Politique & Gouvernance

Madagascar : Emmanuel Macron garde le silence sur l’exfiltation de Rajoelina

Alors que des rumeurs d’exfiltration du prĂ©sident Rajoelina circulent, Paris appelle au respect de l’ordre constitutionnel dans un pays au bord de l’implosion politique. Une exfiltration sous hypothèse, une Ă®le sous tension. Alors que Madagascar s’enfonce dans une crise politico-militaire sans prĂ©cĂ©dent depuis la fin de la Transition de 2009, les spĂ©culations autour d’une Ă©ventuelle exfiltration du prĂ©sident Andry Rajoelina par un avion militaire français depuis l’île Sainte-Marie agitent les milieux diplomatiques. InterrogĂ© en marge du sommet pour la paix Ă  Charm el-Cheikh, Emmanuel Macron a bottĂ© en touche : « Je ne confirme rien aujourd’hui », a-t-il dĂ©clarĂ©, tout en exprimant sa « grande prĂ©occupation » face Ă  la situation dans la Grande ĂŽle. Ce refus de confirmer, en langage diplomatique, vaut souvent reconnaissance implicite d’un soutien logistique discret. Une crise multidimensionnelle : sociale, militaire, institutionnelle Le mouvement GĂ©nĂ©ration Z, dĂ©clenchĂ© le 25 septembre sur fond de pĂ©nuries d’eau et d’électricitĂ©, a rapidement mutĂ© en contestation politique radicale, ciblant directement la lĂ©gitimitĂ© du prĂ©sident malgache. MalgrĂ© la dissolution du gouvernement et la nomination d’un cabinet militarisĂ©, la colère populaire s’amplifie. La fracture dĂ©sormais visible au sein de l’armĂ©e – matĂ©rialisĂ©e par l’insubordination du CAPSAT (unitĂ© stratĂ©gique) – a transformĂ© la crise en affrontement civilo-militaire. Cette unitĂ© a unilatĂ©ralement nommĂ© un nouveau chef d’état-major, le gĂ©nĂ©ral DĂ©mosthène Pikulas, dĂ©fiant l’autoritĂ© prĂ©sidentielle. Pour la prĂ©sidence, « il s’agit d’une tentative de coup de force ». RĂ©actions rĂ©gionales : entre inquiĂ©tude et prĂ©vention L’Union Africaine, par la voix de Mahmoud All Youssouf, a exprimĂ© sa « profonde inquiĂ©tude » et appelĂ© « civils et militaires Ă  la retenue, au dialogue, et au respect de la Constitution ». La SADC (CommunautĂ© de dĂ©veloppement de l’Afrique australe) a convoquĂ© une rĂ©union d’urgence, tandis que les chefs d’État des Comores, de Maurice et d’Afrique du Sud se sont alignĂ©s sur une position commune : « prĂ©server l’ordre constitutionnel Ă  Madagascar est une prioritĂ© rĂ©gionale ». Une crise prolongĂ©e aurait des effets domino sur la stabiliitĂ© de cette rĂ©gion de l’ocean indien. Enjeux gĂ©oĂ©conomiques : la stabilitĂ©, clef de l’attractivitĂ© Madagascar, positionnĂ©e stratĂ©giquement sur les grandes routes maritimes indo-pacifiques, est Ă©galement convoitĂ©e pour ses ressources minières stratĂ©giques : nickel, graphite, cobalt, terres rares. Près de 750 millions de dollars d’investissements directs Ă©trangers (IDE) sont actuellement gelĂ©s ou menacĂ©s. Le secteur du tourisme, qui reprenait après la pandĂ©mie, est Ă  nouveau Ă  l’arrĂŞt. L’agriculture d’exportation (vanille, litchis), principale source de devises, subit Ă©galement les perturbations. Une jeunesse en Ă©veil, un pouvoir en dĂ©clin Le prĂ©sident français Emmanuel Macron a tenu Ă  saluer le rĂ´le des jeunes dans cette crise : « Une jeunesse politisĂ©e, qui veut vivre mieux, c’est une très bonne chose ». Mais il met en garde contre toute rĂ©cupĂ©ration par des « factions militaires » ou des « ingĂ©rences Ă©trangères ». En Ă©cho, le collectif Gen Z, qui organise des rassemblements pacifiques Place du 13 mai, annonce une « concertation nationale » dans les prochains jours. Un point de bascule pour la rĂ©gion La crise malgache dĂ©passe largement le cadre national. Elle interroge la rĂ©silience des États insulaires face aux chocs internes et externes : pĂ©nuries, corruption, tensions militaires, jeunesse mobilisĂ©e. Elle questionne aussi la capacitĂ© des institutions africaines Ă  prĂ©venir les dĂ©rives autoritaires ou les coups d’État rampants. Entre silence stratĂ©gique et diplomatie de crise L’exfiltration non confirmĂ©e d’Andry Rajoelina pourrait marquer la fin d’un cycle politique ouvert en 2009. La France, traditionnellement influente Ă  Madagascar, semble jouer la carte de la prudence, tandis que l’UA tente de reprendre la main. La fenĂŞtre pour une dĂ©sescalade existe, mais elle se referme rapidement. « Le pire n’est jamais certain, mais il devient probable quand le silence devient stratĂ©gie », glisse un diplomate europĂ©en.

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Nicolas Sarkozy incarcéré : Une onde de choc judiciaire à portée mondiale

