Politique & Gouvernance

Procès Bongo : quand le Gabon juge un demi-siècle de pouvoir

Le procès de Sylvia et Noureddin Bongo, un test décisif pour la gouvernance post-régime.

Le Gabon entre dans une phase cruciale de sa transition politique. Le 10 novembre 2025, la Cour pénale spéciale de Libreville a ouvert le procès pour corruption de Sylvia Bongo Ondimba, ancienne Première dame, et de son fils Noureddin Bongo Valentin, ex-coordinateur général des affaires présidentielles.

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Cameroun : Paul Biya s’apprête à prêter serment, quarante-trois ans après son premier mandat

Alors que Yaoundé s’apprête à accueillir la prestation de serment de Paul Biya, prévue le 6 novembre, les chancelleries et partenaires étrangers saluent la stabilité du pays, malgré une contestation interne persistante. Le Cameroun, pilier de l’Afrique centrale, entame un nouveau chapitre sous le signe du contrôle et de la continuité. À Etoudi, l’heure des derniers préparatifs Une réunion d’urgence a été convoquée le mardi 4 novembre 2025 au palais d’Etoudi par Samuel Mvondo Ayolo, ministre directeur du Cabinet civil de la présidence. L’ordre du jour : la préparation de la prestation de serment de Paul Biya, réélu le 12 octobre dernier. Les ministres régaliens – Défense, Justice, Finances, Relations extérieures, Communication, Administration territoriale – ont été mobilisés pour orchestrer un événement que le pouvoir veut exemplaire. Selon des sources concordantes, la cérémonie se tiendra jeudi 6 novembre au Palais des Congrès de Yaoundé, devant le Parlement réuni en Congrès. Une date symbolique : celle du 43ᵉ anniversaire de l’accession de Paul Biya au pouvoir en 1982. Entre reconnaissance diplomatique et tensions internes La communauté internationale salue globalement la stabilité du pays. Plusieurs chancelleries occidentales et africaines, dont celles de la France, des États-Unis et du Congo-Brazzaville, ont envoyé des messages de félicitations prudents, insistant sur la nécessité de « consolider la paix et le dialogue ». Les parlementaires francophones réunis dans le cadre de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) ont, eux aussi, salué la maturité du processus électoral, tout en appelant à « un approfondissement démocratique ». Mais sur le terrain, la tension demeure. Des partisans du candidat Issa Tchiroma Bakary continuent de contester les résultats, dénonçant des irrégularités et réclamant un recomptage. À Garoua ou Bamenda, la frustration s’exprime dans la rue, malgré l’appel des autorités à « tourner la page ». Un enjeu régional pour l’Afrique centrale Dans une sous-région marquée par l’instabilité – du Tchad à la Centrafrique -, le Cameroun reste un point d’ancrage essentiel. Pour un diplomate, « la continuité du régime Biya rassure les voisins, même si le modèle montre des signes d’essoufflement ». À 92 ans, Paul Biya aborde ce huitième mandat dans un contexte régional fragile, où chaque transition non maîtrisée peut déstabiliser un équilibre déjà précaire. À Etoudi, tout est prêt. Les drapeaux flottent, les forces de sécurité quadrillent la capitale. Mais au-delà de la solennité, une question demeure : le Cameroun entre-t-il dans une nouvelle ère de stabilité durable ou dans un cycle de statu quo prolongé ?

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Cameroun : Biya réélu, le Sénat et la francophonie misent sur la stabilité

