Diaspora & Mondes Connectés

Cameroun/ Présidentielle 2025 : L’ultime Duel, Paul Biya vs Issa Tchiroma Bakari

À quelques semaines de la présidentielle, l’opposition fracturée mise sur Issa Tchiroma Bakary, ex-ministre de Paul Biya, pour renverser un système enraciné depuis 43 ans. Mais la division, les incertitudes et les silences stratégiques menacent l’alternance. Alors que le scrutin présidentiel est prévu le 12 octobre 2025, le Cameroun entre dans une zone de turbulences politiques majeures. Après des décennies d’immobilisme et de résignation, une partie de l’opposition vient de désigner Issa Tchiroma Bakary, 76 ans, comme candidat consensuel pour affronter Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 1982. Un choix à la fois audacieux, stratégique… et paradoxal. Une candidature inattendue, un passé chargé Ancien ministre de la Communication, plusieurs fois compagnon de route du pouvoir, Issa Tchiroma Bakary symbolise tout autant la résilience politique que les ambiguïtés de l’opposition camerounaise. Son engagement à ne faire qu’un mandat de transition, à former un gouvernement d’union nationale et à organiser des réformes profondes marque une volonté de rupture… avec un système qu’il a lui-même longtemps défendu. “Je viens avec l’espoir, avec la réconciliation, avec la volonté de rassembler tous les Camerounais”, a-t-il affirmé en appelant Paul Biya à un débat public. Une Opposition Encore Fragmentée Malgré cette désignation par la plateforme « Union pour le Changement« , rien ne garantit que l’unité de l’opposition tienne. Le silence persistant de Maurice Kamto, figure majeure de l’opposition écartée de la course, complique les calculs politiques. “Ce choix ne reflète pas un consensus total. D’autres acteurs préparent également leurs propres stratégies”, souligne Stéphane Akoa, analyste politique. Douze candidats, y compris Paul Biya, sont en lice. Le rêve d’un front unique reste donc pour l’instant une illusion. Le « Programme Commun de Transition » : Réformes ou Illusions ? Issa Tchiroma promet une transition politique inédite, articulée autour de six axes clés : Des promesses qui répondent aux revendications populaires… mais seront-elles crédibles, venant d’un homme du sérail ? Le défi réside dans la confiance, pas seulement les discours. Le RDPC : Un pouvoir en fin de cycle ? À 92 ans, Paul Biya, souvent qualifié de « sphinx d’Etoudi », brigue un 8e mandat. Son parti, le RDPC, reste l’appareil politique le mieux structuré du pays. Entre clientélisme, maillage territorial, contrôle administratif et sécuritaire, le pouvoir reste redoutablement efficace pour contenir toute velléité de rupture. Mais la fatigue politique, le désaveu populaire, et la montée des frustrations économiques et sociales rendent cette élection moins prévisible que les précédentes. Le rôle de la diaspora, de la société civile et des partenaires étrangers Un enjeu géopolitique et sécuritaire sous-régional Le Cameroun reste une pièce maîtresse de la stabilité en Afrique centrale, frontalier du Nigéria, du Tchad, de la Centrafrique, du Gabon, de la Guinée équatoriale, du Congo et abritant un pays mosaïque de plus de 250 ethnies et deux systèmes juridiques. L’éclatement du pays, en cas de crise post-électorale, aurait des conséquences géostratégiques majeures, en particulier sur la lutte contre Boko Haram, les trafics transfrontaliers, et la gestion des ressources pétrolières du golfe de Guinée. L’abstention : un véritable risque La perte de foi dans les urnes, exacerbée par des décennies de fraudes présumées, de résultats contestés et de déceptions, menace directement la légitimité du prochain président. Sans un engagement clair de transparence et une mobilisation massive, le scrutin du 12 octobre risque de n’être qu’un simulacre de changement. Une dernière chance pour l’alternance La présidentielle de 2025 est plus qu’un vote : c’est un test de survie démocratique. L’opposition, malgré ses divisions, joue sa dernière carte crédible. Paul Biya, quant à lui, cherche à graver son règne dans l’éternité. Mais un peuple jeune, connecté, désabusé mais pas résigné, pourrait bien forcer les lignes. Le Cameroun a rendez-vous avec l’histoire. Saisira-t-il enfin sa chance ?