« L’image d’un ancien chef d’État sous les verrous bouscule les fondements symboliques de la dĂ©mocratie europĂ©enne », selon Dr. ÉlĂ©onore Galland, spĂ©cialiste en droit international et transitions dĂ©mocratiques Un sĂ©isme judiciaire sans prĂ©cĂ©dent Le 21 octobre 2025, pour la première fois dans l’histoire de la RĂ©publique française – et de l’Union europĂ©enne – un ancien prĂ©sident Ă©lu dĂ©mocratiquement sera incarcĂ©rĂ© dans une prison de droit commun. Nicolas Sarkozy, chef de l’État de 2007 Ă  2012, entamera une peine de cinq ans de prison ferme Ă  la maison d’arrĂŞt de la SantĂ©, Ă  Paris, après avoir Ă©tĂ© reconnu coupable de corruption passive, financement illĂ©gal de campagne Ă©lectorale et association de malfaiteurs dans le cadre de l’affaire dite « libyenne« . Sa condamnation, confirmĂ©e le 25 septembre dernier malgrĂ© son appel, intervient après plus d’une dĂ©cennie de procĂ©dures judiciaires complexes impliquant des rĂ©seaux financiers transnationaux, des transferts d’espèces occultes et la chute de rĂ©gimes autoritaires au Moyen-Orient. Cette affaire, connectĂ©e Ă  la chute du colonel Kadhafi en 2011, mĂŞle enjeux de politique Ă©trangère, finance offshore, et influence diplomatique. Une dĂ©tention sous haute sĂ©curitĂ©, sans privilèges apparents Nicolas Sarkozy sera incarcĂ©rĂ© dans le quartier des personnes vulnĂ©rables (QPV) de la prison de la SantĂ©, un espace conçu pour protĂ©ger les dĂ©tenus Ă  risque Ă©levĂ© – personnalitĂ©s politiques, figures mĂ©diatiques ou anciens hauts fonctionnaires. Comme d’autres avant lui (Patrick Balkany ou Claude GuĂ©ant), il sera isolĂ© du reste des dĂ©tenus, dans une cellule de 9 m² Ă©quipĂ©e d’une douche, d’un rĂ©frigĂ©rateur et d’une tĂ©lĂ©vision, conformĂ©ment aux standards post-rĂ©novation. Selon l’administration pĂ©nitentiaire, ce n’est pas un rĂ©gime de faveur, mais une nĂ©cessitĂ© sĂ©curitaire. L’ancien prĂ©sident aura droit Ă  trois visites familiales par semaine, des parloirs avec ses avocats, une promenade quotidienne d’une heure dans une cour sĂ©parĂ©e, et sera surveillĂ© lors de tous ses dĂ©placements internes. Une incarcĂ©ration aux effets systĂ©miques Cette dĂ©tention dĂ©passe le simple cadre pĂ©nal. Sur le plan gĂ©opolitique, elle fragilise l’image de la France comme bastion de la stabilitĂ© dĂ©mocratique. Pour plusieurs observateurs internationaux, la sanction judiciaire d’un ex-chef d’État occidental pour des faits de corruption liĂ©s Ă  des puissances Ă©trangères est un avertissement sur les vulnĂ©rabilitĂ©s institutionnelles en Europe, notamment face aux logiques de soft power financier et d’ingĂ©rences. Sur le plan Ă©conomique, l’affaire met en lumière les zones grises du financement politique international, oĂą convergent services de renseignement, multinationales et intĂ©rĂŞts pĂ©troliers. L’affaire Sarkozy soulève Ă©galement des questions sur la gestion post-conflit en Libye et sur les responsabilitĂ©s occidentales dans les transitions autoritaires. La RĂ©publique face Ă  elle-mĂŞme Politiquement, cette incarcĂ©ration symbolise le retour d’une justice indĂ©pendante, capable de juger mĂŞme les plus puissants. Mais elle marque aussi une fracture dans la confiance envers les Ă©lites, et pourrait nourrir la dĂ©fiance populiste Ă  l’approche des Ă©lections europĂ©ennes de 2026. Ă€ droite, certains dĂ©noncent une « instrumentalisation politique » de la justice. Ă€ gauche, on y voit la victoire d’un État de droit rĂ©affirmĂ©. En toile de fond, cette affaire pose une question stratĂ©gique majeure : jusqu’oĂą une dĂ©mocratie peut-elle juger ses anciens dirigeants sans fragiliser sa propre lĂ©gitimitĂ© ? « L’incarcĂ©ration de Sarkozy n’est pas seulement un acte judiciaire ; c’est un signal d’alarme lancĂ© aux dĂ©mocraties occidentales sur la nĂ©cessitĂ© d’une transparence structurelle dans le financement politique » ? souligne Alexandre Adler, politologue et ancien conseiller en stratĂ©gie internationale Prochaine Ă©chĂ©ance : La cour d’appel devra statuer sur une Ă©ventuelle demande de libĂ©ration conditionnelle dans un dĂ©lai de deux mois. L’issue pourrait influencer durablement la perception du pouvoir judiciaire français dans le monde.

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France–Afrique : Le gouvernement Lecornu à l’épreuve du continent stratégique

