14 septembre 2026

Près de 1 700 milliards de FCFA, soit plus de 2,5 milliards d’euros, figurent dans le stock des débets et amendes prononcés par la Cour des comptes gabonaise et restant à recouvrer.

Gabon : 1 700 milliards de FCFA, l’addition de vingt ans d’impunité

La Cour des comptes veut récupérer près de 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes accumulés au fil des décennies. Quelque 600 personnes physiques et morales disposent jusqu’au 7 octobre pour régulariser leur situation. Au-delà, les dossiers susceptibles de relever du pénal pourraient être transmis à la justice. Le chiffre est vertigineux. Près de 1 700 milliards de FCFA, soit plus de 2,5 milliards d’euros, figurent dans le stock des débets et amendes prononcés par la Cour des comptes gabonaise et restant à recouvrer. Le montant, révélé début septembre par son Premier président, Alex Euv Moutsiangou, concerne des décisions accumulées sur plusieurs années, certains dossiers remontant jusqu’à deux décennies. Environ 600 personnes physiques et morales seraient concernées. La nuance est essentielle : ces 1 700 milliards ne constituent pas une somme nouvellement « détournée » en 2026. Ils correspondent à des créances résultant de décisions de la juridiction financière, dont l’exécution demeure incomplète. Une partie des sommes a déjà été recouvrée au fil des années, tandis que le défi porte désormais sur les montants restant effectivement dus. Un mois pour passer du jugement au recouvrement La nouveauté est désormais procédurale. Depuis le 7 septembre, les débiteurs concernés disposent d’un délai d’un mois, jusqu’au 7 octobre 2026, pour régulariser leur situation. À défaut, les dossiers non exécutés pourraient être orientés vers la justice pénale compétente. Le message d’Alex Euv Moutsiangou est clair : la justice financière ne doit plus s’arrêter au prononcé d’une sanction. Elle doit aller jusqu’à son exécution. C’est précisément le maillon faible que la Cour des comptes entend désormais attaquer : faire passer la sanction du papier au Trésor. L’enjeu dépasse les 1 700 milliards Les contrôles de la Cour ont notamment porté sur des secteurs sensibles : sécurité sociale, évacuations sanitaires, Fonds gabonais d’aide aux personnes économiquement faibles et Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), qui a fait l’objet de deux audits. Derrière le montant spectaculaire se trouve donc une question plus profonde : que vaut une décision de justice lorsqu’elle n’est pas exécutée ? La réponse intéresse directement la crédibilité de l’État. Le Premier président de la Cour des comptes a récemment appelé le Trésor à faire preuve envers les débiteurs de l’État de la même rigueur que celle appliquée aux contribuables. Il souligne que les sommes récupérées pourraient notamment contribuer au financement des écoles et des hôpitaux. Le véritable test : l’égalité devant la loi Le dossier dépasse ainsi la seule question financière. Il touche à la gouvernance, à la responsabilité des gestionnaires publics et à l’égalité devant la règle de droit. Pendant des années, la difficulté n’a pas seulement été de contrôler ou de sanctionner. Elle a été de recouvrer effectivement. La nouvelle démarche de la Cour des comptes cherche précisément à rompre avec cette logique. Le défi est considérable. Sur près de 1 700 milliards de FCFA historiquement prononcés, combien peuvent réellement être récupérés ? Dans quels délais ? Quels patrimoines pourront légalement être mobilisés ? Et combien de procédures aboutiront effectivement à leur terme ? Autant de questions qui détermineront la portée réelle de l’offensive. Le Gabon ne joue donc pas seulement la récupération de milliards. Il joue la crédibilité de sa nouvelle doctrine de gouvernance. Après des décennies de décisions financières parfois restées sans effet, le véritable changement ne sera pas le montant annoncé. Ce sera la capacité de l’État à transformer des condamnations en recouvrements, des sanctions en ressources publiques et la reddition des comptes en pratique durable. Le 7 octobre constituera une première échéance. Mais le véritable verdict viendra plus tard : combien de ces 1 700 milliards seront effectivement revenus dans les caisses de l’État ?