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Éducation de base : le Cameroun contracte un prêt de 6 milliards FCFA auprès de la BID

Le Cameroun vient d’obtenir un financement de 6 milliards de FCFA de la Banque islamique de développement (BID) pour renforcer l’éducation de base. Un décret présidentiel signé le 10 septembre 2025 autorise le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à conclure l’accord de prêt. Les fonds serviront à financer le Projet d’appui à l’éducation de base au Cameroun (PAEBC). Ce projet vise à améliorer l’accès et la qualité de l’enseignement primaire, en particulier dans les zones rurales et défavorisées. Il prévoit la construction et la réhabilitation d’écoles, l’équipement en matériel pédagogique, la formation des enseignants, ainsi qu’un meilleur encadrement de la gouvernance éducative. Ce prêt renforce le portefeuille déjà important de la BID au Cameroun, qui comptait en 2024 17 projets en cours, pour un montant global de 582,4 milliards FCFA. Si les financements passés ont majoritairement ciblé les infrastructures routières, ce projet marque une diversification vers les secteurs sociaux, notamment l’éducation. Malgré les efforts engagés, l’éducation de base au Cameroun reste confrontée à de nombreux défis : salles de classe surchargées, pénurie d’enseignants qualifiés, et inégalités régionales d’accès. Le succès du projet dépendra donc d’une gestion efficace et transparente des fonds. À moyen terme, le PAEBC pourrait devenir un modèle pour d’autres partenariats éducatifs et contribuer à bâtir un système plus équitable, mieux adapté aux besoins du pays. Ce financement représente ainsi une opportunité stratégique pour le Cameroun de renforcer son capital humain, moteur essentiel du développement durable.

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Cameroun et Afrique centrale face à la diplomatie migratoire américaine

Alors que le Ghana devient un hub migratoire sous influence américaine, le Cameroun et l’Afrique centrale se retrouvent à un carrefour diplomatique délicat. Si l’accord entre Accra et Washington demeure pour l’instant en Afrique de l’Ouest, il envoie un signal fort : les États-Unis cherchent désormais à externaliser leur politique migratoire bien au-delà de l’Amérique latine. Position probable du Cameroun : entre prudence et souveraineté Le Cameroun, traditionnellement prudent sur les questions de politique migratoire, pourrait adopter une position de réserve, pour plusieurs raisons : –Une Souveraineté non négociable : Yaoundé rechigne à accepter des accords qui pourraient être perçus comme une atteinte à sa souveraineté ou qui impliqueraient un transfert de responsabilités migratoires d’autres pays. –Une stabilité intérieure fragile : Le Cameroun est déjà confronté à des tensions internes (crise anglophone, insécurité dans l’Extrême-Nord, flux de réfugiés centrafricains). Accueillir des migrants refoulés d’un autre continent risquerait d’alourdir la pression sociale. –Une Solidarité africaine prudente : Contrairement au Ghana, le Cameroun pourrait chercher à consolider ses alliances régionales (CEEAC) plutôt que de s’isoler diplomatiquement en pactisant avec Washington sur un sujet aussi sensible. Afrique centrale : terrain peu favorable à ce type d’accords L’Afrique centrale connaît peu d’historique migratoire avec les États-Unis : Les flux migratoires directs entre l’Afrique centrale et les États-Unis sont limités comparés à l’Afrique de l’Ouest. Les Régimes sont généralement méfiants envers l’ingérence occidentale : À l’exception peut-être du Gabon ou du Congo-Brazzaville, les pays d’Afrique centrale sont peu enclins à céder à des accords asymétriques. L’Influence croissante de la Chine et de la Russie : Cette reconfiguration des alliances diminue la dépendance politique aux États-Unis, ce qui réduit la marge de manœuvre de Washington dans la région d’Afrique. Le Ghana a ouvert une brèche diplomatique que peu de pays africains souhaitent suivre. Le Cameroun, tout comme ses voisins d’Afrique centrale, devrait maintenir une posture d’équilibre stratégique, en se gardant d’alignements unilatéraux sur des agendas étrangers qui pourraient fragiliser leur cohésion interne et régionale.