En dĂ©voilant la composition de son gouvernement le 12 octobre, le Premier ministre français SĂ©bastien Lecornu n’a pas seulement cherchĂ© Ă  stabiliser la politique intĂ©rieure d’une France fracturĂ©e. SĂ©batien Lecornu a aussi posĂ© les bases d’un repositionnement stratĂ©gique, notamment vis-Ă -vis de l’Afrique. Dans un contexte de recul d’influence française sur le continent, le nouveau gouvernement entend conjuguer rĂ©alisme diplomatique, partenariats Ă©conomiques ciblĂ©s et sĂ©curitĂ© partagĂ©e. « La France doit parler d’égal Ă  Ă©gal avec l’Afrique, non plus au nom de l’histoire, mais au nom de l’avenir Â», aurait confiĂ© un proche du Premier ministre. Une diplomatie en reconquĂŞte La reconduction de Jean-NoĂ«l Barrot aux Affaires Ă©trangères et la nomination de Catherine Vautrin aux ArmĂ©es tĂ©moignent d’un double impĂ©ratif : rĂ©affirmer la prĂ©sence stratĂ©gique française tout en rĂ©inventant les relations bilatĂ©rales dans un environnement post-Françafrique. Depuis le retrait progressif des forces françaises du Sahel et la montĂ©e en puissance d’acteurs concurrents – notamment la Russie, la Chine et la Turquie-, Paris cherche Ă  transformer ses liens traditionnels en coopĂ©rations pragmatiques, axĂ©es sur la sĂ©curitĂ© maritime, les infrastructures numĂ©riques et la formation des Ă©lites locales. Selon un diplomate africain Ă  Paris, « l’enjeu n’est plus militaire, il est Ă©conomique et culturel. L’Afrique attend des solutions, pas des leçons Â». Économie et influence : la bataille du soft power Sous la houlette de Roland Lescure Ă  l’Économie et de Nicolas Forissier au Commerce extĂ©rieur, le gouvernement Lecornu pourrait privilĂ©gier une stratĂ©gie de compĂ©titivitĂ© partagĂ©e, s’appuyant sur les entreprises françaises encore actives en Afrique : Ă©nergie, transport, tĂ©lĂ©communications, agriculture durable. La nomination d’ÉlĂ©onore Caroit Ă  la Francophonie traduit aussi une volontĂ© de reconstruire un rĂ©cit d’influence autour de la langue et de l’innovation, Ă  l’heure oĂą le français demeure parlĂ© par plus de 300 millions de locuteurs, dont 60 % en Afrique. « La bataille Ă©conomique africaine est aussi une bataille narrative », estime un analyste en intelligence Ă©conomique. Â« Si la France veut rester audible, elle doit redevenir utile Â». Une approche sĂ©curitaire redĂ©finie Le binĂ´me Laurent Nuñez (IntĂ©rieur) – Catherine Vautrin (ArmĂ©es) incarne une vision de la sĂ©curitĂ© intĂ©grĂ©e : lutte contre le terrorisme transnational, contrĂ´le migratoire concertĂ©, cybermenaces, protection des diasporas. Lecornu, ancien ministre des ArmĂ©es, maĂ®trise les enjeux militaires africains et pourrait promouvoir une logique partenariale oĂą la France n’agit plus seule, mais en coalition avec les acteurs rĂ©gionaux et europĂ©ens. Les coopĂ©rations de dĂ©fense pourraient dĂ©sormais s’inscrire dans le cadre d’un « pacte de stabilitĂ© africaine Â», fondĂ© sur la formation, le renseignement et la sĂ©curitĂ© des zones maritimes – en particulier dans le Golfe de GuinĂ©e. Lecornu, l’équilibriste de Matignon De retour Ă  Matignon dans un climat de crise politique, SĂ©bastien Lecornu hĂ©rite d’un mandat Ă  double dimension : rĂ©tablir la confiance interne et rĂ©affirmer la prĂ©sence internationale. Ses marges de manĹ“uvre restent Ă©troites, mais son profil – technicien du pouvoir, connaisseur des dossiers de dĂ©fense – pourrait lui permettre d’ancrer une nouvelle doctrine africaine, moins idĂ©ologique, plus stratĂ©gique. Pour les observateurs, le « moment Lecornu Â» pourrait marquer une transition de l’influence vers l’interdĂ©pendance, oĂą la France chercherait non plus Ă  dominer, mais Ă  durer. Grille de lecture stratĂ©gique Axe Objectif Risque OpportunitĂ© Politique intĂ©rieure Stabiliser le pays, adopter le budget Blocage parlementaire Consolidation du leadership de Lecornu Diplomatie africaine Repositionner la France Rejet du rĂ©cit nĂ©ocolonial CoopĂ©rations rĂ©gionales et francophonie Ă©conomique SĂ©curitĂ© Mutualiser les capacitĂ©s rĂ©gionales Retrait symbolique perçu comme un abandon CrĂ©ation d’un cadre africain de sĂ©curitĂ© partagĂ©e Économie Rééquilibrer les Ă©changes Concurrence chinoise et turque Nouvelles filières (Ă©nergie, numĂ©rique, agro-industrie) Influence Moderniser la francophonie Perte d’attractivitĂ© culturelle Innovation, Ă©ducation et diplomatie culturelle

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Cameroun-Présidentielle 2025 : Silence stratégique d’Issa Tchiroma

Au lendemain du scrutin prĂ©sidentiel du 12 octobre 2025, le Cameroun entre dans une zone d’incertitude politique. Tandis que les rĂ©sultats officiels se font attendre, Issa Tchiroma Bakary, l’un des principaux prĂ©tendants Ă  la magistrature suprĂŞme, a publiĂ© un message laconique assurant de sa sĂ©curitĂ©. Entre silence tactique, pressions populaires et incertitudes institutionnelles, l’après-vote dessine un tournant stratĂ©gique pour le pays. Un message cryptĂ©, une posture calculĂ©e « Peuple camerounais, vous avez parlĂ© massivement et moi, Ă  mon tour, je m’adresserai Ă  vous bientĂ´t. Je suis en sĂ©curitĂ© et en santĂ© », a dĂ©clarĂ© Issa Tchiroma Bakary, le 12 octobre 2025, via Facebook. Ce court message, publiĂ© au lendemain du scrutin prĂ©sidentiel sur les rĂ©seaux sociaux, est la première prise de parole publique du candidat du Front pour le salut national du Cameroun (FNSC). Aucun commentaire supplĂ©mentaire, aucune revendication, mais une promesse de « s’adresser bientĂ´t » au peuple. Un silence interprĂ©tĂ© par de nombreux analystes comme un geste de retenue stratĂ©gique dans un contexte particulièrement volatile. Des rĂ©sultats attendus dans une atmosphère Ă©lectrique Alors que la Commission Ă©lectorale n’a encore rendu aucun rĂ©sultat officiel, les premières tendances circulant sur les rĂ©seaux sociaux dessinent un paysage Ă©lectoral partagĂ© : Issa Tchiroma et le prĂ©sident sortant Paul Biya seraient en tĂŞte dans plusieurs rĂ©gions clĂ©s. Les grandes agglomĂ©rations urbaines – Douala, YaoundĂ©, Bafoussam – semblent avoir fortement votĂ© pour le changement. « Les zones urbaines regroupent près de 60 % de la population. Les tendances montrent une poussĂ©e significative pour Issa Tchiroma, reflet des aspirations au renouveau », a dĂ©clarĂ© Ateki Seta Caxton, autre candidat en lice, tout en appelant Ă  la prudence. Une transition risquĂ©e, une stabilitĂ© en jeu Le Cameroun, pivot gĂ©opolitique en Afrique centrale, n’a jamais connu d’alternance politique rĂ©elle depuis son indĂ©pendance. Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, reprĂ©sente l’un des derniers bastions de longĂ©vitĂ© prĂ©sidentielle sur le continent et dans le monde. Une Ă©ventuelle victoire de l’opposition, inĂ©dite, redessinerait les Ă©quilibres politiques, Ă©conomiques et sĂ©curitaires du pays. Dans les rĂ©gions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les revendications sĂ©paratistes et les tensions militaires persistent. Dans l’ExtrĂŞme-Nord, Boko Haram reste une menace intermittente. Toute instabilitĂ© post-Ă©lectorale pourrait ĂŞtre exploitĂ©e par ces foyers de crise. Les puissances Ă©trangères observent en silence La communautĂ© internationale suit le processus avec une extrĂŞme attention. L’Union africaine, la CEEAC, l’UE, les États-Unis, la Chine et la Russie ont tous dĂ©ployĂ© des observateurs. Officiellement, aucun acteur ne s’est encore prononcĂ©, mais des diplomates en poste Ă  YaoundĂ© Ă©voquent en privĂ© « un moment critique pour la stabilitĂ© rĂ©gionale ». Selon une source diplomatique europĂ©enne :« Il s’agit d’un test de maturitĂ© dĂ©mocratique. Toute manipulation des rĂ©sultats pourrait engendrer une perte de crĂ©dibilitĂ© durable pour les institutions camerounaises ». Une Ă©conomie en attente, un climat d’affaires sous pression En veille stratĂ©gique, les milieux d’affaires attendent. L’économie camerounaise, fragilisĂ©e par la dette (estimĂ©e Ă  48 % du PIB), la dĂ©pendance au pĂ©trole, et une jeunesse massivement sous-employĂ©e, pourrait bĂ©nĂ©ficier d’un renouvellement du leadership. Mais les incertitudes actuelles retardent les dĂ©cisions d’investissement. Le taux de chĂ´mage des jeunes frĂ´le les 35 %, selon les estimations du ministère de l’Économie. Les projets dans l’agro-industrie, les transports, et l’énergie sont en pause, en attente de clartĂ© politique. Pour les grandes entreprises opĂ©rant dans le pays, la stabilitĂ© des institutions et la transparence du processus Ă©lectoral seront dĂ©terminantes. Une sortie de crise encore incertaine Les jours Ă  venir seront cruciaux. Le message d’Issa Tchiroma n’exclut aucun scĂ©nario : contestation, reconnaissance, ou appel Ă  un processus de transition. Sa posture actuelle semble viser Ă  Ă©viter l’escalade tout en renforçant sa lĂ©gitimitĂ© politique. « Notre pays a trop souffert. Ce n’est pas le moment d’ajouter de nouvelles blessures », a plaidĂ© Ateki Caxton dans un message empreint d’appel au calme. Le Cameroun au bord d’un tournant L’issue du scrutin prĂ©sidentiel de 2025 pourrait marquer un basculement historique pour le Cameroun. Dans cette pĂ©riode de grande incertitude, oĂą chaque mot peut peser lourd, Issa Tchiroma semble avoir choisi la stratĂ©gie du silence diplomatique. Un silence qui, en politique, vaut parfois plus qu’un discours.

