclusion de Maurice Kamto peut apparaître comme un coup dur pour le pluralisme politique, elle s’inscrit aussi dans un contexte de tensions institutionnelles persistantes entre opposition et appareil d’État. Elle révèle les limites de la stratégie juridique indirecte adoptée par Maurice Kamto et les failles du système d’enregistrement au Cameroun. Plus qu’un incident isolé, cette affaire relance les débats sur la réforme des institutions électorales, la transparence de l’administration territoriale, et la nécessité d’un consensus national sur les règles du jeu démocratique. Noël Ndong Correspondance d’ELECAM au Pr Maurice Kamto

Présidentielle 2025 au Cameroun : l’exclusion de Maurice Kamto, entre manœuvres juridiques et ambiguïtés politiques Read More »

Cameroun/Présidentielle 2025: ELECAM valide 13 candidatures, Maurice Kamto recalé

Le Conseil Électoral d’Élections Cameroon (ELECAM) a publié ce jour la liste officielle des candidats retenus pour l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025. Sur les 84 dossiers reçus, 13 candidatures ont été validées, dont celles de Paul Biya (RDPC), Cabral Libii (PCRN), Joshua Osih (SDF) ou encore Patricia Tomaino Ndam Njoya (UDC), de Bello Bouba Maïgari (UNDP), et de Issa Tchitoma Bakari (FSNC). En revanche, la candidature très attendue de Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), roulant sous la bannière du Manidem, a été rejetée, le Conseil évoquant des irrégularités dans son dossier. Cette exclusion suscite déjà de vives réactions dans le paysage politique national. Cette résolution, adoptée à l’unanimité par le Conseil, marque le début officiel du compte à rebours électoral. Les candidats retenus représentent une diversité politique notable, mêlant figures historiques et nouvelles ambitions. Liste des candidats (par ordre alphabétique) : Noël Ndong

Cameroun/Présidentielle 2025: ELECAM valide 13 candidatures, Maurice Kamto recalé Read More »

CEMAC face au choc tarifaire américain : entre vulnérabilité relative et opportunité stratégique

Alors que Washington impose de nouveaux droits de douane, la zone CEMAC s’organise pour amortir l’onde de choc, réorienter ses priorités commerciales et renforcer sa résilience structurelle. La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) réagit avec prudence mais vigilance à la récente hausse unilatérale des tarifs douaniers imposée par les États-Unis. Si le volume des exportations vers le marché américain reste marginal – 2,1% des exportations de la sous-région, loin derrière l’Union européenne (27,4%) et la Chine (24,5%), les autorités monétaires estiment que l’impact indirect pourrait se révéler plus large qu’il n’y paraît. Réunie en visioconférence le 24 juillet 2025, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a convoqué experts, économistes et hauts décideurs à l’occasion de la première Journée économie et finance. Objectif : anticiper les effets systémiques de la nouvelle doctrine protectionniste américaine sur les six pays membres (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad), et poser les bases d’une riposte régionale concertée. « Ce relèvement viole les règles de l’OMC. Mais nous ne sommes pas dans une logique de guerre commerciale avec les États-Unis. Nous devons convertir cette pression extérieure en levier de transformation », a tempéré Guy Innocent Beffo, expert en commerce international et intervenant à la conférence. La décision américaine, initiée par l’administration Trump début avril, fixe désormais un droit plancher de 10 % pour le Congo, la Centrafrique et le Gabon, et 13 % pour le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Tchad. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de réduction du déficit commercial américain et de relocalisation industrielle, mais leur portée mondiale remet en question l’équilibre des économies vulnérables. Impact économique et enjeux stratégiques À court terme, les secteurs pétrolier et forestier sont les plus exposés, en particulier au Cameroun, au Gabon et en Guinée équatoriale. La hausse des droits de douane risque de réduire les marges à l’exportation, de ralentir la croissance des réserves de change et de favoriser l’inflation importée, prévient un rapport interne de la BEAC. Au-delà du choc conjoncturel, les experts y voient un signal stratégique : la nécessité urgente pour la zone CEMAC de réduire sa dépendance aux marchés extérieurs, de diversifier sa base productive, et de stimuler le commerce intra-communautaire, actuellement très faible (moins de 5% des échanges totaux). « Nous devons tirer des leçons de la trajectoire des pays du Golfe : diversifier en profondeur, industrialiser, et tirer parti de notre potentiel régional », a plaidé un conseiller économique de la BEAC. Dans un contexte international marqué par la remontée du protectionnisme, la fragmentation des chaînes de valeur mondiales et les rivalités entre grandes puissances, cette décision américaine est aussi un révélateur des vulnérabilités structurelles des économies africaines, encore trop dépendantes de leurs partenaires traditionnels. La stabilité économique régionale, déjà mise à l’épreuve par des crises sécuritaires persistantes (notamment au Tchad et en Centrafrique), pourrait se fragiliser davantage si les États membres ne s’engagent pas dans des réformes d’intégration régionale, d’industrialisation, et de modernisation de la politique commerciale. Une réponse collective en gestation Face à cette situation, la BEAC appelle à une diplomatie économique plus affirmée, et à la mise en place d’un mécanisme régional de veille commerciale, capable de suivre les tendances tarifaires mondiales et de proposer des contre-mesures adaptées, y compris à travers de nouveaux accords Sud-Sud ou une meilleure valorisation des accords existants comme l’AfCFTA (ZLECAF). La CEMAC n’a pas les moyens d’une confrontation, mais elle dispose d’une carte à jouer : celle d’un réalignement stratégique vers des partenaires plus diversifiés, plus souples, et mieux connectés à ses priorités de développement. Noël Ndong

