Économie & Innovation

Cette coalition part d'un constat simple. Les quatre pays produisent une part majeure du cacao mondial, mais continuent de percevoir une faible part de la valeur créée tout au long de la chaîne.

Cacao : l’alliance des producteurs africains peut-elle rebattre les cartes du marché mondial ?

Le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria ont décidé de parler d’une seule voix pour défendre leurs intérêts dans la filière cacao. En créant une alliance régionale, ces quatre pays veulent peser davantage sur les prix, accélérer la transformation locale et mettre fin à un système où les producteurs captent la plus faible part de la richesse.

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Pour le président Mahamat Idriss Déby Itno, cette décision s'inscrit également dans une stratégie plus large de repositionnement diplomatique.

Retrait du Tchad de la CPI : le premier grand succès diplomatique de Washington en Afrique

Le retrait annoncé du Tchad de la Cour pénale internationale (CPI) dépasse largement le simple cadre judiciaire. En devenant le quatrième État africain, après le Mali, le Burkina Faso et le Niger, à enclencher une procédure de sortie du Statut de Rome, N’Djamena ouvre une nouvelle séquence géopolitique où se mêlent affirmation de souveraineté africaine, retour offensif des États-Unis sur le continent et fragilisation croissante de la justice pénale internationale.

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RGPH-4 : l'urgence qui révèle les fragilités d'un recensement

Cameroun : compte à rebours du 4ème recensement général de la population et de l’habitat

À quelques jours de la clôture du quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4), le gouvernement camerounais mobilise en urgence préfets, sous-préfets et chefs traditionnels afin de combler les retards accumulés. Une implication tardive préoccupante, au vu des prolongations, des difficultés logistiques et des tensions sur le terrain constatées. A cette course contre la montre, peut s’ajoutent « la fiabilité et ses conséquences sur les politiques publique de la prochaine décennie », a déclaré un citoyen sous-anonymat. À moins d’une semaine de l’échéance fixée au 31 juillet 2026, le ministère de l’Administration territoriale a changé de stratégie. Paul Atanga Nji demande aux préfets et sous-préfets de suivre personnellement les opérations de dénombrement, de mobiliser les chefs traditionnels, les responsables religieux, les élus locaux et les forces vives afin d’appuyer les agents recenseurs. Cette mobilisation intervient après plus de trois mois d’opérations et près de deux mois de prorogation du calendrier. « Si le gouvernement fait désormais appel à toute la chaîne de commandement territorial, c’est parce que les mécanismes ordinaires de suivi n’ont manifestement pas permis d’atteindre les objectifs fixés », à en croire un cadre administratif. RGPH-4 : l’urgence qui révèle les fragilités d’un recensement Le recensement, lancé le 24 avril, devait s’achever le 29 mai avant d’être prolongé jusqu’au 31 juillet, avec une rallonge budgétaire de six milliards de FCFA portant son coût global à près de 19 milliards. Cette succession de mesures correctives traduit une réalité difficile : le RGPH-4 est confronté à des retards importants pour justifier une intervention politique au plus haut niveau. Les autorités administratives et les chefs traditionnels constituent historiquement les principaux relais de l’État dans les villages les plus reculés. Leur implication est considérée comme indispensable pour convaincre les populations, faciliter l’accès aux ménages et résoudre les résistances locales. Un dispositif d’anticipation, de planification aurait dû avoir lieu. Deux lectures sont envisagées La première est opérationnelle. Les autorités auraient espéré que les équipes techniques puissent conduire seules le recensement avant de constater que certaines zones restaient insuffisamment couvertes. La seconde est institutionnelle. Elle révèle une coordination insuffisante – services statistiques, administrations territoriales et collectivités locales – dès la préparation de l’opération. Si les difficultés concernent essentiellement des ménages encore accessibles dans les grandes villes ou certaines localités, une forte mobilisation administrative peut améliorer le taux de couverture. A condition que l’on puisse résoudre les difficiles structurels. Car, le manque de superviseurs, les difficultés logistiques, les paiements tardifs des agents recenseurs, l’enclavement de certaines zones ou encore l’insécurité dans plusieurs régions ne disparaissent pas avec une simple mobilisation des autorités administratives. Dans un recensement, la qualité compte autant que la quantité. Aller vite pour respecter une échéance peut conduire à une collecte moins rigoureuse, avec un risque accru d’omissions ou de doubles comptes. La question de la confiance des futurs résultats La crédibilité d’un recensement ne peut dépendre que de son budget ou du nombre d’agents mobilisés. Elle repose aussi et surtout sur plusieurs critères : l’exhaustivité de la couverture, la qualité des questionnaires, la formation des enquêteurs, le contrôle des données et la transparence des traitements statistiques. Le Cameroun dispose d’ailleurs d’une solide tradition statistique, portée notamment par l’Institut national de la statistique (INS). Mais aucun système statistique n’est totalement immunisé contre les effets d’une collecte incomplète. Les difficultés reconnues publiquement par le gouvernement invitent donc à la prudence. Cela ne signifie pas que les données seront inutilisables. En revanche, elles devront probablement être accompagnées d’importants travaux de redressement statistique afin de corriger les sous-dénombrements éventuels. L’enjeu sera surtout celui de la transparence. Un enjeu qui dépasse largement les statistiques Le Cameroun continue de planifier une partie de ses politiques publiques à partir des résultats du recensement de 2005, complétés par des projections démographiques. Chaque retard supplémentaire reporte l’arrivée de données pourtant essentielles. Les chiffres du RGPH-4 serviront à répartir les infrastructures scolaires, les centres de santé, les logements sociaux, les réseaux d’eau, les investissements routiers, les transferts aux collectivités territoriales et de nombreux programmes sociaux. Une sous-estimation de certaines populations pourrait entraîner une allocation insuffisante des ressources publiques pendant plusieurs années. À l’inverse, des données solides permettront de mieux anticiper l’urbanisation rapide, les besoins en emplois ou encore la pression sur les services publics. Le véritable enjeu du RGPH-4 n’est donc pas simplement de terminer avant le 31 juillet. Il est surtout de produire une photographie suffisamment fidèle du Cameroun pour éclairer les décisions publiques de la prochaine décennie. Le RGPH-4 et les défi des objectifs à atteindre Il existe plusieurs leviers pour préserver l’utilité des résultats. 1- La transparence. Les autorités gagneraient à publier les taux de couverture par région, les difficultés rencontrées et les méthodes de correction utilisées. Une démarche qui renforcerait la confiance des utilisateurs des données. 2- La conduite des enquêtes post-censitaires indépendantes. Ces opérations permettent de mesurer les omissions, les doubles comptes et les éventuels biais avant la publication des résultats définitifs. 3- Tirer les leçons institutionnelles de cette expérience. Le prochain recensement ne devrait plus être préparé quelques mois avant sa réalisation, mais faire l’objet d’une planification continue, associant autorités administratives, collectivités territoriales, chefs traditionnels et organisations communautaires. 4- Le croisement : les registres d’état civil, les bases administratives, les données scolaires et sanitaires ou encore les systèmes d’information géographique. Cette approche qui améliore progressivement la qualité des statistiques publiques. Simon Emmanuel MINYEM

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