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Dimanche 13 septembre, le président ivoirien Alassane Ouattara a reçu en sa résidence d’Abidjan-Cocody son homologue guinéen Mamadi Doumbouya, au terme d’une visite d’État de 48 heures entamée le 11 septembre.

Guinée-Côte d’Ivoire : Doumbouya et Ouattara consolident un nouvel axe ouest-africain

La visite d’État de Mamadi Doumbouya à Abidjan, la deuxième depuis son arrivée au pouvoir, confirme le rapprochement entre Conakry et Yamoussoukro. Derrière les déclarations d’amitié et de coopération se dessine une volonté de densifier un partenariat économique, politique et sécuritaire dans une Afrique de l’Ouest en recomposition.

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L’Afrique centrale dispose d’un potentiel minier considérable.

Tchad-Afrique centrale : le contrôle des minerais devient un enjeu de souveraineté

Du cobalt congolais au manganèse gabonais, jusqu’à la suspension des nouvelles autorisations de prospection au Tchad, plusieurs États d’Afrique centrale cherchent à reprendre la main sur leur sous-sol. Derrière la question minière se dessine une bataille plus large : contrôler les ressources, capter davantage de valeur et éviter qu’une nouvelle dépendance ne se substitue à l’ancienne.

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Le général Tiani reprend la main sur l’armée

Niger : après la mutinerie, la crise s’étend au cœur de l’appareil sécuritaire

Après les affrontements de Niamey fin août, le pouvoir de Abdourahamane Tiani tente de reprendre le contrôle de l’armée. Arrestations, remaniement de l’état-major, désertions dans les forces spéciales et accusations d’implication étrangère : derrière la mutinerie, c’est la cohésion même de l’appareil sécuritaire nigérien qui apparaît fragilisée.

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Benjamin Netanyahu a parlé d’une « grande amitié » à approfondir.

RDC : Félix Tshisekedi joue la carte israélienne et ouvre le front du dialogue national

À Jérusalem comme à Kinshasa, le président congolais Félix Tshisekedi cherche à transformer les crises en leviers diplomatiques et politiques. Avec Israël, le président congolais veut passer de l’amitié aux résultats. Dans le même temps, il engage un dialogue national dont l’architecture suscite déjà la méfiance de l’opposition. Deux fronts, un même impératif : reprendre l’initiative.

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Depuis plusieurs décennies, le Cameroun ambitionne de transformer localement une plus grande partie de ses matières premières

MAGZI : un pari à 1 125 milliards de FCFA pour relancer l’industrialisation du Cameroun