CEMAC face au choc tarifaire américain : entre vulnérabilité relative et opportunité stratégique Read More »

Cameroun–Canada : Lorraine Anderson tire sa révérence après trois années de diplomatie stratégique et inclusive

Après un mandat remarqué à Yaoundé, la Haut-Commissaire du Canada, Lorraine Janel Anderson, quitte le Cameroun sur fond d’un renforcement inédit des relations bilatérales. Son départ, salué par les plus hautes autorités, marque un tournant dans la coopération entre Ottawa et Yaoundé. Arrivée au terme de sa mission diplomatique de trois ans, Son Excellence Lorraine Janel Anderson, Haut-Commissaire du Canada au Cameroun, a été reçue en audience le 22 juillet 2025 par le Premier Ministre Joseph Dion Ngute, au Star Building, pour une cérémonie d’adieux empreinte de reconnaissance et de respect mutuel. Elle a également rencontré le lendemain Stanislas Oyono, Inspecteur général au ministère des Relations extérieures. « J’ai eu un mandat très fructueux au Cameroun. J’ai pu constater l’énergie et le potentiel de ce pays dans tant de domaines », a confié la diplomate à l’issue de son entretien avec le chef du gouvernement. Une diplomatie d’impact et de proximité Sous sa houlette, la coopération bilatérale Canada–Cameroun a connu une montée en puissance dans des secteurs clés. Les échanges commerciaux ont progressé, avec plus de 65 millions de dollars enregistrés en volume annuel en 2024, selon les données de la Banque mondiale. Parallèlement, plus de 30 entreprises canadiennes sont désormais actives ou en partenariat au Cameroun, dans l’agriculture, l’éducation, l’énergie verte et les technologies numériques. L’engagement canadien s’est également affirmé sur le plan humanitaire et social, avec plus de 28 millions de dollars canadiens investis entre 2020 et 2024 dans des projets de développement, d’éducation, de santé, de lutte contre les violences basées sur le genre et d’assistance aux personnes vulnérables. « La richesse du patrimoine, la protection des droits humains et la promotion de l’État de droit ont toujours été au cœur de notre action », a rappelé Lorraine Anderson. Une influence géopolitique discrète mais affirmée Son mandat s’est déroulé dans un contexte sensible, marqué par des tensions dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mme Anderson a joué un rôle de facilitatrice discrète dans les discussions sur la gouvernance inclusive, contribuant au dialogue sur la bonne gouvernance et la paix durable, salué officiellement par le Premier Ministre. « Le gouvernement apprécie les efforts de Mme Anderson pour la promotion de la bonne gouvernance et l’appui aux solutions durables aux tensions socio-politiques », a souligné Joseph Dion Ngute. La diplomate a également renforcé l’ancrage canadien dans les mécanismes multilatéraux, notamment à travers la coopération universitaire, la formation diplomatique, et le renforcement du partenariat dans le cadre du Commonwealth. Un départ stratégique, un héritage durable Alors qu’Ottawa s’apprête à nommer un successeur, Lorraine Anderson laisse derrière elle un bilan solide, combinant résultats économiques tangibles, impact social mesurable, et dialogue politique crédible. « Lorraine Anderson incarne une diplomatie moderne, inclusive et orientée vers les résultats. Son départ est un tournant, mais aussi une base solide pour le futur de notre partenariat », confie un haut responsable du ministère camerounais des Relations extérieures. Noël Ndong