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France – Sébastien Lecornu à Matignon : quel cap africain pour la France ?

Entre crise d’influence et attentes africaines, le nouveau Premier ministre devra redéfinir une politique africaine à la hauteur des défis géopolitiques et économiques du continent. Ce qui attend Sébastien Lecornu en Afrique Avec la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon, c’est un ancien ministre des Armées qui prend les commandes de la politique intérieure et extérieure de la France. Cette dimension militaire, dans un contexte de redéfinition des rapports franco-africains, est loin d’être anecdotique. L’Afrique attend un virage, la France un repositionnement stratégique. Ce qui l’attend côté Afrique Lecornu hérite d’un lourd passif : évictions successives des forces françaises (Mali, Burkina Faso, Niger), rejet croissant des opinions publiques africaines, montée en puissance des influences russes, turques, chinoises, et surtout africaines elles-mêmes. Il devra accompagner, voire accélérer, la mutation d’une présence militaire vers une coopération plus équilibrée, en rupture avec les logiques postcoloniales. Les enjeux migratoires (notamment avec l’Afrique du Nord et le Sahel) et la lutte contre le terrorisme djihadiste restent majeurs. Il devra gérer l’équilibre entre sécurité, souveraineté des États africains et respect des droits humains, tout en évitant une militarisation excessive de la relation. La francophonie politique est en repli, concurrencée par d’autres puissances et affaiblie par des récits hostiles à la France. Lecornu devra renforcer la diplomatie culturelle, académique et médiatique pour restaurer un lien avec les sociétés civiles africaines, notamment les jeunesses. Ce que l’Afrique attend de lui Les discours africains, y compris ceux de partenaires historiquement proches, réclament une relation fondée sur le respect mutuel, la non-ingérence et la co-construction. L’Afrique attend moins de « déclarations » que d’actes : investissements durables, partenariats industriels, transfert de technologies, ouverture de marchés et réforme du franc CFA. L’Afrique subit de plein fouet les effets du dérèglement climatique. Lecornu peut redonner à la France un rôle de leader sur les partenariats climat-énergie, notamment via l’AFD et des accords bilatéraux sur l’énergie solaire, les infrastructures ou la gestion de l’eau. Alors que la pression migratoire se maintient, le nouveau Premier ministre est attendu sur une politique qui combine co-développement, mobilité circulaire, respect de la dignité des migrants et lutte contre les trafics. Le tout, sans céder à la tentation du repli sécuritaire. Ce que Lecornu peut/devrait faire pour la France en Afrique Soutenir les entreprises françaises face à la concurrence chinoise ou turque, relancer la présence dans les secteurs stratégiques (énergies, transports, numérique), et investir dans l’innovation africaine. L’Afrique représente une opportunité de croissance pour la France, si elle sait écouter et s’adapter. Au sein du G20, de l’ONU ou du FMI, la France peut (re)devenir un partenaire d’influence si elle appuie les aspirations africaines à une représentation plus juste dans la gouvernance mondiale. Lecornu pourrait encourager des coalitions France-Afrique sur des dossiers globaux (climat, dettes, paix). La France doit passer d’une posture verticale à une approche horizontale, moins basée sur l’héritage colonial que sur des intérêts convergents. Lecornu, encore peu exposé en Afrique, a une carte à jouer : celle d’un visage neuf capable d’écouter avant d’imposer. L’Afrique attend de Sébastien Lecornu moins de continuité que de clarté stratégique. À lui de démontrer que la France peut redevenir un partenaire utile, humble et crédible sur un continent désormais acteur central du monde multipolaire.