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Présidentielle 2025 au Cameroun : La diaspora, sentinelle stratégique d’un scrutin à hauts risques

Alors que le Cameroun entre dans une Ă©lection marquĂ©e par les incertitudes politiques et sĂ©curitaires, le vote paisible de la diaspora – bien que minoritaire numĂ©riquement – envoie un signal fort aux partenaires internationaux et aux investisseurs. En toile de fond : stabilitĂ© rĂ©gionale, mutation politique et repositionnement gĂ©oĂ©conomique. Dans un calme presque cĂ©rĂ©monial, les Camerounais de la diaspora ont glissĂ© leur bulletin dans l’urne, loin des tensions qui marquent le terrain national. « Ce geste, c’est mon message pour l’avenir du Cameroun », dĂ©clare Bertille N., Ă©lectrice Ă  Rome. Comme elle, plus de 34 000 Ă©lecteurs rĂ©partis dans 38 pays ont votĂ©, marquant une participation modeste (0,43 % des inscrits) mais hautement stratĂ©gique dans un scrutin qui, Ă  bien des Ă©gards, dĂ©passe les frontières du pays. Une mobilisation faible, mais hautement symbolique Avec 108 centres de vote mis en place par les ambassades camerounaises, le dispositif Ă©lectoral Ă  l’étranger s’est dĂ©roulĂ© sans heurts majeurs. Ă€ Bruxelles, Daniel Evina Abe’e, Ambassadeur du Cameroun en Belgique, a saluĂ© « la maturitĂ© politique de notre diaspora ». Ă€ Paris, Washington ou Londres, les Ă©lecteurs camerounais ont affichĂ© leur volontĂ© de peser dans un processus Ă©lectoral dont la transparence reste cependant sujette Ă  caution. Une Ă©lection sous tension : Paul Biya, l’épreuve de la longĂ©vitĂ© Au Cameroun, le vote s’est ouvert dans un climat sĂ©curitaire tendu, notamment dans les rĂ©gions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, du Nord et de l’ExtrĂŞme-Nord. MalgrĂ© un dĂ©ploiement militaire renforcĂ©, des incidents isolĂ©s ont Ă©tĂ© signalĂ©s, accentuant les doutes sur la capacitĂ© de l’État Ă  organiser un scrutin pleinement inclusif. Le prĂ©sident sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, brigue un huitième mandat Ă  92 ans. Face Ă  lui, six candidats, dont Cabral Libii, Serge Espoir Matomba, Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakari tentent d’incarner une alternative, bien que la marge de manĹ“uvre de certaine- Ă  l’exception d’Issa Tchiroma Bakari – demeurent limitĂ©es dans un appareil Ă©lectoral largement contrĂ´lĂ© par le pouvoir. La stabilitĂ© comme argument diplomatique Dans un contexte rĂ©gional minĂ© par l’instabilitĂ© – du Sahel Ă  la RDC, en passant par la transition au Tchad -, YaoundĂ© veut apparaĂ®tre comme un bastion de stabilitĂ©. Ce positionnement sĂ©duit certains partenaires internationaux, soucieux de prĂ©server un alliĂ© stratĂ©gique dans une zone oĂą les États fragiles se multiplient. « Le Cameroun joue une carte de respectabilitĂ© institutionnelle Ă  l’étranger, mĂŞme si la scène intĂ©rieure reste verrouillĂ©e », analyse un diplomate europĂ©en. Le vote de la diaspora s’inscrit dans cette stratĂ©gie d’image, visant Ă  rassurer bailleurs de fonds, institutions financières et acteurs sĂ©curitaires. Enjeux Ă©conomiques : l’intelligence stratĂ©gique au cĹ“ur du scrutin Au-delĂ  de la dimension politique, l’élection prĂ©sidentielle de 2025 est un test pour les acteurs de l’intelligence Ă©conomique. Le Cameroun est confrontĂ© Ă  des dĂ©fis structurels : Diversification d’une Ă©conomie encore dĂ©pendante des exportations primaires (pĂ©trole, bois, cacao) ; Transition Ă©nergĂ©tique dans un pays oĂą 60 % de l’électricitĂ© provient de l’hydroĂ©lectrique ; Lutte contre la corruption et rĂ©forme de l’environnement des affaires ; SĂ©curisation des investissements dans un climat rĂ©gional instable. Les partenaires Ă©trangers observent avec attention la suite du processus Ă©lectoral, bien que leurs rĂ©actions demeurent mesurĂ©es pour l’instant. Une diaspora en Ă©veil : relais de soft power et de rĂ©forme Si leur poids Ă©lectoral reste marginal, les Camerounais de la diaspora reprĂ©sentent un levier d’influence non nĂ©gligeable. Acteurs Ă©conomiques, membres de la sociĂ©tĂ© civile ou experts internationaux, ils sont de plus en plus perçus comme des vecteurs de modernisation institutionnelle et de pression citoyenne. « Ce n’est pas seulement un vote, c’est une forme de diplomatie populaire », rĂ©sume une politologue camerounaise. Face Ă  un appareil d’État rĂ©sistant aux rĂ©formes, la diaspora apparaĂ®t comme un laboratoire d’initiatives dĂ©mocratiques, capable de tisser des ponts entre exigence locale et regard international. Le Cameroun au centre d’un Ă©quilibre fragile Avec près de 30 millions d’habitants et une position gĂ©ographique clĂ© en Afrique centrale, le Cameroun reste un acteur central dans les Ă©quilibres rĂ©gionaux. L’évolution de sa gouvernance interne aura des rĂ©percussions au-delĂ  de ses frontières. Ă€ court terme, l’enjeu pour le rĂ©gime sera de contenir les tensions post-Ă©lectorales et de prĂ©server une façade institutionnelle stable. Ă€ moyen terme, l’alternance – ou l’absence d’alternance – influencera directement les relations avec la Chine, l’Union europĂ©enne, les États-Unis et les institutions financières multilatĂ©rales. Chiffres clĂ©s • Nombre d’électeurs au Cameroun : 8 010 464 • Nombre d’électeurs de la diaspora : 34 411 (0,43 %) • Nombre de bureaux de vote Ă  l’étranger : 108 • Pays participants : 38 • Nombre de candidats : 12