Avec un programme d’investissements évalué à 1 125,1 milliards de FCFA, la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (MAGZI) affiche l’une des ambitions les plus importantes de ces dernières années en matière d’industrialisation. L’objectif est de moderniser les zones industrielles existantes et d’en créer de nouvelles afin d’attirer davantage d’investisseurs. Mais derrière l’ampleur des chiffres, une question demeure : ce projet marque-t-il un véritable tournant industriel ou s’agit-il d’une ambition qui devra encore franchir l’épreuve décisive du financement et de l’exécution ? Un projet qui répond à une faiblesse structurelle Depuis plusieurs décennies, le Cameroun ambitionne de transformer localement une plus grande partie de ses matières premières. Pourtant, l’industrie continue de contribuer modestement à la richesse nationale, tandis que le pays exporte encore une large part de son cacao, de son coton, de son bois ou de ses minerais sous forme brute. L’une des explications réside dans l’insuffisance d’espaces industriels modernes. Nombre de zones gérées par la MAGZI souffrent aujourd’hui de voiries dégradées, d’un accès irrégulier à l’électricité, d’un déficit d’assainissement, de difficultés foncières et de services logistiques insuffisants. Pour les investisseurs, ces contraintes augmentent le coût d’installation et réduisent la compétitivité de la production locale. Le programme annoncé entend précisément corriger ces faiblesses en développant des zones intégrées, mieux connectées aux réseaux d’énergie, d’eau, de transport et de télécommunications. Plus de 1 100 milliards : une ambition à la hauteur des besoins L’enveloppe annoncée est considérable. À elle seule, elle traduit l’ampleur des investissements nécessaires pour rattraper plusieurs décennies de sous-investissement dans les infrastructures industrielles. La finalité dépasse la simple réhabilitation des sites existants. Il s’agit de créer un environnement capable d’accueillir des industries de transformation dans des secteurs jugés prioritaires. Notamment l’agro-industrie, la transformation du bois, le textile, les matériaux de construction, la pharmacie ou encore métallurgie. À terme, l’État espère accroître la valeur ajoutée produite localement, réduire les importations de produits manufacturés, renforcer les exportations industrielles et créer des milliers d’emplois qualifiés.la La MAGZI a-t-elle les moyens de ses ambitions ? C’est probablement la principale interrogation. La MAGZI dispose d’une expertise reconnue dans l’aménagement des zones industrielles, mais un programme de plus de 1 100 milliards de FCFA dépasse largement les capacités financières propres de l’établissement public. Sa réussite dépendra donc de plusieurs facteurs : les financements de l’État, l’appui des partenaires techniques et financiers,. Il faudra également recourir aux partenariats public-privé et la capacité à attirer des investisseurs privés. Autrement dit, les 1 125 milliards annoncés correspondent davantage au coût global du programme qu’à des ressources déjà disponibles. La crédibilité du projet reposera sur un calendrier précis des investissements, la mobilisation progressive des financements et une gouvernance irréprochable. L’enjeu ne se limite pas aux infrastructures Construire des routes, installer des réseaux électriques ou viabiliser des terrains ne garantit pas, à lui seul, l’arrivée des industriels. Les investisseurs recherchent également une fiscalité stable, une administration efficace, un foncier sécurisé, une justice commerciale prévisible et un accès fiable à l’énergie. Sans ces réformes complémentaires, certaines zones industrielles risqueraient de demeurer sous-occupées malgré les investissements réalisés. La modernisation de la MAGZI devra ainsi s’inscrire dans une stratégie plus large d’amélioration du climat des affaires. Un test grandeur nature de la politique industrielle Le projet constitue sans doute l’un des principaux tests de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, qui fait de l’industrialisation l’un des moteurs de la transformation économique du Cameroun. S’il est conduit avec rigueur, il pourrait accélérer la transformation locale des matières premières, attirer de nouveaux investisseurs. Mais aussi,, développer des chaînes de valeur nationales et renforcer les recettes fiscales. À l’inverse, si les financements tardent, si les travaux connaissent des retards ou si la gouvernance fait défaut, cette annonce pourrait rejoindre la longue liste des ambitions industrielles restées inachevées. La question n’est donc pas de savoir si le Cameroun a besoin de zones industrielles modernes : ce besoin fait aujourd’hui consensus. Le véritable défi est d’assurer la cohérence entre la vision, les financements et l’exécution. C’est à cette condition que les 1 125 milliards de FCFA annoncés pourront devenir autre chose qu’une promesse. Simon Emmanuel Minyem

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Pour le GECAM, cette configuration traduit une croissance qui résiste, sans véritablement transformer l'économie.

Économie camerounaise : le GECAM sonne l’alarme à l’approche de 2027

Croissance jugée insuffisante, crise énergétique persistante, recul de l’investissement public, pression fiscale et difficultés d’accès au crédit : à l’occasion de la deuxième édition de la Rentrée économique du Patronat, le Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM) a dressé un diagnostic préoccupant de l’économie nationale.

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