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Le Grand Barrage de la Renaissance : L’Éthiopie entre souveraineté énergétique et turbulences géopolitiques

Symbole d’émancipation et d’intégration régionale, le GERD redéfinit les équilibres géoéconomiques du Nil au risque d’accentuer les tensions hydropolitiques. Après quatorze années de travaux, l’Éthiopie a officiellement inauguré le Grand Barrage de la Renaissance (GERD), devenant ainsi le pays hôte de l’infrastructure hydroélectrique la plus imposante du continent africain. Sur le plan géoéconomique, cet ouvrage marque un tournant historique : avec une capacité de production de 5 150 MW, il ambitionne de doubler l’offre nationale d’électricité et d’exporter vers ses voisins, générant jusqu’à un milliard de dollars par an. Ce projet colossal, autofinancé à hauteur de 4 milliards de dollars, est également un outil de légitimation politique dans un pays fracturé, mais temporairement uni autour de ce symbole de souveraineté et de modernité. Sur le plan géopolitique, le GERD bouleverse les rapports de force dans le bassin du Nil. L’Égypte, qui dépend à 97 % du fleuve pour ses ressources hydriques, y voit une menace directe à sa sécurité nationale. Le barrage, situé sur le Nil Bleu – source de 85 % du débit total du Nil – cristallise depuis plus d’une décennie un conflit latent entre Le Caire, Khartoum et Addis Abeba. Malgré l’échec des médiations internationales successives, un affrontement militaire reste peu probable, mais le projet exacerbe la compétition pour le contrôle de l’eau, ressource vitale et stratégique au XXIe siècle. Au-delà de l’Éthiopie, le GERD redessine les flux énergétiques de la Corne de l’Afrique, posant les bases d’une intégration régionale énergétique. Mais cette quête d’émancipation énergétique pourrait bien, si elle n’est pas accompagnée d’un accord diplomatique durable, aggraver l’instabilité dans une région déjà marquée par les conflits. Le GERD est ainsi autant un levier de développement qu’un révélateur des fragilités géopolitiques africaines.

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Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : cinq candidats validés, deux femmes en lice, une configuration inédite

Le Conseil constitutionnel ivoirien a publié, ce lundi 8 septembre 2025, la liste définitive des cinq candidats retenus pour la présidentielle du 25 octobre prochain. Parmi eux figurent deux femmes, une première dans l’histoire électorale récente du pays, traduisant une avancée timide mais significative vers une plus grande inclusion politique féminine. Les candidats en lice sont : La validation de Simone Gbagbo, ancienne Première dame et actrice politique clivante, et de Henriette Lagou, ancienne ministre et militante de la paix, marque un tournant. Elles sont les deux seules femmes retenues sur huit candidatures féminines déposées auprès de la Commission électorale indépendante (CEI), soit un taux de sélection de 25%. Une élection sous tension et enjeu de stabilité La campagne s’ouvrira le 10 octobre pour s’achever le 23 octobre à minuit, avec un premier tour prévu le 25 octobre. Le scrutin se déroule dans un climat politique relativement apaisé comparé aux précédentes échéances, mais reste scruté de près pour éviter tout risque de contestation post-électorale, à la lumière des tensions passées. Avec cette liste à cinq, la présidentielle ivoirienne s’annonce à la fois ouverte, pluraliste, et marquée par des enjeux générationnels, sociaux et institutionnels.

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Remittances : la manne invisible qui redessine l’économie africaine