Cameroun–Canada : Lorraine Anderson tire sa révérence après trois années de diplomatie stratégique et inclusive Read More »

Cameroun : l’État en alerte maximale contre la cyber-ingérence électorale

À moins de trois mois de la présidentielle, Yaoundé annonce la « tolérance zéro » face aux tentatives de manipulation numérique, de sabotage informatique et de déstabilisation du processus électoral. Le Cameroun entre dans la zone rouge de son cycle électoral. Alors que la présidentielle d’octobre 2025 s’annonce décisive, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a tapé du poing sur la table. Dans un communiqué officiel publié le 25 juillet, il a averti que toute tentative de perturber l’intégrité du processus électoral – par le piratage, la désinformation ou la manipulation numérique – sera traitée avec une sévérité maximale. « Le gouvernement de la République ne tolérera, sous aucun prétexte, la moindre atteinte à l’intégrité, à la transparence et à la sérénité du processus électoral en cours », a déclaré le ministre, s’adressant tant à l’opinion nationale qu’internationale. Au cœur de l’alerte : une tentative de piratage des bases de données du ministère, visant à introduire un nom illégal dans le fichier électoral. Qualifié de « sabotage informatique », cet acte est perçu comme une attaque directe contre les institutions républicaines. Les enquêtes mobilisent actuellement les services spécialisés, avec un appui de partenaires techniques internationaux. Le MINAT cible aussi les campagnes de haine, les fake news et les injures en ligne, notamment contre les institutions et les familles des officiels. « Cet acte malveillant fera l’objet de sanctions exemplaires. L’impunité ne sera ni tolérée, ni acceptée », a insisté Paul Atanga Nji. Au-delà de l’affaire ponctuelle, le gouvernement camerounais place cette réponse dans une stratégie plus large de défense de la souveraineté numérique et électorale, dans une région secouée par des épisodes récents de cyber-ingérence (Nigeria, Tchad, RDC). Alors que la publication des listes officielles de candidats par ELECAM est attendue dans les jours à venir, la vigilance sera renforcée à tous les niveaux : logistique électorale, surveillance des contenus numériques, cybersécurité des bases de données, et contrôle des narratifs publics. Dans un contexte international où la stabilité des régimes est souvent ciblée par des menaces hybrides, Yaoundé veut envoyer un signal fort : la régularité du scrutin est un enjeu de souveraineté, de sécurité et de légitimité institutionnelle. FICHE COMPARATIVE – Dispositifs de lutte contre la cybercriminalité électorale en Afrique centrale (2024–2025) Pays Cadre légal dédié Autorité compétente Mesures spécifiques électorales Niveau de surveillance Partenaires techniques Cameroun Loi sur la cybersécurité (2010), Code pénal, décret 2020/163 Agence nationale des technologies de l’information (ANTIC), MINAT, DGSN Suivi des réseaux sociaux, traque des faux profils, détection de fausses listes électorales, poursuites judiciaires, surveillance du Cloud MINAT Élevé (surtout en période électorale) Interpol, Union européenne, Huawei, Microsoft, ELECAM Gabon Loi 001/2019 sur la cybersécurité ANINF, Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI) Blocage préventif de certains sites, veille électorale numérique, filtrage du contenu en période électorale Moyen à élevé OIF, China Telecom, AfriNIC Congo-Brazzaville Loi 002-2020 sur la cybersécurité Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) Formation des juges électoraux au cyberdroit, alerte sur les manipulations numériques, mise sous surveillance des serveurs publics Moyen France (ANSSI), Huawei, ONUDC Tchad Ordonnance 007/PR/2022 sur la cybersécurité ANSC (Agence nationale de sécurité des communications), Agence électorale nationale Ciblage des fake news, encadrement des cyber-activistes politiques, saisie de matériel de campagne numérique suspect Faible à moyen OIF, CEDEAO, Russie (via partenariats technologiques) Centrafrique Loi 18/006 sur la cybersécurité, Code pénal Ministère de l’Économie numérique, ANE (Autorité nationale des élections) Alerte sur les deepfakes, filtrage de messages anti-institutionnels pendant le scrutin, faible capacité de détection automatique Faible Union africaine, Agence numérique française (AFD) Guinée équatoriale Loi 2021/13 sur la cybercriminalité Direction générale de la cybersécurité (DGCS), armée Surveillance militaire du web, filtrage des plateformes d’opposition, blocages temporaires de réseaux sociaux pendant les élections Très élevé (contrôle étatique) Chine, Russie, Arabie Saoudite (via partenariats bilatéraux) Noël Ndong