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Présidentielle 2025 :  Le Cameroun vote, la région retient son souffle

Ce 12 octobre, plus de 8 millions d’électeurs camerounais sont appelĂ©s Ă  voter dans un scrutin prĂ©sidentiel Ă  un seul tour. En jeu : la continuitĂ© du rĂ©gime, les Ă©quilibres rĂ©gionaux, et la crĂ©dibilitĂ© d’un processus politique contestĂ©. Ă€ 92 ans, Paul Biya, l’un des plus anciens chefs d’État au monde, brigue un huitième mandat. PrĂ©sident depuis 1982, il reste le favori d’un scrutin organisĂ© dans un climat d’atonie politique, marquĂ© par une campagne minimale et une opposition fragmentĂ©e. L’organisme Ă©lectoral, Elecam, a ouvert 31 000 bureaux de vote pour accueillir 8,1 millions d’électeurs, dont près de 2 millions de nouveaux inscrits. « Tout est prĂŞt, mais c’est dĂ©sormais la volontĂ© des citoyens qui fera la diffĂ©rence », affirme Erick Essousse, directeur gĂ©nĂ©ral d’Elecam. Un rĂ©gime stable, mais sans alternative claire MalgrĂ© son âge, Paul Biya conserve un contrĂ´le serrĂ© de l’appareil d’État grâce Ă  son parti, le RDPC, omniprĂ©sent jusqu’au niveau local. L’absence d’un hĂ©ritier politique dĂ©signĂ© renforce cependant les incertitudes quant Ă  l’avenir du pouvoir. « Le scrutin est moins une Ă©lection qu’un test de rĂ©silience d’un système Ă  bout de souffle », note un diplomate europĂ©en. Une opposition affaiblie et divisĂ©e Dix candidats restent en lice, mais sans coordination stratĂ©gique. Cabral Libii, Joshua Osih, Issa Tchiroma Bakary, Bello Bouba MaĂŻgari ou encore Patricia Ndam Njoya mènent des campagnes dispersĂ©es, sans dynamique unificatrice. « Le pluralisme existe, mais il ne se traduit pas en force politique crĂ©dible », analyse Alice Biloa, politologue Ă  l’UniversitĂ© de Buea. SĂ©curitĂ© incertaine, voisinage inquiet Le vote se tient sous la menace des groupes jihadistes dans l’ExtrĂŞme-Nord, et de la crise anglophone au Sud-Ouest et Nord-Ouest, oĂą certains sĂ©paratistes appellent au boycott. Dans ces zones, la participation s’annonce faible. Autour du Cameroun, les voisins observent avec prudence : Le Tchad et la RCA redoutent des retombĂ©es sĂ©curitaires ; Le NigĂ©ria, prĂ©occupĂ© par la frontière commune, reste silencieux ; Le Gabon, le Congo et la GuinĂ©e Ă©quatoriale privilĂ©gient la stabilitĂ©. « Une instabilitĂ© Ă  YaoundĂ© aurait des effets domino rĂ©gionaux », avertit un analyste. Une Ă©conomie sous tension Avec un PIB de 45 milliards de dollars, le Cameroun est une locomotive de la CEMAC. Les indicateurs Ă©conomiques sont loin du potentiel rĂ©el. « Tant que la gouvernance ne change pas, le Cameroun restera bloquĂ© dans une stagnation masquĂ©e », dĂ©clarĂ© un consultant sous anonymat. Ce scrutin n’ouvre pas de compĂ©tition rĂ©elle pour le pouvoir, mais il met en lumière l’usure d’un rĂ©gime et l’absence d’alternative structurĂ©e. Pour les partenaires internationaux, le dĂ©fi est clair : prĂ©server la stabilitĂ© sans cautionner l’immobilisme.