Les transferts de fonds des diasporas africaines dépassent désormais l’aide publique au développement et l’investissement direct étranger. Et pourtant, leur potentiel structurel reste largement inexploité. Enquête sur un levier économique sous-estimé. 168 milliards de dollars. C’est le montant que pourraient atteindre les transferts de fonds vers l’Afrique d’ici 2043, selon une étude prospective de l’Institut pour les Études de Sécurité (ISS). Si ce scénario se concrétise, il placerait les remittances comme l’un des principaux moteurs du développement économique du continent, loin devant l’aide internationale et parfois même les investissements directs étrangers. Et pourtant, cette manne financière reste encore mal canalisée, peu intégrée aux circuits formels, et surtout politiquement sous-exploitée. Une source de financement stable… mais négligée En 2024, les envois de fonds des diasporas africaines ont atteint un niveau record de 95 milliards de dollars. Ces flux, répartis entre consommation familiale, dépenses de santé, frais scolaires et microprojets économiques, représentent 5,1 % du PIB africain contre 3,6 % en 2010. Dans des pays comme le Kenya, la Gambie, ou encore le Nigeria, les remittances représentent un filet de sécurité sociale parallèle. En Somalie, au Libéria ou au Soudan du Sud, elles atteignent parfois plus de 10 % du PIB, devenant un pilier économique vital dans des contextes d’effondrement étatique ou de dépendance humanitaire. Mais contrairement à l’investissement direct étranger – concentré sur les infrastructures, les matières premières ou les zones urbaines – les transferts de fonds irriguent directement les ménages, en milieu rural comme urbain, et répondent à des besoins quotidiens immédiats. Pourquoi cette puissance financière reste informelle Malgré leur poids économique, près de la moitié des remittances circulent encore en dehors des circuits bancaires formels. En cause : les coûts élevés de transfert (jusqu’à 8 % en moyenne sur le continent), des réseaux financiers peu accessibles, notamment en zones rurales, et une méfiance historique vis-à-vis des institutions bancaires. Les systèmes informels, les hawalas, ou les transferts en espèces persistent, rendant ces flux difficiles à tracer, hors de portée des politiques fiscales, et peu mobilisables pour l’investissement structurant. Fintech, mobile money et ambitions panafricaines Un vent de changement souffle pourtant. Grâce à la montée en puissance des fintech africaines et des services de mobile money, les transferts transfrontaliers deviennent plus rapides, moins chers et plus accessibles. Des plateformes comme M-Pesa, Wave, Chipper Cash ou Eversend redéfinissent les circuits traditionnels. À l’échelle continentale, le système de paiement PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System), soutenu par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), vise à unifier les corridors de transfert, en réduisant la dépendance au dollar et aux systèmes de compensation occidentaux. Mais malgré ces innovations, peu de pays africains ont mis en place une véritable stratégie nationale sur les remittances, au-delà de simples statistiques. Le double défi : canaliser sans contrôler L’enjeu n’est pas seulement technique. Il est politique et géoéconomique. Certaines nations expérimentent des obligations « diaspora », ou des incitations fiscales à l’investissement communautaire, notamment dans l’immobilier ou les PME. D’autres étudient la création de fonds d’épargne transnationaux ou de polices d’assurance adossées aux envois réguliers. Mais la tentation du contrôle étatique, notamment par la fiscalité ou la régulation excessive, pourrait décourager les diasporas. À cela s’ajoute le risque d’exposition aux chocs économiques mondiaux : inflation, récession dans les pays d’accueil (Europe, États-Unis, Golfe), ou instabilité monétaire. La cybersécurité devient également un enjeu critique à mesure que les flux se numérisent. Intra-Afrique : une dynamique méconnue mais en plein essor Fait notable : près de 20 milliards de dollars de transferts intra-africains ont été enregistrés en 2023. Cette évolution traduit l’essor des migrations régionales Sud-Sud, et le rôle croissant des pays comme l’Afrique du Sud, le Gabon ou la Côte d’Ivoire comme nouvelles terres d’accueil de travailleurs ouest et centrafricains. C’est aussi une opportunité : penser la migration africaine non plus comme un problème, mais comme une ressource économique structurante. Transformer l’informel en pouvoir économique Les remittances ne doivent plus être vues comme un « revenu de secours », mais comme un levier stratégique de transformation économique. Pour cela, les États africains doivent : À l’heure où l’aide internationale s’essouffle et où les dettes explosent, les diasporas africaines pourraient bien représenter le capital politique et économique le plus fiable du continent. À condition de leur tendre la main.