Cameroun : l’État en alerte maximale contre la cyber-ingérence électorale Read More »

À Kigali, l’Église catholique d’Afrique trace une voie d’espérance face aux défis géopolitiques

L’Église face aux tempêtes africaines. Alors que l’Afrique traverse une période marquée par des crises politiques, sécuritaires et sociales, l’Église catholique du continent s’apprête à tenir un rendez-vous crucial : la 20e Assemblée plénière du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), du 30 juillet au 4 août à Kigali. Sous la présidence du cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, cette rencontre réunit plus de 250 délégués venus des 54 pays d’Afrique et des îles, dans une volonté claire de bâtir une vision pastorale commune face aux bouleversements du continent. Le thème, « Le Christ, source d’espérance, de réconciliation et de paix », sonne comme un appel fort à la stabilité. « Nous devons être des pasteurs crédibles d’espérance », insiste le cardinal Fridolin Ambongo, dans un contexte où les coups d’État, les conflits interethniques, le terrorisme et les déplacements de populations minent le tissu social africain, du Sahel à l’Est de la RDC, en passant par le Soudan. Mais la démarche est autant spirituelle que politique. Le SCEAM entend s’affirmer comme acteur moral et médiateur de paix, en proposant une vision à long terme pour 2025-2050, articulée autour de douze piliers, incluant l’engagement citoyen, l’écologie, la famille et le dialogue interreligieux. Il s’agit aussi de répondre aux défis pastoraux concrets, comme l’accompagnement des familles dans des contextes culturels complexes. Fondé en 1969 après la visite historique du pape Paul VI, le SCEAM n’est pas seulement une institution ecclésiale. Par sa voix auprès de l’Union africaine, il s’impose aujourd’hui comme une force géopolitique morale, à même d’influencer les décisions politiques du continent. À Kigali, l’Église africaine ne cherche pas seulement à prier, mais à peser. Noël Ndong

À Kigali, l’Église catholique d’Afrique trace une voie d’espérance face aux défis géopolitiques Read More »

Parasitoses : une menace silencieuse mais persistante en Afrique centrale

Alors que plus de 5 milliards de personnes dans le monde pourraient être infectées par des parasites selon les données récentes, l’Afrique centrale reste une des régions les plus touchées, en particulier le Cameroun. Les conditions sanitaires, climatiques et structurelles favorisent la propagation de ces infections négligées. Ces maladies, souvent invisibles et asymptomatiques aux premiers stades, représentent un véritable défi de santé publique, de gouvernance sanitaire et de résilience communautaire. Maladies parasitaires au Cameroun Au Cameroun, les infections parasitaires les plus courantes sont : le Paludisme ; la Schistosomiase ; les Helminthiases intestinales ; l’Onchocercose ; la Loase. Ces infections touchent principalement les zones rurales et périurbaines. Selon les données du ministère de la Santé publique, plus de 30 % des enfants d’âge scolaire seraient infestés par au moins une forme de parasite intestinal. Ces infections affectent gravement le développement cognitif, le système immunitaire et la productivité des populations. Témoignage des experts La parasitologue Diane Paulier rappelle que « certains parasites peuventrester des années dans l’organisme, manipuler le système nerveux et même être à l’origine de troubles psychosomatiques, voire de tumeurs« . Ce constat alarmant est partagé par les acteurs sanitaires locaux, qui dénoncent aussi le manque de diagnostic efficace ; la confusion fréquente avec d’autres maladies chroniques ; la diffusion de traitements non homologués promus sur internet. Réponses et initiatives Face à ce constat, le Cameroun a mis en place plusieurs programmes nationaux de déparasitage, notamment dans les écoles, avec l’appui de l’OMS, de USAID et de l’UNICEF. Des campagnes de sensibilisation à l’hygiène, l’accès à l’eau potable, la cuisson des aliments sont aussi déployées. Cependant, la résurgence de certaines parasitoses, combinée à l’évolution génétique de certaines espèces, appelle à une réponse plus intégrée : renforcement du dépistage communautaire ; lutte contre la désinformation sanitaire ; l’amélioration des données épidémiologiques ; l’investissement dans la recherche. Ces efforts sont essentiels pour réduire l’impact des parasitoses et améliorer la santé publique en Afrique centrale. Noël Ndong

Parasitoses : une menace silencieuse mais persistante en Afrique centrale Read More »

Scroll to Top