août 2026

Les axes Douala-N'Djamena et Douala-Bangui, qui assurent l'approvisionnement du Cameroun et de plusieurs pays enclavés de la sous-région, étaient particulièrement concernés.

Transport routier de marchandises -Cameroun : l’accord de Yaoundé met fin à la menace de grève

Le Cameroun a évité de justesse une paralysie de son système d’approvisionnement. Au terme de plus de onze heures de concertation, dimanche 23 août 2026 à Yaoundé, le gouvernement et les organisations syndicales du transport routier de marchandises sont parvenus à un accord en 13 résolutions.

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Le président Paul Biya doit regarder derrière le rideau

Cameroun : le capitaine Effoudou face aux prédateurs du pouvoir

Les révélations du capitaine Effoudou posent une question explosive : certains collaborateurs auraient-ils fini par défendre leurs propres réseaux et leurs intérêts au détriment de l’action du chef de l’État ?Les mémoires du capitaine ouvrent un débat tabou sur les luttes d’influence, les filtrages de l’information et les possibles blocages de l’action présidentielle.

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Washington contre Pékin

Minerais critiques : Trump mise 500 millions de dollars sur l’Afrique

Washington veut sécuriser ses approvisionnements face à la Chine. Pour l’Afrique, le véritable enjeu n’est plus d’extraire ses minerais, mais de transformer ses ressources en puissance industrielle. La bataille mondiale pour les minerais critiques change d’échelle. Avec une enveloppe de 500 millions de dollars, l’administration Trump veut accélérer l’implantation américaine dans les chaînes minières africaines et sécuriser l’accès des États-Unis aux ressources indispensables aux batteries, aux semi-conducteurs, aux technologies avancées et aux industries de défense. Lancée le 23 juillet, cette initiative prévoit jusqu’à dix accords ou subventions, compris entre 5 et 50 millions de dollars par projet. Exploration, transformation, raffinage, infrastructures, données géologiques et assistance technique sont concernés. Le message de Washington est limpide : l’Afrique n’est plus seulement un réservoir de matières premières. Elle devient un territoire stratégique de la compétition industrielle mondiale. Washington contre Pékin Derrière ces 500 millions de dollars se profile une confrontation géoéconomique majeure. La Chine dispose d’une avance considérable dans plusieurs chaînes minières africaines, notamment dans la transformation et le raffinage. Washington cherche donc à diversifier ses approvisionnements et à réduire son exposition aux chaînes dominées par Pékin. Cette stratégie traduit également une évolution de la politique américaine : moins d’aide, davantage d’investissement, de commerce et de partenariats privés. Pour les Africains, la question est désormais fondamentale : seront-ils encore fournisseurs de minerais ou deviendront-ils producteurs de valeur ? L’Afrique possède les cartes Le continent concentre environ 30 % des réserves mondiales connues de minerais critiques, selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique. La RDC fournit environ 70 % du cobalt mondial. L’Afrique du Sud dispose d’une position majeure dans les métaux du groupe du platine. La Zambie est un acteur important du cuivre et le Zimbabwe accélère dans le lithium. Mais posséder le minerai ne signifie pas maîtriser sa valeur. Pendant des décennies, l’Afrique a exporté ses ressources brutes avant de réimporter des produits transformés beaucoup plus chers. C’est précisément ce modèle qu’il faut désormais briser. La vraie question n’est donc pas combien de milliards Washington investira. Elle est beaucoup plus simple : combien d’usines resteront en Afrique ? Combien d’emplois qualifiés seront créés ? Combien d’entreprises africaines entreront dans les chaînes de valeur ? Lobito : le test grandeur nature Le corridor de Lobito illustre cette nouvelle géopolitique. Reliant les zones minières de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito, il doit faciliter l’acheminement du cuivre et du cobalt vers les marchés internationaux. Pour Washington, c’est un corridor d’approvisionnement stratégique. Pour l’Afrique, il devrait devenir un corridor d’industrialisation. Si le cuivre et le cobalt continuent de partir bruts, l’histoire se répétera. Si des raffineries, usines, laboratoires, centres logistiques et entreprises de services s’installent le long du corridor, alors la géographie minière pourra devenir une géographie industrielle. L’Afrique doit négocier sa puissance La nouvelle ruée vers les minerais offre au continent une occasion historique de mettre en concurrence Américains, Chinois, Européens et autres investisseurs. Encore faut-il négocier collectivement. L’Union africaine et la ZLECAf devraient porter une stratégie commune : transformation locale, contenu local, formation, infrastructures, fiscalité, financement et partage de la valeur. Les 500 millions de dollars américains ne doivent donc pas seulement financer l’accès aux minerais africains. Ils doivent contribuer à financer l’accès des Africains à la valeur créée par leurs propres ressources. Cette fois, l’Afrique ne doit pas vendre son sous-sol. Elle doit négocier sa puissance.