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Garoua 1914 : le premier revers britannique dans la campagne du Cameroun

« Les Allemands ont tenu. L’assaut britannique, mal préparé, s’est brisé sur les rives de la Bénoué ». C’est en ces termes que les rapports britanniques d’août 1914 résument l’échec de la première tentative alliée de prise de Garoua, un bastion allemand stratégique dans le nord du Cameroun. Un choc oublié dans l’histoire coloniale de la Grande Guerre Le 29 août 1914 marque le début de la Première bataille de Garoua, épisode méconnu mais symbolique de la Campagne du Cameroun – théâtre secondaire de la Première Guerre mondiale, où la rivalité impériale se déplaça jusqu’aux confins de l’Afrique équatoriale. À l’époque, le Kamerun allemand, l’une des possessions coloniales les mieux fortifiées d’Afrique centrale, est dans le viseur des Alliés. Tandis que les troupes françaises progressent depuis le Tchad et le sud du pays, les forces britanniques venues du Nigéria lancent une offensive terrestre contre Garoua, au nord. Objectif : neutraliser un point de commandement allemand vital, verrou de la Bénoué, axe stratégique de communication et de ravitaillement. Un assaut mal engagé, une défense allemande solide Les troupes coloniales britanniques, essentiellement composées de soldats nigérians sous commandement britannique, sous-estiment la défense allemande. La garnison allemande de Garoua, mieux retranchée et aguerrie, repousse l’assaut avec des pertes significatives pour l’assaillant. Ce revers constitue le premier échec majeur des Alliés dans cette campagne. « L’échec de Garoua a rappelé aux puissances coloniales que la conquête du Kamerun serait tout sauf une formalité », note un historien militaire basé à Yaoundé. Un revers tactique, mais une victoire stratégique différée Si la première bataille de Garoua est un échec pour les Alliés, elle ne marque qu’un temps d’arrêt. Deux ans plus tard, en 1916, la campagne du Cameroun s’achève par la capitulation allemande et le démantèlement du Kamerun, partagé entre Français et Britanniques lors du traité de Versailles (1919). La prise définitive de Garoua par les Britanniques en juin 1915, après un blocus et des combats prolongés, scelle le sort du nord camerounais, qui passera sous tutelle britannique (Northern Cameroons). Aujourd’hui, alors que les mémoires de la Grande Guerre en Afrique peinent encore à émerger dans les récits officiels, la bataille de Garoua rappelle combien l’Afrique fut aussi un théâtre d’histoire mondiale.

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Paris-Dakar : la visite de Faye marque la fin d’un cycle et le début d’un nouvel équilibre

« Nous voulons bâtir une relation assainie, fondée sur le respect mutuel, l’écoute et les intérêts partagés », a déclaré le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à l’issue de son entretien avec Emmanuel Macron, le 27 août 2025 à l’Élysée. Un voyage hautement symbolique dans une relation ancienne La visite d’État du président Faye à Paris s’inscrit dans un contexte à la fois mémoriel et géostratégique. Depuis l’indépendance du Sénégal en 1960, la France a entretenu une relation spéciale, souvent qualifiée de « privilégiée », avec Dakar – autrefois capitale de l’Afrique-Occidentale française (AOF). Léopold Sédar Senghor, premier président sénégalais, avait misé sur une coopération franco-sénégalaise forte, notamment dans les domaines militaire, éducatif et monétaire. Cette relation, bien que restée stable pendant des décennies, a été régulièrement critiquée pour son asymétrie. La visite du président Faye, premier chef d’État issu d’une alternance radicale et anti-système, intervient alors que le continent africain reconfigure en profondeur ses partenariats extérieurs. Sécurité : la fin d’une présence militaire continue depuis 1960 Le retrait complet des troupes françaises du Sénégal en juillet 2025 met un terme à plus de six décennies de présence militaire permanente. Depuis 2011, seule une coopération résiduelle était maintenue via la base de Ouakam (rebaptisée Camp Dial Diop). Avec la restitution des derniers sites à l’armée sénégalaise, la coopération militaire se recentre sur la formation (cyberdéfense, lutte anti-terroriste), sans présence étrangère permanente. « C’est une souveraineté retrouvée, sans rupture brutale », analyse un diplomate africain à Paris. Dans un contexte de rejet croissant de la présence militaire étrangère en Afrique de l’Ouest, cette approche graduelle distingue le Sénégal de ses voisins sahéliens. Économie : vers un partenariat rééquilibré La France reste un partenaire majeur : plus de 450 entreprises françaises sont actives au Sénégal, représentant près de 12 % des importations du pays et 17 % des IDE (investissements directs étrangers). Le président Faye a rencontré le patronat français au MEDEF pour plaider un nouveau modèle de partenariat, tourné vers la jeunesse, la technologie et la souveraineté productive. L’ambition est claire : réorienter la coopération économique vers l’investissement productif, les infrastructures durables, les énergies renouvelables, l’économie numérique et la formation qualifiante. Mémoire : le dossier Thiaroye comme test de sincérité La visite a aussi remis sur la table la question du massacre de Thiaroye (1944), au cours duquel plusieurs dizaines de tirailleurs sénégalais furent abattus par l’armée française après avoir réclamé leur solde. Le président Faye a réitéré sa demande de reconnaissance officielle et de déclassification des archives. Ce geste serait, selon lui, « une étape nécessaire pour tourner la page de la relation postcoloniale ». Vers un nouveau pacte franco-sénégalais ? La visite de Bassirou Diomaye Faye pourrait bien marquer un tournant historique dans les relations entre Paris et Dakar. Moins idéologique que celle du Mali ou du Burkina Faso, plus structurée que celle du Niger, la diplomatie sénégalaise actuelle veut s’affirmer souveraine sans être hostile, coopérative sans être dépendante.