À trois jours de la prestation de serment, le Sénat camerounais félicite Paul Biya pour sa réélection et reçoit le soutien de parlementaires francophones, tandis que l’opposition maintient sa contestation. Le pays avance sur une ligne de crête entre message institutionnel et attentes citoyennes. Sénat : message d’apaisement et soutien au président Le 3 novembre, le Sénat camerounais a ouvert sa troisième session ordinaire en saluant officiellement la réélection de Paul Biya, vainqueur du scrutin du 12 octobre 2025. Le vice-président Aboubakary Abdoulaye, au nom de Marcel Niat Njifenji, a rendu hommage au « peuple camerounais pour sa maturité politique et son attachement à la paix », tout en dénonçant les « ingérences étrangères » et les appels à la contestation. Les sénateurs ont insisté sur la nécessité de relancer l’économie, de lutter contre la corruption, de développer les infrastructures et de créer des emplois pour les jeunes, plaçant ces objectifs au cœur du nouveau septennat. Entre soutien institutionnel et contestation populaire Le discours sénatorial s’aligne sur la position du RDPC, parti au pouvoir, qui célèbre le 43ᵉ anniversaire de l’accession de Paul Biya au pouvoir. Mais certains candidats, comme Issa Tchiroma Bakary, contestent toujours les résultats et appellent à des « villes mortes » dans plusieurs régions, illustrant la fracture entre institutions et population. Le soutien des parlementaires francophones La session sénatoriale a également bénéficié d’un appui international symbolique : des parlementaires francophones de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) ont salué « la maturité du processus électoral et l’importance de la stabilité politique ». Selon eux, le respect des institutions et le dialogue national sont essentiels pour renforcer la démocratie et la coopération régionale. Ce soutien souligne la légitimité internationale du nouveau mandat et met en avant le rôle actif de la francophonie dans l’accompagnement des transitions politiques en Afrique. Un rôle clé pour le Sénat Abdoulaye a rappelé : « Dans une élection, il n’y a ni vainqueur, ni vaincu, mais un peuple qui triomphe ». Le Sénat promet de contrôler l’action gouvernementale et d’accompagner le développement local, avec l’examen du budget 2026 comme premier test concret du nouveau septennat. À trois jours de la prestation de serment, le Sénat et ses alliés francophones envoient un message d’unité. Mais beaucoup attendent encore des actes concrets pour restaurer la confiance et réduire les fractures post-électorales. La question reste ouverte : la parole parlementaire et francophone suffira-t-elle à réconcilier les Camerounais après un scrutin marqué par des tensions persistantes ?

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Soudan : Paris s’élève contre les crimes d’El-Fasher

Face aux massacres attribués aux Forces de soutien rapide (FSR) au Nord-Darfour, la France condamne les exactions et exhorte les acteurs étrangers à cesser d’alimenter un conflit désormais géo-économique et régionalement déstabilisateur. La France a dénoncé avec vigueur les « atrocités à caractère ethnique » commises par les Forces de soutien rapide (FSR) à El-Fasher, dans le Nord-Darfour. Dans un communiqué, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a évoqué « des exécutions sommaires, des viols et des massacres de civils », ainsi que des attaques contre des humanitaires. Paris a appelé à « la protection immédiate des populations » et exigé que « les auteurs répondent de leurs crimes devant la justice internationale ». Depuis la prise d’El-Fasher par les FSR, le 26 octobre, la situation humanitaire s’est effondrée. Issues des anciennes milices Janjawid, les FSR poursuivent une offensive marquée par une logique de purification ethnique. Selon les Nations unies, plus de 9 millions de Soudanais sont déplacés, dont 1,8 million réfugiés dans les pays voisins. Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que 25 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont désormais besoin d’une aide d’urgence. La décision de Khartoum d’expulser des responsables du PAM a, selon Paris, « gravement compromis » la coordination humanitaire. Sur le plan politique, la guerre qui oppose depuis avril 2023 l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane aux FSR du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemetti, menace de fracturer durablement le pays. L’Union africaine appelle à un « cessez-le-feu immédiat et vérifiable », tandis que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dénonce « une guerre alimentée par des soutiens extérieurs et des intérêts économiques concurrents ». En effet, le conflit soudanais est désormais autant militaire qu’économique. Les FSR contrôlent une partie des mines d’or du Darfour, dont la production alimente un trafic régional estimé à plus d’un milliard de dollars par an. Plusieurs rapports des Nations unies mettent en cause des circuits de contrebande reliant le Tchad, la Centrafrique et Dubaï. « L’or est devenu l’arme silencieuse de la guerre soudanaise », confie un diplomate. Sur la scène internationale, Paris s’aligne sur Washington, Londres et Bruxelles pour exiger la fin des livraisons d’armes et soutenir des sanctions ciblées contre les chefs militaires. Les bailleurs de fonds – Banque mondiale, FMI et Banque africaine de développement – maintiennent la suspension de leur aide, évaluée à plus de 2,5 milliards de dollars, en attente d’un retour à un pouvoir civil. Pour la diplomatie française, l’enjeu dépasse l’urgence humanitaire. « Le Soudan se situe au cœur d’un arc d’instabilité qui s’étend du Sahel à la mer Rouge », souligne un haut diplomate du Quai d’Orsay. Sans un sursaut collectif, le pays risque, selon les observateurs, une « somalisation prolongée » : une guerre sans fin où les rivalités ethniques, les trafics et l’économie de guerre s’autoalimentent dans un silence international préoccupant.

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