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Un tournant pour l'avenir de Douala

BRT de Douala : Entre impasse financière et impératif de transformation urbaine

Conçu pour transformer durablement les déplacements dans la capitale économique du Cameroun, le Projet de mobilité urbaine de Douala (PMUD) traverse une phase décisive. L’apparition d’un déficit de financement de 104,6 milliards de FCFA, les retards d’exécution et les incertitudes autour du maintien du Bus Rapid Transit (BRT) dans sa version lourde remettent en question les ambitions initiales.

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Vers une nouvelle ère pour le cinéma camerounais ?

Culture : le cinéma camerounais à l’heure de la refondation

Le Cameroun s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire cinématographique. En engageant la révision d’un cadre juridique vieux de près de quarante ans, le ministère des Arts et de la Culture, avec l’appui de l’UNESCO, entend adapter le secteur aux réalités du numérique, du streaming et de l’intelligence artificielle. Au-delà d’une simple réforme législative, c’est toute l’organisation de l’industrie du cinéma qui est en jeu. État des lieux d’un secteur en quête de renaissance, entre défis persistants, ambitions renouvelées et perspectives d’avenir. Un patrimoine riche, mais une industrie fragilisée Le cinéma camerounais a longtemps figuré parmi les plus prometteurs d’Afrique centrale. Depuis plusieurs décennies, il révèle des réalisateurs, scénaristes, producteurs et comédiens dont les œuvres sont remarquées dans les festivals africains et internationaux. Cette richesse artistique contraste pourtant avec la fragilité de l’industrie. La disparition progressive des salles de cinéma, le déficit d’infrastructures, la faiblesse des circuits de distribution, l’accès limité aux financements et le manque d’investissements ont freiné son développement. Beaucoup de professionnels travaillent encore dans des conditions précaires, avec des productions largement autofinancées. Cette réalité tranche avec les progrès réalisés par plusieurs pays africains qui ont fait du cinéma un véritable secteur économique. Un cadre juridique dépassé par les mutations technologiques L’un des principaux obstacles demeure l’obsolescence du cadre juridique. La loi de 1988 et ses décrets d’application de 1990 et 1991 avaient été conçus pour une industrie dominée par la pellicule et les salles de projection. Depuis, le paysage audiovisuel a été bouleversé par le streaming, les plateformes numériques, la vidéo à la demande, les coproductions internationales et l’intelligence artificielle. Le droit camerounais peine ainsi à répondre aux enjeux de la diffusion en ligne, de la protection des contenus numériques, de la monétisation des œuvres et des nouveaux modèles économiques. La réforme engagée par le MINAC : un tournant stratégique Pour répondre à ces défis, le ministère des Arts et de la Culture (MINAC), avec l’UNESCO et le soutien de la République de Corée, a organisé les 17 et 18 août 2026 un séminaire consacré à la révision du cadre juridique de la cinématographie camerounaise. À Mbankomo, pouvoirs publics, juristes et professionnels ont examiné un avant-projet de loi destiné à moderniser l’ensemble de la filière. L’objectif est de mettre en place un dispositif conforme aux standards internationaux, couvrant toute la chaîne de valeur : création, financement, diffusion, protection des droits d’auteur, coproductions et nouveaux métiers du numérique. Cette réforme traduit la volonté de faire du cinéma une véritable industrie créatrice de richesse. Les grands enjeux de la réforme La révision du cadre juridique répond à plusieurs défis majeurs. Le premier est économique. Le cinéma peut générer des emplois, attirer des investissements et soutenir le développement d’autres secteurs de l’économie culturelle. Le deuxième est juridique. Les