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Sécurité, énergie, jeunesse : Paul Biya réaffirme son emprise stratégique sur le Nord

Ă€ cinq jours de la prĂ©sidentielle du 12 octobre 2025, le prĂ©sident Paul Biya a lancĂ© depuis Maroua un message fort : cap sur l’économie, la jeunesse et la stabilitĂ©. Dans une rĂ©gion stratĂ©gique et convoitĂ©e, le chef de l’État joue la carte du dĂ©veloppement contre les vents contraires d’une opposition montante. Un chef d’État-candidat en pleine reconquĂŞte Ce 7 octobre 2025, c’est un Paul Biya rĂ©solument offensif qui a foulĂ© le sol brĂ»lant de Maroua, capitale politique de l’ExtrĂŞme-Nord, pour y livrer un discours Ă  double tranchant : bilan et promesses. Candidat Ă  un huitième mandat Ă  92 ans, le chef de l’État a fait de cette sortie une vitrine diplomatique et Ă©lectorale majeure. « Beaucoup a Ă©tĂ© fait, mais le meilleur est Ă  venir », a-t-il lancĂ© devant des milliers de partisans rassemblĂ©s au stade Lamido Yaya Dairou. Dans une rĂ©gion aussi stratĂ©gique qu’instable, marquĂ©e par les incursions de Boko Haram et un taux de pauvretĂ© dĂ©passant 60 %, ce dĂ©placement n’est pas une simple formalitĂ© protocolaire. Il s’agit d’une opĂ©ration de reconquĂŞte politique oĂą se joue, en creux, la crĂ©dibilitĂ© d’un pouvoir en place depuis 43 ans. DĂ©veloppement, infrastructures et Ă©nergie : le triptyque du discours prĂ©sidentiel En appelant Ă  un Cameroun de « productivitĂ© et d’opportunitĂ©s », Paul Biya a recentrĂ© son discours autour de l’économie rĂ©elle. L’annonce de la mise en chantier imminente des axes stratĂ©giques Mora–Dabanga–Kousseri et Garoua-GoundĂ©rĂ© — dans une rĂ©gion enclavĂ©e – vise Ă  restaurer la connectivitĂ© territoriale, fondement de la croissance locale. Le prĂ©sident a Ă©galement saluĂ© la montĂ©e en puissance du barrage hydroĂ©lectrique de Nachtigal et l’élargissement du rĂ©seau solaire, affirmant que « la sĂ©curitĂ© Ă©nergĂ©tique est une condition non nĂ©gociable de l’industrialisation ». Objectif : faire du septentrion un hub Ă©nergĂ©tique, logistique et agro-industriel. Selon les chiffres du ministère de l’Économie, le Cameroun a investi plus de 2 000 milliards de FCFA dans les infrastructures en dix ans, avec près de 10 700 km de routes bitumĂ©es, un chiffre citĂ© par Paul Biya lui-mĂŞme Ă  Maroua. SĂ©curitĂ© et stabilitĂ© : la clĂ© de voĂ»te de la stratĂ©gie prĂ©sidentielle Le discours prĂ©sidentiel n’a pas Ă©ludĂ© la question sĂ©curitaire. Paul Biya a saluĂ© les « succès incontestables de nos forces de dĂ©fense » face Ă  Boko Haram. Pourtant, la rĂ©gion reste sous tension : plus de 734 000 personnes y vivent en insĂ©curitĂ© alimentaire (OCHA, dĂ©cembre 2024), et les rĂ©centes inondations ont affectĂ© 459 000 autres, dĂ©truisant habitations, cultures et cheptels. Face Ă  cette situation, le prĂ©sident promet une rĂ©ponse intĂ©grĂ©e : militaro-humanitaire, mais aussi Ă©conomique, avec le lancement de projets agricoles et de rĂ©silience climatique. « Sans paix, pas de dĂ©veloppement. Et sans dĂ©veloppement, la paix reste fragile », a-t-il martelĂ©. La jeunesse comme levier stratĂ©gique Dans un pays oĂą plus de 70 % de la population a moins de 35 ans, la jeunesse est la cible clĂ© de la rhĂ©torique prĂ©sidentielle. Ă€ Maroua, Paul Biya a promis la rĂ©forme du Fonds national de l’emploi, le renforcement de la formation professionnelle et la facilitation du financement des projets jeunes. « Je ne prendrai aucun repos tant que des progrès significatifs n’auront pas Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s », a-t-il insistĂ©, promettant des milliers d’emplois Ă  travers les secteurs agricoles, artisanaux et numĂ©riques. Ce message s’adresse Ă  une jeunesse souvent marginalisĂ©e, mais Ă©lectoralement dĂ©cisive. Un message d’unitĂ© nationale sous tension politique Alors que les rĂ©gions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest) et l’ExtrĂŞme-Nord sont toujours classĂ©es zones Ă©conomiquement sinistrĂ©es, le prĂ©sident Biya a rĂ©affirmĂ© « la nĂ©cessitĂ© d’un Cameroun uni, paisible, moderne et prospère ». Un message d’unitĂ© nationale lancĂ© dans un contexte oĂą la cohĂ©sion territoriale est mise Ă  rude Ă©preuve. Mais cette volontĂ© de stabilitĂ© se heurte Ă  une rĂ©alitĂ© politique mouvante. Deux ex-alliĂ©s poids lourds du prĂ©sident, Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba MaĂŻgari, dĂ©sormais candidats, menacent l’hĂ©gĂ©monie du RDPC dans le Septentrion. La clameur « Tchiroma PrĂ©sident ! » lancĂ©e par des Ă©lèves au passage du cortège prĂ©sidentiel a cristallisĂ© un malaise latent. Un signe que la dynamique de terrain pourrait Ă©chapper au contrĂ´le de YaoundĂ©. Entre soft power interne et guerre d’influence Cette visite de Paul Biya Ă  Maroua, au-delĂ  de sa charge symbolique, est aussi une manĹ“uvre d’intelligence politique. Elle vise Ă  restaurer un capital de confiance dans un Ă©lectorat stratĂ©gique, Ă  rassurer les bailleurs internationaux et Ă  maintenir le cap d’un Cameroun attractif pour les investisseurs. Sur le plan Ă©conomique, le pays dispose de rĂ©serves minières encore sous-exploitĂ©es et d’un potentiel agropastoral considĂ©rable. La stabilitĂ© politique est donc un argument central pour maintenir les investissements Ă©trangers, en particulier chinois, français et turcs, dans les infrastructures, les mines et l’énergie. Un pari risquĂ© mais assumĂ© Ă€ Maroua, Paul Biya a tentĂ© de redĂ©finir la campagne sur ses propres termes : bilan, sĂ©curitĂ©, dĂ©veloppement. Mais dans un contexte d’émergence de figures alternatives, de fractures sociales persistantes et de fatigue dĂ©mocratique, la réélection du doyen des chefs d’État africains repose sur un fragile Ă©quilibre entre l’ordre Ă©tabli et l’appel au renouveau. Ă€ quelques jours du scrutin du 12 octobre, le septennat promis par Paul Biya ressemble autant Ă  une offre de continuitĂ© qu’à une dĂ©monstration de force diplomatique face Ă  une opposition qui monte et une jeunesse en attente. EncadrĂ© – Chiffres clĂ©s :