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Classement de Shanghai 2025 : l’Afrique décroche du Top 1000

Avec seulement 17 universités classées contre 20 l’an passé, le continent enregistre un recul inquiétant qui reflète ses fragilités chroniques en matière de recherche, de financement et de gouvernance universitaire. Le classement 2025 de Shanghai Ranking, l’un des plus influents au monde dans le domaine universitaire, confirme une tendance inquiétante : l’Afrique peine à s’imposer dans l’élite académique mondiale. Cette année, seulement 17 universités africaines apparaissent dans le Top 1000, contre 20 en 2024. Une contre-performance significative, dans un contexte mondial où la compétition pour l’excellence académique s’intensifie. Un classement dominé par l’Occident Comme chaque année, les premières places sont largement trustées par les universités anglo-saxonnes : Harvard, Stanford, MIT, Cambridge ou encore Berkeley dominent le haut du tableau. Sur les 20 premières institutions mondiales, 16 sont américaines, 2 britanniques, 1 française (Paris-Saclay) et 1 chinoise (Tsinghua). Le Shanghai Ranking repose sur des critères strictement axés sur la performance scientifique et académique : nombre de Prix Nobel, médailles Fields, chercheurs les plus cités, publications dans Nature et Science, ou encore impact des publications indexées. Ces indicateurs favorisent les établissements disposant d’un écosystème de recherche robuste et financé, ce qui creuse l’écart entre les grandes puissances universitaires et les pays en développement. Afrique : une performance concentrée et inégale Sur les 17 universités africaines présentes dans le classement : Deux pays concentrent donc plus de 80 % des universités africaines classées. Le reste du continent, y compris des poids lourds démographiques comme le Nigeria, le Kenya ou la RDC, est absent du classement, révélant une fracture dans l’investissement et les politiques de l’enseignement supérieur. Les mieux classées sont sud-africaines : Côté égyptien, Cairo University arrive en tête, dans la tranche 401-500, suivie d’Alexandria University et Ain Shams University. Les autres institutions africaines présentes : Un recul inquiétant Trois universités africaines sortent du classement cette année : Ce retrait souligne le manque de continuité et la fragilité des politiques de recherche sur le continent. Une dynamique à reconstruire Le recul africain s’explique par plusieurs facteurs structurels : À titre de comparaison, des pays comme la Chine, l’Inde ou la Corée du Sud, grâce à une stratégie nationale d’excellence académique, voient leur nombre d’universités classées progresser chaque année. Recommandations pour un sursaut africain Pour espérer remonter dans les classements mondiaux, les pays africains doivent : Le Shanghai Ranking 2025 agit ici comme un miroir sévère, révélant à la fois les retards du continent et le potentiel encore inexploité de son capital humain. Pour transformer la formation supérieure en levier de développement, l’Afrique devra investir massivement dans l’excellence scientifique – et rompre avec le cycle de sous-performance.

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