professionnels ont besoin d’un environnement réglementaire sécurisé pour protéger leurs œuvres, renforcer la confiance des investisseurs et faciliter les partenariats. Le troisième est technologique. L’essor de l’intelligence artificielle et des plateformes numériques impose une adaptation des règles relatives à la propriété intellectuelle et à la diffusion des contenus. Enfin, la réforme porte un enjeu culturel : préserver la diversité des expressions camerounaises et permettre au pays de mieux raconter ses propres histoires. Le défi de la compétitivité internationale L’ambition est également d’aligner le Cameroun sur les standards internationaux afin de faciliter les coproductions. Une législation modernisée renforcerait l’accès aux financements internationaux, aux plateformes mondiales de diffusion et aux réseaux africains de coopération, tout en offrant davantage de garanties aux investisseurs privés. Au-delà de la loi, un véritable écosystème à construire La réforme juridique constitue une étape essentielle, mais elle devra être accompagnée de politiques publiques ambitieuses : mécanismes de financement, réhabilitation des salles de cinéma, formation aux métiers de l’audiovisuel, lutte contre le piratage et soutien à la diffusion des œuvres nationales. Le développement de la filière passe également par une coopération renforcée entre l’État, le secteur privé et les partenaires internationaux. Vers une nouvelle ère pour le cinéma camerounais ? Le séminaire de Mbankomo marque le début d’une réforme longtemps attendue. Au-delà de la modernisation des textes, il ouvre la voie à une refonte du modèle économique, juridique et institutionnel du cinéma camerounais. Reste désormais à traduire cette volonté politique en actions concrètes. Si la future loi est accompagnée des investissements nécessaires, le Cameroun pourrait se doter d’une industrie cinématographique moderne, capable de protéger ses créateurs, d’attirer les investisseurs et de renforcer son rayonnement en Afrique et dans le monde. À l’heure où l’économie créative s’impose comme un moteur de développement, cette refondation représente une opportunité majeure pour un cinéma camerounais qui, malgré les difficultés, n’a jamais cessé de créer et d’innover. Les grandes figures du cinéma camerounais : Des pionniers aux ambassadeurs d’aujourd’hui Le cinéma camerounais s’est construit grâce à plusieurs générations de réalisateurs, producteurs et comédiens qui ont contribué à faire rayonner le pays sur les scènes africaines et internationales. (Photo : Bassek Ba Kobhio, le bâtisseur d’une industrie cinématographique nationale) (Photo : Jean-Pierre Bekolo, l’avant-garde du cinéma africain) (Photo : Jean-Marie Teno, le maître du documentaire engagé) (Photo : Rosine Mbakam, une voix féminine majeure du cinéma contemporain) (Photo : Enah Johnscott, l’émergence d’une nouvelle génération) Une relève qui porte l’avenir du cinéma camerounais Le paysage cinématographique national est également porté par des producteurs, scénaristes et comédiens qui participent au dynamisme de la filière, parmi lesquels Alenne Menget, Ebénézer Kepombia, réalisateur de Madame… Monsieur et acteur majeur de l’industrie audiovisuelle locale, ainsi que des actrices telles que Solange Owona, Syndy Emade ou Laura Onyama, qui contribuent au rayonnement du cinéma camerounais en Afrique. Un patrimoine à préserver et à valoriser De Bassek Ba Kobhio aux nouvelles générations de cinéastes, le Cameroun dispose ainsi d’un vivier de talents reconnu bien au-delà de ses frontières. La réforme du cadre juridique engagée par les pouvoirs publics pourrait offrir à ces créateurs un environnement plus favorable à la production, à la diffusion et à la valorisation de leurs œuvres, tout en favorisant l’émergence d’une industrie cinématographique compétitive à l’échelle

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