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Cameroun/Présidentielle 2025 : 8 millions de voix en jeu, le compte à rebours est lancé

Ă€ quelques jours de l’élection prĂ©sidentielle prĂ©vue le 12 octobre 2025, le chiffre est dĂ©sormais officiel. Ă€ quelques jours de l’élection prĂ©sidentielle prĂ©vue le 12 octobre 2025, le chiffre est dĂ©sormais officiel. Cette annonce saluĂ©e par certains comme un gage de transparence, suscite Ă©galement attentes dans un climat politique tendu. ConformĂ©ment aux articles 96 et 97 du Code Ă©lectoral, le Directeur gĂ©nĂ©ral des Élections, Dr Erik Essousse, a rendu publiques les listes des Ă©lecteurs et des bureaux de vote dans chaque commune, ainsi qu’auprès des ambassades et consulats Ă  l’étranger. 31 652 bureaux de vote ont Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©s Ă  travers le territoire, et 34 296 Ă©lecteurs sont inscrits Ă  l’étranger dans 107 bureaux. Cette transparence est essentielle pour Ă©viter les soupçons », souligne un observateur Ă©lectoral Ă  YaoundĂ©. Cette publication vise Ă  renforcer la confiance dans le processus Ă©lectoral, souvent sujet Ă  controverse au Cameroun. Pour Christian Essomba Okah, prĂ©sident de la Commission d’impression du matĂ©riel Ă©lectoral, cela permet aussi d’écarter tout risque de bureaux de vote fictifs. Du cĂ´tĂ© des Ă©tats-majors politiques, ces listes sont un outil stratĂ©gique : elles permettent de cibler les zones Ă  fort potentiel Ă©lectoral et de mieux planifier les campagnes de terrain. Pour les observateurs nationaux et internationaux, ces donnĂ©es sont Ă©galement cruciales pour surveiller le dĂ©roulement du scrutin. « L’opinion publique doit savoir combien d’électeurs sont inscrits par commune, et oĂą voter », explique Patrick Pagbe, chef service des listes Ă  Elecam. Les Ă©lecteurs peuvent consulter ces listes dans les antennes communales ou en ligne via les plateformes numĂ©riques d’Elecam – une modernisation saluĂ©e, dans un pays oĂą l’accès Ă  l’information Ă©lectorale a longtemps Ă©tĂ© jugĂ© opaque. Alors que les tensions préélectorales montent, la publication anticipĂ©e des listes vise Ă  prĂ©venir toute contestation post-Ă©lectorale. Cette ouverture suffira-t-elle Ă  garantir la crĂ©dibilitĂ© du scrutin et l’acceptation de ses rĂ©sultats par tous les acteurs politiques ?

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Cameroun et Érythrée : les deux absents du soutien africain à la Palestine

Alors que 52 des 54 États africains ont reconnu l’État palestinien, le silence persistant du Cameroun et de l’ÉrythrĂ©e interroge. Derrière cette abstention diplomatique se dessinent des logiques sĂ©curitaires, historiques et gĂ©opolitiques bien spĂ©cifiques. Depuis la proclamation de l’indĂ©pendance palestinienne Ă  Alger en 1988, la cause palestinienne bĂ©nĂ©ficie d’un large soutien sur le continent africain. Ce soutien s’inscrit dans une tradition politique de solidaritĂ© tiers-mondiste et panafricaniste, incarnĂ©e par des figures comme Thomas Sankara, Julius Nyerere ou Nelson Mandela. Plus rĂ©cemment, la reconnaissance officielle de l’État palestinien par plusieurs pays occidentaux (Irlande, Espagne, Norvège, etc). a contribuĂ© Ă  remettre la question au centre des dĂ©bats diplomatiques mondiaux. Pourtant, au sein de l’Union africaine, deux pays dĂ©rogent Ă  cette ligne de solidaritĂ© affichĂ©e : le Cameroun et l’ÉrythrĂ©e. Leur silence, loin d’être anecdotique, met en lumière une autre lecture de la diplomatie contemporaine africaine : celle des intĂ©rĂŞts nationaux. Cameroun : la realpolitik sĂ©curitaire Au Cameroun, la non-reconnaissance de l’État palestinien s’explique en grande partie par la soliditĂ© du partenariat sĂ©curitaire avec IsraĂ«l. Depuis plus de trois dĂ©cennies, IsraĂ«l forme et Ă©quipe les forces spĂ©ciales camerounaises, notamment les unitĂ©s engagĂ©es contre Boko Haram dans le nord et les groupes sĂ©paratistes anglophones dans l’ouest. Ce soutien militaire est vital pour le rĂ©gime de Paul Biya, confrontĂ© Ă  plusieurs foyers d’instabilitĂ© internes. ReconnaĂ®tre un État palestinien aujourd’hui serait perçu comme un geste diplomatique risquĂ©, susceptible d’irriter un partenaire stratĂ©gique majeur, et d’envoyer un message ambigu aux mouvements sĂ©paratistes qui pourraient y voir un prĂ©cĂ©dent ou un soutien implicite Ă  leurs revendications. Comme le souligne David Otto, analyste sĂ©curitaire basĂ© Ă  Genève : « YaoundĂ© redoute de donner des arguments Ă  ceux qui contestent l’unitĂ© nationale, dans un contexte oĂą le rĂ©gime insiste sur le caractère indivisible du Cameroun ». ÉrythrĂ©e : le poids des rancunes historiques Dans le cas Ă©rythrĂ©en, l’abstention est davantage alimentĂ©e par un contentieux historique que par des considĂ©rations sĂ©curitaires contemporaines. Durant les annĂ©es 1980, alors que l’ÉrythrĂ©e menait sa lutte pour l’indĂ©pendance contre l’Éthiopie, l’Organisation de libĂ©ration de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat s’était rangĂ©e du cĂ´tĂ© d’Addis-Abeba. Un choix perçu comme une trahison par les combattants Ă©rythrĂ©ens, qui s’en sont longtemps souvenus. Depuis son indĂ©pendance en 1993, l’ÉrythrĂ©e cultive une diplomatie singulière, isolationniste et parfois provocatrice, souvent en rupture avec les positions de l’Union africaine. Son silence vis-Ă -vis de la Palestine semble s’inscrire dans cette tradition d’indĂ©pendance assumĂ©e, voire revendiquĂ©e, vis-Ă -vis des grands consensus diplomatiques. Une solidaritĂ© africaine aux contours moins homogènes L’abstention du Cameroun et de l’ÉrythrĂ©e ne signifie pas une hostilitĂ© ouverte Ă  l’égard de la Palestine. Elle illustre plutĂ´t la complexitĂ© croissante des positionnements diplomatiques en Afrique, Ă  l’heure oĂą les logiques de solidaritĂ© panafricaine cèdent le pas Ă  des calculs d’intĂ©rĂŞts nationaux, sĂ©curitaires ou historiques. Dans un monde multipolaire en recomposition, oĂą chaque alliance compte, la reconnaissance d’un État – aussi symbolique soit-elle  – devient un acte diplomatique hautement stratĂ©gique.

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Cameroun : Issa Tchiroma Bakary, l’homme de la rupture qui défie Etoudi

Ă€ moins d’une semaine de la prĂ©sidentielle du 12 octobre, l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary, dĂ©sormais chef du FSNC, mobilise des milliers de partisans Ă  YaoundĂ© et se pose en alternative crĂ©dible Ă  l’après-Biya. Une dynamique Ă©lectorale inattendue aux implications gĂ©opolitiques, Ă©conomiques et stratĂ©giques notables. Dans une ferveur populaire inĂ©dite depuis le dĂ©but de la campagne prĂ©sidentielle, Issa Tchiroma Bakary, candidat du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), a tenu un meeting retentissant dans le quartier populaire de Tsinga, Ă  quelques encablures du Palais prĂ©sidentiel d’Etoudi. Le symbole est fort, la mobilisation massive, et le discours empreint d’un souffle de rupture et de refondation. Ă€ 75 ans, l’ancien ministre de la Communication, longtemps considĂ©rĂ© comme un pilier du rĂ©gime de YaoundĂ©, est aujourd’hui le visage paradoxal de l’alternance. Une dĂ©monstration de force inattendue Ils Ă©taient plusieurs milliers Ă  avoir rĂ©pondu Ă  l’appel, remplissant la place dite « Artisanat », transformĂ©e pour l’occasion en agora politique. La circulation Ă©tait quasiment paralysĂ©e entre l’École de police et le lycĂ©e de Tsinga, signalant une affluence rare dans une capitale rĂ©putĂ©e pour son scepticisme politique. Le ton est combatif, la rhĂ©torique populiste, mais l’architecture du discours est clairement programmĂ©e pour rassurer l’intĂ©rieur et intriguer l’extĂ©rieur : appel au dialogue, assainissement de l’État, rĂ©industrialisation, rĂ©forme de la nationalitĂ©. Une approche globale que certains observateurs n’hĂ©sitent plus Ă  qualifier de « programme de refondation ». Un positionnement politique stratĂ©gique Candidat de substitution pour une frange de l’opposition privĂ©e de son leader naturel, Maurice Kamto, dont la candidature a Ă©tĂ© invalidĂ©e, Issa Tchiroma capte aujourd’hui un Ă©lectorat en quĂŞte de rupture, mais mĂ©fiant vis-Ă -vis des profils trop radicaux. SurnommĂ© ironiquement par ses partisans « Mon bon diable », en rĂ©fĂ©rence Ă  une homĂ©lie de Mgr BarthĂ©lĂ©my Yaouda appelant Ă  « prendre mĂŞme le diable s’il faut pour changer le pays« , Issa Tchiroma symbolise ce rĂ©alisme politique camerounais oĂą les lignes idĂ©ologiques se dĂ©placent rapidement. Six chantiers pour une refondation nationale Le programme du FSNC s’articule autour de six prioritĂ©s majeures : Un nouveau jeu d’alliances ? Sur le plan rĂ©gional, une Ă©ventuelle victoire d’Issa Tchiroma rebat les cartes dans un Cameroun-pivot de la sĂ©curitĂ© en Afrique centrale. Son projet de dialogue inclusif pourrait apaiser la crise dans les rĂ©gions anglophones, qui a dĂ©jĂ  fait plus de 6 000 morts selon des sources humanitaires, tout en rĂ©habilitant le rĂ´le du pays comme acteur stabilisateur dans le bassin du lac Tchad. Sur le plan international, son positionnement « ni anti-occidental, ni pro-chinois« , pourrait sĂ©duire aussi bien Paris que Washington, mais Ă©galement PĂ©kin et Ankara, Ă  la recherche de nouveaux partenaires africains fiables. La promesse d’une gouvernance plus transparente est un signal fort envoyĂ© aux institutions financières internationales, notamment le FMI et la BAD, dans un contexte oĂą le service de la dette du Cameroun reprĂ©sente plus de 30 % du budget annuel de l’État. Entre rupture et continuitĂ© : Tchiroma, un « insider-outsider » Longtemps dĂ©criĂ© pour sa loyautĂ© envers le prĂ©sident Paul Biya, dont il a Ă©tĂ© l’un des plus fidèles porte-voix, Issa Tchiroma joue dĂ©sormais la carte du dissident converti. Il a quittĂ© le gouvernement le 24 juin 2025, dĂ©nonçant un système « verrouillé » et « hostile Ă  toute rĂ©forme de fond« . « Se dĂ©tacher du confort du pouvoir pour Ă©pouser l’incertitude de l’opposition est un acte politique fort dans un contexte comme celui du Cameroun », analyse un diplomate europĂ©en sous couvert d’anonymat. Une candidature Ă  suivre de près Alors que la prĂ©sidentielle du 12 octobre s’annonce comme un tournant historique pour le Cameroun, la candidature d’Issa Tchiroma Bakary ne peut plus ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme marginale. Entre mobilisation populaire, crĂ©dibilitĂ© administrative et projet structurĂ©, il incarne une troisième voie entre le pouvoir sortant et une opposition classique fragilisĂ©e. Dans un pays oĂą le pouvoir est dĂ©tenu depuis plus de 43 ans par le mĂŞme homme, la poussĂ©e inattendue d’un vĂ©tĂ©ran reconverti en rĂ©formateur est le signal d’une transition peut-ĂŞtre en gestation. Mais le RDPC, parti de Paul Biya, aguerri dans la communication politique, n’a pas encore dit son dernier mot. Chiffres clĂ©s :

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